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29 mar 2015

Dimanche de Marie l’Egyptienne (Homélie)

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Icône de Sainte Marie l’Egyptienne

Source:http://archtripoli.com/main.php

Pour le dernier dimanche du Grand Carême , et avant d’entrer dans la Grande Semaine Sainte à l’issue de laquelle on célèbre la Pâque salvatrice du Christ, notre Eglise nous rappelle une parole d’or  inspirée par l’Evangile du Christ et les enseignements des Apôtres. Cette parole est prononcée au cours de la Liturgie de ce jour, elle comporte la signification  profonde de ce que nous commémorons.   L’Eglise s’adresse aux fidèles qui ont terminé la cinquième semaine de jeûne, et qui sont sur le point de terminer les derniers jours de la sainte quarantaine. Elle leur rappelle que le Royaume de Dieu n’est pas manger et boire, et  de toutes façons manger ou  s’en abstenir ne constitue pas en soi le critère pour entrer  dans le Royaume de Dieu. La participation à la résurrection qui donne la vie ne dépend pas d’un régime alimentaire déconnecté  de ce qui constitue, en effet, l’essence même de la vie spirituelle, qui est justice et sanctification avec l’ascétisme.
La justice se situe au niveau du  comportement, selon la volonté de notre Seigneur et Dieu le Christ, notre Maître. Et aussi de se rendre étranger  à tout ce qui est contraire à Lui et qui attriste Son Esprit qui réside en nous. Et l’ascèse illustre cela car il est sortie au désert où la seule aide est celle du Dieu qui nous sauve.  Le désert n’est pas un lieu géographique, mais il est spirituel et dans nos vies. Cela est à l’image des anciens Hébreux qui ont abandonné l’abondance en Egypte et le confort pour entrer dans le repos de Dieu. Mais le désert représente également la liberté par rapport aux contraintes matérielles afin de profiter de la puissance de Dieu et Sa grâce. « Toutes ces choses ont été écrites pour nous guider. » Ainsi la richesse matérielle n’est pas un critère pour obtenir le royaume  mais c’est plutôt l’amour de Dieu et du prochain et où le mal est absent. Un amour qui incite ses adeptes à se sacrifier (même jusqu’à la mort) pour celui qui est proche. « Le juste est l’homme qui fait miséricorde tous les jours » il est celui qui s’empresse de faire le bien comme le Christ l’a fait pour notre justification. Entrer dans le repos de Dieu est accordé à ceux  « qui stockent leurs trésors dans les mains des pauvres. »

Les croyants ont jeûné et se sont restreints dans les aliments et les boissons mais il leur reste le grand test: vont ils se détacher des choses auxquelles ils tiennent comme si leurs vies en dépendait?…vont-ils aimer le prochain comme le Maître et lui donner de leur argent, de leur temps, de leurs forces et même de leurs vies? La sanctification dépend de l’obéissance au Maître en qui Ils croient et font confiance et ont voulu comme Seigneur de leurs vies. Et l’obéissance se manifeste lorsque l’on agit « dans la lumière », dans l’amour de ceux qui sont à nos côtés, dans la miséricorde et le sacrifice.
Et aujourd’hui notre Eglise termine en donnant ce conseil:  » Lorsque nous jeûnons, faisons le bien, et notre Seigneur nous donnera au lieu des biens matériels les richesses spirituelles ».

23 mar 2015

Les maximes du P. Hopko

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55 maximes du Père Thomas Hopko

Le père Thomas Hopko (1939-2015) a été ordonné prêtre en 1963. Par la suite il est devenu professeur de théologie à l’Institut Saint Wladimir à New York et puis doyen de ce même institut. Depuis 2002 il était doyen émerite. Il s’est endormi dans le Seigneur tout récemment. Il était marié et père de 5 enfants. (Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_Hopko)

 

1) Soyez toujours avec le Christ et faites confiance à Dieu en tout.
2) Priez comme vous le pouvez, et non pas comme vous pensez que vous devez le faire

3) Ayez une règle de prière raisonnable (qui peut être appliquée, ni trop longue ni trop courte) que vous observerez avec discipline.

