Bulletin du mois d’avril 2019 de l’Eglise Orthodoxe à Maurice

 

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

 

 

Numéro 41, avril 2019

 

 

Salut et Rédemption

La compréhension des premiers chrétiens

 

 

  1. PAUL : LE SALUT EN TANT QUE LIBÉRATION DE L’ASSERVISSEMENT À LA LOI

 

Pour saint Paul, les principaux ennemis de l’humanité sont le péché, la mort et la loi (de Moïse). Ils sont liés les uns aux autres, maintenant l’humanité asservie.

Saint Paul considère la loi comme une sorte de mesure d’urgence fournie par Dieu pour faire face à la crise du péché humain (Gal. 3: 15-29; cf. Rom. 10: 4).

La loi de Moïse était destinée à servir de tuteur (παιδαγωγός) pour préparer le peuple à recevoir le Christ (Gal. 3: 23-26; Rom. 2: 14-15; Rom. 10: 4).

Au lieu de cela, la loi a été traitée par le peuple juif comme un objectif à part entière et elle est ainsi devenue un tyran. Les gens comptaient sur le maintien de la loi pour leur sécurité et ainsi nous pouvons dire que la loi de Moïse, elle-même, est devenue une idole.

La conséquence de l’alliance impie entre le péché et la loi est la règle de la mort. La mort est le produit d’une vie dans laquelle les relations ont été rompues, c’est-à-dire la relation entre l’homme et Dieu a été rompue.

Saint Paul crie: « Misérable que je suis! Qui va me délivrer de ce corps de mort ? » (Romains 7:24).

« Puisque ces enfants ont en commun la condition humaine, lui-même l’a aussi » partagée, de façon similaire. Ainsi, par sa mort, il a pu rendre impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et libérer tous ceux que la peur de la mort retenait leur vie durant dans l’esclavage. » (Héb. 2:15).

Il nous a pardonné toutes nos fautes, il a effacé l’acte (χειρόγραφον) rédigé contre nous qui nous condamnait par ses prescriptions, et il l’a annulé en le clouant à la croix. Il a ainsi dépouillé les dominations et les autorités et les a données publiquement en spectacle en triomphant d’elles par la croix. (Col 2:14-15).

« Vous avez en effet été ensevelis avec lui par le baptême et vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance du Dieu qui l’a ressuscité. » Col 2:12).

 

 

 

 

 

 

 

LE SALUT COMME LIBÉRATION DE L’ASSERVISSEMENT À SATAN, AU PÉCHÉ ET A LA MORT

 

Pour les premiers chrétiens, l’humanité n’est pas une réalité statique et intemporelle. Les êtres humains sont compris en termes de relations ; ils sont en train de devenir des personnes en une relation d’amour de Dieu et des gens qui les entourent.

Le mal est donc ce qui rompt notre communion avec Dieu et interrompt le processus de réalisation de la plénitude de notre humanité en union avec Dieu.

Les Écritures citent trois sources et forces du mal : (1) « Satan », (2) « péché » et (3) « mort ».

Le péché nous asservit à Satan et aussi à la mort.

L’incarnation du Christ, sa vie, ses miracles, son enseignement et finalement sa mort et sa résurrection nous libèrent de Satan, du péché et de la mort.

 

LE SALUT COMME LIBERTÉ ET TRIOMPHE EN CHRIST

 

Le Christ nous a libérés (1) de l’esclavage envers la loi (Galates 5: 1-12), (2) du péché (Romains 6: 14-23) et (3) de la mort (I Corinthiens 15).

« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Tenez donc ferme dans cette liberté et ne vous placez pas de nouveau sous la contrainte d’un esclavage. » (Galates. 5: 1).

Les évangiles représentent clairement le triomphe du Christ sur les forces destructrices du mal et de la mort, comme nous le voyons dans sa triple tentation (Matthieu 4: 1-11; Luc. 4: 1-13), en chassant les esprits impurs (Marc . 1:23; 5: 1; 7:24; 9:18), dans la guérison des maladies et la résurrection des morts, dans ses miracles sur la nature, et surtout dans sa crucifixion et sa résurrection.

Sur la croix, nous assistons à un combat intense entre le champion de Dieu, La vie, et son adversaire, la mort.

