Une parole

Selon la logique du monde, les gens deviendraient toujours de plus en plus intelligents. Malheureusement, il n’en est pas ainsi. L’intelligence, ne se résume pas à une somme de connaissances.
Saint Nicolas de Serbie (Saint Nicolas Vélimirovitch +1956) disait que les premiers hommes ne connaissaient pas grand chose, mais comprenaient tout ensuite. Progressivement, leurs connaissances ont augmenté, mais ils comprennent de moins en moins et à la fin, ils connaîtront énormément de choses, mais ils ne comprendront plus rien.

Source: http://www.lalorgnettedetsargrad.gr/

Ascension de Notre Seigneur Jésus Christ

Fête de l’Ascension

Lectures bibliques : Luc 24/36-53 Actes 1/1-12

À partir de l’Ascension, nous cessons de chanter à tous les offices les chants de Pâques. Cependant, la fête de l’Ascension ne marque pas la fin du temps pascal qui sont les 50 jours qui suivent la fête de Pâques qui s’achèvent avec le dimanche de la Pentecôte, ou plutôt avec les huit jours de l’après fête de la Pentecôte, qui ne forment avec le dimanche qu’un seul jour. Si notre Seigneur a voulu que Sa résurrection ne soit pas immédiatement suivie de Sa montée au ciel et de l’envoi du Saint-Esprit, c’est pour mieux convaincre les apôtres de sa résurrection et les habituer à sa condition nouvelle de Ressuscité. Selon une expression chère à saint Irénée de Lyon, le Seigneur ressuscité veut, en quelque sorte, nous habituer nous aussi, progressivement, à Sa condition de Ressuscité. Monté aux cieux, il est désormais « assis à la droite du Père ». Cela signifie qu’en sa nature humaine elle-même le Christ est revêtu de toute la gloire, de toute la puissance divine, de toute l’autorité du Seigneur du ciel et de la terre, qui lui sont communiquées par son Père. La nature humaine du Christ est glorifiée, elle est remplie de ce rayonnement de la nature divine, de la gloire de Dieu, que le Fils unique, en sa nature divine, recevait de son Père de toute éternité, avant la création du monde, et qui, maintenant, transfigure sa nature humaine elle-même, qui de ce fait n’est plus passible et mortelle, mais véritablement divinisée. Saint Paul déclare que nous sommes, par le baptême, morts au péché et ressuscités avec le Christ, et que Dieu nous a fait asseoir avec Lui dans les cieux : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés ! – avec Lui Il nous a ressuscités et fait asseoir dans les cieux, dans le Christ Jésus » (Éphésiens 2, 4-6). Le Christ a assumé tous les hommes, quiconque revêtu de la nature humaine, et c’est ainsi qu’au jour de son Ascension, c’est toute la nature humaine, qui, en lui, se trouve potentiellement, mais déjà réellement, assise dans les cieux. C’est pour cela que le Christ a pu dire en toute vérité : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » (Matthieu 25,40). C’est pour cela que, si notre foi est vive, nous voyons le Christ en tout homme, juste ou pêcheur. Par le baptême, la chrismation, l’eucharistie, par toute notre vie chrétienne, par toute notre vie dans la foi, nous actualisons cette potentialité, nous faisons que cette cession aux cieux, dans le Christ, à la droite du Père, deviennent pour nous quelque chose de plus en plus réel, de plus en plus effectif. Si nous pratiquons vraiment la charité évangélique, si nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, si nous donnons à ceux qui ne peuvent nous rendre, si notre amour et notre bienveillance affective et effective s’étend aux plus déshérités, aux pauvres, aux malades, aux isolés, aux handicapés de toutes sortes, cela ne vient pas seulement de nous : c’est que la grâce de notre baptême est active en nous et y fructifie, c’est que, véritablement, le Christ vit en nous par son Esprit divin, qui agit avec nous et en nous, comme le feu qui pénètre et transfigure le fer rouge. Si tout cela est devenu pour nous une source de joie, si nous y goûtons une divine saveur, c’est que selon l’expression de l’Écriture, nous trouvons nos délices dans le Seigneur (cf. Psaume 36,4 et 11), et non plus dans les joies et plaisirs terrestres. La vie céleste n’est pas autre chose que cette communion à l’amour qui est Dieu, à l’amour miséricordieux qu’est la nature même de Dieu, de chacune des personnes divines, et donc du Christ ressuscité. C’est cela qui doit remplir notre cœur d’une paix et d’une joie qui ne sont pas de ce monde, et d’un saint émerveillement devant les grandes œuvres de Dieu, devant tout ce qu’Il a accompli pour nous. Que cette fête de l’Ascension nous rende plus conscients de ce que notre vie doit être une vie céleste, de ce que nous devons goûter, apprécier, aimer plus que tout autre chose cette vie divine, cette vie d’amour universel sans retour sur nous-mêmes, à laquelle nous sommes appelés et qui nous rend semblables à notre Père céleste.

