Apprivoiser les passions

De même que le jardinier qui n’arrose pas son jardin laisse ainsi mourir ses légumes, ainsi l’intellect qui ne purifie pas ses pensées ruine ses efforts.
Saint Thalassios le Libyen   

 

Les passions naissent par l’intermédiaire de nos sens. Si vous aspirez à devenir véritablement libre et à apprendre à vivre selon la volonté de Dieu, vous avez besoin d’apprendre à maîtriser les passions qui résultent de la façon dont vous réagissez à vos sens. Par exemple, vous pouvez avoir un besoin irrépressible de certains aliments. Lorsque vous en êtes privé vous en êtes perturbés et cela vous met peut-être même en colère.
Vous libérer de ces goûts et de ces dégoûts c’est ce que nous entendons par dompter les passions. Lorsque vous serez capable de faire cela, vous acquerrez la liberté de faire la volonté de Dieu et d’aimer les autres en étant moins concentré sur vos propres désirs. Cela ne signifie pas que vous devez vous priver de bonne nourriture ou de divertissement. Tout ce que Dieu a créé est bon. Il signifie que vous pouvez jouir de ce qui est nécessaire pour votre bien-être, mais aussi que vous devez renoncer à toutes les complaisances fondées sur vos désirs du plaisir sensuel. Vous ne pouvez pas tout simplement ignorer les passions. Vous avez besoin de les reconnaître, puis de les amener à passer sous le contrôle de votre âme et de votre esprit.
Voici comment vous pouvez vivre de manière à ne pas nuire à votre santé, votre sécurité, et en l’absence de tendances au péché comme la colère. Avoir des passions non domestiquées, c’est comme avoir un troupeau de chevaux sauvages pour tirer votre chariot. Vous pensez que vous êtes le conducteur, mais les chevaux décident d’aller où ils veulent. Ces chevaux sauvages sont les passions sauvages. Le défi consiste à harnacher et à dresser vos passions de telle sorte qu’elles obéissent à vos ordres, tout comme un attelage de chevaux entraîné est obéissant aux ordres du cocher.
Cette tâche commence par la reconnaissance que vous êtes souvent guidés par vos goûts et vos aversions. Commencez par apprendre à dire non quand vous êtes amené à vous livrer à quelque chose que vous savez n’être pas bon pour vous. Acquérir de la discipline dans ce que vous mangez est une des premières choses à faire. C’est l’un des avantages du jeûne qu’il nous est conseillé de faire. En choisissant de ne pas manger certains aliments, vous entraînez en effet votre esprit à être plus obéissant. Quand il deviendra obéissant, alors il deviendra davantage capable de faire la volonté de Dieu. Vous allez acquérir une plus grande liberté. Dans la tradition de l’Église, le jeûne a toujours été l’une des premières disciplines enseignées après la prière. Cela a été enseigné par le Christ lui-même. La première chose qu’il fit après son baptême fut d’aller dans le désert pour jeûner et prier pendant quarante jours. Comme Il était à la fois pleinement homme et pleinement Dieu, Il avait à dompter ses passions d’homme.
Le mode vie orthodoxe implique de nombreuses périodes et jours de jeûne. Il y a le Grand Carême, avant Pâques (voir le cycle liturgique), nous devons jeûner chaque mercredi et chaque vendredi, et nous jeûnons avant de recevoir la Sainte Communion. Vous pouvez suivre le calendrier liturgique pour le jeûne et les consignes qui ont été établies par l’Église pour vous aider dans vos efforts pour dompter vos passions. Demandez néanmoins toujours l’avis de votre père spirituel sur ce qui est approprié à votre situation personnelle.
Source:https://vie-orthodoxe.blogspot.com/p/apprivoiser-les-passions.html

Sur les moyens de communication (smartphone, ordinateurs….)

Comment mettre fin à l’isolement

L’isolement et la vie chrétienne

Source : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1950474478609286&id=1395030584153681

À une époque où les familles ne dînent plus ensemble, les enfants regardent la télévision, jouent à des jeux vidéo et envoient des texto à leurs amis depuis leur chambre. Quand les adultes peuvent être vus en train de marcher dans nos villes en parlant sur des téléphones portables. À un moment de notre histoire où les gens peuvent être assis dans un café avec des amis, tout en parlant à quelqu’un d’autre sur un téléphone mobile, nous sommes devenus un peuple vivant ensemble dans l’isolement.

