Bulletin du mois de juin 2019 de l’Eglise Orthodoxe à Maurice

 

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

Numéro 43, juin 2019

VIVRE L’EVANGILE

Ne peut se dire véritablement chrétien que celui qui vit l’Évangile. Or, vivre l’Évangile, c’est participer pleinement à la mort et à la résurrection du Christ. Cette participation implique un changement radical de point de vue, la metanoïa, que l’on traduit en français par conversion ou repentir, mais dont la signification est bien plus profonde. La metanoïa, dont l’ascèse est une composante essentielle, est tout à la fois repentance et changement de perception, exhaussements de l’affectivité et de l’intelligence pénétrée des énergies divines. La metanoïa est une sorte de judo de l’âme qui vainc son adversaire, la passion, en utilisant sa propre force.

Pour appréhender l’ascèse, il faut donc comprendre qu’elle vise à réorienter notre désir. Aucune castration ici, mais le souci de passer des désirs partiels et fragmentés au désir total réunifié. La véritable impassibilité ne consiste pas en la cessation des passions mais en leur réorientation vers une passion unique, l’amour. Comme l’écrit Saint Jean de Cronstadt : « les passions nous empêchent d’aimer Dieu et notre prochain, d’accomplir les commandements de Dieu, elles enracinent en nous un égoïsme criminel. » (In Ma vie en Christ, édition Bellefontaine, 1979). Et de citer le buveur qui ne compte pas son argent quand il s’agit de son abrutissement, « mais qui rechigne à donner quelques Kopecks à un pauvre ». Ainsi, l’ascèse est un exercice visant à nous débarrasser de cette obésité spirituelle que constitue le péché.

(…) La quantité est une notion essentielle à l’ascèse, donc à la vie spirituelle. Les pèlerinages à pied de Saint Arsène de Cappadoce, les nombreux offices que récite Papa Planas, les jeûnes auxquels s’astreint le père Amphilochios, n’ont de sens que dans la mesure où ils s’adressent à des êtres incarnés. Si nous n’étions que de purs esprits, et si le salut ne s’adressait qu’à notre âme, la quantité n’aurait pas droit de citer dans nos pratiques. Or, nous sommes dans l’espace et dans le temps, et le Christ est venu sauver l’homme avec son corps. La quantité est donc un élément fondamental de notre pratique parce que le salut, offert gratuitement, doit prendre chair en nous.

Toutefois, l’ascèse s’applique d’abord à l’intelligence. Le jeûne ne concerne pas seulement les aliments, mais en premier lieu les pensées. C’est pourquoi toute la spiritualité orthodoxe s’annonce comme une attention persévérante aux mouvements de notre esprit, une vigilance permanente, une sobriété joyeuse et une purge intellectuelle.

(…) L’ascèse monastique n’est pas un ensemble d’activités corporelles, mais une action de la volonté illuminée par l’Esprit Saint sur le corps. L’ascèse est une grâce qui rend au corps sa véritable matérialité, une matérialité diaphane. Le monde auquel renoncent les moines n’est pas plus matériel que celui de leur monastère, il l’est même beaucoup moins. Ceci est d’autant plus vrai dans les grandes cités du XXIe siècle où la vie tend de plus en plus à se dématérialiser. Le monde est plus que jamais virtuel, coupé de la nature, de la réalité. Il est peut-être plus démoniaque, mais certainement pas plus matériel. En revanche, le monastère est un lieu où l’homme retrouve la nature et la véritable matérialité des choses.

La vie monastique n’est qu’une forme de martyre, le martyre non sanglant. Par conséquent, la référence ultime de l’orthodoxie n’est ni la vie monastique ni le mariage, mais le martyre. Quel est le sens du martyre chrétien ? C’est la participation à la mort et à la résurrection du Christ. Baptême, martyre, vie monastique, mariage, disent au fond la même chose, à savoir un engagement total dans le mystère de l’amour. L’orthodoxie n’est rien d’autre que la suite du Christ, pauvre et humble de coeur. Elle n’est pas une doctrine, une philosophie, une métaphysique, une morale, une méthode pour accéder au bien-être, mais l’existence Pascale.

De cela, il découle que toutes les formes de vie permettent également la vie en Christ, à la seule condition de mourir à soi et de se charger du fardeau des autres.

