MERE GABRIELLE (Gavrilia Papayanni) (V)

Beaucoup de gens ayant des problèmes divers venaient à elle (divorce, maladies physiques et psychiques, des toxicomanes…). Ils avaient surtout besoin de consolation. Des dizaines de personnes venaient chez elles tous les jours ; et le soir, lorsqu’elle refermait la porte sur le dernier visiteur de la journée elle disait avec émotion : « Gloire à Toi qui a fais la lumière ».  Ensuite elle s’isolait pour la prière jusqu’à une heure avancée de la nuit…Elle portait dans sa prière tous ceux qu’elle avait reçue durant la journée…elle a dit une fois à un visiteur que la plus belle prière pour quelqu’un que l’on pouvait offrir au Seigneur était de Lui dire avec sincérité, Seigneur j’aime cette personne, que Ta volonté soit faite dans sa vie.

Gérondissa Gavrilia était à la fois une moniale, une hésychaste, une prédicatrice  et une mère spirituelle. En hiver elle mettait son habit monastique qui était déchiré par endroits et sans  ajouter une veste en laine, elle mangeait peu, elle respectait les périodes de jeûne , elle pratiquait de longues veilles. Elle a réussi à maîtriser le corps, à supporter la douleur et accomplir des actions physiques dures de façon étonnante. Sa pièce était glacée l’hiver (chauffage généralement en panne) et étouffante l’été. Cela ne l’incommodait pas, elle le supportait allègrement sans se plaindre. Elle disait toujours avec le sourire : « Je n’existe pas »…Elle disait aussi : à quoi sert-il d’obéir si on n’aime pas ? A quoi sert-il alors d’être comme un robot ? Le plus important est l’amour, car l’amour avec l’humilité et la patience vont ensemble. Je n’obéis pas. J’aime.

Par la suite elle s’installa à l’île d’Egine dans un ermitage dépendant su monastère de Saint Nectaire (d’Egine). Tous ceux qui la connaissaient (ou presque) sont partis lui rendre visite à Egine. Et comme d’habitude, partout où elle s’installait elle était joyeuse, elle a beaucoup aimé son ermitage qu’elle a appelé la salle d’attente pour le Ciel.

Elle a eu un cancer des glandes lymphatiques qui lui faisait très mal, mais elle ne se plaignait pas. A cause du cancer elle parlait moins, mangeait moins et dormait très peu. On l’a prise à l’hôpital, mais elle refusait tout traitement faisant appel à des médicaments. La nouvelle de son cancer s’est vite répandue et ses amis sont venus la visiter. Les visites étaient autorisées pour quelques minutes, elle consolait ses visiteurs leur disant qu’ils se retrouveraient au paradis. Malgré ses douleurs elle glorifiait Dieu en permanence et lorsque ses visiteurs lui demandaient ce qui lui arrivait, elle répondait « Rien d’important, jour et nuit je lis ce que les anges écrivent sur les murs de ma chambre ; que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Elle souhaitait mourir accompagnée du tropaire de la Résurrection « Christ est ressuscité ». Le grand samedi  (de la semaine sainte) elle reçut la communion et très peu après elle se trouva guérie du cancer ! La tumeur qui grossissait sous son oreille a disparu, cette tumeur avait la taille d’une noix et lui faisait très mal. Les médecins étaient plus que surpris en constatant cette guérison miraculeuse.  A la pentecôte de cette année elle s’installa dans l’ile de Léros. En Aout 1991, neuf mois avant son départ, alors qu’elle ne pouvait plus marcher, on l’a transportée sur fauteuil roulant à l’église où elle reçut le revêtement monastique du grand schème. Elle vécut ensuite comme une hésychaste demeurant en silence de longues heures, elle ne recevait plus les gens que les samedi et dimanche. Le 28 mars 1992 elle partit chez le Seigneur, elle dont toute la vie était un dialogue ininterrompu avec Lui…Elle nous a laissé des lettres et des paroles très utiles qui découlaient de sa très riche expérience.

Et aujourd’hui, après avoir découvert une telle vie nous ne pouvons pas ne pas nous demander si ce n’est pas cela qui requis pour le salut..nous nous enfonçons souvent dans nos individualités et nos points de vue qui flattent le prochain sans nous faire proche de lui, et nous rendons gloire à Dieu sans Le voir dans les visages des autres, et puis nous ne préférons pas l’humilité à nos tours d’ivoire…N’est-il pas requis de notre part de répondre à l’appel tant de fois entendu de suivre le Christ ? N’est-ce pas l’amour qui est demandé afin de ne pas rester sans fruit ?