Je me souviens de ma jeunesse quand je rendais visite à ma grand-mère âgée, elle allumait toujours la télévision et la radio. Vous entriez dans sa cuisine et entendiez une radio, tandis que dans le salon vous trouviez sa télévision, même si elle écoutait rarement. Je savais que c’était le signe qu’elle se sentait seule et que le bruit lui tenait compagnie. Pourtant, quand elle avait de la visite elle éteignait tous les appareils. Continuer la lecture de Sur les moyens de communication (smartphone, ordinateurs….)

Les Béatitudes de saint Ephrem le Syrien (1)

Les Béatitudes de saint Ephrem le Syrien

  1. Bienheureux celui qui est devenu complètement libre dans le Seigneur de toutes les choses terrestres de cette vie vaine et qui n’aime que Dieu, Lui qui est bon et plein de compassion.
  2. Bienheureux qui est devenu le bon laboureur des vertus et a levé une moisson de fruits de vie dans le Seigneur, comme un champ labouré qui porte du blé.
  3. Bienheureux qui est devenu le bon fermier des vertus et qui a planté une vigne spirituelle, a cueilli les grappes et rempli ses presses avec le fruit de la vie dans le Seigneur.
  4. Bienheureux qui a rendu ceux qui servent avec lui joyeux de la vie spirituelle venant du fruit des vertus qu’il planta avec peine pour faire fructifier dans le Seigneur le fruit de la vie.
  5. Bienheureux qui se tient dans l’assemblée et prie comme un ange des cieux, gardant pures ses pensées jour après jour, et qui n’a pas laissé entrer le Malin afin qu’il fasse prisonnière son âme, loin de Dieu son Sauveur.
  6. Bienheureux qui a, avec compréhension, aimé pleurer et avec componction a fait tomber ses larmes au sol comme pluie, comme de belles perles devant le Seigneur.
  7. Bienheureux qui aime la sainteté comme la lumière, et n’a pas souillé son corps avec les actions de ténèbres du Malin aux yeux du Seigneur.
  8. Bienheureux qui a gardé son corps dans la sainteté pour le Seigneur et n’a pas rendu son âme honteuse par des actions dénaturées, mais qui est resté agréable au Seigneur.
  9. Bienheureux qui a haï les actions mauvaises pleines de honte et qui s’est présenté en sacrifice vivant et agréable au Seigneur.
  10. Bienheureux qui a toujours gardé mémoire de Dieu en lui, il sera en tout semblable à un ange des cieux sur la terre, servant Dieu avec crainte et amour.
  11. Bienheureux qui aime le repentir qui sauve les pécheurs, et n’a pas songé à faire le mal, comme ceux qui sont ingrats devant le Seigneur.

Source: La Voie Orthodoxe.N°49. Printemps 2008.

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Le prêtre et la touriste américaine

Le prêtre aimable

Le prêtre et la touriste américaine

Une femme protestante de Tacoma (état de Washington), était en vacances avec son mari dans la ville grecque d’Athènes. Chaque jour, elle se rendait dans un petit café près de l’hôtel pour prendre son café et regardait les habitants passer. L’un de ces habitants était un prêtre orthodoxe qui passait près du café en allant à son église paroissiale. La femme souriait et le prêtre hochait la tête, souriait et continuait son chemin.

Un jour, ce prêtre grec, qui parlait anglais, remarqua que la femme américaine avait un regard triste sur son visage et il s’approcha de sa table et demanda si quelque chose la troublait. Elle éclata en sanglots et raconta au prêtre les problèmes médicaux de son mari, et qu’elle craignait pour le pire. Le prêtre s’est assis avec elle et a prié pour elle et son mari. Chaque jour, il s’arrêtait pour s’asseoir à sa table, priant pour le rétablissement de son mari.

Quelques semaines se sont passées et le mari a récupéré de sa maladie et est revenu aux États-Unis avec sa femme. Le souvenir de la compassion de ce prêtre pour une femme étrangère est resté dans sa mémoire toutes ces nombreuses années. Elle a partagé ce souvenir avec son médecin, qui est un de mes amis, et je partage (N.d.T c’est-à-dire l’hieromoine Tryphon) ce souvenir avec vous.

Quel véritable disciple et serviteur du Seigneur était ce prêtre généreux ! Puissions-nous, comme ce prêtre, être à l’écoute de ceux qui en ont besoin et que le Seigneur nous met sur nos chemins  . Puissions-nous avec des cœurs ouverts toucher et apporter la guérison à ceux qui souffrent, leur faire savoir que nous nous soucions pour eux et qu’ils ont un ami pendant leur temps de chagrin, de besoin et de désespoir.

