Un saint contemporain: Nicéphore le lépreux

Métropolite Néophyte (Masouras) de Morphou

Le vénérable Nicéphore était crétois. Lorsque j’étais étudiant, j’ai rencontré de nombreux Crétois atteints de lèpre à l’hôpital des maladies infectieuses d’Egaleo près d’Athènes. Mon père confesseur était le père Evmenios (Saridakis), qui était également crétois et qui, dans les dernières années de la vie du vénérable Nicéphore, fut son novice. Vous savez, pour moi, saint Nicéphore n’était pas seulement un saint dont j’ai lu la vie dans un livre, mais il était en quelque sorte mon père spirituel.

Le futur saint est né en 1890 de parents pieux à Sirikari, un village de montagne dans le district de La Canée en Grèce. Son nom séculier était Nicolas. Ses parents sont morts prématurément. À l’âge de treize ans, Nicolas était déjà orphelin et son grand-père s’est occupé de lui. La maison de son père à Sirikari ressemble aux vieilles maisons de Chypre, qui étaient en fait des cellules d’ermites qui vivaient dans le monde. À cette époque, les vrais ascètes n’étaient extérieurement pas différents de beaucoup de gens dans le monde.

Son grand-père emmena Nicolas à La Canée, la ville la plus proche de Sirikari, et il y étudia pour devenir barbier. Immédiatement après son retour chez lui après ses études, des taches commencèrent à apparaître sur son corps, ce qui le laissa perplexe.

La lèpre, cette terrible maladie, est arrivée en Crète par les Croisés et par les Arabes dans les temps anciens, lorsque l’île était sous domination arabe. Il n’y avait pas de domination arabe à Chypre, car les Akritai y étaient stationnés (Il s’agit de forces armées non régulières sous l’autorité de Byzance et cela avant le Xème siècle). Dans les montagnes de Pentadaktylos, en face de la baie de Morphou, se trouve le golfe d’Attalia (aujourd’hui Antalya), où se trouvait la « base navale » byzantine, qui équivaut à l’époque moderne à la sixième flotte américaine. Chypre a connu vingt-cinq invasions arabes avec des pillages, des saisies et des destructions de villes et de villages, mais elle n’a jamais été sous domination arabe. Par contre, un grand groupe d’Arabes venus d’Espagne, notamment d’Andalousie, s’est emparé de la Crète, qui était sous contrôle arabe pendant 280 ans et risquait de perdre sa foi orthodoxe. La Crète fut libérée par le grand commandant, puis par l’empereur byzantin Nicéphore II Phocas. La domination arabe eut pour conséquence la propagation de la lèpre.

J’ai été impressionné de constater qu’en 1980, lorsque j’étudiais à la faculté de droit d’Athènes, la moitié des lépreux de l’hôpital des maladies infectieuses d’Egaleo étaient des Crétois – je n’y ai vu que deux ou trois Chypriotes. Il est vrai qu’il y avait à Chypre un homme formidable, Hadjigeorgakis Kornesios qui avait fait construire une léproserie à Nicosie pendant les années de domination turque. Kornesios fut plus tard tué par les Turcs. Il rassembla tous les lépreux de Chypre et les habitants furent sauvés de cette terrible maladie. Il n’y avait rien de tel en Crète. Une fois qu’une personne avait contracté la lèpre, le maire, accompagné d’un policier et d’un médecin, devait l’extraire de la communauté et l’enfermer dans une grotte ou dans une vieille maison inhabitée. La lèpre était non seulement une maladie douloureuse, mais elle signifiait aussi l’isolement social. Le jeune Nicolas, un orphelin de quatorze ans de La Canée, savait très bien que cela signifiait pour lui, il serait comme un mort vivant. Cela enterrerait ses rêves, sa santé et ses relations avec les gens.