D’après l’archimandrite p. Deseille, La Couronne bénie de l’Année chrétienne, vol.2, pages 203-210 * * *

Un peu d’histoire Sur l’Ascension du Christ, par St. Jean Chrysostome

Ce texte est la seule homélie authentique de saint Jean Chrysostome à la fête de l’Ascension qui nous soit parvenue. Il est remarquable en ce qu’il marque l’un des premiers records de l’Ascension célébré quarante jours après Paques. Saint-Jean a prononcé l’homélie dans le martyrium commun situé à l’extérieur des murs d’Antioche, près de la porte romane menant à la banlieue de Daphné, en face de la ville, au nord-est, sur la rive de l’Oronte. Sur ce site se trouvaient les tombes de nombreux martyrs, ainsi que les restes des évêques ariens enterrés au moment où les Ariens contrôlaient l’église d’Antioche. Ce martyrium commun était le plus célèbre de tous la martyrium d’Antioche, qui, selon Saint-Jean, entourait la capitale syrienne comme un mur protecteur.

1 Au début de cette homélie, nous apprenons que le martyrium commun avait récemment été réaménagé et rénové. Il y a également des indications dans le texte que l’homélie de saint Jean a marqué l’inauguration du martyrium commun après une période tumultueuse d’hérésie et de schisme à Antioche. St. Jean a expliqué à ses auditeurs les raisons pour lesquelles le travail avait été accompli, ainsi que la nouvelle disposition du site; et il a souligné que le projet avait été entrepris sous la direction de Flavian, évêque d’Antioche, qui était présent à la cérémonie. Si le clergé servait au martyrium depuis la rénovation du site, il est peu probable que Chrysostome se soit donné la peine d’élucider une situation qui aurait été connue des fidèles. L’homélie peut être datée des années 386-387, période pendant laquelle Saint-Jean était prêtre à Antioche. En l’absence d’indications internes solides, il est impossible de dater plus précisément le texte.

2 Après avoir souligné l’importance du martyrium et de sa récente rénovation, Saint-Jean a attiré l’attention de ses auditeurs vers la fête actuelle, exposant en profondeur le rôle notre Seigneur Jésus-Christ en tant que médiateur entre Dieu et l’homme. Le Christ, dit-il, se tenait entre Dieu et l’homme, puisque l’homme s’était placé en inimitié avec Dieu et était devenu l’adversaire de Dieu. « Et comment est-ce qu’Il [Christ] s’est placé entre les deux? » Demande Chrysostome. « Il a pris sur lui la punition qui nous était due par le Père, et lui-même a également enduré les insultes et les reproches que nous avons faits contre Dieu. » Saint Jean illumine alors la place de l’Ascension du Christ dans la doctrine orthodoxe de la rédemption. Le Christ, ayant réconcilié Dieu et l’homme par sa vie, sa mort et sa résurrection, monte maintenant au ciel dans son corps spirituel ressuscité. Étant lui-même les premiers fruits de la résurrection générale, il offre ces premiers fruits à son Père céleste. De cette façon, dit saint Jean Chrysostome, Il a amené toute notre nature humaine au ciel et l’a assise à la droite du Père. En présentant cet enseignement, saint Jean offre des réflexions inspirantes sur la façon dont les pouvoirs célestes ont vu se dérouler l’œuvre de rédemption du Christ. Avant la venue du Christ, les anges étaient affligés par la pitoyable condition déchue de l’homme, qui le séparait de Dieu. Grande était donc leur joie lorsque Dieu est devenu homme afin de réunir ce qui avait été scindé auparavant. Alors que le Seigneur, après avoir accompli toutes choses sur la terre selon la volonté divine, est monté au ciel, deux anges étaient présents pour consoler les apôtres, ainsi que pour leur expliquer ce qu’ils voyaient. Ce même Jésus, les saints anges ont dit: Celui qui vous est enlevé au ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel (Actes 1:10). C’est avec cette pensée – le retour de notre Seigneur Jésus-Christ – que Chrysostome conclut son homélie, encourageant les fidèles rassemblés à se réveiller de la torpeur spirituelle et à « regarder vers le retour du Seigneur ». —

