Sur la Résurrection (18)

(…) Lorsque les femmes trouvent la tombe vide, elles sont alarmées, et c’est parce que le vol de tombes était un très gros problème dans l’Antiquité. Lorsque Marie découvre le tombeau vide, sa crainte est que la tombe ait été pillée, car c’était un problème suffisamment grave dans l’Antiquité pour que l’empereur Claude, qui régna peu après, de 41 à 54, promulgue un édit ordonnant la peine capitale pour celui qui détruit des tombes, enlève des corps, désorganise des pierres tombales, etc. Et une copie de cet édit a effectivement été retrouvée à Nazareth. C’était donc un gros problème. Le tombeau vide à lui seul n’aurait pas nécessairement indiqué aux femmes que le Seigneur était ressuscité. C’est pourquoi nous avons besoin des apparitions angéliques : les anges expliquent le tombeau vide aux femmes parce qu’elles n’auraient pas pu supposer qu’Il était ressuscité sur la base du tombeau vide.
Les anges dans le cas de l’apparition aux porteurs de myrrhe disent  « Il n’est pas là. Il est ressuscité, comme Il l’a dit. Ils leur rappellent que le Seigneur a fait des prédictions sur sa résurrection, ce qui suggère que les femmes étaient également au courant de ces prédictions. Rappelez-vous qu’elles faisaient partie du groupe de disciples. Elles faisaient partie de la suite ou de l’entourage du Christ. Elles L’ont également suivi, et il n’y avait pas que les Douze. Nous en parlerons aussi à un moment donné. Jésus ne s’est pas contenté de parcourir la campagne avec douze hommes. Il y avait des femmes qui voyageaient avec eux. Elles L’avaient entendu. Elles L’entendaient prêcher. Elles ont entendu beaucoup de ces prédictions. Elles n’étaient pas présentes tout le temps, bien sûr, et parfois le Seigneur prenait les Douze à part pour une instruction spéciale. Parfois, Il n’en prenait que trois à part : Pierre, Jacques et Jean, etc.  mais les femmes ont aussi entendu beaucoup de choses de la part du Seigneur. C’est pourquoi elles sont apôtres : elles ont entendu beaucoup d’enseignements. Elles ont entendu le Seigneur enseigner et prêcher de nombreuses fois, et quand elles sont sorties en tant qu’apôtres elles ont parlé de la prédication du Seigneur… Souvenez-vous : il y avait des femmes apôtres parce qu’elles étaient des témoins oculaires de la Résurrection. Elles connaissaient Son enseignement. Elles avaient aussi vu Ses miracles, tout comme les hommes. Ainsi, les femmes sont également invitées par les anges à voir où Il gisait. L’invitation leur est donnée. Elles sont invitées à voir l’endroit où elles L’avaient vu être mis. Ce sont elles qui ont été témoins de Son enterrement, et il n’y a aucune chance de se tromper  « Regardez, voici le tombeau. Vous L’avez déjà vu. Rappelez-vous quand vous L’avez vu allongé là? Son corps y avait été déposé et vous avez vu la pierre rouler sur le tombeau ? Et dans l’évangile de Matthieu, le tombeau est ouvert en leur présence, et les gardes sont toujours là. Il dit que les gardes ont été ébranlés, qu’ils ont été horrifiés et que la tombe est vide. Le tombeau s’ouvre en leur présence et il est vide. Il n’y a pas d’autre explication que Sa résurrection.
Saint Cyrille d’Alexandrie, l’un des Pères du Ve siècle – c’est lui qui a défendu la doctrine orthodoxe contre le nestorianisme – a écrit un commentaire sur Jean, et je veux vous dire ce qu’il a dit sur l’apparition angélique à Marie-Madeleine : « On peut se demander, non sans raison, comment se fait-il que les anges bénis n’aient rien dit aux saints disciples, et ne leur soient même pas apparus, mais ont été à la fois vus par la femme et lui ont également parlé. » Ici, parce que c’est l’Evangile de Jean, il ne parle que de Marie-Madeleine. Mais vous pouvez faire le même argument sur la façon dont les anges n’apparaissent qu’aux femmes. Les hommes ne voient pas les anges, n’est-ce pas ? « Nous répondons donc que le but du Christ Sauveur était d’instiller dans l’esprit de ceux qui L’aimaient la connaissance parfaite du mystère qui Le concernait, mais que cette connaissance parfaite leur a été donnée de différentes manières et adaptée au besoins de ceux qui en avaient besoin. Saint Cyrille dit que différentes choses arrivent à différentes personnes en fonction de leurs besoins. Ainsi, les femmes voient les anges, mais les hommes ne voient pas les anges. Jésus apparaît parfois comme reconnaissable aux disciples, et parfois Il n’est pas reconnaissable. Donc, tout ce dont les différents disciples avaient besoin (et j’inclus, les femmes et les hommes, les Onze et d’autres qui n’étaient pas des Onze, comme Cléopas et l’autre sur le chemin d’Emmaüs), c’est ce qu’Il a fait, c’est ce que le Seigneur a fourni. Ainsi, Cléopas et l’autre disciple discutaient de ce qui s’était passé, et le Seigneur s’est approché d’eux. Et que fait-Il ? Il leur explique les Ecritures, parce que c’est ce qu’ils avaient besoin de comprendre. Parfois, Il leur permet de le toucher, et parfois Il ne le fait pas. S’ils ont besoin de Le toucher, comme Thomas et les onze, alors ils Le touchent, mais Il ne permet pas à Marie-Madeleine de Le toucher pour une autre raison : elle a besoin de comprendre autre chose, que je vais aborder dans un minute. Ainsi, tout est adapté à leurs besoins. C’est vraiment un beau concept quand on y pense – qu’Il leur donne ce dont ils ont besoin. C’est très individualisé et j’aime ça, parce que nous le faisons vraiment beaucoup dans l’Église. Nous pensons que nous avons des règles, mais la vérité est qu’il y a beaucoup de flexibilité dans l’orthodoxie. Nous n’avons pas de « taille unique ». Il y a de la flexibilité dans la façon dont nous faisons les choses, c’est adapté aux besoins des gens; et le Seigneur fait cela aussi.
