L’alpha et l’omega de la foi orthodoxe

 

L’alpha et l’omega de notre foi orthodoxe est le fait de l’incarnation du Fils de Dieu, c’est-à-dire la Nativité du Christ, et le fait de Sa résurrection. Dieu est descendu sur terre, le Seigneur est ressuscité, nous ouvrant à tous la voie vers la résurrection. La joie pascale nous rappelle que tous nous ressusciterons. Mais pour ressusciter dans la vie éternelle et non dans les tourments éternels, il est nécessaire de se préparer comme il convient à la vie éternelle. Il existe une expression selon laquelle le paradis et l’enfer commencent ici sur terre. Intérieurement. Ils ne durent peut-être pas très longtemps, chez l’un, plus, chez l’autre, moins, mais malgré cela, ils commencent ici. Nous devons nous efforcer de vivre en Chrétiens, alors, quand nous serons inhumés, nous ressusciterons avec le Christ. J’ai lu dans un monastère grec une expression merveilleuse: «Si tu meurs avant de mourir, tu ne mourras pas quand tu mourras».
Traduit du russe

Paroles du P. Valerian Kretchetov né en 1937 et prêtre de village près de Moscou

http://www.lalorgnettedetsargrad.gr/

La seule chose qui soit nécéssaire

Source: http://www.pravmir.com/the-lord-christ-said-one-thing-is-needful/

Journey to Heaven Saint Tikhon of Zadonsk (1724-1783) Voir https://www.histoire-russie.fr/icone/saints_fetes/textes/tikhon_zadonsk.html

Notre Sauveur Jésus-Christ a dit ceci: «Une chose est nécessaire» (Luc 10:42) pour nous tous, ô chrétiens! Beaucoup de chrétiens se font des soucis et s’occupent de diverses affaires, mais ils ne savent souvent pas pourquoi ils se font tellement de soucis. Le Seigneur nous met en garde contre ces inquiétudes inutiles et Il dit à tous: «Une seule chose est nécessaire.» Quelle est-elle? Notre Salut éternel !

C’est la tâche première d’un chrétien. Pour les chrétiens, c’est à cela qu’ il faut accorder le plus d’attention. Nous avons besoin de nourriture, de vêtements, d’une maison et d’autres choses qui sont nécessaires à cette vie, et nous prions aussi pour cela à notre Père céleste: «Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien» (Matthieu 6:11). Mais le salut éternel est tellement important que sans lui tout le reste n’est rien. « Car à quoi sert-il à l’homme de gagner le monde entier s’il perd son son âme? » (Matthieu 16:26). Il n’y a aucun profit, vraiment aucun avantage , s’ il n’y a pas de salut.

À quoi cela nous sert-il si en gagnant un maximum et même le monde entier, nous perdons notre âme? En gagnant un maximum nous protégons notre vie ,matérielle temporelle, mais alors combien plus devons-nous protéger notre vie éternelle, qui est bien plus précieuse que le monde entier! Ainsi, tout comme pour chacun, sa tâche principale est sa vocation – ainsi pour un juge, c’est de juger, pour un fermier c’est de cultiver, pour un commerçant c’est de faire valoir sa marchandise, pour un berger son bétail, pour un enseignant, c’est enseigner, pour les étudiants, c’est pour apprendre, etc. – donc pour le chrétien, sa tâche principale devrait être de plaire à Dieu, qu’il confesse et révère, dans la foi et la vérité, et ainsi d’espérer et attendre de Lui la vie éternelle.

C’est la tâche primordiale du chrétien. C’est l’unique chose nécessaire.

Chrétiens bien-aimés! Nous sommes créés non pour cette vie temporelle éphémère mais pour la vie éternelle. Nous sommes renouvelés à la vie éternelle par le Saint Baptême. Nous sommes appelés à la vie éternelle par la parole de Dieu. Christ le Fils de Dieu est venu dans le monde, a souffert et est mort pour notre vie éternelle. Observez combien notre vie éternelle compte pour Dieu Il a tout créé pour la vie éternelle et c’est pour elle qu’ Il est Lui-même venu au monde. Notre premier souci et notre premier effort avant tout devraient donc être orientés dans ce sens.

