De l’obeissance

Le fondement de la vie chrétienne est l’obéissance. Nul ne peut partager sa vie avec le Christ sans Lui obéir. Il existe une obéissance obligatoire et une obéissance volontaire. L’obéissance volontaire est par nature amoureuse : elle en découle et y conduit. On obéit à celui qu’on aime et avec qui l’on désire une relation d’amour. C’est pourquoi elle est essentielle à tous les chrétiens, et particulièrement aux moines. En ce sens, un moine est un modèle d’obéissance, ou il ne l’est pas. Il l’enseigne parce qu’il la pratique. C’est son mode de vie. C’est ainsi qu’il se doit d’être. Les enseignants de l’Église enseignent par les mots. Mais si leur vie n’est pas marquée par l’obéissance à Dieu, alors leurs paroles sonnent creux, dénuées de substance. La substance, c’est l’obéissance. Nous oublions souvent que les autres apprennent davantage de ce que nous ne disons pas, mais qui est en nous, que de ce que nous disons, qui est extérieur à nous ! Peut-être apprennent ils l’art oratoire pour parler ! Les moines, pour la plupart, enseignent par leur vie. Leurs paroles sont peu nombreuses, mais empreintes d’esprit, car la véritable obéissance est spirituelle. « Il me suffit de vous regarder, Père », dit un disciple de passage à un ancien. Heureux celui qui enseigne en esprit et en vérité ce qu’il a appris ! Voilà le véritable maître !

L’obéissance en Christ est un don de Lui. La véritable obéissance est impossible si elle ne nous est pas donnée d’en haut. L’obéissance volontaire, en dehors de Dieu, est en ce sens impossible à l’être humain. Elle transcende la nature humaine déchue. Dans notre condition humaine, nous obéissons à nous-mêmes et à notre propre volonté. Notre préoccupation est de satisfaire nos désirs. Lorsque nous disons croire et que nous agissons selon notre bon plaisir, nous mentons, et notre foi devient stérile, c’est-à-dire infructueuse. Le fruit, selon l’Épître aux Galates (5), est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi… La foi sans les œuvres, selon l’Épître de Jacques, est morte. Et toute œuvre découle de l’obéissance à Dieu. De la désobéissance est venue la chute, et de l’obéissance vient le salut.

Parler de la foi est une chose, vivre selon la foi en est une autre. Aucun jugement fondé sur les apparences n’est acceptable. Nous ne sommes pas appelés à simplement paraître chrétiens. Nous pourrions penser que cela nous est utile et bénéfique aux autres, mais il n’en est rien. L’homme, mon ami, est avant tout un cœur ! Seul un bon cœur peut véritablement nous être profitable, de manière visible et invisible ! C’est pourquoi nous sommes appelés à devenir chrétiens. Personne ne naît chrétien ! C’est la vérité, et elle profite à ceux qui souhaitent en bénéficier ! Cela signifie, selon les mots de l’apôtre Pierre dans son épître, acquérir la nature du Christ !

La question est donc la suivante : comment acquérir la nature du Christ, qui a obéi jusqu’à la mort, la mort sur la croix ? Autrement dit, comment acquérir l’obéissance divine et humaine alors que nous savons, en tant qu’êtres humains, que nous sommes intrinsèquement incapables d’une véritable obéissance ?

