Quand Dieu nous semble absent

Quand Dieu semble absent

Ces moments où Dieu semble absent ne sont qu’une illusion. Parfois, nous entrons dans une nuit sombre de l’âme, où Dieu semble éloigné de nous. Ce n’est qu’une illusion, car Dieu est plus proche de nous que notre propre souffle. Ces temps sont permis par Dieu afin de nous rapprocher de Lui, tout comme le parent aimant qui met son petit enfant debout, marche à quelques mètres en tendant les bras et attend que l’enfant fasse ses premiers pas. Le parent aimant  est toujours prêt à tendre la main et à soulever l’enfant s’il commence à tomber, mais il sait qu’il doit prendre ses distances pendant quelques instants si l’enfant apprend à se tenir debout sur ses deux jambes. Nous sommes comme ça. Lorsque vous avez du mal à prier, allumez votre lampada devant vos icônes et asseyez-vous silencieusement devant elles. Dites à Dieu, je suis blessé et triste, et je suis incapable de Te parler, donc j’ai besoin que Tu parles à mon cœur. Parfois, la croissance spirituelle la plus profitable peut avoir lieu dans de telles périodes de rupture parce que nous voyons dans ces moments combien nous avons besoin de Dieu et combien nous dépendons de lui. N’ayez pas peur, très chers, car Dieu est proche et ne vous quittera pas. Le Seigneur permet ces moments de secheresse, où vous craignez qu’Il vous ait abandonné, comme moyen de vous faire tendre la main vers Lui. Lorsque nous luttons, ou même souffrons, nous devenons plus forts dans notre foi. La prière reviendra tant que vous accorderez à Dieu des moments de votre vie où vous vous prévalerez en silence et écouterez sa voix. Le parent qui fait constamment les devoirs de son enfant ne lui fait aucune faveur, car l’enfant n’apprend jamais à se débrouiller seul et restera à jamais dépendant de son parent. Le Seigneur veut que nous devenions forts dans notre foi, tout en entrant dans une relation mûre avec Lui. Si nous n’apprenons pas à nous débrouiller seuls, nous serons à jamais comme l’enfant codépendant, n’ayant jamais les compétences nécessaires pour atteindre des sommets et demeurant à jamais faibles et craintifs.

Avec l’amour en Christ, Abbé Tryphon

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Le temps de l’Avent

L’Église Orthodoxe vit la pratique du jeûne et des carêmes dans la ferveur, comme des temps de grâce exceptionnelle. Jeûner, c’est se purifier pour le Seigneur !
Le carême de Noël ou temps de l’Avent
Le jeûne de ce temps, uni à la prière plus intense, soutient la veille, l’attente, préparation aux épreuves inouïes que connaîtra l’humanité avant la lumineuse manifestation du Verbe.
Selon l’Église orthodoxe, il dure du 15.11 au 25.12. Si le 14.11 est un mercredi, on commence le jeûne le 13 au soir. On ne prend ni viande, ni œufs, ni produits laitiers.
Le mercredi et le vendredi, nous nous abstenons d’huile et de vin ; mardi et jeudi, on peut boire du vin, ainsi que samedi et dimanche où l’on prend du poisson, jusqu’au 6.12, saint Nicolas, inclus.
La veille de Noël, on ne mange que le soir, et on prend seulement des céréales et des fruits.
Le jour de Noël, quel qu’il soit, on rompt l’abstinence et le jeûne après la célébration.
Le renoncement concerne également les envies et les pensées, les paroles vaines, les formes de dépendance (télévision, ordinateur, Internet, etc.), la sexualité… Dans un monde de surconsommation, le jeûne n’est pas seulement alimentaire !
Le jeûne uni à la prière et à l’écoute de la Parole (lisons surtout le prophète Isaïe, lisons également en famille le saint Évangile !) est, non une frustration, mais le renoncement libre selon l’Esprit. Le chrétien acquiert ainsi la pureté de l’âme et du corps, et la disponibilité spirituelle en vue de l’illumination.
Père Marc-Antoine Costa de Beauregard
(Sur orthodoxie.com)

Ce qu’on aura semé

L’Apôtre écrit : «Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment.» (II Cor 9,6) Ces paroles sont limpides et ne demandent pas d’explications, mais il est parfois bon de les rappeler à la mémoire.