Avec l’amour en Christ,

Hiérimoine Tryphon.

 

Source : https://www.facebook.com/Abbot-Tryphon-1395030584153681/   (post du 27 juin 2017 )

POLITIQUE ET ROYAUME DE DIEU

POLITIQUE ET ROYAUME DE DIEU

Source : https://blogs.ancientfaith.com/glory2godforallthings/2017/01/27/politics-kingdom-god/

 

Le projet moderne affirme que le monde peut être amélioré et rendu meilleur. Le projet de la modernité postule également que les êtres humains peuvent être améliorés et rendus meilleurs. Et enfin, ce projet de la modernité affirme que les moyens pour réaliser cette amélioration sont politiques. La modernité n’a commencé qu’en partie comme affirmation philosophique. Elle a trouvé sa voix d’abord, et avant tout, dans les expériences politiques du 18ème siècle. Au cours des 19ème et 20ème siècles, la croissance rapide de la science, de la technologie et du capitalisme de consommation a été célébrée comme le fruit des efforts politiques modernes, avec très peu de voix en protestation. Aujourd’hui, les hypothèses politiques du projet moderne restent les croyances les plus largement acceptées de notre époque, même en raison de leur incapacité croissante à parvenir à un accord et à travailler vers un effort commun. La modernité correspond à la plupart des exigences d’une religion et est probablement mieux comprise de cette manière. De façon similaire aux religions, le projet de la modernité a réussi à obtenir des adhérents. Il a également échoué à réaliser ses promesses, offrant plutôt un argument religieux sans fin qui s’appelle aujourd’hui «la politique».

 

Le monde qui a confronté la naissance du projet moderne était largement gouverné par des monarchies, avec des régimes variés de pouvoir partagé. La religion a joué un rôle majeur dans la formation de la culture, même après l’éclatement initial de l’unité religieuse au cours de la Réforme. Les économies étaient hautement protectionnistes avec de nombreux aspects du système médiéval qui protégeait les groupes traditionnels et les moyens de production. Le cri de guerre de la modernité était «la Raison». Les traditions de toutes formes ont été contestées comme déraisonnables et enracinées dans des superstitions et de fausses hypothèses. Il y avait une assurance que la raison pouvait s’appliquer à tous les domaines de la vie et produire des résultats améliorés et plus heureux. La révolution américaine était peut-être la première application majeure de ces principes (bien que la Révolution française les appliqua au maximum).

 

Divers systèmes démocratiques (démocraties, républiques, etc.) ont été avancés avec une réflexion approfondie. Tous ont cherché à équilibrer les différents intérêts de la société et à produire un modèle qui garantirait le plus grand succès. Personne ne peut nier les points de ce modèle qui ont réussi. Cependant ces systèmes ont également produit un récit sur «le comment les choses fonctionnent» qui est inadéquat pour la réalité. Ce sont les limites de cette inadéquation qui se révèlent surtout dans les problèmes insolubles de notre culture.

 

Les interactions humaines dans le cadre moderne ont été encadrées dans la compréhension des «droits». La logique des droits suppose que les êtres humains existent comme un ensemble d’agents qui s’intéressent individuellement et dotés d’une volonté libre. Cette logique des droits suppose également que les droits d’une personne commencent lorsque ceux de l’autre se terminent. Le monde de la concurrence et de l’équilibre a également donné naissance au langage de l’oppression et de la libération. Bien qu’il soit possible d’élargir ou de modifier ce monde en élargissant les demandes individuelles à des groupes diversement définis (intérêt commun, identité commune), néanmoins, dans tous les cas, le résultat est cette même hypothèse que nous existons en tant qu’individus dotés de volonté libre . La politique de l’identité reste la politique de l’individualisme, avec rien de plus que diverses versions de changement de mode de définition d’un individu. Les noms collectifs (hommes, femmes, minorités, etc.) servent de marqueurs pour les individus. Quelque chose a été perdu.

 

La plus grande perte et l’obstacle le plus insurmontable dans la politique de la modernité consiste dans le fait qu’en réalité nous n’existons pas en tant qu’individus. La vie humaine n’est pas seulement une communauté (une collection d’individus), c’est une communion. Aucune vie n’existe seule. Les besoins de l’un n’existent pas en dehors des besoins de l’autre. Nos vies inter-liées.

