Ce que la pandémie nous apprend : issu des conversations du Métropolite Athanase de Limassol (Chypre) avec les paroissiens

Source:https://orthodoxologie.blogspot.com/2020/04/ce-que-la-pandemie-nous-apprend.html

Issu des conversations du Métropolite Athanase de Limassol avec les paroissiens

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L’Église a sa propre façon de relever les défis

Nous ferons ce qui dépend de nous sur le plan humain et nous remercions les responsables, les scientifiques, les politiciens et le gouvernement, ceux qui nous expliquent comment nous comporter dans cette situation difficile. Sans ignorer la réalité objectivement difficile et en tant que peuple d’Église, nous avons certainement notre propre façon de nous aider à juger, évaluer et utiliser pour le bien les épreuves que nous rencontrons sur le chemin de la vie. C’est pourquoi nous devons faire preuve de prudence dans nos rapports avec cette épreuve, en observant toutes les mesures – sociales, scientifiques et autres – mais avant tout avec confiance en Dieu, en la Mère de Dieu et dans les saints de notre Église. L’Église nous enseigne toujours et nous appelle à prier dans les moments difficiles.

Seule la prière peut changer le cours des événements !

Cette situation critique peut être surmontée. Elle peut être surmontée par la prière. Nous devons beaucoup prier. Nous avons besoin de personnes qui, par la force de leur prière, peuvent renverser la situation mondiale, car en fin de compte, seule la prière peut changer le cours des événements. Toutes les autres mesures sont l’œuvre de mains humaines. Elles sont bonnes et utiles, mais la prière peut vraiment, en un instant, tout changer et dissiper cette épreuve, qui a d’ailleurs un côté positif, car elle nous apprend beaucoup de choses.

Que nous apprend la pandémie ?

Elle nous apprend notre faiblesse. Elle nous apprend la vanité des choses humaines. Elle nous apprend que tout ce que nous voyons autour de nous est transitoire. Nous devrions comprendre que notre principale aspiration devrait être le Royaume de Dieu. Comme le dit le Seigneur dans le Saint Évangile : Cherchez d’abord le Royaume de Dieu. Tout le reste vous sera donné par le Seigneur de gloire, le Christ. Le Royaume de Dieu – c’est ce dont nous avons vraiment besoin. C’est pourquoi l’Église nous appelle à l’ascèse de la prière [podvig de prière] issue de la repentance et de l’humilité.

Repentons-nous donc de nos péchés, des péchés du monde entier ! Offrons à Dieu la puissance de la prière, en vivant avec un cœur humble et repentant. Alors le Seigneur aura pitié et changera le cours de l’histoire.

Si nous prions, alors tout change. Si nous ne prions pas, alors nous marchons sur un chemin humain, dont on ne sait pas comment il sera et où il nous mènera.

Les églises sont ouvertes. Que ceux qui le veulent viennent !

Les églises [à Chypre] restent ouvertes. Les services divins n’y seront pas interrompus. Nos prêtres et nous sommes tous dans la position dans laquelle le Seigneur nous a placés. En tant que pasteurs de l’Église, nous offrons des prières, des offices et la Divine Eucharistie pour le monde entier. Que ceux qui le veulent viennent ! Ceux qui ressentent une difficulté, un manque de force ou autre chose, qu’ils agissent selon leur compréhension de la situation. Nous n’avons pas le droit de juger qui que ce soit. Nous prions pour le monde entier, pour tout « Adam », pour toute l’humanité.

Quelqu’un peut se demander : mais nous, ceux qui viennent à l’église, ne risquons-nous pas de tomber malades ? Nous tomberons malades et nous mourrons. Qui vous a dit que nous serons immortels dans ce monde ? Aviez-vous vraiment besoin du coronavirus pour savoir que nous allons mourir ? Avez-vous vraiment eu besoin du coronavirus pour savoir que nous allons tomber malade ?

Vous souvenez-vous de ce qu’ont dit les quarante martyrs de Sébaste ? Faisons le bien avec zèle ! Puisque nous allons mourir de toute façon, il vaut mieux mourir honnêtement avec nous-mêmes et en étant agréables à Dieu.