4) Dites plusieurs fois par jour la prière du Seigneur (Le Notre Père).

 

5) Répétez une courte prière quand votre esprit n’est pas occupé.

 

6) Faites des prosternations quand vous priez.
7) Mangez avec modération, et jeûnez les jours de jeûne.
8) Pratiquez le silence, intérieur et extérieur.
9) Asseyez-vous et faîtes silence 20 à 30 minutes chaque jour.

10) Faites des actes charitables en secret (et surtout pas de façon ostentatoire).

 

11) Allez régulièrement aux offices liturgiques.

 

12) Allez régulièrement à la confession et à la Sainte Communion.

 

13) Ne dialoguez pas avec les pensées et les sentiments intrusifs.

 

14) Révélez régulièrement toutes vos pensées et vos sentiments à une personne de confiance.

 

15) Lisez régulièrement les Écritures.

 

16) Lisez des livres de qualité, un peu à la fois
17) Cultivez la communion avec les saints.
18) Soyez une personne simple liée pleinement aux autres hommes.

 

19) Soyez poli avec tout le monde, en premier lieu de tous les membres de la famille.
20) Maintenez la propreté et l’ordre dans votre maison.
21) Ayez un passe-temps sain.

22) Pratiquez régulièrement une activité physique.

 

23) Vivez une chose à la fois à chaque instant de la journée.
24) Soyez totalement honnêtes, tout d’abord avec vous-mêmes.

25) Soyez fidèles dans les petites choses.

 

26) Effectuez votre travail comme il se doit puis passez à autre chose.
27) Commencez d’abord avec les choses les plus difficiles et les plus pénibles.

28) Faites face à la réalité.

29) Soyez reconnaissants.

30) Soyez de bonne humeur.

 

31) Soyez simples, discrets, silencieux et modestes.
32) N’attirez jamais l’attention sur vous-même.

 

33) Écoutez quand les gens vous parlent.

 

34) Soyez éveillés et attentifs, pleinement présents là où vous vous trouvez.

35) Ne pensez et ne parlez pas à propos des choses courantes plus que nécessaire.
36) Parlez simplement, clairement, fermement, directement.

37) Fuyez l’imagination, la fantaisie, et les pensées raisonnantes (que l’on se fait) pour essayer d’imaginer les choses afin de les comprendre.

38) Fuyez les choses sensuelles et charnelles dès leur apparition.

 

39) Ne vous plaignez pas, ne grognez pas, ne murmurez pas, ne geignez pas.
40) Ne pas rechercher ni attendre de la pitié ou de la louange

41) Ne vous comparez pas avec qui que ce soit.
42) Ne jugez personne pour quoi que ce soit.
43) N’essayez pas de convaincre quiconque de quoi que ce soit.
44) Ne vous défendez et ne vous justifiez pas.
45) Soyez déterminés par Dieu et attachés à Lui, pas aux gens.
46) Acceptez la critique avec grâce et éprouvez-la avec prudence.
47) Donnez des conseils seulement lorsqu’on vous le demande ou quand il est de votre devoir de le faire.
48) Ne faites rien pour les gens qu’ils ne peuvent et ne doivent faire par eux-mêmes.
49) Ayez un planning quotidien de vos activités, afin d’éviter les lubies et caprices.

50) Soyez miséricordieux envers vous-même et avec les autres.
51) N’ayez pas d’attentes extraordinaires, si ce n’est d’être farouchement tentés jusqu’ à votre dernier souffle.
52) Concentrez-vous exclusivement sur Dieu et la lumière qui vient de Lui, et jamais sur les ténèbres, la tentation et le péché.
53) Acceptez avec patience et sereinement lorsque vous êtes critiqués et que vos défauts sont exposés, agissez ainsi en vertu de la miséricorde de Dieu.

54) Quand vous tombez, levez-vous immédiatement et recommencez.

55) Obtenez de l’aide quand vous en avez besoin, sans crainte ni honte.

