Le Grand Carême

Le Grand Carême
Saint Sophrony l’Athonite.

 

 

    Je désire vous parler maintenant un peu du jeûne. Combien de fois n’avons-nous pas dit qu’il ne dépend que de nous d’introduire dans nos actions, dans nos paroles, tel ou tel sens. Comment et que pouvons-nous faire pour transformer ce « carême terrifiant » en « carême inspirant »?

Lorsque le moine va à la rencontre du grand Carême avec enthousiasme, celui-ci passe vraiment comme une période d’inspiration, de préparation pour recevoir la lumière de la Résurrection. Mais si l’homme est rempli de peur, il peut nuire à sa santé en jeûnant, et le jeûne sera pour lui un tourment.

Nous devons restaurer l’image de Dieu en nous.

Que chacun de vous arrête son esprit, son intelligence sur quelque image sainte qui puisse l’inspirer. Je vous mentionnerai quelques pensées qui me furent précieuses dans ce sens.

Qu’ai-je observé dans la vie du monde, du monde des hommes et, en général, du monde du règne animal?. Que seul l’homme est capable de se contrôler par l’abstinence lorsque de la nourriture se trouve devant lui. Arrêtez-vous sur cette pensée: seul l’homme, qui a reçu l’esprit comme image du Dieu éternel, est capable de créer du nouveau. Ainsi donc, si nous nous abstenons de nourriture ou de sommeil ou encore de quelque chose d’autre, tout cela contribuera à restaurer en nous ce qui appartient à l’image de Dieu. Purifier notre image de Dieu, obscurcie par le péché, – voilà l’effort qui nous attend. Lorsque nous aurons cette pensée, notre abstinence ne sera pas privée de sens. C’est là la grande tâche que notre vie monastique nous assigne: ressembler au Christ qui, en assumant la condition humaine, manifesta sa divinité.

Le Christ a jeûné pendant quarante jours au désert.

Durant les cinquante jours qui viennent, chacun de vous passera par des moments difficiles, mais alors nous nous souviendrons du Christ. En effet, le carême a été établi en mémoire du jeûne de quarante jours que le Seigneur fit au désert où Il était entouré d’animaux sauvages et où, à la fin, Il se laissa même approcher par le démon et parla avec lui.

Devenir semblable au Christ pour l’éternité.

Que pouvons-nous choisir du contenu de la vie du Christ, telle que nous la discernons d’après l’Évangile, les épîtres et la Tradition?. L’apôtre Paul, ce poète de génie, dit que nous devons avoir les mêmes pensées, les mêmes sentiments que le Christ (cf. Philippiens 2, 5).En quoi consiste ce mystère? – En ce que, si nous devenons semblables au Dieu incarné, cela passe jusque dans l’éternité d’avant la création du monde. Nous voulons dire que l’hypostase humaine doit se développer en nous, et contenir en elle la pensée du Christ.

Soyez vos propres créateurs.

Que faut-il avoir à l’esprit, pour ne pas être troublé par le caractère banal de beaucoup de nos activités liées au jeûne et, d’une manière générale, à l’ascèse du mode de vie monastique?. Il nous faut veiller à ce que le sens – je le répète – que nous avons vu en Christ soit aussi en nous.

Chez Jean le Théologien, l’Évangéliste, on peut lire une expression remarquable: « Nous savons que nous sommes les enfants de Dieu. Mais il ne nous a pas encore été révélé comment nous serons après notre sortie de ce monde. Nous savons cependant – dit-il – que, lorsque nous verrons comment Il est, nous pourrons devenir comme Lui, semblables à Lui » (cf 1 Jean 3, 2, citation approximative).

Par conséquent, je vous en prie, mes jeunes frères et sœurs, souvenez-vous de cela, et soyez vos propres créateurs, comme dit Saint Grégoire le Théologien qui exprime cette idée. Créateurs de tout, nous commençons par de petites choses, puis soudain, à partir de là, nous préparons notre esprit, notre être, à recevoir le Souffle divin incréé.

L’énergie qui nous ressuscitera.

