Entretien sur le jeûne à l’occasion du commencement du carême de la Nativité

Carême de la Nativité: il débute cette année le 14 novembre (car c’est un mercredi, qui est jour de jeûne) et se termine le jour de Noël (sinon il commence d’habitude le 15 novembre)

CONVERSATION SUR LE JEUNE

 

Conversation avec un ancien (géronda) du mont Athos à propos du jeûne

– Bénis, Geronda.
– Que Dieu vous bénisse, ma joie.

– Vous êtes sur le mont Athos depuis longtemps ?

– Depuis soixante ans. Mais qu’est-ce que soixante ans devant la face de Dieu ?

– Père, je te demande de dire quelque chose à propos du jeûne.

– Pour dire quelque chose, vous devez vivre ce dont vous allez parler. Seul un marin ou un enfant né près de la mer peut parler de la mer. Mais je vais vous obéir et vous dire ce que les Saints Pères, qui étaient unanimes et tous des «amis» du jeûne et de l’abstinence, ont dit à propos du jeûne.

– Le jeûne est-il un but en soi?

– Le jeûne n’est pas un but en soi, mais un moyen. Votre but était d’arriver à Athos. Et le bateau sur lequel vous avez navigué est devenu un moyen pour vous. De même, le jeûne est l’un des moyens que le Seigneur nous a donnés pour que nous puissions l’approcher. Et le but de notre vie est d’être avec Dieu.

– Quand le jeûne est-il apparu ?

– Le jeûne a le même âge que l’humanité. Selon Saint Basile le Grand, il a été établi par Dieu au paradis. Quand il a dit à l’homme : «Tu mangeras de tous les arbres du jardin; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, n’en mange pas; car ce jour où tu en goûteras, tu mourras »(Gen. II, 17)

– Pourquoi Dieu a-t-il accordé le jeûne à l’homme, pour le limiter ?

– Au contraire ! Pour le libérer.

Saint Jean Chrysostome a écrit que « Dieu ayant créé l’homme, l’a immédiatement placé en état de jeûne qui est un moyen pour son salut comme une tendre mère et un meilleur mentor ». L’abstinence est la voie du salut. Le jeûne est un enseignant qui ne limite pas une personne, mais l’enrichit et la développe.
– Geronda, le jeûne est-il nécessaire?

Saint Jean Chrysostome répond encore une fois à cette question: si le jeûne est nécessaire au paradis, il l’est beaucoup plus en dehors du paradis; si le médicament est utile avant la blessure, il l’est beaucoup plus après la blessure; si nous avions besoin d’une arme avant le début de la guerre contre la convoitise, il est beaucoup plus nécessaire d’avoir un jeûne lors de l’ouverture d’un tel combat contre la convoitise et les démons. Au ciel, le jeûne était donné à l’homme à des fins préventives. Après la chute, il sert à des fins thérapeutiques.

– Quelles tâches peuvent être résolues à l’aide du jeûne ?

Selon Saint Maxime le Confesseur, le jeûne tue les mauvais désirs. Il adoucit également le cœur (Saint Siméon le Nouveau Théologien). Saint Grégoire de Palamas écrit que le jeûne et l’abstinence aident à mener à bien toute bonne entreprise. Et Saint Jean Chrysostome confesse son amour du jeûne : « J’aime le jeûne, car c’est la mère de la sagesse faite de douceur et la source de toute sagesse. »

– Comment devrions-nous jeûner?

– Le jeûne est un médicament spirituel. Dans le même temps, l’abstinence ne devrait pas seulement être alimentaire, la personne tout entière devrait jeûner dans son unité psychosomatique. Écoutez ce que Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet: «Est-ce que vous jeûnez? Prouvez-le moi par votre comportement. Qu’allez-vous faire? Si vous voyez un ennemi, faites la paix, si vous voyez votre ami heureux, ne l’enviez pas. Que ce ne soit pas seulement votre bouche qui jeune, mais tous les membres de notre corps. Que les mains jeunent en évitant le vol et l’acrimonie. Que vos yeux jeûnent, habitués qu’ils sont à observer les beaux visages (l’extérieur), se tournent vers l’autre genre de beauté (la beauté intérieure). Que le jeûne soit celui de l’ouïe : ne pas écouter la calomnie. Que le jeûne soit celui du langage grossier et des insultes. Quelle est l’utilité si nous nous abstenons de viande et de poisson et que nous rongeons et mangeons des frères? »

– Comment mangeons-nous nos frères ?