Sources:http://holycrossoca.org/newslet/0907.html

http://orthodoxologie.blogspot.com/2010/08/les-maximes-de-pere-dimitri-hopko-ii.html

 

15 mar 2015

Le Pardon par saint Jean de Cronstadt

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Si vous pardonnez aux gens leurs péchés, votre Père céleste aussi vous pardonnera vos péchés » dit le Seigneur (Mat.VI,14-15).

 

Ce dimanche s’appelle dans la langue populaire « dimanche du Pardon«  [Le dimanche du Pardon a eu lieu cette année le 22 février, le Grand Carême commence juste après]. Depuis les temps anciens, on garde la coutume en ce jour et durant toute la semaine de la Tyrophagie [ ou plus clairement la semaine des laitages, c'est la dernière semaine avant le Grand Carême durant lequel on ne mange plus de produits laitiers], de se demander mutuellement pardon pour les péchés commis l’un envers l’autre. Magnifique coutume, authentiquement chrétienne : qui de nous, en effet, ne pèche pas contre son prochain, que ce soit en paroles, en actes ou en pensées? En demandant pardon à l’autre, nous montrons notre foi en l’Evangile, notre humilité, notre refus du mal, notre amour de la paix. Au contraire, ne pas désirer demander pardon montre notre peu de foi, la suffisance, la rancune, l’insoumission à l’Evangile, la résistance à Dieu, la complicité avec le Diable.

 

Pourtant nous sommes tous enfants du Père Céleste par la grâce, membres du Christ notre Dieu, membres de l’unique corps, l’Eglise, qui est Son Corps, et membres les uns des autres ; Dieu est Amour (IJn.IV,8); et plus que tous les holocaustes et les sacrifices, Il exige de nous un amour mutuel, qui est patient, fait miséricorde, n’envie pas, ne s’enfle pas, ne s’enorgueillit pas, ne fait pas de scandale, ne recherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas rancune, ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit de la vérité. Il excuse tout, croit tout, supporte tout et jamais ne cesse (I Cor.XIII,4-8). Toute la loi tient en deux mots : aime Dieu et ton prochain. Le coeur de l’homme est extrêmement égoïste, impatient, jaloux de son dû, méchant et rancunier ; il est prêt à s’emporter contre son frère contre un mal patent, mais aussi pour un mal imaginaire, pour une parole offensante, mais aussi pour une parole équitable ou tranchante – et même pour un regard qui a semblé peu indulgent, u équivoque, rusé, fier, c’est tout juste s’il ne s’emporte pas contre les pensées du prochain, celles qu’il lui invente. Le Seigneur qui sonde les cœurs, dit ceci : c’est du cœur que sortent les pensées méchantes, adultère, débauche, meurtre, vol, emportement, méchanceté, fourberie, obscénités, envie, blasphème, orgueil, déraison(Mc.VII,21-22). A la méchanceté humaine doit être opposée l’infinie bonté et la grâce toute puissante de Dieu ; avec son secours, il est aisé de fuir tout mal par la douceur, la bonté, l’esprit de concession, la patience et la longanimité. (…) En échange des péchés pardonnés au prochain, le Père céleste nous promet le pardon de nos péchés, l’acquittement au Jugement dernier, la béatitude éternelle ; les miséricordieux obtiendront miséricorde(Mat.V,7). La méchanceté invétérée doit s’attendre au juste Jugement de Dieu et au tourment éternel.

 