Je vous ai dit que l’apôtre Paul était un poète, un théologien et un philosophe génial. Soyons donc ses imitateurs (cf 1 Corinthiens Il, 1) et ainsi nous serons tous les artisans de notre salut éternel en Dieu: « J’attends la résurrection des morts » (Credo). Souvenez-vous en: nous avons dit que, lorsque nous prononçons ces paroles de notre Symbole de foi, nous devons nous rappeler qu’elles manifestent l’état de l’esprit qui attend la venue du Christ. Et cette attente, qui est maintenant la nôtre:

« J’attends la résurrection des morts », est le résultat de notre création. C’est et ce sera l’énergie qui à coup sûr nous ressuscitera.

Nous devons devenir des poètes inspirés …

Oh!. comme je voudrais que vous deveniez tous des poètes!.

Sans inspiration créatrice, il est difficile de passer même un seul jour comme il convient à un chrétien.

Ainsi donc, en nous approchant de ce Carême, ouvrons nos cœurs et nos esprits à la Résurrection qui est devant nous, comme le Seigneur qui, avant de commencer sa prédication, jeûna quarante jours au désert, au milieu des animaux sauvages.

… mais aussi des lutteurs courageux

Ainsi aujourd’hui, j’ai dit quelques paroles pour fixer notre esprit sur l’exploit ascétique qui nous attend. Je veux encore ajouter à cela, qu’il faut être, non seulement poète, mais aussi un lutteur courageux. Le Seigneur a dit que le Royaume des cieux se conquiert par l’effort et l’ascèse, et que seuls ceux qui font des efforts sur eux-mêmes s’en emparent. (cf Matthieu Il, 12).

Lorsque nous vivons sur terre, notre expérience de la vie dans le corps montre qu’il nous faut régulièrement boire, manger, dormir, nous reposer, pour le remplir d’une nouvelle énergie biologique indispensable à la vie. Il en est de même sur le plan spirituel. Nous devons nourrir notre âme, notre intellect, et cela ne va pas sans efforts. Vous connaissez tous cette expression, souvent utilisée ironiquement: « Oh! il est dans les affres de la création! » On peut parler ainsi de tout artiste, dans chaque domaine de l’art.

Nous recevons la vie incréée de Dieu.

De cette manière, en commençant par ce qui est tout petit, nous devenons disponibles à la manifestation de Dieu en nous. Et notre foi, c’est que nous recevons réellement la vie incréée de Dieu. Lorsque nous imitons le Dieu incarné- je parle du Christ – cela passe ensuite également sur le plan de l’esprit, après notre mort. Si nous sommes semblables à Lui tel qu’Il était sur terre, nous Lui serons aussi semblables dans son éternité sans commencement.

Intellect et folie de la foi.


Voici, vous voyez quelles paroles nous prononçons: l’éternité sans commencement de Dieu nous sera communiquée! Une telle audace n’est-elle pas le signe de notre folie?. Mais voici que le génial Paul dit que c’est cette folie qui sauve le monde (cf. 1 Corinthiens 1, 21).

Ce que le Christ nous a promis, l’intellect humain ne le contient pas. Notre intellect terrestre peut être très doué pour la pensée ou l’activité scientifique, pour la philosophie ou pour bien d’autres disciplines, mais non pour croire en l’éternité. Par contre, même les enfants peuvent croire en l’éternité, comme l’a dit le Seigneur (cf. Matthieu 11, 25). Ainsi, vous le voyez, aujourd’hui aussi, c’est toujours le même élan vers notre Dieu céleste, toujours le même Esprit qui nous entraîne à suivre le Christ.

Haine de soi par amour de Dieu et du prochain.

Il y a quelque temps, j’ai entendu quelqu’un me dire: « Je suis fatigué de souffrir. Je ne veux plus souffrir. Je cherche le repos, la joie, le bonheur sur terre. Mon âme est dégoûtée de souffrir. » Bien que l’homme qui me disait cela fut orthodoxe, à vrai dire il ne pensait pas d’une manière orthodoxe. Pour devenir capables d’embrasser par notre amour toute la création, nous devons passer par bien des états douloureux et par beaucoup de souffrances. L’énergie pour supporter ces souffrances, nous la trouvons dans le commandement du Christ de se haïr soi-même par amour pour Dieu et même pour notre prochain (cf. Luc 14,26).

Le Christ souffrit par amour des hommes.

