La vie qui nous est donnée

Le don de la vie et le cauchemar d’une mort qui engloutit tout.

Cette vie terrestre qui nous a été donnée n’a de sens que si nous la voyons comme une préparation  pour la vie future. Nous ne devons pas négliger ce qui est de nature éternelle, car le Créateur nous a accordé cette vie comme un temps de préparation pour l’éternité avec Lui. C’est le moment où nous devrions progresser de l’image de Dieu à la ressemblance de Dieu. Cette vie prend un tour tragique si nous ne regardons pas au-delà des limites de cette existence terrestre, car le don d’amour qu’est le Christ, nous aide à échapper au cauchemar d’une mort dévorante. L’apôtre Paul rend compte de la compréhension chrétienne de la mort, en disant : « Quand le corruptible aura   revêtu l’incorruptible, et le mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : « La mort est engloutie dans la victoire ( 1 Cor. 15:54). » C’est durant cette vie présente que nous  » revêtons Christ « , car ce faisant nous atteignons la sainteté qui nous est nécessaire pour nous tenir en présence de Dieu pour toute l’éternité, et ne pas être brûlé. Se concentrer sur cette vie comme autre chose qu’un temps de préparation pour l’éternité, c’est ignorer que Dieu nous a donné la vie présente comme temps de préparation à la vie céleste.

Avec amour en Christ, Abbé Tryphon

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Sur la maladie

Source: https://orthodoxcityhermit.com/category/contemporary-elders/elder-aimilianos/
Nous tombons malades et nous souffrons pour différentes raisons, mais c’est souvent parce que nous avons péché, volontairement ou involontairement, ou parce que nous nous sommes éloignés de Dieu. Mais, si vous êtes malades, n’ayez pas peur et ne vous inquiétez pas, car la maladie est un grand cadeau de Dieu. Les malades sont les enfants spéciaux de Dieu. Les malades sont sous la protection spéciale de Dieu. Ils ont la bénédiction spéciale de Dieu. Ils ont l’amour de Dieu. Ils sont dans Son étreinte, alors que quelqu’un qui a la santé pourrait ne pas l’être. La personne malade, la personne souffrante, la personne malade se trouve dans une situation privilégiée, ou potentiellement privilégiée, par rapport à Dieu. Ceux qui n’ont jamais connu la maladie, et ceux qui n’ont jamais connu la souffrance, manquent souvent d’empathie; et souvent leur cœur est étroit, petit et restreint, et incapable de s’ouvrir et d’embrasser la souffrance des autres parce qu’ils ne le savent tout simplement pas. Les malades, par contre, sont souvent les personnes les plus aimantes, les plus compréhensives et les plus compatissantes que vous rencontrerez jamais, et ce sont eux qui auront l’audace devant Dieu dans leurs prières pour les autres. N’ayez donc pas peur de votre maladie. Laissez-la à Dieu. Faites ce que les médecins vous disent. Lorsque vous prenez vos médicaments, vous recevez le Christ. Ce n’est pas un mal, ni le signe d’un manque de foi, de prendre vos médicaments. Lorsque vous prenez vos médicaments, vous recevez une bénédiction, vous recevez le Christ lui-même. Faites ce que les médecins disent, prenez vos médicaments, passez vos tests, mais ne soyez pas anxieux. Parfois, ce qui est pire que d’être malade, c’est d’avoir peur de tomber malade. Laissez les choses entre les mains de Dieu. Tout ce que Dieu vous donne est le meilleur pour vous. Dieu ne vous donne jamais une croix sans d’abord la peser et la mesurer très soigneusement pour s’assurer que la croix aboutira à votre croissance spirituelle. Alors ne pensez pas que c’est aléatoire, ne pensez pas que c’est un hasard, ne pensez pas que c’est trop. Elle a été très soigneusement pesée et très soigneusement mesurée, de sorte qu’il en résulte une croissance spirituelle et un bénéfice spirituel. Autant le corps dépérit, autant notre vie en Dieu est renouvelée. Dieu ne peut pas naître en nous sans les douleurs de l’enfantement. Et la souffrance que nous éprouvons, que ce soit une souffrance émotionnelle ou physique, ce sont les douleurs de la naissance, le travail, la souffrance dans notre vie qui permettront à Dieu de naître et de grandir en nous. Nous devrions donc avoir du regret pour la personne qui n’a pas goûté à la douleur involontaire parce que cette personne n’est pas susceptible de s’imposer une quantité suffisante de douleur volontaire (…) Elle voudra rester dans son endroit confortable, sa zone de confort, et elle va résister à toutes sortes de changements. La maladie est une visite de Dieu, une visite divine. La maladie nous humilie, elle nous enseigne, elle nous remodèle, elle nous éveille à la réalité, elle nous permet de voir ce qui est vraiment important et ce qui a de la valeur. Ce n’est pas une punition, mais une visite divine pour notre correction et notre éducation. –
L’ Ancien Aimilianos (+ 9 mai 2019) du monastère de Simonopetra  Extrait de: Une conférence intitulée «Heureux ceux qui ont le cœur pur: Réflexions sur la nature spirituelle de la souffrance», par le Père Maximos Constas, Patristic Nectar Publications (2017).

