Saint Jean Climaque

echelleMontons l’échelle divine

Le quatrième dimanche du Grand Careme est consacré à un saint de la seconde moitié du VIe siècle après JC, dont le nom est Jean, son surnom est quelque peu étrange, il est désigné par Jean Climaque.

Ce saint a été choisi en raison de sa sainteté (littéralement sa divinisation), et on lui a demandé de mettre par écrit son expérience ascétique pétrie pendant plus de quarante ans dans l’amour du Créateur. Il était semblable aux anges qu’il pouvait voir, entendre leurs hymnes et partager avec eux les louanges. Son écrit est devenu une école de théologie pour toute l’Église.

Dans sa vie, il n’a rien demandé pour lui-même, il s’est dépouillé de tout pour se remplir de Celui qui est le Tout Puissant et être au service de tous.

Il a été surnommé « le climaque » c’est à dire l’ échelle parce ce que son écrit décrit l’échelle qu’il faut monter pour arriver à Dieu. C’est l’échelle qu’il a parcourue , marche par marche avec des larmes,  la prière, le jeûne,  l’humilité et le service pour tous.

Chaque degré de son livre est une vertu, et il s’est inspiré de la vision de Jacob (Genèse 12: 28-13). Son échelle comporte trente degrés, en accord avec le nombre d’années du Seigneur Jésus-Christ sur terre, avant Sa mission qui a duré trois ans.

Le premier de ces degrés est « sur le renoncement au monde», le dernier étant «la foi, l’espérance et l’amour».

Son enseignement découle d’une théologie vécue et expérimentale et non pas de conidérations académiques et théoriques. Saint Maxime le Confesseur, par exemple (580-662), dit: « La théologie devient diabolique si elle ne découle pas d’une expérience vivante. »

C’est ici que réside l’importance des saints Pères. Ce sont des Pères, car ils ont donné naissance à des enfants en vue du Royaume, et non pour eux-mêmes. Ils sont la preuve solide de la continuité de la présence du Saint-Esprit dans l’Église. Ils se trompent ceux qui pensent que l’époque des Pères est révolue, car alors ils nient ainsi le travail de l’Esprit dans la transmission de la Vie l’Eglise de génération en génération.

En reconnaissant cela également on comprend que le Père est celui qui donne naissance à des  enfants en Christ et au Christ et non à lui-même, et personne ne peut être père s’il n’a pas été d’abord un fils. Il n’est pas étonnant que l’apôtre Paul ait dit à ses enfants qu’ils sont le témoignage de son apostolat, le Seigneur n’a-t-il pas dit: «C’est à leurs fruits que tu les connaîtras» (Matthieu 16)?

Pour  revenir au livre de Jean Climaque, il y a une merveilleuse icône du XIIe siècle qui se trouve dans le monastère de Sainte Catherine au Sinaï, cette icône est inspirée par le livre et résume son contenu (il y a plus de 2700 icônes au monastère de Sainte Catherine).

La beauté de cette icône réside dans son cadre doré. Elle représente principalement une échelle qui monte de la terre au ciel où nous voyons le Seigneur bénir ceux qui arrivent au Ciel.

Des moines grimpent l’échelle. Certains d’entre eux sont présents au début de l’échelle, d’autres au milieu, et une partie est arrivée à son terme. Dans le coin supérieur droit de l’icône, un groupe d’anges qui sont proches les uns des autres, et expriment des louanges; et dans le coin inférieur gauche de l’icône, un groupe de moines est emprisonné en enfer. Ce sont eux qui sont tombés.

L’événement principal se déroule sur l’échelle. Des moines continuent leur chemin vers le ciel, tandis que certains de leurs frères tombent et des démons les tirent vers le bas . La couleur dorée de l’icône, qui représente la lumière divine incréée, est évidente en comparaison avec la puissance des ténèbres du malin et de ses anges. Il y deux mondes qui ne se rencontrent pas. La lumière et les ténèbres.