Ecoutez ce récit qui montre comment Dieu punit dès ici-bas les méchants qui ne veulent pas se réconcilier entre eux. Dans la laure des Grottes de Kiev, il y avait deux solitaires -deux moines- le prêtre Tite et le diacre Evagre. Après avoir vécu quelques années en bonne intelligence, pour une raison quelconque, ils se prirent d’inimitié et de haine l’un envers l’autre ; leur animosité mutuelle dura fort longtemps, et eux, sans se réconcilier, avaient l’audace d’offrir à Dieu le Sacrifice non sanglant de l’Autel.
Tous les conseils de la communauté, de laisser là leur colère et de vivre entre eux dans la paix et la bonne entente, demeurèrent vains. Un jour le prêtre Tite tomba gravement malade. Désespérant de survivre, il commença à pleurer amèrement son péché et envoya quelqu’un demander pardon à celui qu’il n’aimait pas ; mais Evagre ne voulut même pas en entendre parler et se mit à le maudire sans pitié. La communauté des frères, déplorant un si grave égarement, l’amena de force auprès du mourant. Tite, apercevant son ennemi, se dressa sur sa couche avec l’aide des autres et tomba devant lui, le suppliant avec des larmes de lui pardonner. Mais Evagre était si inhumain qu’il se détourna de lui et s’écria avec fureur : ni dans cette vie, ni dans l’autre, je ne veux me réconcilier avec lui ! Il s’arracha des mains de la communauté et tomba à terre. Les moines voulurent le relever, mais quelle ne fut pas leur surprise de le voir mort, et si froid qu’on eût dit qu’il avait expiré depuis longtemps! Leur surprise s’accrut encore quand ils virent au même moment le prêtre Tite se lever en bonne santé de sa couche de douleur, comme s’il n’avait été jamais malade. Frappés de stupeur devant un événement si inattendu, ils entourèrent Tite et l’un après l’autre l’interrogeaient : qu’est-ce que cela signifie ? Il répondit : « J’étais dans cette grave maladie, jusqu’à ce que moi, pécheur, qui m’étais emporté contre mon frère, je visse les Anges s’éloigner de moi et verser des larmes sur la perte de mon âme et les esprits impurs se réjouir. Voilà la raison pour laquelle j’ai désiré plus que tout me réconcilier avec lui. Mais comme on me l’amenait, que je me prosternais devant lui et que lui commençait à me maudire, je vis un Ange menaçant de le frapper avec une lance de feu, et le malheureux tomber à terre, mort. Et le même Ange me tendit la main et me releva de ma couche de douleur. » Les moines pleurèrent la terrible mort d’Evagre et depuis lors ils commencèrent à veiller à ce que jamais le soleil ne se couche sur leur colère.

 

Frères et sœurs, la rancune est le plus terrible des vices, elle est aussi détestable devant Dieu que funeste dans la société. Nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu : la bonté et l’innocence doivent être nos vertus permanentes ; car Dieu se conduit à notre égard selon sa Bonté ; Il est lent à la colère et nous pardonne sans compter. Nous aussi nous devons pardonner. Mais le rancunier n’a pas en lui l’image et ressemblance de Dieu, il est plutôt une bête qu’un homme. Amen. »

 

Saint Jean de Cronstadt

6 mar 2015

Une perspective orthodoxe de la femme

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UNE PERSPECTIVE ORTHODOXE DE LA FEMME CHRETIENNE DANS LE MONDE ET DANS L’EGLISE.
(Ce texte a été composé par une jeune femme du diocèse orthodoxe de Madagascar et des Mascareignes)

La société au sein de laquelle nous vivons aujourd’hui est structurée d’une façon telle qu’elle présente les femmes selon le point de vue de ce monde. Le rejet de l’idéal chrétien de la femme est directement lié au rejet du christianisme lui-même. Les conséquences évidentes de cette situation -qui est une conséquence de notre monde déchu- est le rabaissement et le dénigrement des idéaux chrétiens concernant les vertus et l’humilité ; par conséquent l’humanité s’éloigne davantage de ce que Dieu nous a assigné comme but, l’humanité s’emploie alors à atteindre ce but dans le mauvais sens ou pour les mauvaises raisons.

L’Eglise orthodoxe appelle les hommes et les femmes à se détourner des conceptions erronées portées par la société et à se tourner en vue de la déification et l’union avec Dieu par la grâce du Christ.

Examinons selon le point de vue orthodoxe le rôle de la femme dans l’Eglise, comme l’ont enseigné les Pères de l’Église ainsi que par l’exemple donné par une multitude de saintes femmes.