La mort est vaincue sur son propre terrain. La vie triomphe !

La résurrection est la victoire ultime de Christ au nom de l’humanité contre le péché et la mort et par conséquent le diable.

 

COMMENT L’ÉGLISE A VU LE SALUT ET LA RÉDEMPTION DURANT LES PREMIERS SIÈCLES

 

Salut (σωτηρία) et Rédemption (λύτρωσις)

Dans l’utilisation des premiers écrivains chrétiens, les deux termes sont utilisés ensemble et de manière interchangeable, presque comme des synonymes. Le Christ est « le Rédempteur et le Sauveur des âmes et des corps » (Λυτρωτής και Σωτήρ ψυχών και σωμάτων)

λύτρωσις a deux significations (délivrance ou libération et rachat. Ces deux concepts se retrouvent chez les premiers pères chrétiens comme une délivrance de l’esclavage de la mort et la rédemption de nos péchés. (En d’autres termes, la Rédemption n’a rien à voir avec le paiement d’une rançon au diable ou la tentative de satisfaire la colère et l’honneur d’un Dieu en colère).

σωτηρία (salut) est dérivé du nom σώος (verbe: σώζω) qui signifie « être sain et sauf » ou « bien vivant ». Le salut a un sens de restauration ainsi que de sécurité. L’incarnation de Dieu (l’union de l’humain avec le divin) entraîne la guérison de la nature humaine déchue. Dieu a assumé la nature humaine afin de la guérir.

« Ce qui n’est pas assumé (pris en compte) ne peut pas être guéri » (Saint Grégoire le théologien).

 

CITATIONS DES PREMIERS CHRÉTIENS (2ème siècle). L’INCARNATION DÉTRUIT LA MORT ET APPORTE LA VIE

 Saint Irénée de Lyon

Selon saint Irénée, « la Parole de Dieu fut faite chair afin de détruire la mort et de donner la vie à l’homme ; car nous étions liés par le péché, nous étions nés dans le péché et vivions sous la domination de mort. »

« Christ nous a rachetés par son sang ; il a donné son âme pour notre âme, sa chair pour notre chair ; en répandant sur nous le Saint-Esprit, il a restauré l’union entre l’homme et Dieu; il a fait que Dieu descende vers l’homme par l’esprit et l’homme à venir à Dieu par son incarnation; par sa venue, il nous a donné l’immortalité véritable et permanente en nous unissant à Lui; ces grandes vérités sont la réfutation de toutes les hérésies. »

Pour saint Irénée, la vie signifie avant tout la communion avec Dieu, la participation à la vie de Dieu et, partant, la délivrance du péché.

 

CITATIONS DES PREMIERS CHRÉTIENS (4ème siècle. L’INCARNATION APPORTE LA DÉIFICATION ET LA VIE IMMORTELLE

 

Saint Athanase le Grand

« Le Fils de Dieu est devenu homme pour que nous puissions être divinisés. »

Voyant que tous les hommes périssaient à cause de la transgression d’Adam, sa chair fut sauvée et délivrée avant tous les autres parce qu’elle était devenue le corps du Verbe Lui-même, et nous étions désormais sauvés, n’étant qu’un seul corps avec lui en vertu de celui-ci.

Le Christ est venu « pour qu’il puisse tous nous libérer du péché et de la malédiction du péché, et que tous puissent toujours vivre dans la vérité, être exempts de mort et être vêtus d’incorruptibilité et d’immortalité »

En participant au Christ, nous prenons part au Père ; parce que la Parole appartient au Père.

 

Saint Grégoire de Nysse

Les nobles s’arrêtent devant les humbles sans perdre de leur hauteur, la nature divine s’unit à la nature humaine et devient humaine sans cesser d’être Divine …

C’est la nature de la lumière de chasser les ténèbres et celle de la vie de vaincre la mort. . . La pureté s’est inclinée vers ceux qui ont été souillés par le péché : la vie est revenue pour ceux qui étaient morts, le Guide est venu pour ceux qui s’étaient égarés, afin que les personnes souillées soient purifiées, afin que les morts soient ressuscités, et les vagabonds ramenés dans la bonne voie.