En 1905, ayant appris qu’il y avait un réel problème de lèpre dans cette région, le prince Georges visita la Crète et décida de donner la petite île de Spinalonga au nord de la Crète aux personnes infectées. Ainsi, tous les lépreux, qui étaient en fait des morts vivants, furent installés à Spinalonga. Une communauté de près de 500 lépreux, c’est-à-dire un petit village, fut créée. Mais même là, ils ne cessèrent pas de souffrir et furent isolés du reste de la société.

Nicolas était paniqué. Il cacha sa maladie et attendit une occasion de quitter la Crète, car il avait entendu parler des divers malheurs qui se passaient à Spinalonga. À l’âge de seize ans, Nicolas se rendit à Alexandrie où se trouvait une communauté grecque florissante et, pour gagner sa vie, il reprit le métier qu’il avait appris chez lui.

Il travaillait comme coiffeur et faisait de son mieux pour cacher les parties nues de son corps, ses bras et son visage. Il craignait que la lèpre ne se manifeste et ne soit visible aux yeux des autres. Aller à Alexandrie était encore plus dangereux que de rester en Crète. Si les Arabes avaient arrêté Nicolas, sa situation aurait empiré. L’ombre de la mort planait sur le jeune homme.

Sur l’une de ses photos, on voit un homme qui avait déjà la lèpre, mais celle-ci ne se manifestait pas extérieurement. Nicolas était très sociable, il était aimé dans la communauté grecque, il avait une belle voix et, dans l’ensemble, c’était une personne agréable. Sur cette photo, Nicolas tient un chapelet dans sa main droite. Quelqu’un lui a suggéré de faire un pèlerinage en Terre Sainte. Il est difficile d’imaginer l’importance de ce pèlerinage pour le jeune Nicolas. Il est resté à Alexandrie jusqu’en 1914 (il avait alors vingt-quatre ans) – cette photo (voir ci-dessous) a été prise à cette époque.

Nicolas se rendit en Terre Sainte. Se souvenant de la tradition de piété populaire en Crète associée au pèlerinage en Terre Sainte, il vénéra le Saint-Sépulcre et la Sainte-Croix. Le seul à comprendre l’importance de ce pèlerinage pour lui était (mon père confesseur) le staretz Evmenios, qui vivait à cette époque avec le père Nicéphore. Le staretz Evmenios dont le prénom laïc était  Sophronios, et à qui l’archevêque Timothée de Crète lui donna le nom d’Evmenios lors de sa tonsure.

Le bref discours funéraire suivant a été écrit par un saint homme le staretz Evmenios qui était un saint homme. Il faut le lirepour comprendre comment le vénérable Nicéphore a été transformé intérieurement, une fois qu’il s’est incliné devant le Saint-Sépulcre et a vénéré la Sainte-Croix.

Voici ce que le staretz Evmenios a dit après la mort de saint Nicéphore en 1964 : « Si la douleur, les chagrins et les épreuves devaient être enlevées de la vie des gens, alors la sainteté appartiendrait seulement aux anges. » Cette vérité, qui est un axiome de notre foi orthodoxe, était connue du père Nicéphore (né Nicolas Tzanakakis). Il s’est endormi dans le Seigneur le 4 janvier 1964 et est né à La Canée en 1887 de parents pieux. Il souffrait de la lèpre, qu’il ne considérait pas comme une malédiction, mais comme une faveur spéciale du Ciel et un appel personnel du Christ, le Fondateur des exploits ascétiques. À l’âge de dix-sept ans, il quitta sa patrie pour se rendre en pèlerinage en Terre Sainte et surtout au lieu d’exécution (Golgotha), où la douleur a été sanctifiée, et le Golgotha ​​devint le symbole de ceux qui sont victorieux sur les chagrins et les événements tristes de la vie. De là, de cet océan inépuisable de courage et de patience, il a puisé audace et patience pour porter haut sa croix sans interruption pendant cinquante-deux ans.