Voilà, je vous ai parlé de choses, à vrai dire, terribles. Vous m’avez entendu dire que, aux jours de sa vie de Dieu incarné sur terre, Jésus-Christ était l’unique homme qui, ayant donné le commandement de se haïr par amour pour Dieu et pour le prochain, monta sur le Golgotha, non pour se sauver Lui-même: Il alla au-devant de toutes les souffrances, plein d’amour pour sauver l’homme, l’humanité. Oh! Cette image de l’Homme!. Ceux qui ont expérimenté cette vision, évidemment, ne peuvent trouver nulle part ailleurs quelque chose de semblable.

Ce que le Seigneur nous a commandé, Il l’a accompli Lui­-même. Par amour pour le prochain, Il s’est livré à toutes les souffrances. Non seulement à la mort, mais encore à une mort qui était ressentie comme une malédiction dans l’Ancien Testament:

« Maudit soit celui qui pend à un arbre » (cf Deutéronome 21, 23; Galates 3, 13).

Nous ne parvenons pas à la mesure que nous voyons en Christ.

Souvenez-vous du Jugement dernier.

Avant le début du Grand carême, nous aurons le service du Grand pardon au cours duquel, dans notre petit cercle, nous demanderons humblement pardon à nos frères et sœurs pour tout ce en quoi nous avons péché devant eux, même dans nos pensées.

Souvenez-vous alors aussi du Jugement dernier.

Passer du petit à l’infini.

Il est dit que le Seigneur viendra dans la gloire, et que, lorsqu’Il s’assiéra sur son trône, tous les peuples se rassembleront devant Lui, depuis la création de l’homme jusqu’au dernier à être né d’une femme. C’est-à-dire: détachez votre esprit des petites choses et transportez-le vers d’autres, illimitées, dont les premières sont néanmoins l’image. Voilà ce qui nous est demandé.

Au cinquième chapitre de Matthieu, on trouve beaucoup de paroles du Christ qui complètent la loi de Moïse. Il dit: « Il est écrit dans la Loi ceci et ceci, mais Moi, je vous dis cela et cela. » Chaque fois, à partir des commandements de l’Ancien Testament, Il passe au sens infini de chacun d’entre eux. Ainsi donc, moi aussi, j’essaie de vous proposer, en tant que votre frère, d’utiliser ce moyen dans le but de rendre notre vie féconde: à partir de petites choses, passez à ce qui est infini.

Référence :

Paroles à la communauté. Février 1994, N*18.

Posted by Holy Trinity Family – Douma

https://holytrinityfamily.blogspot.com/2021/03/le-grand-careme-saint-sophrony-lathonite.html

L’année qui sera heureuse

L’année sera heureuse pour toi non pas quand tu boiras jusqu’à en être ivre le premier jour, mais lorsque et le premier et chacun des autres jours tu vas faire ce qui est conforme à Dieu. La journée peut être bonne ou mauvaise non pas par son essence car un jour ne se différencie en rien d’un autre jour, mais du fait de notre assiduité ou de la paresse. Si tu as œuvré le bien, alors la journée sera bonne, en revanche si tu as péché la journée sera mauvaise et pénible. Si tu vas raisonner de cette façon et disposer de toi-même de façon à effectuer les prières et les œuvres de charité, alors toute l’année sera heureuse pour toi; si tu commences à négliger la vertu par toi-même et attendre ton bonheur spirituel dès le début des mois et du compte des jours, alors tu n’auras rien de bon.
– Saint Jean Chrysostome

Bulletin du mois de janvier 2021 de l’Eglise Orthodoxe à l’ile Maurice

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

Numéro 60, janvier 2021

Le Baptême de Jésus n’est pas seulement sa manifestation au monde comme Christ, son Épiphanie : le Baptême Le manifeste comme Fils de Dieu et, par là même, il est «Théophanie» — manifestation de Dieu — car Il nous révèle le grand mystère de Dieu, la Trinité. Jean, en effet, a vu l’Esprit Saint descendre sur Jésus sous la forme d’une colombe et demeurer sur Lui. Le mot «demeurer» exprime que, de tout temps, l’Esprit Saint repose sur Celui dont la voix venue du ciel disait  «Celui-ci est mon Fils bien-aimé.»