Premièrement, la nature du Christ nous invite à devenir semblables à lui, à être son prolongement en tout point. Bien sûr, cela se fait par la grâce divine, et non par une essence divine ! Pour acquérir l’obéissance, deux facteurs sont nécessaires : l’un divin, l’autre humain. L’humain prime. En travaillant sur nous-mêmes, nous invoquons d’abord Dieu et lui demandons de nous accorder la grâce de Sa présence. Que signifie travailler sur soi ? L’obéissance comporte un aspect négatif : c’est notre part. Et elle comporte un aspect positif : c’est la contribution de Dieu ! En ce qui nous concerne, nous devons d’abord nous préoccuper non pas de ce que nous devons faire, mais de ce que nous ne devons pas faire ! Nous ne devons pas suivre notre propre volonté ! Nous ne devons juger personne ! Nous ne devons pas nous justifier ! Nous ne devons pas laisser nos pensées pécheresses nous dominer ! Nous ne devons pas laisser l’amour-propre nous dominer ! Les passions de l’amour propre sont terriblement puissantes ! Il y a donc un combat acharné à mener, un combat contre nous-mêmes ! La lutte contre ses propres passions ne signifie pas la paix, mais plutôt la condition de la paix. La lutte d’abord, la paix ensuite. Mais la paix ne signifie pas l’absence de guerre, comme le pense le monde. La paix en Christ, c’est Christ en nous, car Il est notre paix. Même que notre lutte, notre ascèse, n’est pas entièrement notre seule responsabilité. Dieu est notre secours en toutes circonstances. Sans Lui, nous ne pouvons maîtriser nos désirs. Sans Moi, vous ne pouvez rien faire ! Une part d’épreuves est inévitable, cela ne fait aucun doute. Mais la victoire ne vient que de Dieu ! Nous coopérons avec Dieu ! En résumé, la bonne volonté, ainsi que les épreuves, dans la mesure de nos forces, viennent de nous, et le reste vient de Lui !

Si nous ignorons ce qui se passe en nous, la vie spirituelle est impossible ! Connais-toi toi-même ! Mais une fois conscients de la nature de ce qui est en nous, nous n’avons plus besoin de nous justifier ni de préserver notre image de nous-mêmes, aussi imparfaite soit-elle. Nous sommes aussi prêts à mener une lutte acharnée contre les penchants impurs de notre cœur. Chacun de nous est son propre ennemi. Le véritable ennemi réside en nous. Rien ni personne ne peut nous nuire si nous ne nous faisons pas de mal (Chrysostome). Nos passions sont nos ennemies, non nos amies ! Notre prochain nous paraît-il laid ou beau ? C’est notre regard intérieur qui nous permet de le percevoir. La beauté et la laideur, la bonté et le péché, que nous voyons chez notre prochain, sont en réalité en nous ! L’autre, plus que tout, est un miroir ! Un miroir, par sa nature même, peut s’abîmer ou se couvrir de suie, pour une raison ou une autre, à des degrés divers. Mais ce que vous y voyez, c’est plutôt ce qui est en vous ! Le miroir le plus abîmé peut refléter les plus belles images, et le miroir le plus pur les plus laides ! Tout dépend de la façon dont vous percevez les gens et les choses !

Ignorez-vous que si vous regardez autrui et que vous nourrissez des pensées honteuses à son sujet, en le considérant comme haineux, avide, envieux, en quête de gloire illusoire ou égoïste, alors c’est vous, et non lui, qui embrassez la haine, l’avidité, l’envie, la gloire illusoire ou l’égoïsme ! Voilà qui vous êtes ! Voilà ce que vous êtes. Voilà votre réalité, même si vous vous croyez droit et honorable ! Vous pouvez persister dans votre état, à vous mentir à vous-même et à croire à ce mensonge. Alors vous vivrez dans vos péchés et vous mourrez dans vos péchés. Vous pouvez examiner votre condition et la confesser, afin de vous relever et d’être transformé par la grâce de votre Seigneur ! Par conséquent, soit vous vous efforcez de vous réformer et de purifier vos intentions, soit l’impureté s’enracinera en vous et les ténèbres s’épaissiront ! Ce n’est ni votre apparence qui vous définit, ni votre connaissance du Christ, ni même l’accomplissement de vos prières, jeûnes, chants ou actes d’obéissance, si vous êtes moine… car les actes d’obéissance peuvent se réduire à de simples exécutions mécaniques ! À moins que votre vie, où que vous soyez, moine ou laïc, ne soit fondée sur l’esprit d’obéissance à Dieu, c’est-à-dire sur l’esprit de sacrifice et d’abnégation, vous n’obtiendrez rien ! Tout ce que vous ferez alimentera votre ego, votre orgueil et votre vaine gloire !