 En 1912, il fut admis à la léproserie de Chios et fut tonsuré par le Saint-Père Anthimos (Vayianos). Qui peut énumérer ses luttes spirituelles dans sa nouvelle vie ! Bien que son corps se dégradât et que jour après jour la maladie lui enlevât des parties : yeux, bras, jambes, puis il devint paralysé, mais son homme intérieur était renouvelé par l’Esprit. Cet homme mémorable a mis de côté toutes les passions et tous les vices possibles, pratiquant une absence de passion bienheureuse et une obéissance totale à la volonté de Dieu et de son père spirituel, et est devenu au plus haut degré un homme de prière fervente. Il n’était pas très éloquent, mais son large et gentil sourire prêchait mieux que le prédicateur le plus habile ne peut prêcher, de sorte que sa cellule est devenue une fontaine de baptême spirituel. Pour tous ceux qui lui rendaient visite, et pour nous, le Père Nicéphore était une oasis spirituelle dans le désert de cette vie. Son repos nous a causé une tristesse indescriptible, mais aussi une joie, car nous croyons avoir un fervent intercesseur auprès du Seigneur qui nous gardera des machinations du malin. Mémoire éternelle à toi, car le juste vivra à jamais ! Le plus petit de vos enfants spirituels, le moine Sophronios d’Agios Nikitas. »

Ainsi, Nicolas Tzanakakis, un jeune homme de Crète, se rendit à Jérusalem, déjà frappé d’une horrible maladie, pour puiser des forces dans la Croix. Et, comme le disait à juste titre un autre lépreux, aujourd’hui décédé, mon grand ami Aristide, il s’y rendit pour « Égliser » sa douleur. Comme il est important de mettre notre douleur dans l’Église, peu importe d’où elle vient : qu’elle provienne de la maladie, des chagrins, de la calomnie, de la pauvreté ou de quoi que ce soit d’autre ! Et d’établir une relation particulière avec la Croix vivifiante, dans laquelle se concentre toute la sainteté de notre Seigneur Jésus-Christ, et de la transmettre à ceux qui l’adorent dans le repentir avec humilité . L’âme de Nicolas le sentit, et il se rendit au Golgotha, à la Sainte Croix de notre Seigneur, pour acquérir inspiration et illumination. Et où le pèlerinage le conduisit-il ? À un évêque très pieux, dont le nom est actuellement inscrit dans les archives. On sait de lui qu’il était originaire de l’île de Samos. Après s’être confessé, il dit à Nicolas :

« Mon enfant, cette maladie est incurable et agressive. Tu dois aller dans un endroit où il y a d’autres personnes atteintes de cette maladie. Tu ne veux pas aller à Spinalonga en Crète. Je connais un saint homme qui vit sur l’île de Chios. »

Les habitants de Chios ont construit une léproserie. Pour être plus précis, les croisés l’ont construite par nécessité en 1380, et plus tard les habitants l’ont rénovée et en ont fait la meilleure léproserie de toute la Grèce. Elle existe toujours, mais, malheureusement, en ruines. Il y avait là un véritable homme de Dieu, saint Anthimos (Vayianos) de Chios, qui est devenu un modèle pour les lépreux. Il était un enfant spirituel de saint Pacôme de Chios. Il a eu deux saints enfants spirituels : le vénérable Anthimos et le saint hiérarque Nectaire d’Égine. Saint Nectaire est né sur l’île de Chios. Alors qu’il était professeur dans le village de ses parents, il rendit visite à saint Pacôme, qui le tonsura. Puis le saint hiérarque Nectaire se rendit à Alexandrie, mais il correspondit avec saint Pacôme jusqu’à la mort de ce dernier : si je ne me trompe, il mourut en 1905.

Un autre enfant spirituel de saint Pacôme fut le vénérable Anthimos (Vayianos), lui aussi originaire de Chios. Il tomba malade et saint Pacôme le bénit pour qu’il quitte le monastère pour le jardin d’oliviers qui appartenait à sa famille. De temps en temps, le vénérable Anthimos rencontrait saint Pacôme et il l’instruisait. Et lorsque le père Anthimos apprit que des lépreux vivaient dans la colonie de lépreux de Chios, il décida de devenir leur père spirituel afin de les guider, de les diriger et de les organiser. Et, providentiellement, il n’a jamais contracté la lèpre.

