Le dimanche de l’aveugle-né

 

Avec cet évangile de l’aveugle-né se poursuit la série de catéchèse sur le don du Saint-Esprit, sur la foi et le baptême, que la liturgie nous procure depuis le dimanche de Pâques, au moyen des lectures de l’évangile de saint Jean. La guérison de l’aveugle-né, comme toutes les guérisons et résurrections accomplies par le Seigneur durant sa vie terrestre, était un signe comme un geste prophétique. Les Pères de l’Église ont toujours vu dans les guérisons d’aveugles, opérées par le Seigneur durant sa vie terrestre, une figure et une annonce de la guérison spirituelle, d’une nouvelle faculté de voir, d’un regard nouveau, qui est celui de la foi, que le Seigneur nous accorde par la grâce de l’Esprit Saint. Celle-ci nous est donnée en lien avec le baptême. La piscine de Siloé était une figure de la piscine baptismale. En même temps, le Seigneur manifeste clairement, dans cet épisode évangélique, que c’est Lui qui, à travers l’ordre qu’il donne à l’aveugle de se laver à la piscine de Siloé, le guérit. C’est le Seigneur lui-même qui le guérit, c’est sa vertu de guérison spirituelle qui se manifeste à travers cette eau. Pour être baptisé, il faut déjà avoir la foi, mais le baptême la fortifie. On ne peut pas accéder au baptême si on n’a pas déjà cru à la prédication des apôtres, au témoignage des apôtres tel qu’il nous est transmis par l’Église. C’est en entendant le message les apôtres que nous pouvons y adhérer et croire, avec l’aide de la grâce intérieure de l’Esprit Saint. Par la guérison de cet aveugle, le Seigneur nous annonce que la grâce de l’Esprit Saint, que ses disciples recevront au baptême, est une grâce qui ouvre en nous un regard nouveau. C’est une grâce qui nous donne en quelque sorte une faculté nouvelle, qui nous permet non pas de comprendre rationnellement, intellectuellement, les mystères de la foi, mais qui nous persuade intérieurement de la vérité de cette parole transmise par l’Église, qui nous en donne l’intelligence profonde, qui nous la fait voir, d’une certaine manière. C’est vraiment un regard nouveau qui s’ouvre dans notre cœur et qui nous fait percevoir les réalités de la foi avec une chaleur, une immédiateté comparable à celle avec laquelle notre vue sensible perçoit les choses qui nous entourent. C’est tout autre chose que de connaître seulement une vérité à travers des idées, des concepts. Si nous laissons la grâce du Saint Esprit se développer en nous, si nous y consentons et y coopérons véritablement, elle nous fera acquérir un sens intime de toutes les vérités du christianisme. Elles deviennent pour nous autre chose que des mots et des phrases. Elles éveillent vraiment un écho profond dans notre cœur. C’est cela, cette foi qui voit. Dans un passage des discours ascétiques, Saint Isaac le Syrien (7ème siècle) précise que la condition essentielle pour que nous passions de la foi qui entend à la foi qui voit, pour que se développe ainsi en nous ce sens intime des vérités de la foi, c’est que nous progressions dans toute notre vie spirituelle. Il insiste particulièrement sur le repentir. C’est dans la mesure où nous vivons vraiment dans ce repentir profond de nos fautes, dans la conscience vive dans notre pauvreté spirituelle devant le Seigneur, que notre foi peut vraiment pleinement s’éveiller en nous. Saint Silouane, lui, nous dit que l’humilité est l’œil par lequel nous pouvons voir la lumière divine. L’humilité, c’est d’être toujours conscient et persuadé que tout vient de la grâce de Dieu.

* * * On entend souvent : « La vie est courte, il faut profiter ! » Et que penser de ceci : « L’éternité est longue, il faut s’y préparer ! » 

Source: texte proposé par l’Eglise Orthodoxe de l’Ile Maurice

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