Abbé Damascène

Notes

1 Le martyrium commun doit être distingué du grand cimetière, qui était également situé à l’extérieur de la ville, et était le lieu où saint Jean Chrysostome a prononcé son homélie « Sur le mot cimetière et sur la croix « le grand vendredi 392. Saint Jean commence l’homélie actuelle, à l’Ascension, par une référence au service du Vendredi Saint: « Lorsque nous avons célébré le souvenir de la Croix, nous avons observé la fête à l’extérieur de la ville. »

2 Comme mentionné dans la note ci-dessus, l’homélie du Grand Vendredi de saint Jean « Sur le mot » cimetière « et la croix » date de l’année 392. Bien que l’homélie actuelle commence par une référence au service du Vendredi Saint qui a eu lieu plus tôt cette année-là au Grand Cimetière à l’intérieur de la ville, il est impossible de savoir avec certitude si les deux homélies ont été prononcées au cours de la même année. La célébration du Grand Vendredi au Grand Cimetière était pratiquée chaque année, conformément à la coutume décrite dans l’homélie elle-même. L’homélie de saint Jean sur l’Ascension, d’autre part, a apparemment marqué la première célébration de cette fête au martyrium commun.

Publié par l’Eglise Orthodoxe à l’Ile Maurice

Le dimanche de l’aveugle-né

 