Ayons le souvenir de la mort, dont notre compatriote saint Néophyte le Reclus disait que la crainte de Dieu au souvenir de la mort est un bien plus élevé que tous les autres biens, car il nous rappelle que nous allons quitter ce monde vain et nous tenir devant le Seigneur.

Nous nous dirigeons tous vers Pâques

Que nous donne l’Église ? L’intrépidité : la victoire sur la peur de la mort. La mort biologique nous attend tous, sans exception, mais pas la mort spirituelle : Elle ne menace pas un homme qui croit en Dieu. « Celui qui croit en moi ne verra jamais la mort », dit le Seigneur (cf. Jn 8, 51). C’est-à-dire que celui qui croit en Dieu ne verra jamais la mort ; biologique – oui, spirituelle – non. Mais c’est ce qui nous fait peur : la mort spirituelle, notre séparation éternelle du Christ. Cela nous terrifie. Nous espérons que cela ne nous arrivera pas, car la mort biologique est temporaire, mais [la mort spirituelle] est une séparation éternelle !

Que nous soyons saints ou pécheurs, nous entrerons tous par les portes de la mort biologique. Quoi que nous soyons, nous nous dirigeons tous vers Pâques, vers la Résurrection du Christ, qui a piétiné la mort, dont nous entendons parler la nuit de Pâques. Que personne ne craigne la mort. Le Seigneur nous a délivrés de la peur de la mort par Sa mort. Il n’y a plus de mort, il y a la vie éternelle, le Christ, et le Royaume de Dieu dans les siècles des siècles.

C’est avec une telle foi que nous traverserons l’épreuve qui nous a été envoyée – sans panique, sans peur, sans pensées humaines. Nous irons en appelant à l’aide l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ.

L’amour de Dieu triomphe de la peur

Nous savons que notre vie dans ce monde a une « date d’expiration ». Mais nous savons aussi que la mort est une transition entre des choses vaines et des choses éternelles, vers le Royaume éternel de Dieu. La crise actuelle est un jugement sur notre foi, notre vie, nos pensées et la qualité de notre lien avec Dieu le Père.

L’Église reste un serviteur priant du Dieu vivant, indépendamment de tout calcul et de toute convoitise humaine. Elle donne l’espoir que Dieu est au-dessus de tout – non pas pour que nous négligions les efforts humains, mais pour que nous surmontions la peur de la mort. Elle est vaincue par l’Amour. L’amour parfait chasse la peur. Celui qui aime Dieu ne craint rien. Il n’est assombri par aucune épreuve dans ce monde, parce que l’Amour de Dieu vainc la peur et donne un sentiment de vie éternelle.

Sans la lumière du Christ, l’obscurité est insupportable

Dans notre métropole, dans la cathédrale et dans d’autres églises, l’onction sera servie tous les jeudis, soit avant soit après les Grandes Complies pour la guérison de l’âme et du corps. L’Église nous donne la médecine pour la vie éternelle. Avec les médicaments biologiques et chimiques fabriqués par l’homme, l’Église nous donne le saint sacrement de l’Onction, pour donner à nos âmes et à nos corps la force de passer à travers tout ce qui nous arrive – tant la vie que la mort – en maintenant notre paix intérieure.

La mort a été mise à mort par la mort du Christ, comme le disent les saints Pères de l’Église. Espérons en Christ. Faisons appel à la Très Sainte Génitrice de Dieu et aux saints Pères, et allons de l’avant avec foi et en toute sérénité. Ainsi, nous réconforterons nos frères. 

Pensez à quel désespoir, quelle peur, quelle insécurité, quelle crainte vit dans le cœur des personnes qui ne sont pas éclairées par la Lumière du Christ ! C’est une véritable tragédie – la vie sans Dieu ! C’est une vie tragique sans la Sainte Église ! L’homme ne peut pas vivre sans le Christ. Sans la lumière du Christ, l’obscurité est insupportable !

Par conséquent, tous ceux d’entre nous qui croient au Christ et invoquent Son Saint Nom apporteront l’espoir, la joie, la paix, le calme, la tranquillité et le courage au cœur de nos frères, en faisant appel à la Présence et à l’Amour de notre Seigneur Jésus-Christ pour les aider.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d’après

ORTHOCHRISTIAN

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