Satan s’efforce de nous soustraire à la vie éternelle et de nous détruire éternellement. Par conséquent nous ne devons pas nous assoupir, mais nous devons protéger ce trésor inestimable.

Mais nous voyons et nous attristons parce-que de nombreux chrétiens négligent cette tâche primordiale. Les fornicateurs, les adultères et les profanateurs la négligent. Les blasphémateurs et ceux qui insultent la négligent. Les buveurs et les amateurs de plaisir la négligent. Les voleurs et les brigands la négligent. Les menteurs, les flatteurs et les hypocrites la négligent. Les calomniateurs et les accusateurs la négligent. Tout ce qui plaît au monde et aime ses caprices, mais pas Dieu, la néglige.

Tous ceux-là et d’autres comme eux considèrent comme rien le trésor du salut éternel obtenu par les exploits, les douleurs, la souffrance et la mort sur la croix, du Christ, le Fils de Dieu, et ainsi ils déshonorent Celui-là même qui a souffert et est mort. Pour les chrétiens d’aujourd’hui, il est considéré qu’il est précieux d’être honoré et célèbre, d’être fortuné et de vivre dans le luxe, et ils considèrent leur salut éternel comme le dernier de leurs soucis, et que les autres préoccupations passent avant. Or le salut éternel est «la seule chose nécessaire», selon les paroles de Christ, et il esti gagné ici ou perdu ici. Il s’acquiert par le repentir et la foi; il est perdu par une vie impénitente.

Écoutez, vous les pécheurs et vous, les chrétiens bénis, le salut éternel est pour nous «la seule chose nécessaire», et il est soit gagné, soit perdu ici sur Terre. Bien-aimés, approfondissons cela dans notre mémoire. Pécheurs! Souvenons-nous des promesses que nous avons prononcées au baptême et repentons-nous, de peur de paraître paresseux devant Dieu.

Souvenons-nous de l’heure de la mort et repentons-nous, de peur de quitter ce monde sans espoir de salut. Souvenons-nous du Jugement redoutable du Christ et repentons-nous, de peur que nous nous présentions avec nos péchés. Souvenons-nous de la douceur de la vie éternelle et de l’amertume de la mort éternelle, et tournons-nous vers Dieu, et apaisons Le avec larmes et repentance, afin qu’Il nous ouvre les portes de sa bonté de cœur et de son royaume éternel.

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Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugés


Romains 3:19-26; Matthieu 7:1-8  Samedi de la deuxième semaine après la Pentecôte

 

Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés (Matthieu 7:1).
Quelle maladie que le bavardage oisif et le fait de juger les autres! Chacun sait que c’est un péché, et pourtant rien n’est plus commun dans nos paroles que le jugement des autres. On dit: « Ne compte pas cela comme un jugement, ô Seigneur », mais on continue à juger jusqu’à la fin. Un autre se justifie, disant que toute personne raisonnable doit avoir une opinion sur ce qui se passe, et dans son bavardage, il essaie d’être froidement raisonnable, mais même une oreille simple ne peut pas ne pas discerner un jugement  et une jubilation devant le malheur d’autrui dans ses paroles. En attendant, la sentence du Seigneur pour ce péché est stricte et décisive. Celui qui juge les autres ne sera pas justifié. Que doit-on faire? Comment peut-on éviter le malheur? Un remède décisif contre le jugement des autres consiste en ceci: se considérer comme condamné. Celui qui se sent lui-même condamné n’aura pas le temps de juger les autres. Ses paroles ne seront que « Seigneur, aie pitié! Seigneur, pardonne mes péchés! « 
Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
USA
 https://stfeofanzatvornik.blogspot.com/