La vie du moine n’est pas de chanter Dieu, mais de devenir lui-même un chant. Je comprends, pendant l’office des vêpres auquel nous assistons, que si le Christ est le chemin, aucun chemin ne saurait y conduire. Après l’office, je fais une merveilleuse rencontre avec l’aumônier du monastère, un vieux moine au regard pénétrant. Ce dernier me dit : « Qui est moine ? Certains portent l’habit, d’autres non. Il n’y a qu’une seule spiritualité dans l’orthodoxie, c’est la spiritualité monastique. Pourtant certains laïcs l’accomplissent bien mieux que les moines ! »

De même que le panneau « eau potable » ne dit rien de la structure moléculaire de l’eau, mais indique seulement qu’on peut la boire, de même le monachisme ne dit rien de Dieu, mais indique comment le rencontrer. Et de même que la formule H2O ne désaltère pas, la théologie académique ne fait pas davantage connaître Dieu. Le monachisme garde le sens du christianisme non à cause de l’anachorèse, du célibat ou de l’ascèse, mais parce qu’il interprète l’orthodoxie comme une orthopraxie, c’est-à-dire une pratique juste, et non comme une morale ou une idéologie. La vie monastique révèle quelque chose de toute vie humaine, sa quintessence : l’émerveillement.

D’après Alain DUREL, l’archipel des saints (Albin-Michel), pages 65-67 et 107-109

 

 

 

 

 

Divine Liturgie

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Dimanche 2 juin : de l’aveugle de naissance

9 : des Pères du premier concile oecuménique

16 : PENTECOTE

23 : dimanche de tous les saints

Lundi 24 : début du carême des saints apôtres Pierre et Paul.

30 : dimanche des saints apôtres Pierre et Paul.

 

Eglise orthodoxe de la

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Bulletin du mois de mai 2019 de l’Eglise Orthodoxe à l’Ile Maurice

 

 

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

Numéro 42, mai 2019

LE  CHRIST VIT EN NOUS

Le Christ n’est pas un philosophe, dont l’homme pourrait mettre en pratique l’enseignement par ses propres forces, en mettant en œuvre seulement son intelligence et sa volonté. Il faut le reconnaître, l’Évangile est impraticable. Ce n’est pas un code de morale ni une doctrine de sagesse, c’est la description de ce que Dieu accomplit en l’homme qui accepte de mourir à lui-même et de ressusciter avec le Christ en recevant le don du Saint-Esprit. C’est le sens de la parole du Christ : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

Pour le peuple d’Israël, l’événement central de son histoire avait été l’Exode, avec l’immolation de l’agneau pascal, le passage de la mer Rouge, le don de la loi sur le Sinaï. Mais les juifs de l’Ancien Testament avaient bien conscience qu’à travers ces événements, des merveilles plus grandes encore étaient annoncées, étaient préfigurées et promises.

Ces merveilles allaient être précisément la mort et la résurrection du Christ, qui ont accompli notre salut, et auxquelles nous participons, auxquelles nous sommes véritablement initiés par le baptême.

Mais le baptême n’est pas un aboutissement, c’est un point de départ. Par lui, certes, nous sommes déjà morts et ressuscités avec le Christ, véritablement, parce que nous avons reçu dans notre cœur l’Esprit Saint, l’Esprit du Christ ressuscité, qu’il nous envoie de la droite du Père, où il siège maintenant. La grâce de l’Esprit Saint nous apporte une lumière et une force qui nous rendent capables de vaincre tous les attraits du mal, toute la puissance de Satan, et capables de réaliser l’idéal de douceur, de pardon, d’amour et de charité, tracé par le Christ dans l’Évangile.