Continuons à parler de l’apparition du Seigneur aux femmes, aux  myrophores. Quand Il voit les porteurs de myrrhe, et c’est dans l’Evangile de Matthieu, Il dit   ou « je vous salue ». C’était la salutation grecque typique et c’était comparable à notre « bonjour », mais cela signifie « réjouissez-vous ». Les femmes, bien sûr, étant les premiers témoins de la résurrection corporelle du Christ, entendent cette salutation : « Réjouissez-vous ! Et elles se saisissent de Lui, elles tombent à Ses pieds, et bien sûr nous avons dans cette évidence la Résurrection physique. L’évangile de Matthieu nous dit aussi qu’elles se prosternent à Ses pieds quand elles Le voient et qu’elles L’adorent. Et le mot qui est utilisé est le même mot que nous utilisons à l’Église quand nous appelons à la prière :  « Venez, adorons et prosternons devant le Christ. C’est le mot utilisé dans l’évangile de Matthieu pour relater la réaction des femmes lorsqu’elles voient le Christ ressuscité : elles se prosternent à Ses pieds et L’adorent. Maintenant, les femmes vont parler aux disciples du tombeau vide, et bien sûr, Luc seul rapporte le fait que les hommes n’ont pas cru. Il est très sensible à la situation des femmes. Luc est celui qui nous en dit le plus sur les femmes disciples que tout autre évangéliste. Les autres ne nous disent tout simplement pas si elles ont été crues ou non. Nous avons aussi l’histoire d’un ou deux disciples courant au tombeau. Luc ne nous parle que de Pierre. Jean nous parle de Pierre courant au tombeau et du disciple bien-aimé courant lui aussi au tombeau. Je pense qu’il y avait probablement d’autres disciples qui sont aussi allés au tombeau. Mais leurs histoires ne sont pas racontées – parce que si vous étiez l’un des disciples, n’iriez-vous pas au tombeau et vérifier par vous-même ? Donc le fait est qu’ils ne nous racontent pas tout ce qui s’est passé. D’autres choses se sont produites dont nous ne savons rien.
Maintenant, il nous dit aussi que lorsque les disciples vont voir par eux-mêmes le tombeau vide, ils voient les draps funéraires laissés derrière. C’est important, car quelqu’un qui vole le corps n’aurait pas laissé ces tissus derrière lui, et il n’aurait pas été facile de les enlever de toute façon. De plus, l’Evangile de Jean nous dit que lorsque le disciple bien-aimé voit les linceuls, « Il a vu et il a cru ». Au moins, le disciple bien-aimé croit, juste sur la base de la vue du tissu étendu là.
Après cela, nous avons aussi, dans l’évangile de Jean, l’apparition du Seigneur à Marie-Madeleine. Et le disciple bien-aimé, c’est-à-dire Jean, et Pierre, après avoir vu par eux-mêmes le tombeau vide, rentrent chez eux. Mais Marie ne comprend toujours pas. Elle est près du tombeau vide, elle est très affligée. Peut-être y avait-il d’autres femmes avec elle qui ont trouvé le tombeau vide, et elle reste là à pleurer. Donc, encore une fois, je n’essaie pas d’harmoniser, mais vous pouvez voir comment ces choses ont toutes pu arriver. Ces choses ne sont pas nécessairement en désaccord les unes avec les autres, car cela ne nous dit pas qui est venu et qui est parti etc. Elle est bouleversée à l’idée que le corps du Seigneur ait été volé. C’était un grand scandale, une chose terrible. Si cela était arrivé à quelqu’un que nous aimons, nous serions également extrêmement contrariés. Chrysostome nous dit qu’elle est restée en pleurant parce que Pierre et Jean ont compris la signification du tombeau vide et des vêtements funéraires, mais qu’elle ne l’a pas compris. Il nous dit aussi que Marie a été progressivement amenée à comprendre la Résurrection, d’abord par le tombeau vide, puis par les anges, puis par l’apparition du Seigneur qu’elle n’a pas reconnu, et ensuite elle Le reconnaît. Et quand il lui dit de ne pas Le toucher, elle comprend mieux ce que tout cela signifie. Ainsi est-elle amenée progressivement, par degrés, à une compréhension de la résurrection et de ce qu’elle signifie. Ainsi, elle est restée là, pleurant près de la tombe. Elle ne comprend pas. Elle s’arrête et lui tourne le dos, et va se baisser et regarder à nouveau la tombe – la façon dont vous cherchez quelque chose qui est perdu et vous savez qu’il n’est pas là, mais vous retournez à l’endroit où il devrait être et vous regardez, même bien que vous sachiez que ce n’est pas là. Elle sait que la tombe est vide, mais elle se baisse et regarde à nouveau à l’intérieur pour voir où son corps aurait dû se trouver. Et au lieu que le corps soit là maintenant, elle voit deux anges assis à l’intérieur de la tombe, qui lui apparaissent juste et lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle explique « Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils L’ont mis. » Et puis elle se retourne. Elle se détourne de la vue des anges. Chrysostome explique cela (et si vous y réfléchissez, si vous aviez deux anges assis devant vous, détourneriez-vous les yeux et leur tourneriez-vous le dos ?) ainsi : elle se détourne de la vue des anges parce que les anges ont vu le Seigneur debout derrière elle, et ils réagissent à Sa présence. Alors elle se retourne car elle se rend compte qu’il y a quelqu’un derrière elle. C’est ainsi qu’il l’explique. Elle est consciente de la présence d’une autre personne, et elle ne Le reconnaît pas immédiatement comme le Seigneur, tout comme parfois les disciples ne Le reconnaissent pas. Parfois, ils Le reconnaissent tout de suite et d’autres fois non. Les disciples sur le chemin d’Emmaüs ne Le reconnaissent pas tout de suite. Les disciples qui vont à la pêche ne Le reconnaissent pas tout de suite, et ainsi de suite.
Saint Cyrille d’Alexandrie nous dit qu’elle ne reconnaît pas le Christ parce qu’il fait encore un peu sombre dehors. Chrysostome nous dit qu’elle ne reconnaît pas le Christ parce qu’Il ne se fait connaître que lorsqu’Il le veut. Il lui permet de Le reconnaître quand il est approprié pour elle de Le reconnaître. Donc vous voyez ici, que deux Pères différents nous donnent des interprétations différentes de ce que cela signifie. Ainsi, les Pères ne sont pas toujours d’accord sur tout, et vous devez en être conscients. Mais saint Cyrille a de belles choses à dire sur l’interaction ici entre Marie et le Seigneur, et je veux les partager avec vous. Il nous rappelle que le Seigneur demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu? » Voici ce que dit Cyrille : « Cela revient à dire ‘Essuyez vos larmes, je suis vivant, je suis là, renoncez à vos lamentations. Au contraire, soyez dans la joie. Il posa alors la question souhaitant mettre fin à son chagrin. Car il convenait que le Seigneur soit aussi notre restaurateur de cette manière. N’est-ce pas agréable? Il dit que le Seigneur nous restaure aussi en mettant fin à notre chagrin. Maintenant, écoutez ce que saint Cyrille dit ici : « Car par la transgression d’Adam, comme dans les prémices de la race, que la sentence s’est répandue dans le monde entier : Poussière tu es, et tu retourneras à la poussière ; et aux femmes en particulier : Dans la douleur tu enfanteras des enfants. Être riche en douleur, donc, comme en guise de peine, était le sort de la femme. Il était donc nécessaire que par la bouche de Celui qui avait rendu la sentence de condamnation, le fardeau de cette ancienne malédiction soit enlevé, notre Sauveur Christ essuyant maintenant les larmes des yeux de la femme, ou plutôt de toute l’humanité , avec Marie comme des  prémices. Car elle, la première des femmes offensées par la mort du Sauveur et en pleurant, a été jugée digne d’entendre la voix qui a coupé court à ses pleurs, le pouvoir de la parole s’étendant en fait aussi à toute la race des femmes.