Christ s’unit à notre nature pour que, par son union avec la Divinité, nous puissions devenir divins, être exemptés de la mort et sauvés de la tyrannie adverse. Car son retour triomphal de la mort a inauguré le retour triomphal de la race humaine à la vie immortelle.

 

CONCLUSIONS

 

Les actes de salut de Dieu révèlent son amour pour son peuple (φιλανϑρωπία) ) Christ est à la fois libérateur et rédempteur de la mort et du péché, et sauveur et guérisseur (Σωτήρ) de notre condition déchue. Il accomplit tout cela par son incarnation, sa mort et sa résurrection. Il assume notre humanité déchue, la préserve exempte du péché, lui permet de mourir sur la croix et l’élève à une nouvelle vie, renouvelée, régénérée, transformée et guérie, immortelle, divinisée et glorifiée.

Il a vaincu le péché par son innocence.

Il a vaincu la mort par sa résurrection.

Il a vaincu le diable en nous libérant de son emprise (en tant que pécheurs) en nous offrant la possibilité d’être libérés du péché alors que nous nous unissons à Celui qui est resté sans péché.

Ce faisant, il est à la fois Rédempteur (Λυτρωτής) et Sauveur (Σωτήρ).

Le salut nous vient lorsque nous nous unissons au Christ spirituellement dans la prière – en se soumettant à son amour et à sa miséricorde – aussi bien que physiquement dans la Sainte Eucharistie.

D’après Trisagion Film (USA)

 

 

 

 

 

Divine Liturgie

Chaque dimanche à 9h30

Dimanche 7 avril : St Jean Climaque

14 : Ste Marie l’Égyptienne

21 : Rameaux : PAS DE LITURGIE

(Les prêtres seront absents de l’Ile Maurice)

Vendredi saint 26, à 15h : décoration de l’Epitaphion

à 17h : Lamentations

Dimanche 28 : Grande et Sainte PÂQUE.

 

Eglise orthodoxe de la

Sainte Transfiguration

Grande-Rivière N-O

Ile Maurice

(derrière le garage Bala)

Divine Liturgie

Chaque dimanche à 9h30

Site WEB:

http://orthodoxchurchmauritius.org

 

Père Athanasios, tel.: 57 33 32 53

E-mail: p.athanasios@myt.mu

Père Ian, tel.: 52 57 90 53

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E-mail: klepperbali@gmail.com

Sur la fréquentation des églises

Quand ils sont venus voir le starets (l’Ancien) Kirill Pavlov et ont commencé à dire qu’il y a maintenant beaucoup de monde dans les églises et qu’on peut espérer que la foi s’est renforcée chez le peuple, le père Kirill a demandé de remplir un grand seau d’eau. Lorsqu’ils sont retournés avec le seau, il a dit: « C’est le nombre de personnes qui vont maintenant dans les églises ». Puis il a demandé de verser cette eau … Et quand ils l’ont répandue, il restait trois gouttes dans le seau. Il a dit alors: « Ce sont ceux qui sont en train d’être sauvés maintenant. » Et devant leur étonnement, il répondit: «La plupart des gens vont à l’église avec l’intention de demander. Donne la santé, Seigneur, donne le bien-être financier, donne à la famille, donne aux enfants. Très peu de gens viennent à l’église avec ces mots: Pardonne-moi, Seigneur! Je suis désolé d’avoir péché; Je suis désolé de ne pas t’avoir aimé. Je suis désolé de t’avoir oublié. Et, malheureusement, la plupart de ces mots ne sont pas prononcés. Bien que fréquentant pendant de nombreuses années les églises, ils ne comprennent pas que dans l’église c’est le pécheur repentant qui doit venir avec un visage de pénitence, pas le juste imaginaire, qui pense faire une faveur à Dieu parce-qu’il est venu à l’église. « 

Un enseignement de saint Gabriel de Samtavro (1929-1995)

SUR  LE JUGEMENT DES AUTRES

Je suis un grand pécheur et je suis malade. Si vous voyez quelqu’un commettre un  péché, même s’il se trouve à l’heure de sa mort, ne le jugez pas.  Juger les autres et les dénigrer constituent des blessures profondes  pour l’âme. Le Seigneur affirme : qui es-tu ô homme pour que tu juges à ma place ? Car on vous jugera de la même manière que vous aurez jugé et on utilisera pour vous la mesure dont vous vous serez servis (Matthieu 7 :2).