Nous devons vivre cette vie nouvelle dans un monde qui n’est pas encore transfiguré, et notre nature elle-même n’est pas encore complètement transfigurée : le don de l’Esprit Saint, la force de la grâce divine nous sont donnés comme un germe, comme une force vivifiante, assurément, mais qui doit croître en nous, qui doit se développer avec notre consentement, avec notre participation, avec tous les efforts de notre volonté, dans ce combat spirituel que nous devons encore mener quotidiennement. Nous ne sommes plus sous le pouvoir de Satan, car le baptême nous en a délivrés, mais nous restons exposés à la tentation. Dieu a permis qu’il reste en nous des séquelles du péché, pour que nous puissions chaque jour exprimer l’amour que nous avons pour Lui, en le préférant en toute liberté aux attraits du mal. Les traces du vieil homme qui reste en nous, il nous faut avec l’aide de la grâce divine, avec la puissance de l’Esprit Saint, les éliminer tout au long de notre vie. C’est seulement à ce prix que la vie nouvelle deviendra pleinement nôtre.

C’est là tout le programme de la vie chrétienne. Oui, être disciple, c’est prendre sa croix jour après jour, mais pour vivre en ressuscité. Comme le dit Saint Paul : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut et non plus celles de la terre, ayez du goût pour les choses de Dieu non plus pour les choses terrestres et matérielles. » (Colossiens 3/1 – 2). Ce programme doit nous remplir de joie. Ce qui, pour nous, doit être le plus précieux au monde, ce sont ces fruits que le Saint-Esprit veut développer en nous : « charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, tempérance », tout ce qu’énumère saint Paul dans son épître aux Galates (5/22 – 23), tout cela qui est vraiment le ciel sur la terre, le ciel dans notre âme.

C’est cela la vie nouvelle, la présence rayonnante de la Trinité sainte dans nos cœurs. Si nous savons l’écouter, si nous sommes attentifs aux mouvements de notre cœur, nous percevrons que le Saint-Esprit nous donne le sens et le goût de toutes ces choses. Il éveille au plus profond de nous-mêmes de bonnes inspirations, de bons mouvements, et nous en fait goûter la saveur, il nous remplit de sa joie si nous y adhérons pleinement. Mais, encore une fois, il faut ouvrir  notre cœur, il faut être docile à cette grâce et laisser l’Esprit saint transformer notre vie à travers un renoncement quotidien et continuel à tous les restes du vieil homme, de notre vieil ego non transfiguré, qui subsistent en nous.

Oui, le Christ vit en nous, mais c’est pour y revivre son combat, sa lutte victorieuse contre toutes les forces du mal. Ce combat invisible, le plus ardu de tous, se poursuivra en nous tout au long de notre vie chrétienne, et tout au long de la vie de l’Église, jusqu’à ce que nous puissions tous ensemble entrer dans la Jérusalem d’en haut, dans la Cité céleste où il n’y aura plus ni gémissements, ni tristesse, ni douleur, où nous n’aurons plus à combattre, parce que tous nos ennemis, les passions mauvaises, le péché, et le dernier ennemi, la mort seront définitivement vaincus !

Archimandrite Placide Deseille, La couronne bénie  de l’année chrétienne, vol. 2, p. 153-156.

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Bulletin du mois d’avril 2019 de l’Eglise Orthodoxe à Maurice

 

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

 

 

Numéro 41, avril 2019

 

 

Salut et Rédemption

La compréhension des premiers chrétiens

 

 

  1. PAUL : LE SALUT EN TANT QUE LIBÉRATION DE L’ASSERVISSEMENT À LA LOI

 

Pour saint Paul, les principaux ennemis de l’humanité sont le péché, la mort et la loi (de Moïse). Ils sont liés les uns aux autres, maintenant l’humanité asservie.

Saint Paul considère la loi comme une sorte de mesure d’urgence fournie par Dieu pour faire face à la crise du péché humain (Gal. 3: 15-29; cf. Rom. 10: 4).

La loi de Moïse était destinée à servir de tuteur (παιδαγωγός) pour préparer le peuple à recevoir le Christ (Gal. 3: 23-26; Rom. 2: 14-15; Rom. 10: 4).

Au lieu de cela, la loi a été traitée par le peuple juif comme un objectif à part entière et elle est ainsi devenue un tyran. Les gens comptaient sur le maintien de la loi pour leur sécurité et ainsi nous pouvons dire que la loi de Moïse, elle-même, est devenue une idole.

La conséquence de l’alliance impie entre le péché et la loi est la règle de la mort. La mort est le produit d’une vie dans laquelle les relations ont été rompues, c’est-à-dire la relation entre l’homme et Dieu a été rompue.