En tant que chrétiens orthodoxes notre objectif commun est que nous reflétions dans la société à la mesure de ce qui nous est possible, une image du Divin, de la sainteté. Dieu créa la femme en lui conférant deux puissants symboles de la sainteté – la pureté de la jeune fille et la fécondité de la maternité. Ces deux idéaux féminins de la pureté et de la fécondité élèvent et affinent l’humanité tout entière et sont glorieusement synthétisées dans la Mère de Dieu – la Nouvelle Eve, qui brille comme le diamant de la Création vers laquelle les femmes qui sont mariées ou non mariées   centrent leurs vies.

Cela montre que l’âme féminine est tellement plus proche des sources de la création spirituelle que même des personnages masculins importants dans l’Église vont utiliser comme St. Paul l’image de la maternité dans son ministère : «Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous» (Ga 4:19).

Plus la civilisation se sécularise et plus les femmes sentent qu’elles doivent se détacher de ce qui est vraiment féminin. Tandis que la société met de moins en moins l’accent sur la cellule familiale, en mutilant ainsi la vision de ce que Dieu voulait quand Il créa la femme – l’Eglise exalte la femme comme celle étant celle qui enfante, (l’Eglise) élève sa nature et souligne son rôle social unique et sacré.

Cela ne signifie pas cependant que l’Eglise réduit les femmes à être les seules à assurer l’éducation (des enfants) dans la famille et que c’est à elles seules à accomplir toutes les tâches domestiques. Il est clairement dit que Dieu a créé Eve pour Adam afin d’être une aide et une personne qui soit son semblable. (Ils se doivent) d’être deux personnes en communion pour s’entraider dans leur cheminement vers le salut.

Le divin Chrysostome parle en outre sur la nécessité du respect mutuel permanent entre les époux, l’amour et l’égalité des droits et des devoirs. Pour cela, la famille doit être sacro-sainte – ce qui signifie que les hommes et les femmes doivent veiller ensemble sur leur foyer. Cela n’est pas un dénigrement de l’homme ni de la femme, mais un appel à chacun en vue de buts spirituels.

Souvent, l’épître de saint Paul aux Ephésiens dans laquelle il demande aux femmes d’obéir à leurs maris est mal interprétée.  » Or, de même que l’Eglise est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leurs maris en toutes choses. » (Eph. 5:24). Il n’y a rien ici qui suggère que la femme (doit être) opprimée dans le mariage pas plus que l’on pourrait décrire l’Eglise comme opprimée dans sa relation avec le Christ.

St. Augustin note également que la femme a été créée de manière à ce qu’elle ne soit pas supérieure à l’homme, ni non plus à être son esclave. Le saint dans son exposé montre que Dieu n’a pas créé la femme à partir des os de la tête de l’homme ni des os du pied de l’homme, mais à partir des os de son côté soulignant ainsi l’égalité de l’homme et de la femme devant Dieu.

La femme du point de vue orthodoxe n’est donc pas subordonnée à l’homme. Quand une femme adopte avec amour tous les aspects de la vie de famille dans le cadre d’une vie en l’Église, ce qui entraîne une vie spirituellement enrichissante aussi bien à l’intérieur de sa famille que dans la société, alors elle peut transformer son foyer en havre de vertu chrétienne. C’est cette sorte   de femme qui existe dans l’Eglise et qui constitue « le sel et le levain de la piété » (Matt 5:13) et (Gal 5: 9).

Il faut mentionner que la tradition chrétienne morale n’a jamais interdit aux femmes de travailler dans le monde et à l’extérieur de la maison. Beaucoup de femmes aujourd’hui n’ont pas d’autre choix que de travailler pour elles-mêmes et pour leurs familles. En fait, nous avons de nombreux exemples de femmes saintes qui ont effectué toutes sortes de travaux : elles s’occupaient des malades et de ceux qui sont dans la misère (Ste.Philothée), ont construit et monastères (Sainte-Hélène), ont gouverné des pays (Ste.Theodora l’Impératrice) et ont évangélisé des peuples (Ste.Nina).

L’idéal chrétien ne disparaît pas parce que les femmes travaillent, soit à la suite d’un appel spécial (ou d’un talent) que Dieu leur a donné, ou par nécessité. L’idéal est perdu lorsque nous évitons d’avoir des enfants afin de privilégier la carrière professionnelle, ou bien lorsque l’on place son intérêt propre au-dessus du sens du service et lorsque l’on préfère ce qui est du monde à ce qui est de Dieu.