Le Grand Carême

Le Grand Carême
Saint Sophrony l’Athonite.

 

 

    Je désire vous parler maintenant un peu du jeûne. Combien de fois n’avons-nous pas dit qu’il ne dépend que de nous d’introduire dans nos actions, dans nos paroles, tel ou tel sens. Comment et que pouvons-nous faire pour transformer ce « carême terrifiant » en « carême inspirant »?

Lorsque le moine va à la rencontre du grand Carême avec enthousiasme, celui-ci passe vraiment comme une période d’inspiration, de préparation pour recevoir la lumière de la Résurrection. Mais si l’homme est rempli de peur, il peut nuire à sa santé en jeûnant, et le jeûne sera pour lui un tourment.

Nous devons restaurer l’image de Dieu en nous.

Que chacun de vous arrête son esprit, son intelligence sur quelque image sainte qui puisse l’inspirer. Je vous mentionnerai quelques pensées qui me furent précieuses dans ce sens.

Qu’ai-je observé dans la vie du monde, du monde des hommes et, en général, du monde du règne animal?. Que seul l’homme est capable de se contrôler par l’abstinence lorsque de la nourriture se trouve devant lui. Arrêtez-vous sur cette pensée: seul l’homme, qui a reçu l’esprit comme image du Dieu éternel, est capable de créer du nouveau. Ainsi donc, si nous nous abstenons de nourriture ou de sommeil ou encore de quelque chose d’autre, tout cela contribuera à restaurer en nous ce qui appartient à l’image de Dieu. Purifier notre image de Dieu, obscurcie par le péché, – voilà l’effort qui nous attend. Lorsque nous aurons cette pensée, notre abstinence ne sera pas privée de sens. C’est là la grande tâche que notre vie monastique nous assigne: ressembler au Christ qui, en assumant la condition humaine, manifesta sa divinité.

Le Christ a jeûné pendant quarante jours au désert.

Durant les cinquante jours qui viennent, chacun de vous passera par des moments difficiles, mais alors nous nous souviendrons du Christ. En effet, le carême a été établi en mémoire du jeûne de quarante jours que le Seigneur fit au désert où Il était entouré d’animaux sauvages et où, à la fin, Il se laissa même approcher par le démon et parla avec lui.

Devenir semblable au Christ pour l’éternité.

Que pouvons-nous choisir du contenu de la vie du Christ, telle que nous la discernons d’après l’Évangile, les épîtres et la Tradition?. L’apôtre Paul, ce poète de génie, dit que nous devons avoir les mêmes pensées, les mêmes sentiments que le Christ (cf. Philippiens 2, 5).En quoi consiste ce mystère? – En ce que, si nous devenons semblables au Dieu incarné, cela passe jusque dans l’éternité d’avant la création du monde. Nous voulons dire que l’hypostase humaine doit se développer en nous, et contenir en elle la pensée du Christ.

Soyez vos propres créateurs.

Que faut-il avoir à l’esprit, pour ne pas être troublé par le caractère banal de beaucoup de nos activités liées au jeûne et, d’une manière générale, à l’ascèse du mode de vie monastique?. Il nous faut veiller à ce que le sens – je le répète – que nous avons vu en Christ soit aussi en nous.