Si vous faites sincèrement ce que vous ne devriez pas faire, vous finirez par faire, consciemment ou non, ce que vous devriez faire ! Souvenez-vous des paroles du Seigneur : « Ne résistez pas au mal par le mal, mais résistez au mal par le bien. » En vérité, nous sommes tous initialement enclins à agir égoïstement envers autrui. Si nous résistons sincèrement et de tout cœur à cette tendance, nous développerons une attitude positive envers les autres. À cet instant précis, la grâce de Dieu commence à agir en nous. Ainsi, de la lutte contre le péché, nous passons à la bienfaisance ! Certes, il est toujours difficile de résister aux pensées, aux désirs et au péché qui nous habitent. La tentation est toujours cette pensée persistante et diabolique qui sommeille en nous, et nous devons nous rappeler qu’« il n’y a point de salut pour lui par son Dieu ». Mais si nous suivons les paroles de Pierre au Seigneur : « Selon Ta parole, je jetterai mes filets », et si nous persévérons dans notre combat avec une détermination inébranlable, nous trouverons peu à peu du réconfort dans l’abondance de la miséricorde divine : l’amour, la sollicitude, la bonté, la patience et la maîtrise de soi. Le psalmiste a dit : « Ils ont pleuré en semant, mais ils reviendront joyeux, portant leurs gerbes ! » Si nous n’agissons pas, jour après jour, à résister au péché qui est en nous, nous ne pourrons aimer les autres en Christ, en fermant les yeux sur leurs propres péchés. L’obéissance – l’obéissance au Christ – ne s’accomplit pas par l’abnégation, mais par l’amour de nos ennemis. Préparons d’abord nos cœurs pour Lui, puis crions : « Seigneur Jésus, viens ! » Alors nous dirons avec l’apôtre Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! »

Archimandrite Thomas (Bitar)

Abbé du monastère Saint-Silouane-l’Athonite – Douma

Dimanche 12 juillet 2026

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J’ai appris (4)

Au fond de moi, je sais que j’aspire à mon Seigneur, et pourtant, je me surprends, encore et toujours, à m’accrocher à mon péché ! Comme si j’étais l’héritier de la mort. Et pourtant, je me surprends à désirer ardemment mon Seigneur ! Ne détourne pas Ton visage de Ton serviteur ! C’est comme si les années passées dans le péché m’avaient saisi de force, comme si elles avaient acquis des droits sur moi ! Je sais, au plus profond de mon âme, que le Très-Haut ne souhaite pas, à cet instant précis, exaucer le désir de mon cœur, et ce pour une bonne raison ! Au début, je ne comprends pas. Mais, finalement, je réalise qu’il y a aussi en moi un désir pour autre chose que Dieu ! Comment celui qui est esclave de lui-même, qui se complaît dans son péché, peut-il jamais s’échapper de lui-même ?! Le temps de la patience n’est pas encore révolu, ni l’heure de l’humilité arrivée ! J’ai besoin de ressentir davantage de faiblesse ! Tel que je suis, je ne suis pas totalement éloigné de Dieu. Et mon péché ne m’a même pas surpris ! Que ces temps sont cruels ! Pourquoi mon Seigneur ne m’accorde-t-il pas ce que je désire ? Je dis que s’Il le faisait, alors que je me trouve dans cet état, qui n’est pas encore résolu, mon péché ne ferait que s’intensifier et la grâce de mon Seigneur en moi s’éteindrait ! L’âme traverse un avant-goût de l’enfer avant d’en sortir ! Il est donc bon d’attendre en silence le salut de son Dieu ! Ton Seigneur est le plus savant ! Ô homme, demeure dans le silence et avec un soupçon de regret, jusqu’à ce que le Très-Haut t’apparaisse à une heure que tu ignores ! Jusqu’à la fin, considère-toi comme damné ! Garde ton péché présent à l’esprit ! Et cela ne se limite pas à ce que tu as commis dans le passé, mais inclut aussi ce que tu fais ici et maintenant ! Je ne parle pas de mes péchés au pluriel, mais plutôt du péché qui hante les pensées de mon âme ! C’est encore mon état intérieur, susceptible de s’exprimer à tout instant !