Voyez-vous ce qui a fait tomber certains moines? Saint Jean Climaque donne la réponse dans son livre: ce sont les  passions et Saint Jean Climaque de préciser que chaque passion dont on ne se libère pas n’est pas est une porte ouverte par laquelle le diable entre dans l’âme, s’y niche et amène avec lui ses anges. Tant qu’une personne vit dans ce monde, elle doit persévérer dans sa lutte. Et à mesure qu’ une personne progresse spirituellement, plus la guerre spirituelle contre elle est intense, c’est pourqui elle doit alors redoubler d’effort et être vigilant car plus elle a grimpé haut dans l’échelle et plus alors sa chute fait mal.

En conclusion,  nous sommes plus comme des combattants dans l’arène de cette vie, nous ne trouverons la paix que lorsque nous sortirons de cette vie pour entrer dans la vie éternelle dans l’espérance ; alors prenons les armes de la Grâce et grimpons victorieusement cette échelle.

La Mère de Dieu

La Mère de Dieu était la personne la plus pure qui ait été créée, ainsi que tous les saints pères le confessent tous ensemble. Sa vertu fondamentale était et est encore la virginité, le don de la décence  – la pleine pureté de toute son existence, non seulement du point de vue corporel mais aussi du point de vue spirituel.

La Mère de Dieu n’a même pas péché en pensée et avait au plus haut degré le don naturel de Dieu que Dieu donne à la naissance de chacun de nous, que nous ignorons aujourd’hui comme jamais auparavant dans notre histoire, c’est pourquoi nous avons échoué en tant que société du point de vue spirituel: le don de la décence.
Le don de la décence est presque éteint aujourd’hui.
L’absence du don de la décence signifie la destruction de la civilisation. Sans la délicatesse envers l’autre, sans l’attention continue à éviter le péché, sans notre séparation  des affaires du monde et en se recentrant sur la loi de Dieu, nous ne serons pas sauvés de l’ombre de la mort et  nous serons incapable de recevoir la bonne nouvelle de l’incarnation du fils de Dieu dans nos cœurs.

La décence est un grand don naturel de Dieu, dont il ne reste aujourd’hui que des miettes parce que les gens ne considèrent la décence  et la sensation de honte que comme un phénomène social essayant de l’analyser en dehors de l’amour et de la vie éternelle de Dieu. Dieu se retire, et respecte notre liberté, et donc nous sommes condamnés à nous aveugler dans une société dont la notion de honte disparaît rapidement. N’oublions pas, cependant, que le manque total de honte est le premier symptôme de la stupidité comme preuve définitive de l’obscurité de l’esprit causée par une confiance totale dans sa propre individualité.
Nous devons avoir de la décence – sinon nous mourrons spirituellement

La Mère du Seigneur était parfaitement libre de tout repliement sur elle-même, de toute fierté, gardant intacte la grâce de la décence  comme une ouverture totale et permanente à la parole de Dieu, quelle qu’elle soit. Ce mot était pour elle, le commandement le plus impossible de l’histoire: tu donneras naissance à un Dieu incarné qui deviendra un homme de toi.

Ne croyons pas que nous serons sauvés des problèmes par des moyens matériels: nous ne ferons que changer de problèmes comme lorsque nous changeons nos chaussettes. Nous devons nous libérér de l’ombre de la mort car si nous ne mourons pas à mort, nous ne nous réssuciterons pas vraiment après la mort.

Ayons de la décence et un peu de sensibilité à ce qui est honteux!

Source: https://asceticexperience.com/   The Gift of Shyness

Bulletin du mois de Mars 2020 de l’Eglise Orthodoxe à l’Ile Maurice

Paroisse Orthodoxe de la Sainte Transfiguration

Numéro 52, Mars 2020

La pénitence

Au fondement même de l’enseignement spirituel du Starets Serge, il y a la pénitence. En cela, il se montre profondément fidèle à l’Évangile puisque l’enseignement de Saint Jean-Baptiste, qui prépare celui du Christ et      « aplanit les voies du Seigneur », (cf. Matthieu 3,8 ; Marc 1,4 – 5 ; Luc 3,3. 8), et que l’enseignement du Christ lui-même est inauguré de la même façon : « Jésus commença à prêcher et dit : repentez-vous car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4,17 ; CF. Marc 1,15). 