La manifestation de la Trinité

C’est pourquoi saint Cyrille de Jérusalem nous dit qu’en manifestant Jésus comme Christ, le Baptême de Jésus nous révèle, en même temps, le mystère de la divine Trinité : en effet, pour qu’il y ait un Christ, un Oint — le Fils —, il faut qu’il y ait quelqu’un qui l’oigne, le Père, et quelqu’un qui soit l’onction — le Saint-Esprit qui repose sur Lui. C’est ainsi que nous ne pouvons penser au Christ sans penser au Père et au Saint-Esprit ; sans eux, le mot Christ n’aurait pas de sens. Nous ne pouvons confesser Jésus comme Christ sans confesser le Dieu unique comme Dieu en trois personnes. Il est fréquent qu’on se fasse une idée fausse de Dieu : il nous semble parfois que le Père serait le Dieu de l’Ancien Testament, puis le Fils viendrait le remplacer dans le Nouveau Testament durant la vie de Jésus; enfin ce serait le tour du Saint-Esprit dans le temps présent de l’Église, et la vie de Jésus ne serait commémorée que comme un passé historique. Oui, nous avons beaucoup de mal à nous représenter les trois personnes en un seul Dieu agissant dans le monde par une seule volonté. Comment approcher le mystère de la Sainte Trinité ? Revenons au baptême de Jésus, lorsque Jésus sort de l’eau. Nous l’avons déjà écrit : Jean le Baptiste voit le Christ sur lequel repose l’Esprit et il entend la voix du Père nommant Jésus « Fils Bien-Aimé » : Jean a reconnu un seul Dieu en trois personnes. C’est au Jourdain que s’est manifestée, pour la première fois, la Trinité. C’est ce que l’Église nous décrit à la fois par l’icône et par le chant de la fête, à l’Épiphanie (ou Théophanie). L’ICÔNE Jésus est immergé dans l’eau, on dirait qu’Il pénètre l’univers tout entier pour le changer par sa présence, pour l’éclairer de sa Lumière, pour l’illuminer, pour le sanctifier. Tout en haut, une Main représente Celui qui oint, Dieu le Père, invisible mais dont la voix rend témoignage à Jésus en l’appelant Fils bien-aimé. La colombe représente l’Esprit Saint qui confirme la vérité du témoignage en se posant et en demeurant sur la  tête de Jésus : c’est l’« onction». Enfin, le Fils, Celui qui est oint, Jésus, est immergé. LE CHANT Le tropaire de l’Épiphanie, le cantique de la fête, reprend le même thème : Ton baptême, dans le Jourdain, Seigneur, nous montre l’adoration due à la Trinité, la voix du Père t’a rendu témoignage, elle T’a nommé Fils Bien-Aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, a confirmé l’inébranlable vérité de cette parole. Christ-Dieu. Tu es apparu, Tu as illuminé l’univers, Gloire à Toi. (Tropaire de l’Épiphanie.)

Dieu est vivant, catéchèse orthodoxe, éd. Cerf 2011, pp 76-77 3

Divine Liturgie Chaque dimanche à 9h30

Dimanche 3 janvier : dimanche avant fête de la Théophanie, bénédiction des eaux

Jeudi 7 à 9.30 a.m.: Nativité (ancien calendrier)

Dimanche 10: repentir et obéissance

17: les 10 lépreux

24: l’aveugle de Jéricho

31: Zachée

Eglise orthodoxe de la Sainte Transfiguration Grande-Rivière N-O Ile Maurice (derrière le garage Bala)

Divine Liturgie Chaque dimanche à 9h30 Site WEB: http://orthodoxchurchmauritius.org