J’ai mille raisons d’espérer, mais j’en ai aussi mille de me méfier de mon péché, qu’il soit éteint en moi ou non ! Je le sens en sommeil, et pourtant il se réveille et s’embrase à tout instant ! Quelle cruauté de réaliser que son ennemi se cache en soi ! Ma faiblesse, ma propension à la paresse, à la léthargie et à une confiance en soi excessive ! Le Malin attend le moment opportun pour me frapper ! Il veille sur moi pendant mon sommeil ! Et je ne suis pas plus habile que lui à tromper ! Combien de fois je tombe dans le piège de tordre la parole de Dieu pour satisfaire mes désirs ! Le Malin vient d’en bas, mais il vient aussi d’en haut. Il disparaît un temps pour vous faire croire qu’il vous a quitté, que vous avez atteint votre but ! Puis il réapparaît ! Soudain, avec sa surveillance omniprésente, il vous frappe juste au moment où vous pensez avoir réalisé vos rêves ! Cela arrive précisément au moment où tout est confus, pour une raison ou une autre ! Vous le découvrez juste devant vous, rusé, perfide et vil, comme si vous étiez sous un microscope vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Une fois lancé, il ne vous laisse aucun répit ! Une petite fissure que vous négligez, et la voilà qui s’élargit ! Vos affaires se compliquent de tous côtés. Et avant même de réaliser qu’une douleur grandit en vous, le malin vous a déjà infligé une déception après l’autre. Le malin est un professionnel ! À moins de vous hâter de confesser vos fautes, de montrer votre faiblesse, de vous soumettre à l’humilité, de vous condamner vous-même et de déclarer à pleine voix : « J’ai péché », vous vous retrouverez sous le joug de l’ennemi ! Ne quittez pas votre place alors ! Criez et lamentez-vous ! « Si l’esprit de l’oppresseur s’élève contre toi, ne quitte pas ta place, car la tranquillité apaise les grands péchés » (Ecclésiaste 10:4). Tant que vous souffrez, vous êtes sur le chemin de la paix ! Une âme qui ne souffre plus de son péché, avant la véritable guérison, est déjà morte

Ne crois pas avoir atteint ton but avant le moment de la séparation, car tu cries, dans ta faiblesse, mais du plus profond de ton être : « Entre tes mains je remets mon âme » Ne te laisse pas tromper par toi-même, et ne désespère surtout pas ! Fais ce que tu peux en matière de repentance ! Et ce dont tu es incapable, n’aie pas peur ! Le moment le plus proche de ton Seigneur est celui où tu es au plus près de l’Enfer ! Malgré tout, le Seigneur Dieu te secourra ! Tu es aimé de Dieu, en toutes circonstances, et Il ne t’abandonnera pas ! « L’Éternel est mon berger ; je ne manquerai de rien ! » Connais-toi toi-même ! Efforce-toi autant que tu le peux ! Ne désespère pas ! Invoque le nom de ton Seigneur, sans cesse ! Si tes péchés s’accompagnent du sentiment de n’avoir de force ni de pouvoir qu’en Lui, ton Seigneur te pardonnera instantanément ! Tes péchés sont pardonnés ! Son nom est Jésus car Il sauve son peuple de ses péchés ! Il s’est incarné, non pas pour vous adresser des paroles, ni simplement pour vous rendre la vue, ni pour chasser les démons, ni pour guérir les lépreux, ni pour ressusciter les morts ! Il s’est incarné pour pardonner vos péchés ! Ainsi vous êtes guéris, ainsi les mauvais esprits vous quittent, et ainsi vous ressuscitez avec Lui ! Quelle que soit la souffrance de votre âme, ne désespérez pas ! Contrairement à ce que vous pensez, vos péchés, aussi nombreux soient-ils, ne détournent pas votre Seigneur de vous ! Il se rapproche de vous d’autant plus que vous le peinez ! Son amour vous entoure donc, non seulement parce que vous vous êtes repenti, mais plus encore parce que vous êtes encore plongé dans votre aveuglement ! Une mère aime son enfant malade plus que son enfant bien portant !

