Ne perdons pas notre temps en vain

Ne perdons pas notre temps en vain. Le royaume des cieux appartient à ceux qui se forcent. Gardez à l’esprit le départ de nos âmes, l’heure et le moment ultimes de cette difficile séparation. Gardez à l’esprit comment les démons vont chercher à arracher la pauvre âme à cette dernière heure et à la conduire vers l’Hades. Oh, quel chagrin! Quelle souffrance pour l’âme! Comme l’âme soupire alors! Hélas, quelle triste situation en ce moment! Que de promesses une personne ne ferait-t-elle à Dieu à cet instant ,qu’elle va changer sa vie, qu’elle suivra le chemin de la repentance et des épreuves,  mais pourvu qu’elle ne meure pas!
Nous allons tous atteindre cette heure et rencontrerons ce qui précède et bien plus encore, et nous promettrons alors avec beaucoup plus de sérieux que nous emprunterons le chemin du repentir et du combat spirituel. Imaginons que cela se soit déjà produit et que Dieu ait entendu notre demande. Dans ce cas, que nous reste-t-il à faire? Tenir nos promesses en montrant une vraie repentance et lutter pour corriger notre âme. C’est maintenant le moment approprié pour la repentance et la guerre spirituelle! Petit à petit le temps de notre vie s’écoule, et sans même que l’on se rend compte, nous sommes conduits jusqu’au bout et à la tombe!
Un tribunal et un juge nous attendent, ainsi que des livres entiers dans lesquels sont écrits les actes de chacun d’entre nous. Qui peut échapper à ces choses? Personne. Nous nous tiendrons tous devant le siège du jugement de Christ «nus et ouverts» pour que chacun de nous rende compte de ses actes, paroles et pensées. Gardons à l’esprit ces choses et bien d’autres nuit et jour, afin que nous puissions amener nos âmes au deuil et aux larmes!
Ancien Ephraim d’Arizona (+2020)

Le jeûne de la Dormition

Le 1er août, commence le jeûne de la Dormition qui est relativement court et culmine avec la célébration de la Grande Fête de la Dormition le 15 août. Chaque jeûne nous propose un défi et un choix. Dans ce cas, je dirais que notre choix se situe entre «la commodité» et «l’engagement». Nous pouvons choisir la commodité en raison du simple fait que jeûner est décidément peu pratique. Il faut de la planification, de la vigilance, de la discipline, du renoncement à soi-même et un effort global réfléchi. Il est pratique de laisser la vie s’écouler à son rythme habituel (d’été), ce qui inclut la recherche d’un niveau de confort de moindre résistance. Modifier nos modes de vie établis est toujours difficile, et c’est peut-être quelque chose que nous n’envisagerons qu’avec réticence. Donc, un choix est de ne rien faire de différent pendant ce jeûne de la Dormition ou alors peut-être seulement quelque chose de minimal, comme une sorte de reconnaissance symbolique de notre appartenance à l’Église. Cependant, je ne suis pas tout à fait sûr de ce qu’un tel choix entraînerait en termes de croissance supplémentaire dans notre vie «en Christ». Cela peut plutôt signifier une occasion manquée.

Pourtant, le choix demeure d’adopter le jeûne de la Dormition, un choix résolument «contre-culturel» et qui manifeste un engagement conscient envers un «mode de vie» chrétien orthodoxe. Un tel engagement signifie que nous regardons au-delà de ce qui convient vers ce qui a du sens. Ce serait un choix dans lequel nous reconnaissons nos faiblesses et notre besoin précisément de la planification, de la vigilance, de la discipline, du renoncement à soi et de l’effort global concerté qui caractérise le chercheur de «l’esprit du Christ» que nous avons comme don dans la vie de l’Église. C’est un choix difficile à faire, et peut-être particulièrement difficile dans la vie d’une famille avec des enfants qui résistent souvent à tout changement. Je continue cependant de croire qu’un choix aussi difficile a ses «récompenses» et qu’un tel engagement portera ses fruits dans nos familles et dans nos paroisses. (Si le jeûne est pratiqué de manière légaliste nous perdrons notre accès à la fécondité potentielle du Jeûne et ne réussirons qu’à créer une atmosphère misérable dans nos maisons). C’est un choix qui montre que nous sommes déterminés à saisir une bonne opportunité comme étant au minimum un outil potentiel menant à la croissance spirituelle.