La pénitence doit être au commencement, au milieu et à la fin de la vie spirituelle. Il considère que l’homme doit faire pénitence dès lors de son réveil et au moment même où il va s’endormir, et entre ces deux moments d’une manière incessante. Comme Saint Isaac le Syrien, 

Le Starets Serge considère que l’homme a besoin de la pénitence jusqu’à son dernier souffle. 

Le Starets Serge distingue : A) la pénitence que l’on éprouve vis-à-vis de tel ou tel péché que l’on a commis, et B) la pénitence que l’on éprouve vis-à-vis de son état de péché en général. 

A. La première forme de pénitence est vitale : ne pas faire pénitence revient à rester dans le péché, à être coupé de l’Eglise et donc à être privé de la grâce. Elle comporte trois étapes : 

1) se repentir du péché que l’on vient de commettre ;

2) se le rappeler à la fin de la journée ayant demandé de nouveau pardon à Dieu ; 

3) le confesser et s’en repentir lorsqu’on reçoit le sacrement de pénitence. 

La troisième étape permet de recevoir le pardon total et définitif du péché qui a été confessé avec repentir. On doit alors le considérer comme effacé, ne plus y penser, considérer le pardon divin comme le commencement d’une vie nouvelle. 

La première étape permet cependant déjà d’obtenir de Dieu le pardon quand il s’agit de péchés peu importants et notamment de pensées mauvaises. « Si l’on a une pensée mauvaise et que l’on fait pénitence en voulant penser et agir autrement, ce péché est effacé sur-le-champ. » 

Le Starets Serge insiste beaucoup sur la seconde étape : la fin de chaque journée doit être un « temps fort » de la pénitence auquel il faut consacrer, même si on n’a pas le temps ou si on est fatigué, au moins quelques secondes. À ce moment, la pénitence consiste d’abord en un examen de conscience détaillé, c’est-à-dire à soumettre à une critique spirituelle tout ce que l’on a fait au cours de la journée, à considérer tout ce que l’on a fait de mal, mais aussi tout ce que l’on a fait de bien et tout ce que l’on a mal fait (c’est-à-dire notamment tout ce que l’on a fait avec des pensées passionnées), et de demander pardon à Dieu, dans un sentiment sincère de contrition, pour tout ce à quoi on s’est montré infidèle à Sa volonté. La pénitence est alors d’une part, vis -à-vis du passé, regret, et d’autre part, vis-à-vis du présent et de l’avenir, volonté de ne plus commettre le mal et de faire le bien. 

Ce deuxième aspect de la pénitence est particulièrement important et permet d’éviter que l’on reste psychologiquement et spirituellement tributaire et dépendant des péchés qu’on a commis.

Pour la même raison, la pénitence ne doit jamais rappeler en détail les péchés commis ni être une attitude morbide de considération du péché : le Starets Serge insiste sur la nécessité de se désolidariser du passé dans ce qu’il a de mauvais et de vivre chaque jour comme un jour nouveau, et aussi de ne pas se sentir affecté par son péché, mais de le considérer comme étant profondément étranger à notre vraie nature. Les démons veulent que nous nous identifiions à notre péché pour nous amener à désespérer de nous-mêmes ; c’est une ruse dont nous ne devons pas être dupes. 

B. Starets Serge distingue une deuxième forme de pénitence, plus générale et plus constante, à laquelle convient plutôt le nom de contrition ou de componction (c’est le penthos des Pères grecs). Cette deuxième forme de pénitence est tout aussi importante et indispensable. On doit faire pénitence pour les péchés que l’on a commis inconsciemment. Cette notion est paradoxale, puisque, en principe, un homme n’est responsable et coupable que des fautes qu’il a commises consciemment, c’est-à-dire en sachant qu’il commettait le mal et avec intention de le commettre. Cependant la conscience chrétienne se montre plus exigeante. De nombreuses prières dans l’Eglise demandent à Dieu de pardonner au pécheur ses fautes volontaires et involontaires, commises sciemment ou par inadvertance, ou encore consciemment et inconsciemment. Souvent nous faisons du mal à notre prochain sans le vouloir et sans nous en rendre compte ; malgré cette absence d’intentions mauvaises, il subit ce mal à cause de nous. De même, nous commettons vis-à-vis de Dieu des fautes que l’étroitesse de notre conscience et la faiblesse de notre sens moral et de notre discernement spirituel ne nous permettent pas de remarquer. Le Starets Serge considère donc que dans notre attitude de prière nous devons inclure ce type de faute et demander à Dieu : « Pardonne-moi mes péchés que je ne connais pas, mes péchés inconscients. » 