Eh bien, tout d’abord, je veux que vous remarquiez dans ce commentaire de Cyrille d’Alexandrie le fait qu’il dit que c’était le Christ, c’était le Seigneur qui « a prononcé la sentence de condamnation » …, contre Adam et Eve ,  et dont  le résultat serait la Chute. « A la sueur de ton front tu gagneras ton pain », et aussi  que les femmes auraient du chagrin ou de la douleur lors de l’accouchement. C’est le Christ qui dit cela. Je vous en parle parce que nous allons en parler dans notre Introduction à la Bible. C’est le Christ dans l’Ancien Testament qui fait ces choses, et maintenant Il les « défait ». Et ce que Marie éprouve – la joie; elle est comme les prémices des femmes qui ont connu la joie du Christ, les femmes ayant aussi été celles qui ont connu une grande douleur. Et je pense que c’est une belle sensibilité que Cyril montre ici au fait que les femmes ont tendance à être beaucoup plus tristes. Elles ressentent les choses très profondément. Ce sont elles qui sont en deuil toujours là près de la tombe , parce qu’elle L’aime tellement. Il efface son chagrin. Il la trouve digne d’entendre la parole qui enlève le chagrin non seulement d’elle, mais de l’ensemble de la femme.
Continuons donc avec un autre commentaire de Cyrille d’Alexandrie à ce sujet : « Il lui ordonne de s’abstenir de pleurer, la libérant de cette malédiction qui la liait au chagrin. Il lui ordonne d’être le premier messager de nouvelles de grande joie et de proclamer aux disciples Son voyage vers le ciel, qu’en tant que première femme, la mère de toute l’humanité a été condamnée pour avoir écouté la voix du diable et à travers elle toute la race des femmes, de même cette femme, en ce qu’elle avait écouté les paroles de notre Sauveur et annoncé des nouvelles pleines de vie éternelle, pouvait délivrer toute la race des femmes de l’antique charge. Ainsi, le fait est que lorsque le Seigneur prononce son nom, Marie Madleine le reconnaît et elle répond joyeusement. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons dire sur le fait qu’elle L’a reconnu quand Il a prononcé son nom, mais nous devrons laisser cela pour quand nous parlerons de l’Évangile de Jean. Elle répond très joyeusement. Elle est ravie qu’Il soit de nouveau vivant et elle pense que la vie va redevenir comme avant, que leur relation va continuer. Elle l’appelle « Rabbi », et Il lui dit : « Ne me touche pas. C’est un commentaire étrange; et Il ne dit pas si oui ou non elle l’a touché. Je pense que vous pouvez prendre les deux sens, mais Il dit : « Ne me touchez pas. Elle l’a peut-être immédiatement attrapé, l’a immédiatement étreint, mais elle le considère comme le rabbin. Regardez comment elle répond. La façon dont elle réagit est différente de la façon dont Thomas réagit lorsqu’il voit le Seigneur. Elle dit « Rabbouni ! et le Seigneur dit : « Ne me touche pas. Et il y a une corrélation qu’elle tombe à ses pieds, l’adore, l’étreint, très similaire à la façon dont les autres porteurs de myrrhe réagissent en le voyant.
Pourquoi dit-il : « Ne me touche pas » ? Voici ce que Chrysostome dit à ce sujet: Il lui dit cela parce que, fondamentalement, elle n’a toujours aucune appréciation de ce qui s’est passé. « Elle ne réalise pas Sa grandeur. » C’est ce que dit Chrysostome. Il veut qu’elle abandonne cette idée que les choses seront comme avant et Il veut qu’elle s’abstienne de Le traiter avec trop de familiarité. Il élève ses pensées…Alors Il dit qu’Il va au Ciel maintenant, comme s’Il avait dit « Ne me touche pas comme tu le faisais avant, car les choses ne sont plus comme avant. Je ne m’associerai plus avec vous à l’avenir comme je le faisais auparavant. J’étais votre rabbin. Tu étais mon disciple, et ce ne sera plus pareil. Cyrille d’Alexandrie a fondamentalement la même compréhension de ce que le Seigneur veut dire par les mots « Ne me touchez pas » – ici, nous voyons une cohérence entre ces deux Pères dans la façon dont ils interprètent cette déclaration. Voici ce qu’en dit Cyrille d’Alexandrie : « C’est pourquoi, avant la croix salvatrice et la résurrection d’entre les morts, alors que Son dessein providentiel n’avait pas encore reçu son accomplissement approprié, Il se mêlait aux justes et aux injustes et mangeait avec les publicains et pécheurs, permettant à quiconque le voulait de venir à Lui et de toucher son saint corps, afin qu’Il sanctifie tous les hommes et les appelle à la connaissance de la vérité. Cyrille continue en fait dans ce passage particulier de son commentaire sur Jean, et continue de le relier à la communion, que bien qu’avant la résurrection, le Seigneur se soit mêlé à tous, justes et pécheurs, et ait permis à quiconque de le toucher qui voulait le toucher, après la résurrection, cela ne se produit plus. Il utilise cela pour parler de la façon dont la communion est réservée uniquement aux baptisés et non donnée à n’importe qui – une corrélation plutôt intéressante – mais fondamentalement, ce qu’il dit, c’est que n’importe qui pouvait le toucher avant, mais maintenant les choses sont différents. Qu’en est-il maintenant de l’apparition aux Onze disciples ? Il est demandé à Marie et aux autres porteurs de myrrhe de transmettre le message de la Résurrection aux disciples. Seul Luc nous dit que les femmes ne sont pas crues. Dans Matthieu, on leur dit d’aller le dire aux disciples, mais nous ne savons pas s’ils les croient ou non – au moins Matthieu ne nous dit pas ce qui s’est passé. Alors les disciples ne les croient pas, et il faut que le Seigneur lui-même vienne leur apparaître. Il le fait dans la chambre haute. Luc nous dit simplement qu’il apparaît aux disciples, mais il ne nous dit pas si Thomas était présent ou non. Jean nous dit que la première fois, Thomas n’est pas présent, mais plus tard qu’il l’est. Ce que les Pères nous disent, c’est que le Seigneur apparaît aux disciples comme une condescendance à leur faiblesse, et à la faiblesse des humains en général – à notre incapacité à comprendre, à accepter le sens du tombeau vide, le sens de l’inhumation, etc.