Juger (les autres) est une manifestation de la bêtise humaine ; cela montre que celui qui juge ne connaît pas encore Dieu et qu’il ne se connaît pas lui-même comme il le faudrait.

Juger est un grand péché car nous nous exaltons nous-mêmes en nous montrant supérieurs aux autres. Tous ceux qui s’exaltent eux-mêmes se rendent abominables devant Dieu. « Celui qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé » (Matthieu 23 :1).

Lorsque vous jugez les autres c’est Dieu que vous jugez. Si vous voyez une personne de vie légère ou un ivrogne étendu au sol ne jugez pas parce-que Dieu a permis le développement de leurs passions ; car à travers leurs passions ils devraient trouver un chemin vers Dieu, se sentant impuissants par eux-mêmes de guérir de leurs passions, ils devraient comprendre leur incapacité et leur état misérable, se repentir et se tourner vers le Seigneur.

Mais vous-mêmes, êtes-vous agréables à Dieu ? Cela signifie que le Seigneur dans sa bonté et sa miséricorde refreine vos passions. Sachez que s’ils les libéraient vous tomberiez dans de péchés bien plus graves et vous périrez. C’est pourquoi soyez humbles et prudents. Vous constatez que quelqu’un a péché, mais est-ce que vous avez constaté un peu plus tard qu’il s’est repenti ? Donc ne jugez pas ! Comme le fil qui passe à travers le trou d’un aiguille, ainsi tout homme expérimente le même péché qu’il a jugé chez quelqu’un d’autre.

(The Orthodox Word N° 308 2016)

Saint Gabriel de Samtavro  (1929-1995) est un contemporain. Il est né à Tbilisi en Géorgie qui était à l’époque une république soviétique. Il a vécu toute sa vie en Géorgie. 

L’anarchiste avec une crête verte.

L’anarchiste avec une crête verte. Histoire de la guérison d’une âme sur la Sainte Montagne

Cela s’est passé au monastère de Vatopaidi, alors que le staretz Joseph « le Jeune» y vivait encore. C’était fin novembre. Je remplissais alors l’obédience d’hôtelier. À l’époque, il y avait des conflits à l’Université polytechnique d’Athènes entre les étudiants et la police. Certains étudiants anarchistes voulurent se cacher des autorités et ils se déplacèrent vers le Mont Athos. L’un d’eux, anarchiste qui arborait une crête verte, avait un oncle qui était moine au monastère d’Esphigmenou. Ce jeune homme suggéra que tout le monde s’y rende pendant un certain temps.
Naturellement, ils n’avaient aucune permission pour visiter l’Athos. [1] Ils n’avaient même aucune idée de la façon dont ils y arriveraient. Ils essayèrent de voyager sur un navire mais ils furent expulsés. Ensuite, ils décidèrent d’y aller à pied.
Finalement, ils atteignirent Esphigmenou. Il faut dire que c’est un monastère très strict, et donc, lorsqu’ils virent ce groupe de jeunes avec des tempes rasés et des boucles d’oreilles dans leurs oreilles percées, ils les expulsèrent. Tenant à peine debout à cause de la fatigue, le soir, ils arrivèrent à Vatopaidi. Le portier s’était déjà préparé à fermer les portes du monastère quand il vit ces enfants. Naturellement, il fut aussi effrayé par leur apparence sauvage : vous ne verrez pas trop de gens de ce type sur le Mont Athos. Il fut obligé de parler d’eux à l’higoumène.
« Père, que dois-je faire avec eux ? Dois-je les renvoyer ? Mais où iront-ils ? Où iront-ils passer la nuit ? Après tout, tous les monastères se ferment à présent pour la nuit ! »
Le Père a répondu : «La Mère de Dieu nous les a amenés. Mettez-les seulement dans une seule pièce, et ne laissez pas les autres pèlerins les voir. Et surveillez-les. »
J’étais l’hôtelier et je veillai à ce qu’ils soient installés dans leur chambre. Pour moi, ils semblaient effrayés, surpris par la situation qui les entourait, et épuisés de leurs nombreuses heures de marche. Lorsque les étudiants se furent un peu reposés, ils furent emmenés au réfectoire pour reprendre quelque force. Les moines parlèrent avec eux pendant un court moment et ils dirent qu’ils devaient partir le lendemain, car le monastère ne recevait les pèlerins que pour une nuit. L’higoumène a dit aux jeunes hommes que Dieu est amour, et que peu importe ce qu’ils avaient fait dans leur vie, ils pouvaient encore se repentir.