Le staretz Evmenios se souvient des paroles du vénérable Nicéphore :

« Sous mes yeux, le père Anthimos a guéri quarante-trois démoniaques. »

Il avait un tel degré de sainteté !

Les lépreux étaient des personnes spéciales : ils obtenaient très vite la grâce, sentaient la présence du Saint-Esprit dans leur cœur et leurs prières avaient de la puissance. Un condamné à mort ressuscite s’il porte dignement sa croix. Grâce à un mentor comme le vénérable Anthimos, un grand nombre de lépreux de Chios furent fortifiés dans la prière. La renommée du saint se répandit rapidement dans toute la Grèce. A cette époque, un prêtre chypriote était possédé par un esprit maléfique et pour être guéri, il se rendit chez le vénérable Anthimos (Vayianos) afin qu’il lise sur lui les prières nécessaires.

Le bon évêque d’Alexandrie, dont j’ai parlé plus haut, envoya le jeune Nicolas avec une lettre au vénérable Anthimos. Il monta sur un bateau et atteignit Cesme, qui se trouve un peu au nord de Smyrne (Izmir). Là, sur la côte de l’Asie Mineure, le vénérable Anthimos attendait Nicolas. J’ai été impressionné par la miséricorde du vénérable Anthimos : comme le père de la parabole du fils prodigue, il sortit de Chios à la rencontre de la brebis blessée du Christ. Il emmena Nicolas à Chios. Le gouvernement local a promulgué une loi selon laquelle seul un habitant de l’île pouvait être admis à la léproserie. Le vénérable Anthimos avait collecté des fonds pour la construction d’un couvent, mais il les a donnés à la léproserie pour que le jeune homme de Crète y soit admis, car le saint, avec son don de clairvoyance, avait prévu l’avenir de Nicolas. Il l’a emmené à la léproserie, lui a appris à prier correctement et à pratiquer une vie ascétique, ce qui l’a aidé à résister à la douleur.

Ce qui manque dans le livre que notre frère en Christ  le père Simon (moine du mont Athos qui a rédigé un ouvrage sur la vie de Nicéphore le lépreux), a écrit, c’est la douleur causée par la lèpre, dont les lépreux de l’hôpital des maladies infectieuses d’Egaleo me parlaient souvent. Il n’y avait pas de remède contre la lèpre à l’époque. Le vieil Evmenios m’a dit que la douleur était comme une fourche en fer enfoncée dans le dos et que la chair était arrachée. Sans parler du fait que tous vos membres, doigts et orteils, nez, oreilles et partout où il y a des tissus mous, commencent à pourrir avec une douleur insupportable et une odeur si terrible que les autres ne peuvent pas vous approcher. Et il y a la peur constante que la maladie soit contagieuse. Le remède contre la lèpre n’est apparu qu’après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui encore, des gens souffrent de la lèpre, mais elle est facile à diagnostiquer et à guérir avec succès.

En 1914, Nicolas est venu à Chios. Le vénérable Anthimos a vu qu’il faisait de bons progrès dans le travail spirituel. Nicolas a demandé à être tonsuré comme moine.

Un jour, j’ai dit à un homme de Dieu, dont je ne divulguerai pas le nom, car il est encore en vie :

« Je suis malade, j’ai mal aux jambes et il m’est difficile de célébrer la Divine Liturgie. »

Il m’a répondu :

« Tournez les commandes ! »

« Que voulez-vous dire ? »

Il m’a répondu :

« Que fit le vénérable Nicéphore quand on lui dit qu’il avait la lèpre ? Au début, il était découragé et paniqué, il ressentait de la douleur, mais ensuite le vénérable Anthimos l’a aidé, « tourna les commandes » et dit à Nicolas : « Plus la Croix est grande, plus grande est la Résurrection ! Comme le corps est malade, l’âme se renouvelle ! Il suffit de transformer la douleur en prière ! « Laissez-moi la transformer en votre crucifixion en Christ. »

« Plus tard, quand on annonça au vieillard Evménios qu’il avait contracté la lèpre, il tomba de joie du lit.

