Conférence sur la prière (VII)

S’efforcer de prier (VII)

Mes bien aimés, prier signifie vivre, arrêter de prier c’est mourir. C’est là le grand combat de notre existence, le combat contre satan pour le chasser, et  pour retrouver la tendresse dans le sein du Père afin d’atteindre le palais du Roi que nous avons quitté par notre désobéissance.

La première bataille que mène contre le mauvais est de nous empêcher de prier. Et si nous nous forçons à prier, alors il disperse notre intellect, nous fait tomber dans l’ennui et l’abattement, car il est l’ennemi de la prière.

Le débutant dans la prière préfère la nourriture, les beaux habits, les mondanités plutôt que de se tenir debout ne serait-ce qu’une demi heure devant le Créateur implorant Sa miséricorde pour qu’Il lui ouvre les portes du repentir…et les Pères recommandent le jeune, la veille et de s’éloigner des grands repas, des plaisirs temporels, et de tout ce qui favorise la dispersion de l’intellect…si nous nous éloignons de ces choses, si nous maîtrisons nos sens et les désirs corporels, si nous nous éloignons des soucis de ce monde, y compris des actions de bienfaisance qui peuvent elles aussi nous distraire du souvenir de Dieu ce qui ferait alors de nous des ouvriers n’ayant pas le repentir, si nous nous éloignons de ce qui a été énuméré, nous devenons capables de nous tenir devant Dieu dans le calme de la nuit ou à l’aube matinale, nous efforçant de revenir vers Lui qui est la Vie et le donateur de Vie.

Alors commence pour nous un autre combat qui est contre la tristesse (l’acédie ou l’abattement), cet état assombrit l’âme et la prive de voir Dieu, cet état est un obstacle pour toute bonne action ainsi que le précise saint Basile le Grand…  « le diable prépare pour l’homme des maladies, des soucis sur les maladies ou les épreuves, il lui suggère des pensées d’échec,  la crainte de se retrouver dans le dénuement, et  la peur des épreuves qu’il subit, le diable l’empêche de voir ses propres pêchés afin qu’il ne prie pas davantage et qu’il arrête son ascèse, le diable ne veut pas que nous sortions de ce trou ténébreux dans lequel il nous fait tomber et qui nous ramène à tourner autour de notre propre ego ».

Saint Jean Cassien (IVème siècle) enseigne que «c’est à la mesure de l’effort effectué par l’homme dans l’ascèse que Dieu lui envoie de l’aide pour le secourir dans sa lutte et lui faciliter la voie devant lui ». Saint Isaac le syrien (VIIème siècle) déclare à celui qui cherche la prière : « Durant la nuit efforce-toi de lire les psaumes en faisant des prosternations car cela réchauffe le cœur et permet d’obtenir le don des larmes ».

Mes biens aimés, les vertus ne s’acquièrent pas dans les livres mais par une longue expérience du combat spirituel dans la prière et l’ascèse. Tous les Pères s’accordent pour dire qu’un homme simple qui vit la prière et l’expérimente est beaucoup plus avancé qu’un savant lettré sur les questions spirituelles mais qui tire sa connaissance uniquement des livres et non pas de son expérience personnelle.

(à suivre)

 

Conférence de carême prononcée par Mère Marie (Zakka) dans une église de Beyrouth en 2006. Mère Marie est supérieure du monastère Saint Jean Baptiste à Douma (Liban).

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