Chez Jean le Théologien, l’Évangéliste, on peut lire une expression remarquable: « Nous savons que nous sommes les enfants de Dieu. Mais il ne nous a pas encore été révélé comment nous serons après notre sortie de ce monde. Nous savons cependant – dit-il – que, lorsque nous verrons comment Il est, nous pourrons devenir comme Lui, semblables à Lui » (cf 1 Jean 3, 2, citation approximative).

Par conséquent, je vous en prie, mes jeunes frères et sœurs, souvenez-vous de cela, et soyez vos propres créateurs, comme dit Saint Grégoire le Théologien qui exprime cette idée. Créateurs de tout, nous commençons par de petites choses, puis soudain, à partir de là, nous préparons notre esprit, notre être, à recevoir le Souffle divin incréé.

L’énergie qui nous ressuscitera.

Je vous ai dit que l’apôtre Paul était un poète, un théologien et un philosophe génial. Soyons donc ses imitateurs (cf 1 Corinthiens Il, 1) et ainsi nous serons tous les artisans de notre salut éternel en Dieu: « J’attends la résurrection des morts » (Credo). Souvenez-vous en: nous avons dit que, lorsque nous prononçons ces paroles de notre Symbole de foi, nous devons nous rappeler qu’elles manifestent l’état de l’esprit qui attend la venue du Christ. Et cette attente, qui est maintenant la nôtre:

« J’attends la résurrection des morts », est le résultat de notre création. C’est et ce sera l’énergie qui à coup sûr nous ressuscitera.

Nous devons devenir des poètes inspirés …

Oh!. comme je voudrais que vous deveniez tous des poètes!.

Sans inspiration créatrice, il est difficile de passer même un seul jour comme il convient à un chrétien.

Ainsi donc, en nous approchant de ce Carême, ouvrons nos cœurs et nos esprits à la Résurrection qui est devant nous, comme le Seigneur qui, avant de commencer sa prédication, jeûna quarante jours au désert, au milieu des animaux sauvages.

… mais aussi des lutteurs courageux

Ainsi aujourd’hui, j’ai dit quelques paroles pour fixer notre esprit sur l’exploit ascétique qui nous attend. Je veux encore ajouter à cela, qu’il faut être, non seulement poète, mais aussi un lutteur courageux. Le Seigneur a dit que le Royaume des cieux se conquiert par l’effort et l’ascèse, et que seuls ceux qui font des efforts sur eux-mêmes s’en emparent. (cf Matthieu Il, 12).

Lorsque nous vivons sur terre, notre expérience de la vie dans le corps montre qu’il nous faut régulièrement boire, manger, dormir, nous reposer, pour le remplir d’une nouvelle énergie biologique indispensable à la vie. Il en est de même sur le plan spirituel. Nous devons nourrir notre âme, notre intellect, et cela ne va pas sans efforts. Vous connaissez tous cette expression, souvent utilisée ironiquement: « Oh! il est dans les affres de la création! » On peut parler ainsi de tout artiste, dans chaque domaine de l’art.

Nous recevons la vie incréée de Dieu.

De cette manière, en commençant par ce qui est tout petit, nous devenons disponibles à la manifestation de Dieu en nous. Et notre foi, c’est que nous recevons réellement la vie incréée de Dieu. Lorsque nous imitons le Dieu incarné- je parle du Christ – cela passe ensuite également sur le plan de l’esprit, après notre mort. Si nous sommes semblables à Lui tel qu’Il était sur terre, nous Lui serons aussi semblables dans son éternité sans commencement.

Intellect et folie de la foi.


Voici, vous voyez quelles paroles nous prononçons: l’éternité sans commencement de Dieu nous sera communiquée! Une telle audace n’est-elle pas le signe de notre folie?. Mais voici que le génial Paul dit que c’est cette folie qui sauve le monde (cf. 1 Corinthiens 1, 21).

Ce que le Christ nous a promis, l’intellect humain ne le contient pas. Notre intellect terrestre peut être très doué pour la pensée ou l’activité scientifique, pour la philosophie ou pour bien d’autres disciplines, mais non pour croire en l’éternité. Par contre, même les enfants peuvent croire en l’éternité, comme l’a dit le Seigneur (cf. Matthieu 11, 25). Ainsi, vous le voyez, aujourd’hui aussi, c’est toujours le même élan vers notre Dieu céleste, toujours le même Esprit qui nous entraîne à suivre le Christ.