Le lendemain, celui avec la crête verte m’a dit : « Père, j’aimerais rester ici un autre jour. C’est possible ? »
Les autres ne voulaient pas rester. J’ai demandé à l’higoumène une bénédiction et il a permis au jeune homme de rester un autre jour, mais il était censé mettre un chapeau afin que les pères et les pèlerins ne soient pas scandalisés par son apparence.

Pierre, cet étudiant aux yeux verts se nommait ainsi, est resté deux jours, puis un troisième. Un jour pendant les services du soir, j’ai entendu pleurer fort dans le narthex de l’église, même pas pleurer mais une lamentation. Je suis allé découvrir ce qui se passait et j’ai vu Pierre dans le narthex, pleurant à genoux.
Je me suis approché de lui et j’ai demandé ce qui s’était passé. Je pensais que quelqu’un l’avait blessé.
« Non, rien ne s’est passé, » a-t-il répondu. « Père, je veux parler avec toi »
Après la fin des Vêpres, nous avons quitté l’église.
« Père, le salut est-il possible aussi pour moi ? »
« Pierre, il est possible que tous soient sauvés. Le larron sur la croix s’est repenti et le Christ l’a sauvé ».
Alors Pierre s’est ouvert à moi. Il m’a dit que sa famille s’était séparée ; Son père battait sa mère, et c’était vraiment pénible pour Pierre de voir cela. À l’âge de douze ans, il quitta son domicile, vécut dans les rues du quartier de l’Exarchia, fut embrigadé par les anarchistes, commença à prendre de la drogue et tomba dans toutes sortes d’autres péchés graves. Sa vie n’était qu’un long stress.
En dépit de tout cela, l’âme du jeune homme était belle.

Frères, je vous dis cela afin que nous ne nous détournions pas du pire pécheur ! Parce que le Seigneur « rassemble » vers Lui ceux dont nous nous détournons. Nous faisons une grande erreur lorsque nous nous nous considérons comme meilleurs qu’eux. Le staretz Païssios a déclaré que, au Jugement Dernier, nous serons tous très surpris, parce que ceux que nous prévoyons voir dans le paradis n’y seront pas trouvés, et ceux dont nous n’avions aucune idée de voir là-bas, nous les verrons dans le Royaume des cieux. Que cela ne nous arrive pas ! Nous souhaitons que tous soient sauvés et espérons que grâce à l’amour du Christ, nous serons sauvés.
Après ce changement chez Pierre, qui arriva par les prières de la Mère de Dieu, nous lui avons dit qu’il devait se confesser. À la confession, il a été saisi d’une telle contrition qu’une flaque de larmes se forma sur le sol sous lui.
Pierre resta dans le monastère pendant une bonne période. L’higoumène lui dit qu’il devait au moins couper sa crête. Mais Pierre répondit : « Non, je ne vais pas la raser avant d’être arrivé à la ville afin que les gars ne disent pas que les moines me l’ont rasée. Quand je retournerai dans le monde, je la couperai moi-même. »
Alors il s’est déplacé dans le monastère avec un bonnet sur la tête.

Pierre a quitté le monastère et a commencé à vivre une vie spirituelle. Il est revenu ici une fois, avec alors une apparence différente et normale. Puis il disparut.
Nous savions qu’il n’avait pas vu sa mère depuis le jour où il était parti de chez lui, qu’il ne lui avait jamais rendu visite, et nous essayâmes de réparer les relations de Pierre avec sa mère. Nous avons cherché son numéro de téléphone et l’avons appelée, lui racontant tout. Sa mère avait perdu tout espoir de le voir de nouveau en vie et elle fut très touchée par notre histoire. Pour nous, ce fut un événement très joyeux.