« Je lui demandai :

« Dieu aie pitié ! Avec joie ? »

« Oui, avec joie ! »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’une grande croix est une grande visitation de Dieu, une grande résurrection ! Je lui dis : « Mon Christ, je suis indigne de porter une telle croix ! Merci beaucoup de m’avoir fait un tel honneur ! »

« Nicolas, plus tard le vénérable Nicéphore, n’a pas dit une telle chose. Pourquoi ? Il n’était pas moine. Lorsqu’il a contracté cette maladie, il était un jeune homme de seize ans. Nicolas voulait vivre, mais il n’y avait pas d’Anthimos à côté de lui qui aurait « tourné les commandes » vers le Christ. C’est une grande chose : quelle que soit la croix que le Seigneur nous a permise, il doit y avoir quelqu’un près de nous qui, comme saint Anthimos, « tourne les manettes » vers le Christ. Sinon, le chagrin, la dépression et même le désespoir nous accompagneront. »

Après la tonsure monastique, Nicolas reçut le nom de Nicéphore.

A suivre…

Métropolite Néophyte (Masouras) de Morphou

Source:St. Nikephoros (Tzanakakis) the Leper. Part 1 / OrthoChristian.Com

Une histoire de la Sainte Tradition

« Savez-vous cette histoire selon la Sainte Tradition, lorsque la Sainte Famille s’est enfuie vers l’Egypte? Gardez bien en mémoire cette histoire, pour voir combien est grande et sainte la bénédiction de la Mère de Dieu, afin que vous puissiez la recevoir aussi. Vous savez qu’il y a eu un massacre d’enfants ordonné par Hérode, vous le savez d’après l’Évangile…
Un ange apparut alors au juste Joseph dans un rêve et lui dit de prendre la Mère de Dieu et l’Enfant Jésus et de fuir en Égypte avec eux.
Ils s’enfuirent avec le vieil homme conduisant l’âne sur lequel la Très Sainte Mère portait le Christ dans ses bras. Le désert était vaste et ils rencontrèrent des bandits qui pillaient les caravanes et tuaient les voyageurs.
Le chef des bandits, en s’approchant et en regardant le visage de la Très Sainte Vierge, fut tellement émerveillé par sa sainteté et sa pureté, car son visage était comme celui d’un ange. Et puis, regardant l’Enfant dans ses bras, il était encore plus en étonnement comme hors de lui, et il dit : « Si Dieu Lui-même venait sur terre, Il serait comme cet enfant ! »… Puis il fit signe aux autres bandits de se retirer . Là-dessus, la Très Sainte Mère lui dit : Votre âme ne périra pas. Le jour viendra où cet Enfant vous récompensera pour cette bonne action ! »
Savez-vous qui était cet homme ?! C’était le voleur qui, plus de trente ans après cet événement, fut crucifié aux côtés du Christ, à qui le Seigneur dit : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis !
Voyez-vous ce que cela signifie pour Celle qui a donné naissance au Fils de Dieu de dire une parole !
Priez-la de dire un mot pour vous. A qui Elle dit une parole, l’âme de cette personne ne périra ni dans cet âge ni dans l’éternité ! Bienheureux celui qu’elle bénit ! »
Moine Gervasios l’Athonite

