Méditations sur la mort et la résurrection

MEDITATIONS SUR LA MORT ET LA RESURRECTION

Il y a une vérité inévitable que la mort nous attend à un moment de notre vie. Alors, comment doit-on faire face à cette éventualité ? Est-ce que nous nous rendons face à elle et vivons notre vie dans la crainte qu’elle se produise tôt ou tard ? Ou devrions-nous y faire face avec courage et vivre comme si cela pouvait arriver à tout moment ? Est-ce que nous vivons cette mort à venir dans la peur constante ou est-ce que nous la considérons comme quelque chose de naturel et nous menons notre vie quotidienne d’une manière normale ?  « Mgr Kallistos Ware » débute le châpitre intitulé : « Allez dans la joie : (Go Joyfully) Le Mystère de la Mort et de la Résurrection », qui apparaît dans son livre Le Royaume intérieur (The Inner Kingdom) comme suit : « Dans l’Eglise orthodoxe russe, tandis que les prières de préparation sont dites avant de commencer la Divine Liturgie, les portes au milieu de l’iconostase demeurent fermées. Puis vient le moment où la Divine Liturgie elle-même commence : les portes s’ouvrent, le sanctuaire se révèle et le célébrant chante la bénédiction initiale. C’est précisément de ce moment-là que le philosophe religieux, le prince Evgueni Trubetskoy, s’est rappelé à l’heure de sa mort. Ce furent ses derniers mots : «Les portes royales s’ouvrent ! La Grande Liturgie est sur le point de commencer ». Pour lui la mort n’était pas la fermeture mais l’ouverture de la porte, pas une fin mais un début. Comme les premiers chrétiens, il a considéré que le jour de sa mort comme son anniversaire (sa naissance à la vie éternelle).  Ces paroles nous rappellent ce que Siméon l’Ancien a proclamé quand il a tenu l’enfant Jésus lors de sa présentation dans le temple. Il a dit : « Maintenant, que ton serviteur parte en paix, Seigneur, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut » (Luc 2: 29-30). Siméon vit le Sauveur, le Messie attendu, et ainsi il ne manquait plus de rien dans ce monde, alors il demanda à Dieu de le libérer de ce monde pour entrer dans le monde du salut. Evgeny Trubetskoy a également vu que son départ de ce monde était un départ pour la participation à la Divine Liturgie, qui est la communion entre les vivants et les morts. Il a vu que la mort est le vrai début de la vie nouvelle dans la présence éternelle de Dieu.  Dans le même article, l’auteur cite le métropolite Anthony Bloom: «La mort  est la pierre angulaire de notre attitude face à la vie: les personnes qui ont peur de la mort ont peur de la vie. Il est impossible de ne pas avoir peur de la vie et de ses complexités si on a peur de la mort … Ce n’est que si l’on peut affronter la mort,  la regarder, lui donner sa place ainsi que la nôtre par rapport à elle, que nous serons capables de vivre sans peur et dans la plénitude de notre capacité.  » Mais la mort est prompte à nous avertir de ne pas ignorer sa nature mystérieuse que nous ne devons donc pas traiter à la légère. C’est, bien sûr, une réalité inévitable, mais en même temps c’est la grande inconnue.

Comment la résurrection se rapporte-t-elle à tout cela ? Kallistos Ware répond : «Pour les chrétiens, la vie, la mort et la résurrection de notre Sauveur Jésus-Christ donnent une signification plus complète au modèle de mort-résurrection qui se répète constamment dans notre propre vie. – cette histoire que nous célébrons chaque année pendant la Semaine Sainte … La mort du Christ, selon les mots de la liturgie de saint Basile, est une «mort créatrice de vie» … Ainsi que les orthodoxes l’affirment lors du service pascal de minuit (la vigile pascale) avec les paroles attribuées à saint Jean Chrysostome: «Que nul ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous en a délivrée. Il a détruit la mort en subissant la mort … Le Christ est ressuscité et voici que règne la vie. Le Christ est ressuscité, et il n’est plus de mort au tombeau. « Quelle est alors notre attitude? Prions avec ceux qui prient, demandant à Dieu de répondre à cette supplication : « Que la fin de notre vie soit paisible, sans honte, sans douleur et notre justification devant le Trône redoutable du Christ » Cela exige que nous soyons déterminés à vivre une vie de repentance constante, afin que nous ne nous tenions pas avec ceux qui sont déçus, mais avec ceux qui sont sauvés.

Georges Massouh Professeur chargé du département des Etudes Islamiques à l’Université de Balamand et prêtre de paroisse à Aley (Liban). Il s’est endormi dans le Seigneur le 25 mars 2018 à l’âge de 55 ans. Il laisse une épouse et trois jeunes filles. MEMOIRE ETERNELLE.

 

Article paru dans le journal annahar le 18 novembre 2017.

https://www.annahar.com/article/703008

Egalement :  https://holytrinityfamily.blogspot.com/2018/03/meditations-on-death-and-resurrection.html

 

 

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