Chrysostome  sur le moment où le Seigneur apparaît aux disciples, et qu’Il leur dit : « La paix soit avec vous » note que lorsque le Seigneur apparaît aux femmes, Il dit « Réjouissez-vous ! mais quand Il apparaît aux disciples masculins, Il dit « La paix soit avec vous. » Il dit « Réjouissez-vous! » aux femmes parce qu’elles étaient dans une grande douleur et que ses paroles leur apportaient de la joie; mais aux disciples mâles, Il dit « La paix soit avec vous », parce qu’ils étaient très agités, et Ses paroles les ont calmés. Ainsi, je pense que c’est un point très excellent et nous montre à nouveau que le Seigneur fait tout ce qui est nécessaire pour chaque disciple ou groupe de disciples particulier. Il se montre à eux de la manière dont ils ont besoin, soit comme dans le cas de Marie-Madeleine, l’amenant progressivement à une compréhension de la résurrection, apparaissant de manière à ce qu’ils Le reconnaissent quand ils auront besoin de Le reconnaître, soit cachant son identité si nécessaire, et ainsi de suite. Il se montre à eux dans la chambre haute. Les portes sont fermées ou verrouillées, et Il se matérialise instantanément parmi eux, nous montrant Son pouvoir et Sa capacité à apparaître ou disparaître immédiatement. C’est quelque chose qui est tout à fait incompatible avec les limites de notre corps physique. Il leur permet de Le toucher, mais il y a quelque chose de différent à son sujet, et nous ne pouvons pas vraiment expliquer davantage ces questions, sauf qu’évidemment les propriétés du corps ressuscité sont assez différentes. Il n’est pas lié par l’espace et le temps comme nous le sommes. Il les accueille avec une salutation typique, « Irini imene, » (La paix soit avec vous) ou « Shalom » en hébreu. Et, comme les prophètes de l’Ancien Testament comprenaient cette salutation « shalom », c’était la quintessence des bénédictions du Royaume de Dieu, qui ont maintenant été réalisées. Nous avons la paix de Dieu depuis la Résurrection, et il y a beaucoup de sens derrière le fait qu’Il les accueille avec « paix », et pas simplement parce qu’ils sont agités ou contrariés. Et lors du discours d’adieu de l’Évangile de Jean, il a promis la paix aux disciples : « Je vous donne ma paix, la paix que le monde ne peut donner ». La paix du Christ n’est donc pas la paix selon notre monde. C’est beaucoup plus profond que cela : c’est une paix spirituelle, la paix de la présence du Christ dans nos vies. C’est la paix qu’Il leur donne. Luc leur dit qu’il apparaît dans la chambre haute aux onze disciples. Jean nous raconte que la première fois Thomas n’était pas présent, puis il nous raconte cette apparition spéciale en présence de Thomas. Thomas a-t-il réellement mis son doigt dans les mains du Seigneur ou dans son côté ? L’évangile de Jean ne nous le dit pas. Il nous dit seulement sa réaction verbale : « Mon Seigneur et mon Dieu ! Il y avait une tradition selon laquelle, en fait, il touchait le Seigneur. Je pense qu’il aurait probablement touché le Seigneur. Nous savons dans l’évangile de Luc que les autres disciples touchent le Seigneur. Je pense qu’il voudrait Le toucher. Il serait naturel qu’il veuille le faire. Peut-être qu’après cette exclamation de foi, il est certainement bouleversé par l’apparition du Seigneur et éclate avec sa confession, certainement avant qu’il ne le touche réellement. Chrysostome dit à propos de l’insistance de Thomas à toucher le Christ, que Thomas était plus grossier que les autres disciples; c’est-à-dire qu’il est à un niveau beaucoup plus bas que les autres disciples parce qu’il cherchait à faire étayer ou confirmer sa foi par le moins spirituel des sens. Et le sens le moins spirituel est le sens du toucher.
Sur l’incrédulité de Thomas
Écoutez ce que Chrysostome dit à ce sujet : « Il ne croyait même pas ses yeux. Il n’a pas dit :  » A moins que je ne le voie « , mais  » à moins que je ne le sente avec mes mains.  » Tout comme c’est un signe de crédulité que de croire facilement et avec insouciance, de même scruter et examiner immodérément avant de croire est la marque d’un volonté obstinée. C’est pourquoi Thomas est blâmable, car il a refusé de croire les apôtres quand ils ont dit : « Nous avons vu le Seigneur », non pas tant parce qu’il ne leur faisait pas confiance que parce qu’il considérait la chose comme une impossibilité, à savoir la résurrection de la mort. Il n’a pas dit :  » Je ne vous crois pas « , mais :  » Si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas.  » Et quand vous voyez le disciple refuser de croire, réfléchissez à la miséricorde manifestée par le Seigneur, comment même pour l’amour d’une seule âme, Il s’est montré avec ses blessures et est venu pour qu’Il puisse même sauver une seule âme, malgré le fait que celle-ci était plus grossière que les autres. Jésus se tenait à nouveau au milieu d’eux, accomplissant les désirs que Thomas avait exprimés, prouvant ainsi qu’il était réellement présent lorsque Thomas avait prononcé ces paroles aux disciples. Je dis cela car il a utilisé les mêmes mots, bien que très réprobateurs, et avec l’ajout d’un avertissement pour sa conduite future. Je pense que cela pourrait expliquer pourquoi Thomas dit immédiatement : « Mon Seigneur et mon Dieu ! Thomas dit cela non pas seulement parce qu’il a vu le Seigneur mais parce que le Seigneur lui dit Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois.
Avec ces mots le Seigneur fait écho aux paroles exactes de Thomas, ce qui, selon Chrysostome, signifie qu’il était invisiblement présent lorsque Thomas a dit cela, et donc il reprend les paroles de Thomas en Sa présence, montrant Sa divinité. Et Thomas de répondre : « Mon Seigneur et mon Dieu », et la compréhension de Thomas est la pleine expression de la foi que Christ est Seigneur et Dieu… J’espère que vous avez apprécié au moins ce que j’ai couvert. Une prochaine fois, nous parlerons un peu plus de la nature du corps ressuscité. Nous parlerons de la soi-disant «tombe familiale du Christ», qui aurait été découverte et médiatisée. Je vais aussi répondre à une question qu’un auditeur m’a posée : « Pourquoi Jésus a-t-il dû mourir ? Pourquoi Dieu ne nous a-t-il pas tout simplement pardonné nos péchés sans la mort de Christ sur la croix ? Quand cette question m’a été posée, j’ai d’abord pensé : « Eh bien, c’est dommage que je n’ai pas pensé à répondre à cette question quand nous avons parlé de la crucifixion. » Mais plus tard, j’y ai pensé et j’ai dit : « Non, cela a vraiment à voir avec la résurrection », alors je vais en parler la prochaine fois. Alors terminons maintenant par notre prière : le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la Vie ! Alithos Anesti . Vraiment le Seigneur est ressuscité.