L’important, mon frère, c’est de reconnaître ton péché. En péchant, tu blesses non seulement toi-même, mais plus encore ton Seigneur qui t’a créé ! Ce n’est ni par ta propre force ni par ta propre justice que tu es sauvé, mais par la miséricorde de ton Seigneur ! Pas une seule larme versée en vain ! Dis-le sincèrement : « Je ne suis plus digne d’être appelé Ton fils… Traite-moi comme l’un de Tes serviteurs ! » Lorsque ton sentiment d’impuissance se mêle à ton dégoût de toi-même, à l’absurdité du monde qui t’entoure, alors tu es irrésistiblement attiré par Lui, et rien n’est plus proche de Lui ! Quoi de mieux pour attirer Ton Seigneur à toi que ce désir ardent de Le posséder, alors même que le péché continue de te blesser ? Mon frère, implore-Le : « C’est à Toi que sont confiés les pauvres. Tu es le protecteur des orphelins ! » Mon péché m’a laissé orphelin ! Il te répond : « À cause de la détresse du pauvre, des gémissements du malheureux, maintenant je me lèverai », déclare le Seigneur. « J’apporterai le salut, je le manifesterai, je les mettrai en sécurité » (Psaume 11). « Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. Il me fera demeurer dans un lieu de repos, il me conduira vers des eaux paisibles. » Enfin, n’oublie jamais que ton Seigneur désire que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Ne laisse pas la peur te tourmenter, ni l’anxiété te lasser, ni le désespoir te submerger. N’oublie pas, mes bien-aimés, que beaucoup sont avec toi par compassion, et ils souffrent comme toi, même s’ils ne te connaissent pas. Ton Seigneur ne permet à personne de le surpasser en miséricorde. Tu n’es pas seul !

L’important est de savoir, au plus profond de soi, avec douleur, qu’on est indigne de ce que le Seigneur veut nous accorder, et qu’on est sans voix ! Nos yeux sont emplis de désir ! Seigneur, ne détourne pas ton visage de moi, car je suis pauvre ! Regarde mon âme et sauve-la ! Ne désespère pas ! Humilie-toi ! Voici où je suis, Seigneur, dans toute ma misère ! Vers qui d’autre puis-je me tourner que vers Toi ? Tu es mon Seigneur et mon Dieu ! La sœur de saint Sophrony l’Athonite était loin de son Seigneur. Et, de ce que voyaient ceux de son entourage, elle n’avait pas la foi. Elle mourut dans cet état. Saint Sophrony fut profondément affligé. Il jeûna, pria et insista pour savoir ! Quelques jours plus tard, elle lui apparut en songe et lui annonça qu’elle avait cru au tout dernier moment ! Ô ma joie ! Le Christ est ressuscité ! Béni soit Dieu !

FIN

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J’ai appris(3)

Et une fois encore, j’ai appris qu’après la Chute, il n’y a pas de justice pure parmi les hommes, mais plutôt le repentir ! En effet, le repentir est devenu justice ! Et le repentir, au sens de la conscience de son péché, marqué par l’humilité et un retour sincère à Dieu, n’est pas simplement l’absence de péché. Il n’est ni mécanique ni rigide, et ne consiste pas à vivre sans péché, sauf dans des circonstances agréables à ton Seigneur ! Le repentir est un cheminement continu, dont l’aspect le plus important est la conscience et la vigilance dans la recherche de la face du Très-Haut, et la compréhension que nous sommes indignes de nous tenir devant Lui, et constamment vulnérables à la tentation et à l’erreur. Nous n’avons d’autre garantie que Lui ! « Je suis pauvre et misérable depuis ma jeunesse ! » « …et je n’ai pas de vêtement pour entrer auprès de Lui ! » Nous ne sommes pas sauvés par notre propre décision, mais par la miséricorde et l’agrément de Dieu ! Ton Seigneur est le Très Compatissant, le Très Miséricordieux, le Très Patient… Il n’est pas éternellement en colère, ni ne garde rancune éternellement. Il ne nous traite pas selon nos iniquités, ni ne nous punit selon nos péchés. En lui disant « Amen » et en confessant humblement nos fautes, nous serons sauvés en tout temps ! Approchons-nous de lui en sachant combien le péché est sournois – en paroles, en actes, en pensées, en suppositions, en perceptions et en jugements… Tant que nous sommes issus du péché, ne nous fions pas à nous-mêmes et ne cherchons pas à nous justifier ! Seules l’humilité et la patience portent du fruit et sont efficaces ! « J’ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils… »