– Par la calomnie et la condamnation, fondées sur un manque d’amour pour ceux que nous côtoyons.

– Merci père. Tu m’as beaucoup aidé.

– Nous devrions remercier Dieu qui a illuminé nos Saints. Que le Seigneur nous accorde sa grâce et que la Très Sainte Théotokos (Mère de Dieu) nous préserve sous son voile. Et n’oublions pas que notre tâche principale est d’avoir le désir d’être avec Dieu.

Source : https://www.facebook.com/susan.schneider67/posts/10211046505593525

Bulletin de l’Eglise Orthodoxe à l’Ile Maurice

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration
La Voix de l’Évangile
Numéro 31, juin 2018

La nécessaire vénération des saints
A Pentecôte, nous avons célébré la descente du Saint-Esprit sur les apôtres
et sur l’Église, et cette fête nous invitait à tourner les yeux vers la Sainte
Trinité qui a accompli toute cette oeuvre du salut de l’humanité, chacune des personnes divines y remplissant son rôle. Et le Saint-Esprit se manifeste
particulièrement en cette fête de la Pentecôte comme le sanctificateur par
excellence, comme celui qui communique aux hommes la vie divine, cette
vie qui existe de toute éternité au sein de la Trinité et à laquelle le Père a
voulu que nous participions par l’oeuvre de son Fils, surtout par son mystère
pascal, sa mort et sa Résurrection. Il a voulu que les fruits de cette oeuvre de
salut nous soient communiqués par le Saint-Esprit, qui a conduit cette oeuvre
à son achèvement.
En célébrant la fête de tous les saints, nous contemplons précisément les
fruits de toute cette oeuvre du salut, une oeuvre qui a consisté non seulement
à retirer l’homme du péché, à sauver l’homme de la damnation, mais aussi à
lui communiquer en plénitude la vie divine, communication en vue de
laquelle le Père a voulu créer l’humanité. À travers les saints, c’est
l’accomplissement plénier de ce dessein de Dieu que nous contemplons.Ceux
que nous appelons « les saints » sont les chrétiens en qui l’Église officielle
a reconnu des baptisés qui ont aussi parfaitement que possible mis en oeuvre
la grâce de leur baptême, et dont le salut éternel est assuré. Ils sont pour nous
des exemples et des intercesseurs efficaces auprès de Dieu. Mais il est évident
qu’il existe des myriades de baptisés anonymes qui sont morts dans l’amitié
de Dieu et sont sauvés, sans qu’ils aient bénéficié de cette reconnaissance
officielle de la part de l’Église.
Les saints sont donc des hommes, des femmes et même des enfants en qui,
durant leur vie terrestre, les dons de Dieu ont pu porter tous leurs fruits grâce
à leur coopération. Car Dieu a voulu que nous ne soyons pas sanctifiés sans
nous ; cela n’aurait pas été pas une sanctification véritablement nôtre, si elle
avait été seulement l’oeuvre de Dieu. Mais elle est l’oeuvre conjointe de Dieu
et de l’homme. Dieu nous donne tout, mais à condition que l’homme y
participe, que l’homme ouvre son coeur et que l’homme mette en oeuvre ce
don de Dieu par l’action de sa liberté. Et les saints sont ceux d’entre les
hommes qui ont apporté une pleine coopération, une pleine synergie, au don
de Dieu. Certes, tous les baptisés qui ne sont pas de grands pécheurs
possèdent ce don de Dieu, et l’Antiquité chrétienne n’hésitait pas à appeler
tous les vrais chrétiens « les saints ».
C”est encore le langage de la liturgie, par exemple lorsque le célébrant
proclame, au sujet des Saints Dons : « Les choses saintes aux saints ! »
Malheureusement, nous tous, qui sommes des saints en ce sens, nous ne
faisons pas fructifier autant que nous le devrions les dons que nous avons
reçus de Dieu, alors que nous le pourrions. Les saints canonisés ne sont pas
des êtres d’exception, ce ne sont pas des êtres spécialement prédestinés à être
des saints ; ce sont des hommes comme nous, et qui possédaient comme nous
une liberté et une volonté libre, mais qui l’ont utilisée pleinement, je dirais
même exclusivement, pour faire fructifier ce don de la vie divine qui leur
était fait.
Grâce à ce que nous connaissons de la vie de ces saints, ce que nous
entrevoyons, c’est justement la présence parmi nous, parmi les hommes, de