Voir Dieu

Par quoi commencer si on veut voir Dieu

L’archimandrite Aimilianos (+2019) dans une conférence intitulée «Sur l’état que Jésus confère» dit que le problème humain fondamental est que nous ne voyons pas Dieu. En fait, la plupart des gens ne peuvent pas voir Dieu, mais ne peuvent que le chercher. C’est parce que nos yeux (physiques et les yeux de nos âmes) sont terrestres, ils sont formés pour voir, penser et contempler uniquement les choses physiques et ce qui peut être déduit des choses physiquement perceptibles ou ce qui affecte directement la façon dont nous nous sentons, c’est-à-dire les réalités émotionnelles qui sont à l’œuvre en nous – bien que certaines personnes travaillent dur pour ignorer même cela.

Si cependant, nous voulons voir Dieu, par où commencer? L’archimandrite Aimilianos dit que nous devons commencer par ce que nous pouvons faire. Nous pouvons chercher; nous pouvons venir à Dieu par le désir. En d’autres termes, si vous voulez voir Dieu, vous devez avoir la volonté de voir Dieu. Je ne suis pas redondant. Il y a comme un manque, puis ce manque se confirme. Je peux vouloir devenir médecin, par exemple; mais si ma volonté de devenir médecin n’est pas plus forte que de jouer à des jeux vidéo, ou de sortir avec mes amis et si elle ne passe pas avant tout, je ne deviendrai jamais médecin. Il y a une forme de désir, et puis il y a vraiment un désir plus fort: vouloir tellement que c’est à peu près tout ce que je veux. Et donc nous pouvons dire que si vous voulez voir Dieu, vous devez vouloir voir Dieu plus que n’importe quoi d’autre.

Maintenant, je vais émettre une évidence ici, mais je devrais probablement préciser que le mot «voir» est une métaphore. L’archimandrite Aimilianos ne parle pas de vision physique, il ne parle pas non plus d’une sorte de vision intérieure ou de vision de l’âme dans notre imagination. Au contraire, en voyant Dieu, il se réfère à une connaissance et à une rencontre avec Dieu qui est si réelle que c’est comme voir. Il dit que l’on peut connaître et rencontrer Dieu avec une telle clarté et force que «voir» est le seul mot adéquat pour décrire l’expérience. Tout comme lorsque nous disons que nous savons que quelque chose est vrai, car nous l’avons vu nous-mêmes, nous l’avons testé, ressenti, essayé et expérimenté de nombreuses manières physiques, de même l’Archimandrite Aimilianos nous dit que nous pouvons rencontrer et expérimenter et connaître Dieu d’une manière qui implique tellement de certitude que cette connaissance de Dieu est plus réelle pour nous que la preuve de nos sens physiques. En fait, affirme-t-il, cette connaissance de Dieu est en effet plus réelle que le monde entier qui est perceptible à travers mes sens et ma logique, elle est plus réelle parce que le Dieu que nous pouvons connaître n’est pas seulement réel, mais Il est la source et le fondement de toute réalité. Tout ce qui est immédiatement perceptible par les sens physiques ou par la logique ou même le sentiment humain ne sont que des réalités contingentes, des réalités contingentes à l’Un, au Dieu imperceptible que nous pouvons néanmoins percevoir si nous Le cherchons. Continuer la lecture de Voir Dieu