Prenant cette image dans la vie courante, l’apôtre ne parle pourtant pas des graines de plantes mais de notre vie spirituelle, comme il explique ailleurs : «Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle.» (Gal 6,7-8)

Revenons pourtant à l’image de l’agriculteur qui sèmera sa semence. Il se donne toute la peine pour bien faire et faire de mieux en mieux. Il prépare soigneusement la terre pour recevoir la semence, il observe le temps pour semer, il surveille la croissance contre les insectes nuisibles etc. Pourtant, tout ne dépend pas de lui. Une intempérie peut tout détruire.

Dans notre vie terrestre cela s’applique également, tous nos efforts peuvent se perdre, et, de toute façon, ils sont périssables et caduques par nature. Rien n’en restera lorsque nous quitterons cette vie.

Dans notre vie spirituelle, par contre, tout portera des fruits au centuple pour la vie éternelle. Tout est écrit dans le livre de vie et ne peut se perdre. Le moindre effort qu’on fait pour Dieu, son salut, l’Église sera indélébile : une prière, une métanie, une aumône, un acte de charité etc. etc.

À plus forte raison nos agitations pour notre corps, nos aises, notre bien matériel se détruisent si nous négligeons nos devoirs spirituels au profit du matériel et le Seigneur nous le fait parfois sentir pour nous le rappeler. La parabole de l’évangile de l’insensé qui ne pensait qu’à agrandir ses greniers et à qui Dieu redemande son âme la même nuit, nous le montre clairement, et les exemples dans l’histoire de l’Église et la vie des saints ne manquent pas.

Je pourrais vous berner, comme les faux prophètes, dont parle l’Écriture, qui ne prophétisaient que paix et sécurité, mais il est écrit : «Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part.» (Ez 3,7)

Quoi dire de plus ? «Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende !» (Mc 7,16)

a. Cassien

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Cet arbre malade , c’est ma propre vie par Saint Sophrony de l’Athos (1896-1993)

Pourquoi tant de maladies, tant de souffrances de toute la création sont-elles nécessaires? Beaucoup pensent qu’il eût mieux valu ne pas créer un monde où tous souffrent, où tout meurt. Cependant, pour nous, cette question se pose autrement: nous ne comprenons pas pourquoi les souffrances sont nécessaires, mais quand nous lisons le récit de la chute, nous voyons que le fruit de l’arbre interdit apparaissait beau à regarder et bon, agréable à manger (cf. Genèse 2,6). C’est ce phénomène, – c’est-à-dire le fait de se laisser séduire et de transgresser le commandement de Dieu, – qui conduisit à la mort, mais le Seigneur, en venant sur la terre pour nous sauver, meurt afin d’effacer le péché d’Adam.

Toi qui as cloué sur la croix le péché d’Adam …

Un des tropaires les plus remarquables que nous ayons, et que nous chantons durant le Carême proclame: « Toi qui le sixième jour et à la sixième heure as cloué sur la croix le péché commis par Adam au Paradis, déchire aussi la cédule de nos fautes, ô Christ notre Dieu, et sauve-nous » [cf. Office de sexte]. En quoi ce tropaire est-il remarquable? En ce qu’il nous décrit dans quelles dispositions, avec quelles pensées le Christ est allé à Sa crucifixion pour anéantir par Sa souffrance et par Sa mort, cette délectation qui fut la cause de la chute.

Bien des choses restent encore peu claires pour nous, mais l’être qui nous a été donné, nous l’acceptons tel qu’il est. Les hommes interprètent de diverses manières notre être, notre « existence », mais bien sûr, pour nous, chrétiens, le fondement pour toutes les solutions, c’est le Christ Lui-même, et nous marchons sur Ses traces.