Haine de soi par amour de Dieu et du prochain.

Il y a quelque temps, j’ai entendu quelqu’un me dire: « Je suis fatigué de souffrir. Je ne veux plus souffrir. Je cherche le repos, la joie, le bonheur sur terre. Mon âme est dégoûtée de souffrir. » Bien que l’homme qui me disait cela fut orthodoxe, à vrai dire il ne pensait pas d’une manière orthodoxe. Pour devenir capables d’embrasser par notre amour toute la création, nous devons passer par bien des états douloureux et par beaucoup de souffrances. L’énergie pour supporter ces souffrances, nous la trouvons dans le commandement du Christ de se haïr soi-même par amour pour Dieu et même pour notre prochain (cf. Luc 14,26).

Le Christ souffrit par amour des hommes.

Voilà, je vous ai parlé de choses, à vrai dire, terribles. Vous m’avez entendu dire que, aux jours de sa vie de Dieu incarné sur terre, Jésus-Christ était l’unique homme qui, ayant donné le commandement de se haïr par amour pour Dieu et pour le prochain, monta sur le Golgotha, non pour se sauver Lui-même: Il alla au-devant de toutes les souffrances, plein d’amour pour sauver l’homme, l’humanité. Oh! Cette image de l’Homme!. Ceux qui ont expérimenté cette vision, évidemment, ne peuvent trouver nulle part ailleurs quelque chose de semblable.

Ce que le Seigneur nous a commandé, Il l’a accompli Lui­-même. Par amour pour le prochain, Il s’est livré à toutes les souffrances. Non seulement à la mort, mais encore à une mort qui était ressentie comme une malédiction dans l’Ancien Testament:

« Maudit soit celui qui pend à un arbre » (cf Deutéronome 21, 23; Galates 3, 13).

Nous ne parvenons pas à la mesure que nous voyons en Christ.

Souvenez-vous du Jugement dernier.

Avant le début du Grand carême, nous aurons le service du Grand pardon au cours duquel, dans notre petit cercle, nous demanderons humblement pardon à nos frères et sœurs pour tout ce en quoi nous avons péché devant eux, même dans nos pensées.

Souvenez-vous alors aussi du Jugement dernier.

Passer du petit à l’infini.

Il est dit que le Seigneur viendra dans la gloire, et que, lorsqu’Il s’assiéra sur son trône, tous les peuples se rassembleront devant Lui, depuis la création de l’homme jusqu’au dernier à être né d’une femme. C’est-à-dire: détachez votre esprit des petites choses et transportez-le vers d’autres, illimitées, dont les premières sont néanmoins l’image. Voilà ce qui nous est demandé.

Au cinquième chapitre de Matthieu, on trouve beaucoup de paroles du Christ qui complètent la loi de Moïse. Il dit: « Il est écrit dans la Loi ceci et ceci, mais Moi, je vous dis cela et cela. » Chaque fois, à partir des commandements de l’Ancien Testament, Il passe au sens infini de chacun d’entre eux. Ainsi donc, moi aussi, j’essaie de vous proposer, en tant que votre frère, d’utiliser ce moyen dans le but de rendre notre vie féconde: à partir de petites choses, passez à ce qui est infini.

Référence :

Paroles à la communauté. Février 1994, N*18.

Posted by Holy Trinity Family – Douma

https://holytrinityfamily.blogspot.com/2021/03/le-grand-careme-saint-sophrony-lathonite.html

L’année qui sera heureuse

L’année sera heureuse pour toi non pas quand tu boiras jusqu’à en être ivre le premier jour, mais lorsque et le premier et chacun des autres jours tu vas faire ce qui est conforme à Dieu. La journée peut être bonne ou mauvaise non pas par son essence car un jour ne se différencie en rien d’un autre jour, mais du fait de notre assiduité ou de la paresse. Si tu as œuvré le bien, alors la journée sera bonne, en revanche si tu as péché la journée sera mauvaise et pénible. Si tu vas raisonner de cette façon et disposer de toi-même de façon à effectuer les prières et les œuvres de charité, alors toute l’année sera heureuse pour toi; si tu commences à négliger la vertu par toi-même et attendre ton bonheur spirituel dès le début des mois et du compte des jours, alors tu n’auras rien de bon.
– Saint Jean Chrysostome