Une âme qui a goûté au péché ignore quand, comment, sous quelle forme, et jusqu’où elle sera rattrapée ! Tel un homme qui porte un serpent sous son manteau, sans savoir quand il mordra ! Le péché recèle en lui une fabrique sophistiquée de péchés, fonctionnant jour et nuit ! Il agit au niveau de la pensée, des sens, de la mémoire, de la force et de la faiblesse… à tous les niveaux ! Nul n’échappe aux pièges du péché, si ce n’est l’humble ! Un tel homme possède, au plus profond de son âme, ce que l’esprit ne peut connaître, ce que l’œil nu ne peut percevoir ! J’ai appris que je sombre souvent dans le désespoir, me demandant si le salut m’est accessible ! Lorsque je prends conscience de ma nature pécheresse, le désespoir et l’espérance en Dieu m’assaillent à parts égales ! Je m’attendais à l’inattendu, au moment même où je pensais avoir atteint le but ! C’est entre Tes mains seulement, Seigneur, que je confie mon âme ! Mon péché me poursuit sans relâche ! Tant que mon ego demeure en moi, une menace plane ! Mon ego et mon égoïsme sont inextricablement liés ! Je me crois important, pour découvrir, ô Seigneur, que je ne suis rien sans Toi ! Je ne fais pas ce que je veux, mais plutôt ce que je ne veux pas ! Malheur à moi, misérable ! Qui me sauvera de ce corps sans vie ?! Mon orgueil et mon arrogance sont devenus mes compagnons de frustration et de désespoir ! Vers qui me tourner ?! Les paroles de la vie éternelle sont auprès de Toi, mon Seigneur ! Mes sens ne cessent de me tromper, et mon esprit ne cesse de m’opprimer ! Je supplie mon Seigneur, et je me retrouve, encore et toujours, bloqué au même endroit, prisonnier de mon péché ! Quand je ne L’écoute pas de toute mon âme, Il m’entend mais ne me répond pas !

(A suivre)

Source: https://holytrinityfamily.org/%D9%86%D9%82%D8%A7%D8%B7-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%B1%D9%88%D9%81/%D8%AA%D8%B9%D9%84%D9%91%D9%85%D8%AA%D9%8F-1

J’ai appris (2)

Et qu’est-ce que le repentir ?

C’est pour le fils d’Adam de se connaître lui-même, de s’humilier et de revenir…(vers lui-même)

De se connaître tel qu’il est vraiment. De ne pas cacher ses fautes. De ne pas les dissimuler par des mensonges délibérés et intentionnels. De ne pas les couvrir en parlant des fautes d’autrui. De confesser son péché. Et de le garder constamment présent à son esprit. « Mon péché est constamment devant moi » (Psaume 50/51)

De ne pas oublier qu’en péchant, il pèche contre son Seigneur. « Contre toi seul j’ai péché » (le même psaume).

Comment cela ?

Parce que chaque péché est une atteinte à l’amour de Dieu, en Dieu qui est amour ! Il n’y a rien de plus douloureux que de faire du tort à Celui qui a été bon envers toi ! C’est à ton Seigneur que tu demandes pardon !

Même si tu connaissais ton péché par ton intelligence, ta connaissance serait inutile ! Tu auras toujours besoin de la connaissance comme d’une piqûre !

Voici comment s’adresser à son Seigneur : De tout mon cœur, je me tourne vers Toi ! « Ne permets pas à mon cœur de s’incliner vers le mal, de peur qu’il ne justifie le péché ! »

Ô être humain, ta conscience ne suffit pas ! Le péché, du point de vue de Dieu, est une douleur lancinante, au plus profond de notre être !