Avec cet évangile de l’aveugle-né se poursuit la série de catéchèse sur le don du Saint-Esprit, sur la foi et le baptême, que la liturgie nous procure depuis le dimanche de Pâques, au moyen des lectures de l’évangile de saint Jean. La guérison de l’aveugle-né, comme toutes les guérisons et résurrections accomplies par le Seigneur durant sa vie terrestre, était un signe comme un geste prophétique. Les Pères de l’Église ont toujours vu dans les guérisons d’aveugles, opérées par le Seigneur durant sa vie terrestre, une figure et une annonce de la guérison spirituelle, d’une nouvelle faculté de voir, d’un regard nouveau, qui est celui de la foi, que le Seigneur nous accorde par la grâce de l’Esprit Saint. Celle-ci nous est donnée en lien avec le baptême. La piscine de Siloé était une figure de la piscine baptismale. En même temps, le Seigneur manifeste clairement, dans cet épisode évangélique, que c’est Lui qui, à travers l’ordre qu’il donne à l’aveugle de se laver à la piscine de Siloé, le guérit. C’est le Seigneur lui-même qui le guérit, c’est sa vertu de guérison spirituelle qui se manifeste à travers cette eau. Pour être baptisé, il faut déjà avoir la foi, mais le baptême la fortifie. On ne peut pas accéder au baptême si on n’a pas déjà cru à la prédication des apôtres, au témoignage des apôtres tel qu’il nous est transmis par l’Église. C’est en entendant le message les apôtres que nous pouvons y adhérer et croire, avec l’aide de la grâce intérieure de l’Esprit Saint. Par la guérison de cet aveugle, le Seigneur nous annonce que la grâce de l’Esprit Saint, que ses disciples recevront au baptême, est une grâce qui ouvre en nous un regard nouveau. C’est une grâce qui nous donne en quelque sorte une faculté nouvelle, qui nous permet non pas de comprendre rationnellement, intellectuellement, les mystères de la foi, mais qui nous persuade intérieurement de la vérité de cette parole transmise par l’Église, qui nous en donne l’intelligence profonde, qui nous la fait voir, d’une certaine manière. C’est vraiment un regard nouveau qui s’ouvre dans notre cœur et qui nous fait percevoir les réalités de la foi avec une chaleur, une immédiateté comparable à celle avec laquelle notre vue sensible perçoit les choses qui nous entourent. C’est tout autre chose que de connaître seulement une vérité à travers des idées, des concepts. Si nous laissons la grâce du Saint Esprit se développer en nous, si nous y consentons et y coopérons véritablement, elle nous fera acquérir un sens intime de toutes les vérités du christianisme. Elles deviennent pour nous autre chose que des mots et des phrases. Elles éveillent vraiment un écho profond dans notre cœur. C’est cela, cette foi qui voit. Dans un passage des discours ascétiques, Saint Isaac le Syrien (7ème siècle) précise que la condition essentielle pour que nous passions de la foi qui entend à la foi qui voit, pour que se développe ainsi en nous ce sens intime des vérités de la foi, c’est que nous progressions dans toute notre vie spirituelle. Il insiste particulièrement sur le repentir. C’est dans la mesure où nous vivons vraiment dans ce repentir profond de nos fautes, dans la conscience vive dans notre pauvreté spirituelle devant le Seigneur, que notre foi peut vraiment pleinement s’éveiller en nous. Saint Silouane, lui, nous dit que l’humilité est l’œil par lequel nous pouvons voir la lumière divine. L’humilité, c’est d’être toujours conscient et persuadé que tout vient de la grâce de Dieu.

* * * On entend souvent : « La vie est courte, il faut profiter ! » Et que penser de ceci : « L’éternité est longue, il faut s’y préparer ! » 

Source: texte proposé par l’Eglise Orthodoxe de l’Ile Maurice

Le Christ a dit qu’il y aura des épidémies

Le Christ a dit: il y aura des pestes…
Réflexions sur les pandémies, le confinement, les peurs et la Divine Providence

Prêtre Valery Dukhanin

https://orthochristian.com/131156.html

Et de grands tremblements de terre se produiront dans divers endroits, et des famines et des pestes (Luc 21:11). Dans l’Évangile, les «pestes» (λοιμοὶ en grec) sont des maladies contagieuses, c’est-à-dire des épidémies. Le Christ a dit qu’il y aura des pestes et qu’elles se produiront effectivement. Elles doivent arriver. Le Sauveur a essayé de nous faire comprendre que les épidémies de masse ne disparaîtraient pas après sa première venue. Ni les «tremblements de terre» (c’est-à-dire les catastrophes naturelles) ni les «famines» (calamités sociales). Telle est la loi de la vie en dehors du paradis. Depuis que l’homme a infecté le monde par le péché, (en retour) le monde a infecté l’humanité par des virus, des microbes et des bactéries malignes.

Les épidémies, et à grande échelle elles sont appelées pandémies, sont semblables au COVID-19. Toute l’humanité est également faible devant une calamité qui fait rage. Les puissants et les gens modestes, les riches et les pauvres , tous fuient également les incendies, ont peur des catastrophes naturelles et tremblent devant la contagiosité des maladies mortelles.

Le fils unique de William Shakespeare, Hamnet, est mort de la peste bubonique à l’âge de onze ans. Constantin Pavlovich, un frère cadet de l’empereur Alexandre Ier, est mort du choléra. Les célébrités et la noblesse, les tsars et les aristocrates mouraient pendant les épidémies dont les mâchoires acérées sont restées grandes ouvertes, dévorantes et insatiables au fil des siècles. Continuer la lecture de Le Christ a dit qu’il y aura des épidémies