Saint Paul crie: « Misérable que je suis! Qui va me délivrer de ce corps de mort ? » (Romains 7:24).

« Puisque ces enfants ont en commun la condition humaine, lui-même l’a aussi » partagée, de façon similaire. Ainsi, par sa mort, il a pu rendre impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et libérer tous ceux que la peur de la mort retenait leur vie durant dans l’esclavage. » (Héb. 2:15).

Il nous a pardonné toutes nos fautes, il a effacé l’acte (χειρόγραφον) rédigé contre nous qui nous condamnait par ses prescriptions, et il l’a annulé en le clouant à la croix. Il a ainsi dépouillé les dominations et les autorités et les a données publiquement en spectacle en triomphant d’elles par la croix. (Col 2:14-15).

« Vous avez en effet été ensevelis avec lui par le baptême et vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance du Dieu qui l’a ressuscité. » Col 2:12).

 

 

 

 

 

 

 

LE SALUT COMME LIBÉRATION DE L’ASSERVISSEMENT À SATAN, AU PÉCHÉ ET A LA MORT

 

Pour les premiers chrétiens, l’humanité n’est pas une réalité statique et intemporelle. Les êtres humains sont compris en termes de relations ; ils sont en train de devenir des personnes en une relation d’amour de Dieu et des gens qui les entourent.

Le mal est donc ce qui rompt notre communion avec Dieu et interrompt le processus de réalisation de la plénitude de notre humanité en union avec Dieu.

Les Écritures citent trois sources et forces du mal : (1) « Satan », (2) « péché » et (3) « mort ».

Le péché nous asservit à Satan et aussi à la mort.

L’incarnation du Christ, sa vie, ses miracles, son enseignement et finalement sa mort et sa résurrection nous libèrent de Satan, du péché et de la mort.

 

LE SALUT COMME LIBERTÉ ET TRIOMPHE EN CHRIST

 

Le Christ nous a libérés (1) de l’esclavage envers la loi (Galates 5: 1-12), (2) du péché (Romains 6: 14-23) et (3) de la mort (I Corinthiens 15).

« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Tenez donc ferme dans cette liberté et ne vous placez pas de nouveau sous la contrainte d’un esclavage. » (Galates. 5: 1).

Les évangiles représentent clairement le triomphe du Christ sur les forces destructrices du mal et de la mort, comme nous le voyons dans sa triple tentation (Matthieu 4: 1-11; Luc. 4: 1-13), en chassant les esprits impurs (Marc . 1:23; 5: 1; 7:24; 9:18), dans la guérison des maladies et la résurrection des morts, dans ses miracles sur la nature, et surtout dans sa crucifixion et sa résurrection.

Sur la croix, nous assistons à un combat intense entre le champion de Dieu, La vie, et son adversaire, la mort.

La mort est vaincue sur son propre terrain. La vie triomphe !

La résurrection est la victoire ultime de Christ au nom de l’humanité contre le péché et la mort et par conséquent le diable.

 

COMMENT L’ÉGLISE A VU LE SALUT ET LA RÉDEMPTION DURANT LES PREMIERS SIÈCLES

 

Salut (σωτηρία) et Rédemption (λύτρωσις)

Dans l’utilisation des premiers écrivains chrétiens, les deux termes sont utilisés ensemble et de manière interchangeable, presque comme des synonymes. Le Christ est « le Rédempteur et le Sauveur des âmes et des corps » (Λυτρωτής και Σωτήρ ψυχών και σωμάτων)

λύτρωσις a deux significations (délivrance ou libération et rachat. Ces deux concepts se retrouvent chez les premiers pères chrétiens comme une délivrance de l’esclavage de la mort et la rédemption de nos péchés. (En d’autres termes, la Rédemption n’a rien à voir avec le paiement d’une rançon au diable ou la tentative de satisfaire la colère et l’honneur d’un Dieu en colère).

σωτηρία (salut) est dérivé du nom σώος (verbe: σώζω) qui signifie « être sain et sauf » ou « bien vivant ». Le salut a un sens de restauration ainsi que de sécurité. L’incarnation de Dieu (l’union de l’humain avec le divin) entraîne la guérison de la nature humaine déchue. Dieu a assumé la nature humaine afin de la guérir.