La pénitence est une nécessité pour tout homme, car tout homme est pécheur, ou en tout cas dans un état de péché. Celui qui croit n’avoir pas besoin de pénitence est dans l’illusion. C’est pourquoi « Dieu préfère quelqu’un qui pèche et qui fait pénitence à quelqu’un qui croit ne pas pécher et ne fait pas pénitence ». 

D’après Jean-Claude LARCHET, le starets Serge, Éditions du Cerf, Paris 2004, pp 33-39. 

Divine Liturgie 

Chaque dimanche à 9h30 

2 mars : début du Grand Carême 

Dimanche 8 mars: Triomphe de l’Orthodoxie 

15: de Saint Grégoire Palamas (le P. Athanasios sera à la Réunion) 

22 : de la Sainte Croix 

Mercredi 25 : Annonciafion de la très sainte Mère de Dieu 

29 : de saint Jean Climaque. 

Eglise orthodoxe de la 

Sainte Transfiguration 

Grande-Rivière N-O 

Ile Maurice 

(derrière le garage Bala) 

Divine Liturgie Chaque dimanche à 9h30 

Site WEB: 

http://orthodoxchurchmauritius.org 

Père Athanasios, tel.: 57 33 32 53 

E-mail: p.athanasios@myt.mu 

Père Ian, tel.: 52 57 90 53 

E-mail: fr.ian@antiochian.org.nz 

Une masse de pecheurs…

Une masse de pécheurs.
Engagés à vivre comme présence du Christ.
Selon Saint Éphr
em le Syrien (306 – 373), « l’Église n’est pas l’assemblée des saints, c’est la masse des pécheurs qui se repentent, et qui, bien qu’ils soient pécheurs, se sont tournent vers Dieu et s`orientent vers Lui. » En tant que peuple qui se concentre sur Dieu, nous sommes des pécheurs qui se sont engagés à vivre comme présence du Christ dans le monde, et notre sainteté ne peut pas être séparée de la sainteté de Dieu qui est à l’œuvre dans ce monde.
Notre péché est une maladie omniprésente,
le péché c` est l’échec d` atteindre l’objectif d’être vraiment humain. Nous sommes appelés à accomplir le dessein de Dieu dans notre venue à l`existence et à fonctionner comme l’image créée de Dieu. Notre péché, par conséquent, n’implique pas simplement la culpabilité d’avoir transgressé les commandements de Dieu, mais doit être l’impulsion pour devenir autre chose que ce que nous sommes dans notre état déchu. Parce que chacun de nous a une expérience unique, la victoire sur nos habitudes personnelles de péché requiert toute notre attention et toute notre vigilance.
Le but ultime de ce processus salvifique est
de participer à la vie de Dieu (theosis), ce qui consiste simplement de refléter la ressemblance divine. En devenant semblables à Christ dans notre comportement et dans notre pensée, nous coopérons avec Dieu dans ce processus de guérison et nous retrouvons la ressemblance de Dieu
C’est dans cette perspective que nous reconnaissons notre vocation d’être Christ au milieu de ce monde déchu. Car ce monde, tout comme nous, est appelé au processus de divinisation, et nous, comme nous le dit saint Séraphin de Sarov,
nous pouvons contribuer au salut d’un millier autour de nous, en acquérant la paix intérieure. En acquérant un cœur humble et contrit, nous révélons le Christ au monde et promouvons la transformation de l’ensemble du Cosmos en l’image et la ressemblance de notre Dieu créateur
Avec amour en Christ,
Abbé Tryphon

Source: https://www.facebook.com/Abbot-Tryphon-1395030584153681/