Dr Jeannie Constantinou
https://orthochristian.com/103084.html
Christ is Risen ,Part 3, Rejoice and Peace!
(FIN)
Pour la suite consulter:
https://podcasts.apple.com/us/podcast/search-the-scriptures-live/id1436331739
https://www.drjeannie.com/

Sur la Résurrection (17)

Il faut permettre aux évangiles de présenter  l’histoire comme ils l’entendent, la manière dont ils ont été inspirés pour le faire, même si les évangiles ont quelques variantes. Nous en discuterons la raison dans la série qui débutera après la série sur la Résurrection. Bien que les évangiles aient quelques variations, comme je l’ai dit, il y a certains points communs entre eux et nous ne voyons pas de grandes différences. Vous auriez une raison de vous inquiéter s’il y avait des différences énormes : cet évangéliste ne parle que des femmes, cet évangéliste ne parle que des hommes, ou celui-ci ne parle que du tombeau vide. Vous auriez alors raison de vous inquiéter. Mais il y a en fait une cohérence et des points communs assez basiques parmi les évangélistes. Que voyons-nous ? La visite au tombeau par les femmes tôt le matin le dimanche matin, elles trouvent le tombeau vide. Il y a au moins deux évangiles qui parlent d’apparitions angéliques aux femmes, leur disant qu’il est ressuscité. Nous avons les disciples courir au tombeau et puis raconter ce qu’ils ont vu aux autres disciples, une apparition séparée à Marie-Madeleine, aux onze avec Thomas et sans Thomas, etc. Il y a un degré de chevauchement, et donc nous n’avons pas d’incohérence… Chaque évangéliste ne raconte pas toutes les histoires – vous devriez le savoir aussi. Même s’il connaît l’histoire, il ne la raconte pas. Cela ne veut pas dire qu’il y a un conflit. Maintenant, voici comment vous pouvez voir cela. Regardez l’évangile de Luc. Dans l’histoire de l’apparition du Christ sur le chemin d’Emmaüs (je dois dire que je pense que c’est mon apparition préférée de la Résurrection), le Seigneur apparaît à deux disciples. Rappelez-vous quand je vous ai dit qu’il y avait beaucoup plus de douze disciples ? Eh bien en voici deux que nous connaissons à qui Il apparaîtra le jour de la Résurrection. Un seul est nommé, Cléopas, et il y a un autre disciple sans nom. Il leur apparaît sur le chemin d’Emmaüs, ils marchent en parlant de ce qui s’est passé à la fin de la semaine, la mort du Seigneur, le Messie. Le Seigneur vient à côté et leur demande de quoi ils parlent, puis Il explique pourquoi le Messie devait mourir. C’est une belle histoire. J’aime la façon dont le Seigneur explique les Écritures. Il leur ouvre les Écritures et explique les prophéties. Je pense que c’est tellement beau. Il prétend qu’il va continuer sur la route, mais la nuit vient alors ils s’arrêtent pour la nuit, et il leur révèle qui il est. Ils ne Le reconnaissent pas encore; il est dit qu’ils ont été empêchés de reconnaître qui il était. Mais ils reconnaissent qui il était dans la fraction du pain : ils l’invitent à prendre le pain et à dire la bénédiction sur le pain. Et quand Il rompt le pain, qui a une connotation eucharistique, ils Le reconnaissent immédiatement et Il disparaît aussitôt de leur vue. C’est une si belle histoire, une histoire si puissante. Alors revenez en arrière et lisez cela, c’est dans l’Évangile de Luc, chapitre 24. Lorsque cela se produit, ils sont juste étonnés, et ils se lèvent immédiatement, même s’il fait noir, il fait nuit, et ils retournent à Jérusalem pour dire aux Onze sur ce qui s’est passé. Les Onze sont déjà au courant de la Résurrection. Ce sont les mêmes personnes qui n’ont pas cru les femmes, comme il est dit dans l’évangile de Luc; plus tôt ce matin-là, ils ne croyaient pas les femmes qui avaient dit que le Seigneur était vraiment ressuscité. Il est apparu à Simon-Pierre. Ainsi, Luc est au courant d’une apparition à Pierre seul, sans que d’autres personnes soient présentes, avant qu’il n’apparaisse aux Onze, mais il est le seul évangéliste qui le mentionne. Et Il ne le mentionne qu’en second lieu. Il ne le mentionne qu’indirectement dans le contexte de l’histoire qui se déroule sur la route d’Emmaüs – c’est la seule raison pour laquelle nous savons que Luc le sait, mais Luc ne nous en parle pas. Vous voyez ce que je dis? Donc, ce n’est pas parce qu’ils savent tout qu’ils nous parlent de tout ; ils n’écriront pas tout. Que dit l’Évangile de Jean ? « Si tout était écrit, le monde ne pourrait pas contenir tous les livres qui seraient écrits. » Donc, même s’ils le savent, ils ne peuvent pas inclure tous les détails, tout comme je ne peux pas vous dire tout ce que je voudrais vous dire dans ce programme, mais cela ne veut pas dire que je ne le sais pas.

Certains d’entre vous écrivent et disent : « Vous n’êtes pas au courant de cela ? Oui je le sais, mais je ne vais pas tout vous dire, car je n’ai pas le temps de tout vous dire. Ainsi, les évangélistes ne nous disent pas tout ce qu’ils savent. Les disciples sont revenus et ils ont raconté cette apparition sur le chemin d’Emmaüs, et soudain le Seigneur est au milieu d’eux. Cela suggère qu’Il leur apparaît à tous, car c’est le rassemblement dans la chambre haute. C’est le rassemblement des Onze. Cependant, cela ne nous dit pas que Thomas n’était pas présent à l’époque – nous l’apprenons de Jean. Eh bien, toutes ces choses arrivent le jour de la Résurrection, le dimanche de Pâques. Il apparaît à Marie-Madeleine, Il apparaît aux porteurs de myrrhe, à Simon Pierre, aux deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, aux Onze, et il y a probablement eu d’autres apparitions du Seigneur ressuscité ce même jour dans un très court laps de temps. temps. Tant de choses se sont produites en peu de temps, et aucun évangéliste ne nous raconte toutes les histoires. Chacun nous raconte juste une ou deux histoires. Ce n’est pas juste de les critiquer pour ça. « Pourquoi avez-vous écrit votre Évangile de cette façon, pourquoi ne nous avez-vous pas raconté toutes les histoires, pourquoi n’étiez-vous pas tous d’accord » ? Quand nous voyons un beau tableau, disons-nous à l’artiste : « Pourquoi l’as-tu peint ainsi ? Pourquoi n’as-tu pas fait autrement ? Ou, « Pourquoi avez-vous écrit votre chanson de cette façon ? Pourquoi avez-vous commencé du haut vers le bas au lieu de commencer du bas et de monter haut avec votre chanson ? » Donc, vous savez, nous devons surmonter cela. Nous devons apprécier les Évangiles pour ce qu’ils sont… Les évangélistes étaient libres de raconter l’histoire. Une partie de cela a à voir avec la façon dont vous comprenez l’inspiration, vous voyez. Nous y reviendrons plus tard, alors laissons cela pour le moment. Je pense en avoir assez parlé, mais j’espère que vous comprenez ce que j’essaie de vous dire. La véracité des Évangiles et de la Bible en général ne dépend pas de l’harmonisation complète de tous les détails. La Bible est beaucoup plus grande que cela, l’inspiration est beaucoup plus large que cela, et la vérité est beaucoup plus grande que cela.