 

À sa racine, l’échec de la modernité vient de ce qu’elle considère ce que signifie d’être un humain. La modernité ignore de manière constante et persistante la sagesse donnée par l’expérience humaine héritée et continue d’insister sur le fait que son modèle (celui de la modernité) n’est non seulement juste, mais que toute interférence technologique et artificielle peut être justifiée pour que ses solutions fonctionnent. Le résultat est une aliénation croissante des individus ainsi que la création d’une biologie artificielle abstraite qui commence à rivaliser avec l’imagination de Mary Shelley.

 

A l’opposé de cet artifice idéologique, on trouve la prise de conscience saine de ce que la nature est elle-même. Nous voyons plutôt clairement que la technologie débridée et l’exploitation de l’environnement donnent des résultats désastreux. Les questions concernant la non-intervention des semences génétiquement modifiées ne sont pas seulement raisonnables, mais elles insistent sur un point important. Sommes-nous en train de faire notre chemin dans un monde d’aliments malsains, voire toxiques ? Nous ne combattons que la maladie que pour inventer des bactéries non traitables. Nous nous posons des questions avec raison sur notre aliénation de la nature et les exigences naturelles du corps humain.

 

Mais ces questions sont posées par des personnes qui adoptent elles-mêmes un usage relativement sans entrave des interventions technologiques au sein des êtres humains (y compris le génome). La contradiction semble être ignorée. Si la contradiction était remarquée, la question de ce qui est naturel pour les êtres humains, peut-être même, ce qu’est l’existence traditionnelle humaine pourrait être examinée une fois.

 

De telles questions, cependant, sont obscurcies par le bruit de la continuation des voix politiques qui concourent pour l’attention dans l’affrontement entre les volontés. C’est la voix de notre époque. C’est l’écho continu du projet moderne qui persiste à essayer de résoudre ce qui ne nécessite pas de solution autre que la véritable découverte et de son acceptation.

 

La vie comme communion est notre existence naturelle. Il y a des déséquilibres et des frustrations, des erreurs à corriger et des injustices à corriger. Mais, en fin de compte, la vie humaine commune, la vie vécue comme une vie commune, est la seule vie qui est vivifiante. Cette vérité et le chemin de cette vérité se trouvent à travers l’endurance patiente de notre existence commune et la volonté de vivre dans les limites de notre existence réelle.

 

Aucune société traditionnelle n’est parfaite. Notre abus de l’autre est assez ancien. Mais le désir du projet moderne que nous devons jeter les liens de la tradition et ré imaginer le monde ne nous fait que des prisonniers à d’autres ennemis très anciens. Il y a très peu de choses qui reconnaissent une solution politique. La marche de la libération et la déclaration continue des droits ouvrent la voie à tous les débats et à la lutte du pouvoir. Aucun d’entre eux ne pose la voie à une plus grande communion, ni le changement du cœur humain qui ne se trouve que dans la communion.

 

Parce que la communion n’est pas un projet politique, ce n’est pas un concurrent dans le monde politique. Ce n’est pas un argument pour résoudre des problèmes (c’est la solution) ; Ce n’est pas le rêve d’un monde meilleur (c’est la volonté de vivre dans le présent). C’est la famille, les enfants, la maladie, la faiblesse, la gentillesse, le partage, la prière. C’est transformateur, mais pas une solution politique. L’Église chrétienne est précisément une telle vie en communion.

 

Le projet moderne a changé la nature des rapports entre les gens. Parce qu’il localise la solution pour toutes les choses (son «meilleur monde») dans le domaine politique, il juge tout dans ce cadre. Seules les choses qui peuvent plaidoyer pour une meilleure solution politique sont prises en compte, tout le reste est jugé impraticable ou en quelque sorte appartenant à autre chose que le «monde réel». Quand les chrétiens choisissent d’accepter les hypothèses du projet moderne, ils acceptent le fait que l’Église ne sert qu’à un rôle auxiliaire, peut-être comme conseiller ou « coach » moral. Trop souvent, cependant, simplement accepter de faire partie de la « conversation moderne » est déjà un abandon de la foi.

 

Le Christ n’a pas rendu le Royaume de Dieu otage de la politique ou de toute culture. La vie qu’il nous a donnée est déjà présente et immédiatement disponible. Elle exige d’être vécue. Juste vécue.