Avoir les pensées du Christ

Le grand apôtre Paul nous a laissé une parole remarquable:

« En vous doivent être les mêmes sentiments et les mêmes pensées qu’en Christ » (cf. Philippiens 2, 5). Cela est semblable à ce que j’ai dit au commencement: que le Seigneur a voulu nous donner Sa vie.

Je crains quelque peu d’être mal compris … Lorsque je parle au sujet du Christ comme d’un exemple pour nous, quand je dis que si nous pensons comme le Seigneur nous l’a commandé, notre pensée n’est déjà plus « la nôtre », « humaine », mais la pensée de Dieu Lui-même, cela veut dire ceci: si je parle dans la ligne qui nous a réellement été proposée comme voie vers le salut, alors, moi aussi, en tant qu’homme, je puis dire que tout le visible, tout ce que je vois maintenant, et, si vous voulez, le ciel et la terre passeront, mais que ces paroles, que nous considérons maintenant comme notre vie, ne passeront pas. Je ne puis pas dire comme le Christ que « ma parole » ne passera pas alors que « le ciel et la terre passeront ». Ce que le Seigneur appelle Sa parole est, pour moi, Son don; c’est pourquoi je ne puis pas dire: « Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas. » Je ne puis pas dire: « mes », parce qu’elles ne sont pas mes paroles; je les ai reçues comme don de la part de Dieu.

 

Saint Sophrony avec les moines du monastère.

Nous tous qui portons cet habit noir”

Nous tous qui portons cet habit noir [il touche de sa main droite sa tunique monastique], soyons conscients que nous devons assimiler, assumer la vie du Christ Lui-même, Sa manière de penser, être avec Lui comme des enfants avec leur père, comme des élèves avec leur maître, capables de vivre la vie de Dieu Lui­-même. Et quand nous entrerons dans cette vie en plénitude alors, certes, ce sera la déification. Mais le critère de tout, c’est de nouveau le Christ. L’apôtre Paul dit: « Tout sera éprouvé par le feu (1 Corinthiens 3, 13), alors, si notre parole est juste, elle ne pourra pas être détruite par le feu. Il s’agit ainsi de la vie éternelle en Dieu et non pas d’autre chose.

La prière, voie d’union avec Dieu

Si nous portons en nous cette conscience, les petits détails de la vie quotidienne – je vous l’ai déjà dit plus d’une fois – cesseront d’agir sur nous d’une manière mortelle. Lorsque nous prions Dieu, et que notre prière franchit une certaine limite et devient véritablement immersion en Dieu, alors nous nous unissons à Lui sur le plan de notre vie.

Notre prière est l’unique voie, dans l’être même, pour l’union avec Dieu. ‘Nous prononçons les paroles: « Notre Père … Il faut se souvenir que nous nous adressons au Père, au Père de Jésus-Christ, oui: « Notre Père », Si nous vivons ces paroles dans leur plénitude, alors cette prière ébranle tout notre être. Ainsi ces prières que nous prononçons dans les églises, pendant la liturgie, elles sont cette vie éternelle que le Seigneur nous a apportée.

Toutes nos relations à tout ce qui se passe, seront remplies d’une vive conscience de l’importance de chaque être humain, de l’importance de chaque geste, de l’importance de chaque rencontre avec un autre être humain. En effet, tout le processus de notre vie, en particulier durant les minutes difficiles, est le processus de la création, par Dieu, de dieux semblables à Lui.

Dans mon texte De la direction spirituelle, j’ai dit à peu près la parole suivante, – et cela doit être reçu par nous comme une parole normale, selon son sens, et non comme une expression orgueilleuse: « Le père spirituel « coopère », participe avec Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit à la création de dieux éternels.

Aimez-vous les uns les autres.