(A suivre)  Dr Jeannie Constantinou

Christ is Risen. Part 2. The Empty Tomb.  (Extraits)
https://orthochristian.com/102933.html

Sur la Résurrection (16)

 

Parlons des récits de la Résurrection ou des apparitions de la Résurrection. En général, les gens sont parfois gênés par le fait que les apparitions de la Résurrection et les récits de la Résurrection ne correspondent pas exactement  dans les quatre évangiles… J’ai fait allusion à cela lorsque nous avons parlé des récits de la crucifixion, les sept dernières paroles du Christ, comment nous n’avons pas les mêmes paroles enregistrées par tous les évangélistes. Au lieu de cela, nous avons une déclaration trouvée dans Matthieu et Marc, nous en avons trois autres dans Luc et nous en avons trois autres dans Jean. Et je vous ai dit pourquoi, très brièvement, je vous ai dit que cela a à voir avec les thèmes et les intérêts et les sources et le public des évangélistes. Nous avons la même situation dans les récits de la Résurrection, sauf que ce n’est pas aussi facilement explicable parce que les variations ne sont pas vraiment dans le sens du thème, probablement dans le sens des sources. Il y a une diversité d’histoires dans les récits de la Résurrection, et cela est dû au fait qu’il y avait une grande variété d’expériences du Seigneur ressuscité. Il est apparu à différentes personnes. Il est apparu dans différents contextes et à différents moments. Et aussi, je pense que d’un point de vue humain, il y avait aussi beaucoup d’excitation, et c’est compréhensible, à propos de cet événement. Chaque fois que vous avez un groupe de personnes se souvenant du même événement, différentes personnes s’en souviendront différemment avec des détails différents, d’autant plus que plus un événement est dramatique, important, inattendu, plus il y a de confusion, plus les détails seront différents. . Essayez de vous souvenir d’une expérience que vous avez peut-être vécue et qui était peut-être une situation d’urgence, quelque chose qui n’était pas prévu, quelque chose qui pourrait être heureux ou qui pourrait être dramatique ou triste. Différentes personnes entendent des informations différentes, elles font des allers-retours concernant différents détails, personne n’est exactement sûr de ce qui s’est passé. De nouveaux développements se produisent toutes les deux heures, tout le monde n’a pas accès aux mêmes informations. La situation ne cesse d’évoluer rapidement. C’est ce qui s’est passé ce jour-là, le jour du dimanche de Pâques – certaines choses se sont produites en même temps ou une chose après l’autre. Les gens aiment attaquer les évangiles comme inexacts ou peu fiables parce que nous trouvons différents détails dans les évangiles. Mais je ne pense vraiment pas que ce soit un argument très fort, même si nous avons les histoires de résurrection racontées, comme je l’ai dit, légèrement différemment. Mais en réalité, ce que nous avons, ce sont des histoires différentes racontées par différents évangélistes, similaires à ce que nous avons dans le cas de la crucifixion. Donc, il y a certains points communs et pourtant il y a des différences dans la façon dont c’est raconté, et ils ne les incluent pas tous. Aucun évangéliste n’a toutes les histoires. Maintenant, en raison de la variété des récits, au fil des ans, il était très courant parmi les gens, y compris parmi les Pères, et même jusqu’à nos jours, de s’engager dans ce qu’on appelle «l’harmonisation» des Évangiles. « Harmoniser » les évangiles signifie faire beaucoup d’efforts pour montrer qu’en fait les évangiles ne sont pas en désaccord les uns avec les autres sur les moindre détails, mais qu’ils sont en parfait accord, qu’ils sont harmonieux. C’est ce qu’on appelle « l’harmonisation ». Je ne fais pas d’harmonisation, je ne pense pas que ce soit nécessaire. Les premiers à attaquer les évangiles comme inexacts et indignes de confiance étaient les juifs et les païens, et cela se produisait à l’époque où le christianisme était illégal. Et bien sûr, les premiers chrétiens se sont engagés dans l’harmonisation parce qu’ils essayaient de défendre les Évangiles, et ces efforts pour défendre les Évangiles contre les attaques durent depuis très longtemps. Mais je pense que nous avons atteint le point où nous pouvons comprendre qu’il n’est pas nécessaire  que nous devons défendre les Évangiles. Nous devons répondre à ce que les gens disent, mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire de s’engager dans une harmonisation pour expliquer de telles choses. Tout d’abord, ce que j’ai remarqué, c’est que la plupart des différences dans ces détails ont à voir avec les expériences des femmes faisant l’expérience du Christ ressuscité. En fait, cela a du sens, si vous me demandez, parce que les femmes n’ont pas écrit les Évangiles. Et les expériences des femmes n’étaient vraiment pas prises en compte aussi sérieusement que celles des hommes, car, bien sûr, le témoignage des femmes ne comptait pas, comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises. Donc, je pense que c’est là que se produisent la plupart des variations : ce qui arrive aux femmes, les femmes vont au tombeau vide, elles voient le Christ, elles voient les anges. Le plus grand degré de variation se produit dans ce contexte et je pense que c’est parce que les hommes n’ont pas pris la peine d’essayer de se souvenir du témoignage des femmes parce que cela ne comptait pas. Ce n’est que ma théorie, mais je pense que c’est très possible. Je ne pense pas que ce soit important. Chrysostome appellerait ces différences « insignifiantes », « ta mikra». Cela signifie « petites choses ». Vous savez que le mot « micro » signifie petit ? « Ta mikra » ce sont les « petites choses », des détails insignifiants. L’une des traductions que j’ai vues est qu’ils traduisent le mot « ta mikra » par « bagatelles ». Je pense que c’est un bon mot – ce sont des détails insignifiants. Y avait-il un ange ou y en avait-il deux ? La pierre a-t-elle déjà été roulée ou a-t-elle été roulée en leur présence ? Est-il apparu aux porteurs de myrrhe en tant que groupe, ou à Marie-Madeleine séparément, ou en faisait-elle partie ? Est-ce que c’est vraiment important? Chrysostome dirait : Non. Ces choses n’ont pas d’importance. Ce sont des « mikra », de petites choses, des détails insignifiants. Et il a raison, ces choses sont des détails mineurs. Chrysostome et les autres Pères diraient aussi que les différences entre les récits évangéliques