« Au fond de moi, au fond de moi ! Les parois de mon cœur me font mal. Mon cœur gémit ! » Voilà la connaissance existentielle, la connaissance du cœur, la connaissance viscérale !

Et le repentir, par conséquent, est humilité !

Mon problème, ton problème, notre problème, c’est que le péché que nous avons commis, dont nous ignorions les conséquences, nous a soudainement imposé une réalité nouvelle et douloureuse !

Avons-nous péché ? Assurément ! Mais par ignorance ! Pourtant, ce que nous ignorions a eu des conséquences sur nous !

L’erreur devant Dieu, ou plutôt la « transgression », s’est muée en rébellion ! Nous avons soudainement pris conscience d’un état intérieur de rébellion contre Dieu. Ainsi, notre erreur de conduite est devenue un péché, et le péché a creusé un sillon de bassesse et de mesquinerie dans nos relations avec Dieu, puis avec les autres et avec toute la création.

Le péché et la corruption se sont enracinés en nous, nous laissant impuissants à revenir à notre point de départ. Seul Dieu, et Dieu seul, peut nous ramener à la raison !

Ainsi, « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort s’est étendue à tous les hommes, parce que tous ont péché » (Romains 5:12).

Et le trait de caractère que nous avons acquis par nos actes fut la bassesse – c’est-à-dire la mesquinerie et la dépravation dont nous avons fait preuve ! Nous nous sommes crus seuls, sans Dieu, acceptant et désirant tout ce que nos âmes nous incitaient à faire.

De là est née notre conception de la bassesse et de la dépravation comme des vertus et des aspects de notre liberté ! Ceci, en termes profanes, est connu sous le nom de « monde », au sujet duquel l’apôtre Jacques a dit : « L’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jacques 4:4).

Comment pouvons-nous échapper, s’il existe une issue, à cette situation inextricable que nous avons créée ? Par le Christ, par la foi en le Seigneur Jésus-Christ, à qui soit la gloire, par l’obéissance à son commandement, par le respect de son commandement : « Je vous donne un nouveau commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.»

Nous nous sommes égarés du chemin de Dieu par la désobéissance, en la personne du premier Adam, et nous revenons à lui et entrons, par l’obéissance, en Christ le Seigneur (le nouvel Adam) !

Nous sommes tombés dans l’erreur sans en considérer les conséquences et sommes devenus esclaves du péché !

Nous nous sommes vautrés dans l’amour du monde, nous sommes tombés et avons été emprisonnés dans la tombe. Alors le Fils de Dieu s’est incarné de la Vierge et est descendu sur terre, et de là il nous a délivrés !

Et la repentance, encore et toujours, est un retour, un retour à Lui !

Nous avons appris à nous connaître tels que nous sommes vraiment, et nous nous sommes adonnés à nos passions et à nos péchés, et nous avons connu la douleur, la mort et le vide ! Nous avons trébuché, et le péché nous a humiliés et asservis ! Mais nous revenons à nous-mêmes, et à Dieu ! Notre péché est devant le Ciel et devant Toi ! Mon péché est toujours devant moi ! Et nous ne sommes pas encore dignes d’être appelés Tes enfants !

L’humilité est présente tout au long du chemin !

Ne jamais oublier que ma mère m’a enfanté dans le péché !

Après cela, il n’y a de salut que par la grâce, de grâce que par le repentir, et de repentir que accompagné de la conscience, éternelle, que « C’est contre Toi, Toi seul, que j’ai péché ! »

Telle est la marque de la blessure, non la blessure elle-même, même si mon Seigneur et votre Seigneur me disaient : « Tes péchés sont pardonnés ! »

Par le souvenir inscrit au plus profond de l’âme, l’humilité s’établit, et par l’humilité, la grâce s’établit pour toujours !

À suivre

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J’ai appris (1)

…Et j’ai appris que Dieu est vivant, qu’Il ​​est Esprit, et que la création vient de Lui et retourne à Lui. Par Lui, la création a surgi du néant, et en Lui elle se perpétue. Il est la source et l’origine de toute vie, non seulement au commencement, mais à chaque instant. Il en est la fin et le but.