Source : Bulletin numéro 29 daté du 8 novembre 2007 du monastère Mar Mikhael -Nahr Baskinta- Liban

Une biographie complète peut être obtenue :

Mère Gabrielle-  L’ascèse de l’amour- http://www.toperivoli.gr/pages/fr.htm

 

 

 

Entretien sur le bonheur avec le P. Thomas Hopko

 

Source : http://thehandmaid.wordpress.com/

Un entretien avec le P. Thomas Hopko  (ancien doyen de l’Institut orthodoxe de théologie Saint Vladimir, New York).

par Peter et Helen Evans

Helen: Souvent nous entendons l’idée très répandue que Dieu ne veut pas nous faire souffrir et que Dieu veut que nous soyons heureux tout le temps.

P. Tom: Cela n’est pas l’enseignement du Nouveau Testament. Il n’y a pas un mot dans le Nouveau Testament  qui  dit comment  être heureux (dans le sens que le monde lui donne). Jésus a dit que si quelqu’un veut être Son disciple il faut qu’il renonce à sa volonté propre, qu’il porte sa  croix et qu’il Le suive. C’est de cette façon que l’on obtient la joie qui surpasse l’entendement humain, la joie que personne ne peut vous enlever. Le choix pour les chrétiens n’est pas entre le plaisir et le bonheur d’un côté et la souffrance de l’autre. Il y aura des souffrances. Mais soit la souffrance est rédemptrice dans la piété et remplie de la joie qui vient de Dieu, ou elle sera simplement une misère. Elle est alors une souffrance névrotique qui, pourrait-on dire, est tout simplement la souffrance de l’enfer.

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Gavrilia Papayanni (IV)

 

Gavrilia a beaucoup aimé l’Inde, elle a pensé qu’elle y passerait le reste de sa vie mais au bout de quelques années elle a découvert en elle une vocation pour la vie monastique… elle n’avait jamais envisagé d’être moniale…mais elle sentait que c’était la volonté de Dieu, elle attendait de voir comment cette volonté se manifesterait ; et un puis un jour elle reçoit un appel du père Théodose pour venir à Béthanie en Terre Sainte.  Mais jusqu’à son dernier jour en Inde elle a travaillé auprès de médecins pour la mise en pratique de sa méthode pour soigner les lépreux. Son billet d’avion pour Béthanie a été payé par ses amis indiens qui lui ont dit que de toutes façons ils auraient fait ces dons pour le temple et que comme elle doit partir, eh bien qu’elle parte là où « son Seigneur »  l’appelle. Ainsi au mois d’Aout 1959 elle part pour Béthanie. Et là, elle commence comme une novice. Au début on lui a confié des travaux de ménage et de jardinage…elle passe ainsi d’un travail continu au service du prochain à une vie monastique de prière…d’un mouvement continuel à une situation statique…après quelque temps le père Théodose la charge de l’intendance du monastère ce qui lui donne l’occasion de se rendre souvent à Jérusalem. Elle reprend son activité de physiothérapeute, elle soigne des gens des alentours du monastère, on lui confie aussi la charge de s’occuper d’une vieille moniale. Gavrilia disait durant cette période : « Par l’amour, toute difficulté devient une bénédiction pour celui qui donne ». Durant trois années à Béthanie Gavrilia a eu une vie très remplie. On lui demandait beaucoup de choses .Elle se demandait pourquoi le Seigneur l’a placée là et puis elle comprenait que c’était pour la mettre à l’épreuve et la purifier.  En réalité elle n’arrêtait pas de progresser spirituellement, plus rien ne pouvait la troubler, ni les insultes, ni les corvées épuisantes, rien. Elle accomplissait ce qu’on lui demandait avec le sourire, elle avait de l’amour pour tous et ne se plaignait jamais… Continuer la lecture de Gavrilia Papayanni (IV)

Témoignage d’un français devenu moine au Mont Athos

LA SAINTETÉ : À NOTRE PORTÉE
(Témoignage donné par le Père Macaire (du monastère de Simonopétra au Mont Athos)  à Kfarhazir au  Liban  le 27-5-2012 où il a été invité par Mgr Ephrem évêque de Tripoli).

SYNAXE AUX JEUNES DU DIOCÈSE.
Introduction : Lorsque j’avais vingt ans à Paris.
La perception du temps est différente pour un moine qui s’est retiré du monde pour vivre dans ces havres de paix que sont les monastères, que pour les laïcs qui sont nécessairement plongés dans la tourmente des évènements. Dans le monastère, le temps se trouve comme arrêté et les années sont seulement ponctuées par la suite des fêtes et des périodes de jeûne. Par définition, la vie monastique est exempte d’évènements et le moine devrait ne pas avoir d’histoire.
Alors que je me présente devant vous comme presque un vieillard blanchi, j’ai l’impression d’être l’un des vôtres et d’avoir toujours vingt-sept ans, âge que j’avais en rentrant au Mont Athos, il y a environ trente-trois ans.
C’est ce qui me donne l’occasion de vous parler de la manière dont j’envisageais la vie lorsque j’avais vingt ans et comment je suis arrivé au Mont Athos.
Entré à l’Université peu après les troubles de Mai 68, je ne participais pas à la vie politique très agitée, mais je partageais tout de même les revendications de ma génération.

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