ou le manque d’accord parfait dans tous les détails des évangiles montrent la véracité des évangélistes, et qu’ils ont écrit indépendamment les uns des autres. Je pense que c’est un très bon point. Parfois, ils disent que c’est juste une façon pour eux d’excuser les différences entre les évangélistes, mais si vous y réfléchissez vraiment, c’est en fait un argument très important. Le fait est que les évangélistes ne s’asseyaient pas ensemble au même moment et au même endroit pour écrire leurs évangiles. Ils ont écrit indépendamment; et en fait, considérez qu’ils ont écrit à des moments différents et dans des endroits différents, en fait assez éloignés. Ils ne se sont pas assis et n’ont pas écrit ces évangiles le lendemain de l’événement. Ils ont écrit des décennies après que cela se soit produit, peut-être 20 ans au minimum, et plutôt 30 ou 40 ans après que ces choses se soient produites. Ils ne se sont pas réunis pour « clarifier leurs histoires ». Le fait que nous voyons des variations mineures montre la véracité des évangélistes, car cela montre qu’ils n’ont pas fabriqué ces choses dans le but de tromper les gens. Lorsque les gens veulent fabriquer une histoire, comme lorsque des criminels trouvent un alibi, ils se réunissent et essaient d’aplanir les détails de l’histoire pour qu’ils soient crédibles. Quand ils créent de faux témoignages, c’est ce que font les gens. « Mettons nos faits au clair afin que nous ne soyons pas en désaccord ». En fait, ces différences mineures entre les évangélistes montrent qu’il n’y a pas eu de collusion, pas de fraude. Cela montre une plus grande fiabilité, une plus grande fiabilité et une plus grande véracité de la part des évangélistes, pas moins. La vérité est qu’entre les Évangiles nous avons vraiment un degré d’accord assez remarquable. Nous n’avons pas un évangéliste qui raconte le tombeau vide et aucune apparition aux femmes, puis un autre évangéliste parle juste de l’apparition aux femmes, un autre évangéliste parle juste de l’apparition du Christ. Nous avons beaucoup de points communs entre les récits. Ce sont les petits détails qui diffèrent; et franchement ce n’est pas grave. Si vous y réfléchissez, il est remarquable que les évangiles aient été laissés ainsi, qu’ils aient été autorisés à rester intacts. Les éditeurs de l’Évangile ont tout raconté comme ils l’ont entendu ou comme ils s’en sont souvenus, même si l’Église savait dès le début que ces quatre récits ne concordaient pas dans tous les détails. Pensez-vous que quelqu’un aurait pu essayer de le réparer, de changer les récits de l’Évangile afin qu’ils correspondent tous ? Cela aurait été difficile à faire, mais il aurait pu y avoir des efforts pour le faire; cependant, nous ne voyons pas cela dans les preuves manuscrites. C’est ce que nous aurions probablement fait aujourd’hui. Cela nous aurait dérangés qu’ils ne soient pas d’accord sur tous les détails, et nous aurions essayé donc de régler le problème, n’est-ce pas ? Nous aurions essayé de faire en sorte que tout concorde, de ne donner aucune « munition » aux gens pour remettre en question la fiabilité des évangiles. Mais l’Église ne l’a pas fait, même si elle a été obligée très tôt de défendre les Évangiles contre les attaques. Même à partir du milieu du IIe siècle, nous voyons des gens défendre les Évangiles contre les attaques des païens et des juifs pour le fait qu’il existe des différences de détail. La Bible et l’Église sont honnêtes, elles permettent aux évangélistes de raconter l’histoire comme ils le souhaitent, et elles ne se soucient vraiment pas de ces différences. Et je pense que c’est très remarquable, et démontre une confiance dans le témoignage apostolique. jours.Il y a une sorte de confiance ancienne — et savez-vous pourquoi ? … La Bible n’a pas besoin d’être parfaite pour être vraie. Pensez-y. La Bible n’a pas besoin d’être parfaite pour être vraie. Les Évangiles sont un témoignage apostolique. C’est pourquoi ils sont des Écritures : parce que l’Église les a reconnus comme inspirés, comme des Écritures Saintes, et non parce qu’ils ont rencontré une norme humaine de perfection – parce que c’est impossible. Et comment le Saint-Esprit se montre pour inspirer cet évangéliste à inclure ce détail ou à raconter l’histoire de cette façon et un autre évangéliste autre chose, c’est au Saint-Esprit de le faire. Le Saint-Esprit souffle où il veut, et il souffle comme il veut… Franchement, c’est un mystère, frères et sœurs..il y a des choses qui ne peuvent pas être pleinement comprises par nous. Il existe une relation de collaboration entre l’Esprit et l’évangéliste, et l’Esprit permet à l’écrivain humain d’être humain. Je ne vais pas résoudre tous les détails; Je ne vais pas m’engager dans une harmonisation. Je pense personnellement que c’est inutile…

(A suivre)
Dr Jeannie Constantinou
Christ is Risen. Part 2. The Empty Tomb.  (Extraits)
https://orthochristian.com/102933.html

 


Sur la Résurrection (15)

Alors comment expliquer l’existence de l’Église ? Pourquoi le christianisme a-t-il continué à croître malgré la persécution ? Était-ce parce qu’ils avaient trouvé de meilleurs arguments, ils avaient trouvé des preuves convaincantes ? Ont-ils trouvé des mots rhétoriques, convaincants et persuasifs ? Ont-ils proposé une vérification historique? Ils n’avaient pas de vidéo, n’est-ce pas ? Aucune preuve scientifique, tout comme nous n’en avons pas maintenant. Qu’est-ce qui a convaincu les gens? Il y avait deux choses, et je vous dis les deux choses que vous verrez dans tous les premiers documents historiques du christianisme. Nous avons pas mal d’écrits, pas autant que nous aimerions en avoir, mais nous avons beaucoup d’écrits des deux et trois premiers siècles du christianisme, à l’époque de la persécution. Qu’est-ce qui a attiré les gens vers le christianisme malgré « la folie de ce que nous prêchons », comme l’appelait saint Paul ? Qu’est-ce qui a attiré les gens ? Deux choses : premièrement, la vie des chrétiens, leurs actes, le fait qu’ils aimaient leurs ennemis, le fait qu’ils voyaient les chrétiens enterrer des gens qui n’avaient personne pour les enterrer, qu’ils se souciaient des étrangers, des orphelins, des pauvres, pour les veuves. Cela a impressionné les Grecs, car c’est ce que préconisait la philosophie grecque : la vertu. Et ils ont vu cela et en ont été impressionnés. Beaucoup de gens ont été attirés vers le christianisme par la vertu manifestée par ces premiers chrétiens.