Père Athanasios, tel.: 57 33 32 53 E-mail: p.athanasios@myt.mu

Père Ian, tel.: 52 57 90 53 E-mail: fr.ian@antiochian.org.nz

Sur le mariage

Le mariage est un élément essentiel pour l’union de deux personnes en vue du salut.
Le monde occidental a connu une terrible tendance à la baisse du nombre de couples qui choisissent de se marier. Parmi les couples qui le font, près de cinquante pour cent de leurs mariages se terminent par un divorce. Et les mariages qui durent, ne voient qu’une infime fraction, produire plus d’un ou deux enfants. De nombreux couples choisissent de limiter le nombre d’enfants, ou n’en ont pas du tout, car ils veulent une vie plus satisfaisante sur le plan économique et considèrent les enfants comme un obstacle à un style de vie confortable. Ceci est en opposition absolue avec les vues de nos ancêtres.
La ville de Seattle a été désignée comme l’une des villes les plus solitaires des États-Unis, et beaucoup pensent que cela est directement lié au fait que cette grande ville a le plus petit nombre d’enfants après  San Francisco. Étant donné que les couples qui ont des enfants ont tendance à s’impliquer dans les écoles et les églises locales dans leur désir de soutenir leurs enfants,il en résulte que les couples sans enfants ont moins d’options, dès le départ, où ils peuvent cultiver des amitiés avec d’autres couples. Si la vie sociale d’un couple est centrée sur le lieu de travail ou la vie nocturne, alors une source majeure de soutien au mariage est minée. Les bars, les boîtes de nuit et les lieux de travail cultivent à peine le soutien des mariages. Alors que l’implication avec d’autres parents engagés dans des associations de Parents -Enseignants -Étudiants, et la participation active dans les paroisses, rassemblent les gens pour le bien commun des enfants. Ces deux institutions ont une longue histoire d’accompagnement des couples dans des relations où l’on s’engage. Le problème central de l’institution du mariage est directement lié à une société de plus en plus sécularisée qui ne valorise pas le mode de vie traditionnel et biblique. Les couples, à un rythme alarmant, démarrent leurs relations de manière intime. Les rapports sexuels avant le mariage sont considérés comme une composante essentielle de leur relation. L’idée de se réserver pour le lit conjugal semble démodée et dépassée. Cependant vivre ensemble avant le mariage condamne la relation depuis le début parce que l’homme et la femme se concentrent sur leurs propres besoins, à l’exclusion de «l’union». De telles relations sont basées sur des besoins personnels et non sur la base biblique du mariage, où la procréation est l’un des éléments essentiels qui lie le couple dans une relation amoureuse qui est basée sur l’autre. Cette approche du couple est responsable du déclin des populations des pays occidentaux, où seuls les mariages islamiques produisent le nombre d’enfants qui peut garantir la survie culturelle des générations futures. La civilisation occidentale est en train de s’éteindre en conséquence directe de cet éloignement sociologique et religieux de l’image biblique du mariage. L’opposition de l’Église au mariage non traditionnel n’a rien à voir avec la discrimination à l’égard des homosexuels. Nous ne sommes pas appelés à juger les autres, mais nous sommes appelés à ne juger que nous-mêmes. Nous devons reconnaître les luttes quotidiennes remplies d’angoisse, de solitude, de souffrance de nos frères et sœurs gays. En tant que chrétiens, nous devons les aimer et les soutenir dans leurs luttes en tant que chrétiens pour mener une vie chaste. De nombreux homosexuels quittent l’Église parce qu’ils se sentent jugés, exclus, marginalisés, voire haïs, par leurs compagnons chrétiens. Il est important de se rappeler que les chrétiens hétérosexuels sont également appelés à vivre une vie chaste basée sur la Bible, en dehors du mariage. Le mariage ne concerne pas les droits de l’homme mais le rapprochement de l’homme et de la femme pour la propagation de notre espèce sanctionnée par Dieu. Dieu nous donne suffisamment de grâce pour vivre une vie vertueuse, et nous, chrétiens orthodoxes, savons que le salut ne concerne pas uniquement nous-mêmes, mais nous tous ensemble. Une communauté chrétienne aimante et solidaire nous soutient tous dans notre cheminement vers le royaume de Dieu. Enfin, l’élément clé qui rend le mariage salvifique est l’abandon de la volonté personnelle pour le bien commun. Le mari et la femme, au moment même où les couronnes du mariage sont placées sur leur tête, doivent s’engager à être obéissants l’un à l’autre. Le mari, bien que chef de famille, n’est ni le patron ni le suzerain de sa femme. Au contraire, l’archétype du mari est celui du Christ en tant que grand époux. Le symbole des couronnes ne concerne pas un jeune prince et une princesse, mais il est le symbole des couronnes de martyre, où la femme et le mari se donnent l’un à l’autre. Le couple qui vivra et jouira d’une longue vie ensemble, est le couple dont le mariage est centré sur le Christ,  et où ce qui est donné et ce qui est reçu découle d’un engagement envers le bien-être de l’autre. Tout comme le Christ a donné Sa vie pour l’amour de son Église, le mari et la femme donnent leur vie l’un à l’autre.
 Abbé Tryphon avec amour en Christ.
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