« Ce qui n’est pas assumé (pris en compte) ne peut pas être guéri » (Saint Grégoire le théologien).

 

CITATIONS DES PREMIERS CHRÉTIENS (2ème siècle). L’INCARNATION DÉTRUIT LA MORT ET APPORTE LA VIE

 Saint Irénée de Lyon

Selon saint Irénée, « la Parole de Dieu fut faite chair afin de détruire la mort et de donner la vie à l’homme ; car nous étions liés par le péché, nous étions nés dans le péché et vivions sous la domination de mort. »

« Christ nous a rachetés par son sang ; il a donné son âme pour notre âme, sa chair pour notre chair ; en répandant sur nous le Saint-Esprit, il a restauré l’union entre l’homme et Dieu; il a fait que Dieu descende vers l’homme par l’esprit et l’homme à venir à Dieu par son incarnation; par sa venue, il nous a donné l’immortalité véritable et permanente en nous unissant à Lui; ces grandes vérités sont la réfutation de toutes les hérésies. »

Pour saint Irénée, la vie signifie avant tout la communion avec Dieu, la participation à la vie de Dieu et, partant, la délivrance du péché.

 

CITATIONS DES PREMIERS CHRÉTIENS (4ème siècle. L’INCARNATION APPORTE LA DÉIFICATION ET LA VIE IMMORTELLE

 

Saint Athanase le Grand

« Le Fils de Dieu est devenu homme pour que nous puissions être divinisés. »

Voyant que tous les hommes périssaient à cause de la transgression d’Adam, sa chair fut sauvée et délivrée avant tous les autres parce qu’elle était devenue le corps du Verbe Lui-même, et nous étions désormais sauvés, n’étant qu’un seul corps avec lui en vertu de celui-ci.

Le Christ est venu « pour qu’il puisse tous nous libérer du péché et de la malédiction du péché, et que tous puissent toujours vivre dans la vérité, être exempts de mort et être vêtus d’incorruptibilité et d’immortalité »

En participant au Christ, nous prenons part au Père ; parce que la Parole appartient au Père.

 

Saint Grégoire de Nysse

Les nobles s’arrêtent devant les humbles sans perdre de leur hauteur, la nature divine s’unit à la nature humaine et devient humaine sans cesser d’être Divine …

C’est la nature de la lumière de chasser les ténèbres et celle de la vie de vaincre la mort. . . La pureté s’est inclinée vers ceux qui ont été souillés par le péché : la vie est revenue pour ceux qui étaient morts, le Guide est venu pour ceux qui s’étaient égarés, afin que les personnes souillées soient purifiées, afin que les morts soient ressuscités, et les vagabonds ramenés dans la bonne voie.

Christ s’unit à notre nature pour que, par son union avec la Divinité, nous puissions devenir divins, être exemptés de la mort et sauvés de la tyrannie adverse. Car son retour triomphal de la mort a inauguré le retour triomphal de la race humaine à la vie immortelle.

 

CONCLUSIONS

 

Les actes de salut de Dieu révèlent son amour pour son peuple (φιλανϑρωπία) ) Christ est à la fois libérateur et rédempteur de la mort et du péché, et sauveur et guérisseur (Σωτήρ) de notre condition déchue. Il accomplit tout cela par son incarnation, sa mort et sa résurrection. Il assume notre humanité déchue, la préserve exempte du péché, lui permet de mourir sur la croix et l’élève à une nouvelle vie, renouvelée, régénérée, transformée et guérie, immortelle, divinisée et glorifiée.

Il a vaincu le péché par son innocence.

Il a vaincu la mort par sa résurrection.

Il a vaincu le diable en nous libérant de son emprise (en tant que pécheurs) en nous offrant la possibilité d’être libérés du péché alors que nous nous unissons à Celui qui est resté sans péché.

Ce faisant, il est à la fois Rédempteur (Λυτρωτής) et Sauveur (Σωτήρ).

Le salut nous vient lorsque nous nous unissons au Christ spirituellement dans la prière – en se soumettant à son amour et à sa miséricorde – aussi bien que physiquement dans la Sainte Eucharistie.