Quand la mort nous rend visite

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Quand la mort nous rend visite
Nous, les croyants orthodoxes, nous savons que la mort n’est pas à craindre.
En tant que petit garçon grandissant à Spokane, dans l’État de Washington, nous vivions près d’un des grands cimetières de la ville. Dès les premiers jours, quand on m’a permis de monter à vélo hors de notre voisinage immédiat, je traversais ce cimetière. Le grand mausolée, ainsi que le nombre de chapelles funéraires familiales, étaient fascinants pour moi, et pas du tout effrayants.
L’un de mes premiers souvenirs a été de partager avec un enseignant de l’école du dimanche, dans notre église luthérienne, à quel point j’étais triste qu’une partie de ce cimetière soit envahie par la végétation et négligée. J’ai même désherbé une des tombes, suivant la suggestion de ce professeur, « de faire ma part ». Je n’étais qu’en cinquième année, mais je savais l’importance de garder en vie les souvenirs des membres de notre famille disparus depuis longtemps.
Au moins deux fois par an, j’allais dans d’autres cimetières avec ma grand-mère et passais du temps à entretenir les tombes de ses sœurs et de ses parents, ainsi que d’autres membres décédés de notre famille, que je connaissais tous à travers des photographies et des histoires partagées avec moi par ma grand-mère bien-aimée. La vie de ces membres de la famille, morts depuis longtemps au moment de ma naissance, était vivante pour moi, à travers les yeux de ma grand-mère.
Grand-mère Haraldson était de la vieille école, où, même en tant que fervente baptiste, elle parlait à ses proches comme s’ils étaient là avec elle, soit sur une photo qu’elle embrassait, soit sur la pierre tombale qu’elle nettoyait. Pour elle, les fleurs laissées sur les tombes de ses proches étaient un lien permanent avec des personnes qui lui manquaient encore et qu’elle aimait toujours. Les visites et les fleurs étaient son moyen de leur faire savoir qu’elle les aimait toujours. Elle m’a dit une fois que Jésus leur ferait savoir qu’elle venait leur rendre visite.
Depuis mon enfance, les cimetières sont importants pour moi. Chaque fois que je suis à Spokane, non seulement je passe par la maison dans laquelle j’ai été élevé et la vieille maison de ma grand-mère, mais je continue de visiter ce vieux cimetière. La zone qui était autrefois négligée, est maintenant restaurée et magnifique.
Lorsque j’enseignais à Berkeley, en Californie, je mettais souvent mon déjeuner dans un sac et je conduisais jusqu’à ce vieux cimetière historique d’Oakland, où certaines des personnes les plus célèbres de la baie (de San Francisco) sont enterrées, et mangeais mon déjeuner dans l’endroit le plus paisible que je connaissais. Ce faisant, je suivais une vieille tradition européenne de pique-nique dans les cimetières.
Une nouvelle tendance s’installe dans notre pays, avec la pratique croissante de l’incinération. En abandonnant la tradition chrétienne de l’enterrement et l’adoption de la pratique païenne de la crémation, nous déclarons symboliquement que nous ne croyons plus à la résurrection des morts et au caractère sacré du corps humain, fait à l’image et à la ressemblance de Dieu.
En renonçant à la tradition de visiter les tombes de nos proches, nous nous éloignons davantage, en tant que peuple, de la réalité de la mort. En abandonnant la tradition des parcelles familiales, nous avons perdu une tradition historique qui a maintenu les histoires familiales vivantes et contribué ainsi à la perte de souvenirs familiaux. Les souvenirs de ceux qui nous ont précédés auront finalement été l’une des plus grandes pertes pour nous, en tant que peuple.
Il y a une bonne raison pour laquelle l’Église orthodoxe interdit la crémation de ses morts, et une bonne raison pour laquelle nous, les orthodoxes, enterrons nos morts dans une terre consacrée. À de nombreuses reprises tout au long de l’année, le clergé de notre Église se rend sur les tombes des croyants orthodoxes et offre des prières pour leur âme, dans l’espoir de la résurrection générale. Comme ma grand-mère baptiste, nous savons que nos parents décédés sont réconfortés par nos visites et par les prières que nous offrons en leur nom. Nous, croyants orthodoxes, savons que la mort n’est pas quelque chose à craindre, mais qu’elle est notre entrée dans la vie éternelle.
L’amour en Christ,