Qu’est-ce que je voudrais vous dire? Ce que le Seigneur dit à ses apôtres: « Si vous restez unis et dans l’amour, alors tous sauront que vous êtes mes disciples » (cf Jean 13, 35), – c’est-à­-dire du Christ. Souvenez-vous, je vous en prie, de ces paroles du Christ et faites qu’à l’intérieur de notre communauté nous nous aimions les uns les autres et que notre vie ne soit qu’une seule vie.

Essayez d’appliquer ces paroles du Christ à chacune de vos rencontres; alors le salut vous sera accordé à tous, et vous deviendrez encore capables d’aider les autres.

Mais il faut commencer à partir du fait que nous-mêmes vivons cela comme un commandement de Dieu dans un grand effort, dans les jeûnes, dans les prières, dans les afflictions, dans les maladies et ainsi de suite. Et alors nous pourrons dire à d’autres une parole sur le salut.

Recevoir la vie de Dieu sans intermédiaire

 

En réalité, nous devons tous recevoir la plénitude de la Révélation aussi bien au sujet -de l’homme qu’au sujet de Dieu. Maintenant, il nous semble que nous sommes excessivement loin de cela. Cela nous semble être ainsi, mais il dépend du Christ de venir et de parler avec nous, comme Il a parlé avec Luc et Cléophas sur la route d’Emmaüs.

On trouve parfois d’étranges paroles chez les Pères … « Si quelqu’un est en Dieu, il n’a pas besoin de lire des livres. » Nous recevons, dans ce cas, la vie qui vient de Dieu sans intermédiaires, sans livres, et cependant comme une réalité authentique. Je puis parler ainsi, parce qu’un exemple nous a été donné en Silouane, notre père spirituel: avant qu’il ait lu des livres, le Seigneur lui est apparu et désormais, il a vécu, à l’instar du Seigneur, toute l’humanité comme liée à lui-même.

Quand le Starets dit, écrit, prie: « Donne à tous les hommes de Te connaître par le Saint-Esprit », cela signifie qu’il existe une autre voie de connaissance, et non seulement la connaissance humaine.

En effet, le Seigneur est prêt à apparaître à tous, si nous acceptons de Lui de suivre Sa voie. Or, Il a dit: « Je suis la voie » (Jean 14, 6), – et quelle voie? Celle de la souffrance. Ainsi, dans le monde, nous allons souffrir; le Seigneur dit que nous aurons beaucoup d’afflictions et Il ajoute: « Mais ayez courage, J’ai vaincu le monde » (Jean 16,33).

Cet arbre malade, c’est aussi ma vie

Il y a deux ou trois jours, les Pères Raphaël, Nikolaï, Jérôme [à présent P. Séraphin] et moi, nous nous tenions à Ambergate auprès d’un arbre et je leur dis: « Regardez cet arbre immense et examinez toutes ses feuilles: chacune est pleine de forces et l’arbre, dans toute son ampleur, est lui aussi en pleine vigueur … Maintenant, voilà que cet arbre – l’humanité – est malade; dans sa maladie, il est en réalité normal pour nous, chrétiens, de prier comme le Seigneur Lui-même a prié: pour le monde entier. Prier avec le sentiment qu’il est notre vie.

Si je suis une feuille de cet arbre, et que toutes les feuilles sont pleines de vie, moi aussi je serai plein de vie, et la vie cosmique passera par moi dans son courant puissant. Cette conscience que nous sommes une partie inséparable de l’humanité est propre au chrétien. Eh bien, c’est ce que nous a enseigné cet « illettré » de Silouane. La phrase prononcée par le Seigneur: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 19, 19), doit être comprise ainsi: cet homme, cet « arbre malade », c’est ma propre vie. C’est en Christ que nous parlons !. 

Référence :
            Parole à la communauté. N*13 . Septembre 1993.

https://holytrinityfamily.blogspot.com/2020/09/cet-arbre-maladecest-ma-propre-vie.html