Mon observation est que nous combinons dans une certaine mesure le « côté pratique» avec notre «engagement» dans notre vie sociale et culturelle contemporaine. Souvent, nous ne permettons pas à l’Église de «gêner» nos plans et objectifs, et cela peut être difficile à éviter dans les circonstances et les conditions de notre «mode de vie» actuel. Il est difficile de l’emporter dans la «bataille interminable des calendriers». Le milieu social et culturel environnant ne soutient plus notre engagement envers le Christ et l’Église. En fait, ce milieu est généralement assez indifférent et peut même être hostile à un tel engagement. Même si nous hésitons à l’admettre, nous trouvons très difficile de ne pas nous conformer au monde qui nous entoure. Mais il n’est jamais impossible de choisir notre engagement envers notre mode de vie chrétien orthodoxe plutôt que ce qui est simplement pratique – ou simplement désiré. Ce n’est peut-être qu’une de ces «croix quotidiennes» dont le Seigneur a parlé – même si cela peut être difficile d’appeler cela une «croix». Cela implique également des choix, et nous devons évaluer ces choix avec honnêteté en examinant tous les facteurs qui composent nos vies. En bref, il est très difficile – mais profondément gratifiant – de pratiquer notre foi chrétienne orthodoxe aujourd’hui!

Je reste cependant convaincu que le cœur d’un chrétien orthodoxe sincère désire choisir le chemin difficile de l’engagement plutôt que le chemin facile (et plutôt ennuyeux?) de la convenance. Nous avons maintenant l’opportunité donnée par Dieu d’échapper à ce qui draine notre énergie spirituelle au cours de cette période (estivale). Avec la prière, l’aumône et le jeûne, nous pouvons renouveler nos corps et nos âmes fatigués. Nous pouvons lever nos «mains tombantes» dans une attitude de prière et d’action de grâce. La Dormition de la Theotokos a souvent été appelée «pâques en été». La dormition célèbre la victoire de la vie sur la mort – ou plutôt du transfert de ce qui est mortel vers le Royaume des Cieux. Le jeûne de la Dormition est notre préparation spirituellement vigilante menant à cette glorieuse célébration. «Voici, c’est maintenant le moment favorable; voici maintenant le jour du salut! » (2 Corinthiens 6: 2).

Source: https://www.oca.org/reflections/fr.-steven-kostoff/the-dormition-fast-commitment-vs.-convenience?fbclid=IwAR1kPpWPYTlgzwdha395Tgk-r7cz78k5HtU_szofp9kl15z9L8F-8MvBrBs

Ce que la terre est aux plantes, Dieu l’est pour l’âme

L’arbre solidement enraciné dans la terre se développe et porte des fruits. L’âme solidement enracinée en Dieu par la foi et l’amour, comme par des racines spirituelles, elle aussi se développe spirituellement et porte des fruits de vertu agréables à Dieu, grâce auxquels elle vit maintenant et vivra dans le monde futur. L’arbre déraciné cesse de vivre ; il ne reçoit plus la vie qu’il puisait dans la terre par ses racines. De même, l’âme de celui qui a perdu la foi et l’amour et ne demeure plus en Dieu, en qui seul il peut avoir la vie, meurt spirituellement. Ce que la terre est aux plantes, Dieu l’est à l’âme.
Saint Jean de Cronstadt

L’alpha et l’omega de la foi orthodoxe

 

L’alpha et l’omega de notre foi orthodoxe est le fait de l’incarnation du Fils de Dieu, c’est-à-dire la Nativité du Christ, et le fait de Sa résurrection. Dieu est descendu sur terre, le Seigneur est ressuscité, nous ouvrant à tous la voie vers la résurrection. La joie pascale nous rappelle que tous nous ressusciterons. Mais pour ressusciter dans la vie éternelle et non dans les tourments éternels, il est nécessaire de se préparer comme il convient à la vie éternelle. Il existe une expression selon laquelle le paradis et l’enfer commencent ici sur terre. Intérieurement. Ils ne durent peut-être pas très longtemps, chez l’un, plus, chez l’autre, moins, mais malgré cela, ils commencent ici. Nous devons nous efforcer de vivre en Chrétiens, alors, quand nous serons inhumés, nous ressusciterons avec le Christ. J’ai lu dans un monastère grec une expression merveilleuse: «Si tu meurs avant de mourir, tu ne mourras pas quand tu mourras».
Traduit du russe

Paroles du P. Valerian Kretchetov né en 1937 et prêtre de village près de Moscou

http://www.lalorgnettedetsargrad.gr/