Bulletin paroissial du mois de septembre 2018 de l’Eglise Orthodoxe à Maurice

 

Le jeune homme riche

Les évangélistes Matthieu, Marc et Luc nous rapportent l’histoire de la rencontre de Jésus avec un jeune homme venu lui demander ce qu’il devait faire pour être parfait. En effet, ce jeune juif avait respecté les 10 commandements depuis sa jeunesse et voulait savoir s’il y avait quelque chose de plus à accomplir. C’est alors que Jésus lui dit :

« Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et

donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis

viens et suis-moi. »

Il y a dans l’histoire de L’Église des exemples de personnes extrêmement riches qui ont littéralement fait ce que Jésus demandait à ce jeune homme. C’est le cas de sainte Mélanie dont le Synaxaire nous raconte l’histoire (31 décembre). Au début du Ve siècle, à Rome, Mélanie et son mari, chrétiens convaincus, avaient réalisé qu’un obstacle important devait être surmonté dans leur vie. Ils comprirent, en entendant cette histoire du jeune homme riche, que cet obstacle était leur fortune. Ils décidèrent, alors, de vendre toutes leurs possessions : des demeures somptueuses, des entreprises réputées, de grands domaines répartis dans tout l’Empire romain. Ils commencèrent par affranchir 8000 de leurs esclaves en leur donnant à chacun, 3 pièces d’or.

L’immensité de leur fortune exigea 10 ans pour être vendue. Avec cet argent, ils construisirent des hôpitaux, des hospices, des orphelinats et des monastères. Mélanie et son mari vécurent tous deux comme moine et moniale, consacrant leur vie à la prière, surtout pendant la nuit, et au secours des plus pauvres et des malheureux, le jour.

L’appel de Jésus à la perfection ne concerne pas seulement les milliardaires, mais aussi chaque chrétien, en nous posant la question de savoir s’il y a quelque chose qui représente dans notre vie un obstacle pour devenir disciple de Jésus et vivre selon Ses commandements.

Car le récit du jeune homme riche est aussi un appel lancé par Jésus, à devenir son disciple. Il dit : « Viens et suis-moi ». Et l’Évangile nous dit que le jeune homme riche s’en alla tout triste parce qu’il était très riche.

Alors Jésus se tourna vers ses disciples qui avaient été témoins de la scène et leur dit : « Il est difficile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, mais il encore plus difficile à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. » Ce qui étonna grandement ses disciples.

La richesse en elle-même n’est pourtant pas un problème, car elle peut être mise au service de l’Évangile. La difficulté vient plutôt de l’attachement que l’on porte à ses biens. Or, même un pauvre, peut être tellement attaché à sa bicyclette, qu’il renoncera à devenir un disciple de Jésus à cause de cet attachement.

Si dans notre existence personnelle nous avons ce genre de problème, à savoir un attachement excessif à des objets ou à des personnes, qui pourrait nous empêcher de suivre et d’obéir aux commandements du Christ, alors peut-être dirons-nous comme les disciples : « Mais alors qui peut être sauvé ? »

À cela Jésus répond : « C’est impossible aux hommes, mais tout est possible à Dieu. »

En d’autres termes, devant les difficultés que nous rencontrons pour vivre la vie de disciple de Jésus, nous pouvons compter sur la grâce de Dieu qui nous aidera à surmonter tous les obstacles. Car Dieu n’est pas autoritaire et dur, mais il est un Dieu d’amour qui cherche à nous aider à vivre en réalisant que nous portons au plus profond de nous-mêmes Son image, car nous avons été créés à Sa ressemblance. Et que notre vie de chrétiens consiste à manifester l’amour de Dieu pour tous les êtres humains et pour toute la création.

Père Athanasios

 

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