Bulletin du mois de décembre 2018 de la paroisse orthodoxe à l’Ile Maurice

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

La Voix de l’Évangile

Numéro 37, décembre 2018

L’Avent : temps de la préparation

La fête de l’entrée au Temple de la Mère de Dieu, proche du début du carême de Noël, constitue une merveilleuse introduction à ce temps où nous nous préparons à célébrer la Nativité du Seigneur, et à la fêter comme une nouvelle Incarnation du Christ dans la crèche de notre cœur. Car ce sera bien cela, la grâce de Noël : que le Christ naisse toujours davantage en nous, qu’il nous transforme toujours davantage en lui, à l’intime de notre cœur, pour que cette présence rayonne sur tout notre être et sur toute notre vie.

La Vierge Marie a été ainsi merveilleusement préparée par Dieu à sa fonction de Mère de Dieu. Enfant, elle entre dans le Temple, elle qui sera la véritable Arche d’Alliance, qui sera le véritable lieu de la présence de Dieu parmi les hommes ; elle entre dans ce Temple, fait de main d’homme, mais qui annonçait précisément la demeure définitive de Dieu parmi les hommes, non faite de main d’homme, qui marquerait le temps de l’évangile et le temps que nous vivons.

Aucun évangile, peut-être, n’aurait mieux convenu à cette fête que celui que nous lisons traditionnellement à toutes les fêtes de la Mère de Dieu, cet évangile de Marthe et Marie. Il s’agit certes de Marie, soeur de Marthe et de Lazare, mais il y a dans le choix de cet évangile, de la part de l’Église, la marque d’un sens remarquable de la discrétion qui entoure tout ce qui concerne la Mère de Dieu. On ne parle d’elle, ici, que sous le voile de quelqu’un qui lui ressemblait, qui portait le même nom, comme à travers un voile de silence. Parce que c’était le meilleur moyen, le seul moyen de révéler quelque chose d’indicible. La Mère de Dieu a toujours vécu dans l’effacement. Et dans les évangiles, elle garde cette place effacée. Il est peu question d’elle. C’est à travers cette image de Marie de Béthanie, assise aux pieds du Seigneur, que nous contemplons ce qui est l’essentiel du mystère de la Mère de Dieu : cette écoute consentante de la parole par laquelle le Christ s’est incarné en elle.C’est par sa réponse à la parole de Dieu que ce mystère inouï de l’Incarnation,  de la naissance du Verbe, de sa naissance humaine parmi nous a pu s’accomplir. Continuer la lecture de Bulletin du mois de décembre 2018 de la paroisse orthodoxe à l’Ile Maurice

Un confesseur contemporain de la foi: Ioan Ianolide (1919-1986)

ioan ianolide        Ioan Ianolide et son épouse Constanta qui lui a apporté une immense consolation: il lui disait quand elle limait ses ongles, toi tu limes mes ongles et en prison on me les arrachait.

De son amitié profonde avec Valeriu Gafencu1, Ioan Ianolide a puisé un amour du Christ qui s’est développé au cours de ses 23 années d’emprisonnement. Il se chargea ensuite de présenter au monde la vie de son ami, surnommé le « saint des prisons », et de diffuser son testament spirituel qu’il a pu connaître de très près du fait de sa proximité avec lui. Il a mis cela en écrit entre 1981 et 1984 et il a caché le manuscrit dans une boîte en bois. Après sa mort en 1986, ce manuscrit est parvenu en Occident puis il est revenu en Roumanie après la révolution de 1990. Le père Constantin Vocescu s’est chargé de le réviser et de le publier.

Ioan a intitulé ses écrits « Le retour vers Jésus-Christ », et ils ont été mis sous la forme de sentences découlant de l’expérience personnelle de l’écrivain. L’emprisonnement a été le lieu de sa rencontre avec Christ, qui a transformé la résistance politique en une lutte spirituelle et en une résistance spirituelle face à l’athéisme. Reconnaître ses propres péchés est le commandement fondamental de Valeriu Gafencu, et c’est par ce moyen qu’il a décrit le don de soi pour le Christ qu’il a connu dans les prisons communistes. Et Valeriu conclut en disant : « Après cette expérience amère, la vie qui est restée en moi est le Christ, vivant à jamais. Maintenant, ma joie est accomplie et ma joie est le Christ. Je me suis donné à Lui et il a fait de moi un être humain. Cela dépasse tout entendement. Gloire à Dieu et à l’homme tous les deux ! » Continuer la lecture de Un confesseur contemporain de la foi: Ioan Ianolide (1919-1986)