Et j’ai appris que nous vivons pour Le rejoindre. Il est notre but. Il est le but de toute chose. Nous vivons pour être unis à Lui, en Esprit, en Amour, dans Sa vie, qui est la vie éternelle, pour devenir semblables à Lui, des dieux, mais par grâce !

Il nous a créés pour nous diviniser. Avant tout, parce qu’Il ​​est amour, et l’amour est communion. De la poussière, Il nous a créés, d’abord, puis, en Christ, de Son Esprit ! De la poussière, pour établir l’humanité. Et le fondement est l’humilité. Puis, par l’Esprit Saint, pour rendre l’humanité semblable à Lui :

Le Fils de Dieu s’est donné entièrement à l’humanité : « Prenez et mangez, ceci est mon corps… Buvez-en tous, ceci est mon sang… » Seule son essence ne lui a pas été accordée, car l’essence ne peut être donnée ! Si elle l’avait été, votre Seigneur l’aurait donnée intégralement !

Votre Seigneur seul est éternel et à jamais, sans ses serviteurs, sans ses esclaves, et sans ceux qu’il a faits ses « frères » !

C’est l’humilité, et non l’essence, qui rend l’humanité semblable à Dieu…

Ainsi, le principe fondamental que Jésus, à Lui la gloire, a voulu inculquer à l’humanité était l’humilité ! Lorsqu’il nous a dit : « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur », il ne nous a pas seulement montré le chemin de la divinité, mais il l’a aussi tracé pour nous par sa propre chair !

Puis, à la Pentecôte, il nous a donné son Esprit afin que nous devenions ses égaux ! Il a pris notre chair, et nous avons pris son Esprit ! « Les œuvres que je fais [dans la chair], vous les faites aussi ; et vous en faites de plus grandes [dans l’Esprit], parce que je vais vers le Père. »

J’ai appris que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un. Mais le Père n’est pas le Fils, le Fils n’est pas le Saint-Esprit, et le Saint-Esprit n’est pas le Père et le Fils. De même, tout ce qui appartient au Père appartient au Fils, et tout ce qui appartient au Fils appartient au Père, et ainsi, tout ce qui appartient au Saint-Esprit appartient au Père et au Fils !

De plus, la paternité n’est pas la filiation, et la filiation n’est pas la paternité, et il en va de même pour le Saint-Esprit !

Cependant, le Père seul est la source et la finalité ultime, et le Fils seul s’est incarné, encore et encore, pour toujours !

J’ai appris que ce que l’on appelle la « Sainte Trinité » — le Père, le Fils et le Saint-Esprit — est infini, car elle dépasse notre entendement !

De même, le Père est connu par le Fils. Et c’est le Fils qui parle du Père et nous unit à Lui. « Quand vous priez, dites : Notre Père qui es aux cieux… »

Et aussi, que nous ne connaissons le Fils que par le Saint-Esprit. Comme le dit l’Évangile de Jean, comme Jésus l’a dit à ses disciples au sujet de l’Esprit : « Il prendra de ce qui est à moi et vous le fera connaître » (16,14) !

Ainsi, à la Pentecôte, l’œuvre de Dieu s’est accomplie par l’Incarnation du Fils de Dieu. Le Fils de Dieu s’est incarné de la Vierge Marie, a été crucifié, a souffert, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel et siège à la droite de Dieu le Père, de qui il a envoyé le Saint-Esprit.

Et j’ai appris que seul Dieu est bon. Pour l’humanité, ce pour quoi le Fils de Dieu s’est incarné – pour sa propre bonté – ne s’accomplit que seulement par la repentance.

Et qu’est-ce que la repentance ?

( à suivre)

Source: https://holytrinityfamily.org/%D9%86%D9%82%D8%A7%D8%B7-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%B1%D9%88%D9%81/%D8%AA%D8%B9%D9%84%D9%91%D9%85%D8%AA%D9%8F