Deux ans après ces événements, plusieurs autres pères et moi-même, avons assisté à une fête d’église dans un autre monastère sur le Mont Athos. Avec nous était le bienheureux Métropolite Grégoire de la ville de Castoria. Son Eminence nous dit de ne dire à personne qu’il était évêque : il ne voulait pas qu’on lui manifeste un honneur spécial, ou que les frères du monastère se mettent en peine pour lui.
Nous sommes venus au monastère, et nous avons apporté les friandises Athonites traditionnelles. Lorsque nous étions prêts à repartir pour notre monastère, un moine s’approcha de moi et me demanda : « Père Niphont, ne me reconnaissez-vous pas? »
Je l’ai regardé et j’ai dit : « Non, je ne te reconnais pas ».
« Regarde un peu plus attentivement. »
Et qu’est-ce que j’ai vu ? Ces grands yeux verts qui me regardaient ! C’était Pierre.
Pierre était devenu novice de ce monastère du Mont Athos. Bien sûr, nous nous sommes embrassés avec joie. Nous étions tous deux émus jusques aux larmes ! Je remercie la Très Sainte Mère de Dieu pour ses grandes bénédictions et ses grands miracles accomplis pour nous ! Je vous ai seulement parlé de l’un d’entre eux. Pour nous, son changement de vie était un véritable miracle.

[1] Les visiteurs du Mont Athos doit d’abord recevoir l’autorisation officielle de l’administration monastique de la Sainte Montagne avant leur arrivée.

Version française Claude Lopez-Ginisty dans son excellent site « Orthodoxologie » :
http://orthodoxologie.blogspot.fr/

 

Une parabole orthodoxe sur le divorce

PARABOLE SUR LE DIVORCE

Une fois, une femme est venue voir un starets (un moine ancien qui peut donner des conseils spirituels) et lui a dit : «Tu nous as marié mon mari et moi il y a deux ans. Et maintenant, divorcez-nous. Je ne veux plus vivre avec lui ».
– Quelle est la raison de votre désir de divorcer ?  Demande le starets. Et la femme s’explique :

– Tous les maris rentrent à la maison à l’heure, mais mon époux est constamment en retard. Pour cette raison, nous nous disputons tous les jours.

Le starets fut surpris et demanda :
– Est-ce la seule raison ?
– Oui, je ne veux pas vivre avec un homme avec un tel désavantage – répondit la femme.
– Je vais vous accorder le divorce mais à une condition. Rentrez chez vous maintenant, préparez un gros pain savoureux et apportez-le-moi. Mais quand vous allez faire votre pain, ne prenez rien de ce qui se trouve dans votre maison ! Demandez à vos voisins le sel, l’eau, les œufs la farine. Et expliquez-leur bien le motif de votre demande », précisa le starets.

La femme rentra chez elle et se mit au travail.
Elle alla chez sa voisine et lui dit:
– Ma voisine, prête-moi un verre d’eau.
– N’as-tu pas d’eau à la maison? N’y a-t-il pas un puits creusé dans la cour ?
«Il y a de l’eau, mais je suis allée me plaindre auprès d’un starets et j’ai demandé le divorce ».              Et aussitôt qu’elle eut fini, la voisine poussa un grand soupir: – Ah, si tu savais comment est mon mari !Et elle a commencé à se plaindre de son époux.

Ensuite, la femme est allée chez une autre voisine pour demander du sel.
– Êtes-vous à court de sel et  vous ne demandez qu’une seule cuillère?
«Il y a du sel, mais je me suis plaint à mon starets au sujet de mon mari, j’ai demandé le divorce», dit la femme, et avant qu’elle ne puisse finir, la voisine s’exclama:
«Oh, si tu savais comment est mon mari! – et elle a commencé à se plaindre de son époux.

Ainsi, cette femme venue demander divers ingrédients, a entendu de la part de toutes ses voisines  des plaintes concernant leurs maris.

Finalement, elle a pu cuire un grand pain savoureux et elle l’a apporté au starets et le lui a donné avec ses mots: – Je vous remercie, goûtez à mon travail. Seulement je ne veux plus divorcer de mon mari.
– Pourquoi, qu’est-ce qui s’est passé, ma fille ? lui a demandé le starets.
– Mon mari s’avère être le meilleur ! Lui a-t-elle répondu.

Orthodoxe Parables and Stories