Et le deuxième facteur était le fait que lorsqu’ils ont vu ces chrétiens être persécutés – très souvent dans l’arène face à des animaux sauvages et des gladiateurs et toutes sortes de tortures – ils ont vu les chrétiens aller à la mort avec courage et joyeux. Et cela a étonné les Romains. Cela les a absolument étonnés de voir ces gens, et parfois c’étaient des femmes, parfois c’étaient des enfants qui allaient à la mort avec beaucoup de bravoure et de gaieté. Et cela les a vraiment fait réfléchir : qu’est-ce que c’est que ces gens ? Qu’ont-ils? Ainsi, ce ne sont pas des preuves convaincantes, ou tout autre type de preuve, qui ont conduit les gens au christianisme. C’était la vie des chrétiens. Et c’est ce dont nous avons besoin, chers frères et sœurs, pas de mots, pour convaincre les gens de la véracité de notre message. Et le fait est que, selon les Pères – et en lisant saint Jean Chrysostome, vous le verrez tout le temps – si les gens ne croient pas au christianisme, c’est de notre faute – non pas parce que nous n’avons pas trouvé de meilleure preuve, mais parce que nous ne vivons pas la Vie que nous avons été appelés à vivre en tant que chrétiens. Et Chrysostome dit que nous sommes responsables devant Dieu du fait que les autres ne croient pas. Quand nous ne vivons pas la vie, nous serons jugés pour cela. C’est quelque chose de très inquiétant auquel nous devons réfléchir. Alors les gens qui portent leur croix partout, parfois comme des bijoux, je ne sais pas ce qu’ils font en portant des croix. … Et puis les gens regardent ça et disent : « C’est un chrétien ? Mais dans l’Église primitive, les premiers chrétiens menaient une vie de grande vertu, c’est ce qui attirait les gens vers l’Église malgré le message. Ou ils auraient pu dire: « Peut-être qu’il y a quelque chose dans ce concept de Messie crucifié, parce que regardez la façon dont ces gens vivent leur vie. » C’était très admirable, et nous l’avons perdu. Alors ce dont nous avons besoin, chers frères et sœurs, ce ne sont pas de meilleures paroles mais de meilleures actions….
Quoi qu’il en soit, parlons des « trois jours dans la tombe », car j’ai été interrogée à ce sujet. Alors, pourquoi dit-on que le Seigneur était dans la tombe pendant trois jours ? Il a prédit qu’il ressusciterait après trois jours. C’est la prédiction du Christ. Si vous regardez Jean chapitre 2, après qu’Il ait purifié le Temple et qu’ils Lui aient demandé : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Il dit : « Détruisez ce Temple (se référant à Son corps), et en trois jours je le relèverai. Nous avons donc ce langage, nous avons les déclarations du « signe de Jonas » par ce genre de langage nous pensons à trois périodes de 24 heures, mais ce n’est pas ainsi que les Juifs comptaient leurs jours. Avant d’expliquer comment ils comptaient leurs jours, parlons de l’expression « après trois jours ». Le fait est que « après trois jours » était une expression de la délivrance dans l’Ancien Testament, et nous le voyons dans le livre d’Osée, ainsi que dans le Midrash juif. Le Midrash est une sorte de commentaire juif sur l’Ancien Testament, et le Midrash sur l’un des passages de la Genèse dit : « Le seul qui est Saint ne laisse jamais le juste en détresse pendant plus de trois jours. C’était donc une expression juive typique de la délivrance ou du salut. Qu’en est-il du fait que le Seigneur n’était pas dans la tombe pendant trois jours complets ? La façon dont nous compterions serait plus proche de trois périodes de 24 heures, et cela ne s’est bien sûr pas produit. Eh bien, la raison pour laquelle, selon les Juifs, Il était dans la tombe pendant trois jours, a à voir avec la façon juive de compter les jours. Tout d’abord, on compte les premier et dernier jours de la période, qu’il s’agisse d’une journée entière ou d’une journée partielle, alors suivez-moi maintenant. Et, bien sûr, vous savez aussi que la journée juive commençait au coucher du soleil, pas au lever du soleil ni à minuit. Nous le savons très bien de l’Église, car nous avons très souvent des Divines Liturgies le soir. Comment se fait-il que nous puissions avoir une Divine Liturgie en soirée avant le jour réel ? Par exemple, si c’est le jour de la fête de l’Annonciation, qui est le 25 mars, comment se fait-il que nous ayons le droit d’avoir une  Divine Liturgie en soirée et de célébrer la fête de l’Annonciation le 24 mars ? Ce n’est pas le bon jour. Mais si c’est le soir, la veille au soir, on peut le faire, car la journée commence au coucher du soleil. C’est aussi la règle de l’Église, et nous tenons cela des Juifs. Ainsi, la journée juive commence au coucher du soleil. Vous le savez aussi parce que le sabbat commence le vendredi au coucher du soleil. Ce n’est pas quelque chose de spécial pour le sabbat; c’est quelque chose qui est juste la façon dont ils concoivent la journée : ça commence avec le coucher du soleil, pas avec le soleil qui se lève. C’est une façon différente de penser. Christ meurt vendredi. Il fait encore jour, non ? Il est dans la tombe le vendredi, c’est le jour 1. Quand le coucher du soleil arrive, c’est techniquement le samedi, jour 2, le sabbat. Ensuite, Il est encore dans la tombe une journée entière le samedi lorsque le coucher du soleil revient, et c’est le troisième jour, c’est techniquement le dimanche, le lendemain, le premier jour de la semaine. Il est donc dans la tombe pendant trois jours selon cette compréhension, et c’est la compréhension la plus ancienne. C’est pourquoi nous l’utilisons encore dans l’Église, parce que c’était ainsi que les Juifs  comptaient. Donc, même s’il n’était pas dans la tombe pendant 24 heures, ils auraient dit qu’il était dans la tombe pendant trois jours parce qu’il était là pour le vendredi, le samedi et aussi le dimanche qui a commencé par ce que nous appellerions le coucher du soleil le samedi. C’est donc assez facile à expliquer.

(A suivre)
Dr Jeannie Constantinou
Christ is Risen. Part 2. The Empty Tomb.  (Extraits)
https://orthochristian.com/102933.html