D’après Trisagion Film (USA)

 

 

 

 

 

Divine Liturgie

Chaque dimanche à 9h30

Dimanche 7 avril : St Jean Climaque

14 : Ste Marie l’Égyptienne

21 : Rameaux : PAS DE LITURGIE

(Les prêtres seront absents de l’Ile Maurice)

Vendredi saint 26, à 15h : décoration de l’Epitaphion

à 17h : Lamentations

Dimanche 28 : Grande et Sainte PÂQUE.

 

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Sur la fréquentation des églises

Quand ils sont venus voir le starets (l’Ancien) Kirill Pavlov et ont commencé à dire qu’il y a maintenant beaucoup de monde dans les églises et qu’on peut espérer que la foi s’est renforcée chez le peuple, le père Kirill a demandé de remplir un grand seau d’eau. Lorsqu’ils sont retournés avec le seau, il a dit: « C’est le nombre de personnes qui vont maintenant dans les églises ». Puis il a demandé de verser cette eau … Et quand ils l’ont répandue, il restait trois gouttes dans le seau. Il a dit alors: « Ce sont ceux qui sont en train d’être sauvés maintenant. » Et devant leur étonnement, il répondit: «La plupart des gens vont à l’église avec l’intention de demander. Donne la santé, Seigneur, donne le bien-être financier, donne à la famille, donne aux enfants. Très peu de gens viennent à l’église avec ces mots: Pardonne-moi, Seigneur! Je suis désolé d’avoir péché; Je suis désolé de ne pas t’avoir aimé. Je suis désolé de t’avoir oublié. Et, malheureusement, la plupart de ces mots ne sont pas prononcés. Bien que fréquentant pendant de nombreuses années les églises, ils ne comprennent pas que dans l’église c’est le pécheur repentant qui doit venir avec un visage de pénitence, pas le juste imaginaire, qui pense faire une faveur à Dieu parce-qu’il est venu à l’église. « 

Un enseignement de saint Gabriel de Samtavro (1929-1995)

SUR  LE JUGEMENT DES AUTRES

Je suis un grand pécheur et je suis malade. Si vous voyez quelqu’un commettre un  péché, même s’il se trouve à l’heure de sa mort, ne le jugez pas.  Juger les autres et les dénigrer constituent des blessures profondes  pour l’âme. Le Seigneur affirme : qui es-tu ô homme pour que tu juges à ma place ? Car on vous jugera de la même manière que vous aurez jugé et on utilisera pour vous la mesure dont vous vous serez servis (Matthieu 7 :2).

Juger (les autres) est une manifestation de la bêtise humaine ; cela montre que celui qui juge ne connaît pas encore Dieu et qu’il ne se connaît pas lui-même comme il le faudrait.

Juger est un grand péché car nous nous exaltons nous-mêmes en nous montrant supérieurs aux autres. Tous ceux qui s’exaltent eux-mêmes se rendent abominables devant Dieu. « Celui qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé » (Matthieu 23 :1).

Lorsque vous jugez les autres c’est Dieu que vous jugez. Si vous voyez une personne de vie légère ou un ivrogne étendu au sol ne jugez pas parce-que Dieu a permis le développement de leurs passions ; car à travers leurs passions ils devraient trouver un chemin vers Dieu, se sentant impuissants par eux-mêmes de guérir de leurs passions, ils devraient comprendre leur incapacité et leur état misérable, se repentir et se tourner vers le Seigneur.

Mais vous-mêmes, êtes-vous agréables à Dieu ? Cela signifie que le Seigneur dans sa bonté et sa miséricorde refreine vos passions. Sachez que s’ils les libéraient vous tomberiez dans de péchés bien plus graves et vous périrez. C’est pourquoi soyez humbles et prudents. Vous constatez que quelqu’un a péché, mais est-ce que vous avez constaté un peu plus tard qu’il s’est repenti ? Donc ne jugez pas ! Comme le fil qui passe à travers le trou d’un aiguille, ainsi tout homme expérimente le même péché qu’il a jugé chez quelqu’un d’autre.

(The Orthodox Word N° 308 2016)

Saint Gabriel de Samtavro  (1929-1995) est un contemporain. Il est né à Tbilisi en Géorgie qui était à l’époque une république soviétique. Il a vécu toute sa vie en Géorgie.