la vie divine. Les vertus éminentes des saints ne sont pas des vertus
simplement humaines, ce ne sont pas des qualités simplement morales, c’est
quelque chose de proprement divin. La sainteté est une réalité incréée, mais
à laquelle l’homme apporte sa pleine coopération.
Selon une image souvent reprise par les pères de l’Église, parce qu’elle est
profondément évocatrice, celle du fer rouge pénétré par le feu, les saints se
sont laissés entièrement pénétrer par ce feu divin, ce feu incréé que le Christ
est venu apporter sur la terre et qui est l’agir de la divinité elle-même. Toutes
les vertus des saints sont un reflet de ce que Dieu est, une participation à cette
réalité incréée communiquée à l’homme. C’est en ce sens que les saints sont
vraiment parmi nous des fenêtres ouvertes vers le ciel. Leur sainteté, leur
amour de Dieu, un amour de Dieu qui, dans bien des cas est allé jusqu’au
martyre, leur amour universel de leurs frères, accompagné de l’humilité, d’un
humble amour où le moi, où l’ego s’efface complètement, oui, tout cela nous
manifeste ce qu’est le don de Dieu quand on l’accueille pleinement. Les saints
sont nos modèles, et à travers leurs vies, ce que nous contemplons, c’est cette
coopération qu’ils ont apportée au don de Dieu, mais en même temps, c’est
ce don de Dieu lui-même qui nous est manifesté, c’est cette présence dans
notre monde d’une réalité incréée, d’une participation par l’homme à la vie
incréée de Dieu. Il y a là quelque chose de vraiment admirable.
Oui, les saints sont vraiment un reflet du ciel parmi nous, du ciel, c’est-à-dire
de la vie divine, de la vie de la Trinité sainte.
Leurs vertus ne sont pas simplement des vertus humaines, et leurs miracles
manifestent cette présence en eux d’une force qui n’est pas de ce monde.
Les saints du ciel sont aussi nos protecteurs ; ils nous aident dans toute notre
vie spirituelle, ils nous aident par leur intercession, ils nous aident en nous
communiquant quelque chose de cette vie divine qui est en eux ; et c’est
pourquoi ils sont devenus, comme le Christ, avec le Christ, dans le Christ,
des charbons ardents, et à leur contact, quand nous les prions, quand nous
vénérons leurs reliques, quelque chose de cette vie divine, de ce rayonnement
incréé nous atteint, nous pénètre nous aussi.
Mais dans la mesure, justement, où des chrétiens infidèles à la tradition de
l’Église cessent de vénérer les saints, cessent de les aimer, où l’on cesse de
respecter leurs reliques, à ce moment-là les saints ne peuvent plus nous aider;
nous nous fermons à leur influence, nous dressons un mur entre eux et nous.
Oui, aimons les saints, aimons lire leurs vies, le récit de leurs miracles, non
pas seulement, encore une fois, pour y chercher des leçons de morale, mais
pour nous émerveiller devant les dons de Dieu accordés aux hommes, en
découvrant à travers eux le visage de notre Père, en découvrant à travers eux
comme le visage de chacune des personnes de la Trinité, qui sont à l’oeuvre
dans cette sanctification des hommes. Oui, que les saints nous aident ainsi à
chanter le Père, le Fils et le Saint-Esprit, à qui soit la gloire dans les siècles
des siècles. Amen.
D’après l’Archimandrite Placide Deseille, La couronne bénie de l’année
chrétienne, volume 2, pp 263-268

Divine liturgie
Chaque dimanche à 9h30
Dimanche 3 juin : de tous les Saints
Lundi 4: début du jeûne des saints Apôtres Pierre et Paul
10 juin : des saints locaux
17 juin : 3è dimanche après la Pentecôte
24 juin: Nativité du vénérable et glorieux prophète,
précurseur et baptiste Jean.
Vendredi 29 juin: Saints, glorieux et illustres apôtres Pierre et Paul.
Tous les jours de semaine, Matines à 9h30
Église orthodoxe de la
Sainte Transfiguration
Grande-Rivière N-O
Ile Maurice
(Derrière le garage BALA)
Divine Liturgie
Chaque dimanche à 9h30
Site web:
http://orthodoxchurchmauritius.org
Tous les jours de semaine, Matines
à 9h30.
– Père Athanasios: tel. 57 33 32 53
E-mail: p.athanasios@myt.mu
– Père Ian: tel.: 52 57 90 53
E-mail: fr.ian@antiochian.org.nz
– Père Jean: tel. 59 05 70 23
E-mail: klepperbali@gmail.com