 

Voyons maintenant la position de l’Eglise sur la femme et son ministère dans l’Église. Nous voyons que l’église primitive a nommé des diaconesses pour le service, en particulier dans l’administration des sacrements aux femmes et aux filles et afin de les préparer au baptême. Ste. Phoebe était l’une des premières à être nommée comme diaconesse et elle offrit de l’aide pour les femmes dans les lieux où les hommes n’étaient pas autorisés (par exemple, les prisons, les hospices pour les femmes, les maisons isolées pour les femmes malades ou âgées). Nous ne devons pas oublier que l’église primitive était sous la domination romaine et était soumise à la loi de l’Empire qui interdisait à tout homme sous aucun prétexte d’entrer dans une maison où vivaient des femmes célibataires. Il y avait donc un besoin évident de femmes pieuses célibataires ou de veuves pieuses pour remplir les fonctions de diaconesse dans l’Église.

Evidemment de telles circonstances et besoins n’existent plus aujourd’hui dans l’Église et d’ailleurs la consécration des diaconesses a cessé après le 11ème siècle.

Aujourd’hui, les femmes sont appelées à servir dans tous les domaines de la pastorale de l’église à l’exception du sacerdoce ordonné. Ce rôle n’est pas un droit donné aux hommes, mais il consiste en une vocation spécifique accordée seulement à une petite minorité d’hommes. L’ordination des hommes uniquement n’amoindrit en rien les femmes et n’en fait pas d’elles comme des hérétiques ainsi certains pourraient penser. Ceci est clairement démontré lors de la rencontre bénie du Starets Zossime (un prêtre) avec notre mère merveilleuse Ste. Marie l’Egyptienne [célébrée le 5ème dimanche du Grand Carême] dans le désert. C’est le Starets Zossime qui se prosterna devant la sainte et lui demanda sa bénédiction !
L’Eglise orthodoxe proclame qu’il y a un ministère que tous doivent faire, puisque nous faisons tous partie du «sacerdoce royal» (1 Pierre 2: 9). Dans l’église des femmes sont devenues des saintes et ont donné naissance à des saints. Des femmes sont devenues des martyrs pour la foi, des femmes sont devenues de grands enseignants (Sainte Mélanie a enseigné contre l’hérésie nestorienne) ; des femmes sont devenues missionnaires – et certaines ont été déclarées égales aux apôtres – et des femmes ont conservé la pureté (pureté dont il a été question au début) dans la vie monastique et ont offert la direction spirituelle dans le monastère au sein de la communauté que d’autres ont rejoint.
Aujourd’hui, l’Eglise orthodoxe continue à appeler les femmes à servir l’église chacune selon ses possibilités. L’Eglise appelle les femmes à être des enseignantes fidèles la foi, des presbytes (épouses du prêtre) exemplaires, des moniales pieuses, des mères responsables et des marraines, afin d’encourager d’autres dont les talents ne sont pas utilisés afin qu’elles deviennent (à leur tour) des membres actifs de l’Eglise en se mettant au service de la mission sociale de la paroisse de l’éducation, le soin des malades, la charité,  l’administration et de l’évangélisation.

En conclusion, en tant que chrétiens orthodoxes, nous affirmons que la masculinité et la féminité ne sont pas interchangeables. Chaque membre du Corps du Christ est de la même façon appelé à vivre la vie chrétienne dans l’Église aussi pleinement que possible. Chacun a son rôle – et ces rôles dans certains cas sont différents, mais ils ne modifient pas notre valeur aux yeux de Dieu. Que nous autres, les hommes et les femmes chrétiens orthodoxes, nous nous efforcions d’atteindre le plus haut degré des vertus humaines – à l’exemple de la vie de la Toute Sainte la Mère de Dieu – et que nous cherchions à accomplir dans l’humilité et l’obéissance comme elle le faisait, les rôles que Dieu réserve de façon unique à chacun de nous tous.

M.K.