Bulletin du mois de juillet 2024 de l’Eglise Orthodoxe à Maurice

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Paroisse orthodoxe de la sainte TransfigurationNuméro 102, juillet 2024
               Les Conciles œcuméniques                             
    Chaque année, l’Église nous propose de nous souvenir des 7 Conciles œcuméniques, en particulier pendant les dimanches qui suivent la Pâques.
Si l’Église nous invite ainsi à vénérer les Pères des saints Conciles, c’est parce que la foi chrétienne, dont ils ont défini les contours et la formulation, est le fondement de toute notre vie dans le Christ. Dans notre vie chrétienne, tout repose sur la foi. La foi est d’abord et avant tout une
confiance et une adhésion sans partage à la personne du Seigneur Jésus, à la personne du Christ que nous croyons être le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. par le fait même, une adhésion à sa Parole, à ce qu’il nous a révélé de son Père, qui est aussi notre Père, dont nous sommes les fils adoptifs par le baptême. C’est aussi une adhésion à son enseignement sur l’Esprit Saint qui, selon la parole du Christ, doit nous introduire dans la vérité entière (voir Jean 16:13). C’est-à-dire que tout au long de l’histoire de l’Église, tout au long de notre vie personnelle, c’est l’Esprit Saint qui nous fait comprendre la parole de Dieu, c’est l’Esprit Saint qui illumine nos cœurs pour que nous comprenions, pour que nous
entrions dans le mystère de ces vérités qui nous ont été annoncées par le Christ au cours de sa vie terrestre; le Saint-Esprit nous fait aussi comprendre ce que l’on peut appeler le sens chrétien de l’Ancien Testament, et nous révèle comment toutes les Écritures parlaient déjà du Christ.
Toute la vie chrétienne est basée sur cette adhésion de nos cœurs et de nos esprits à ces vérités fondamentales. Les premiers conciles ont eu lieu dès que l’Église a pu rassembler des évêques du monde entier, une fois la période des grandes persécutions terminée. Les deux premiers conciles ont eu lieu au début et dans la seconde partie du IVe siècle : le concile de Nicée en 325 et le premier concile de Constantinople en 381. Ils ont précisé le contenu de notre foi en la Sainte Trinité.
Oui, le Père a engendré un Fils qui lui ressemble essentiellement,« consubstantiel», à qui il communique tout ce qu’il a et tout ce qu’il est. Et il y a un Saint-Esprit qui procède de lui, à qui il communique aussi tout ce qu’il a et tout ce qu’il est, à qui sont dus honneur et gloire au Père et au Fils.
Les conciles du Ve siècle, le concile d’Éphèse (431) et le concile de Chalcédoine (451) précisent alors que, selon l’enseignement des apôtres, il y a dans le Christ une seule personne et deux natures. C’est-à-dire que le Christ n’est pas une personne humaine en qui la Parole de Dieu est venue vivre. Il est vraiment Un, Il est, en tant que personne, le Fils de Dieu Lui-même, la deuxième personne de la Trinité, mais Il est à la fois Dieu et homme parce qu’Il a assumé notre nature humaine pour notre salut. Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il a pu dire, vient de sa personne divine, mais cette personne divine agit tantôt par sa nature humaine, tantôt par sa nature divine, sans que les deux ne soient jamais séparés. Les conciles des Ve et VIe siècles n’ont fait que mettre en évidence, face aux questions et aux erreurs nouvelles, cette doctrine du Concile de Chalcédoine, cette doctrine de l’unité du Christ dans sa nature divine et sa nature humaine.
Quant au septième concile, c’est celui qui a affirmé la nécessité de la vénération des saintes icônes. Toute notre vie chrétienne est fondée sur la foi en ces vérités fondamentales, parce que ni notre sensibilité ni notre intelligence ne peuvent y accéder par elles-mêmes. Il n’est pas possible à l’homme de les découvrir par lui-même, quelle que soit sa sagesse ou la profondeur de sa réflexion. Dieu a dû intervenir dans l’histoire, Dieu nous a parlé, d’abord par les prophètes et ensuite par son Fils, pour que nous connaissions ces vérités, pour que nous sachions que Dieu est un Dieu en trois personnes, que le Fils de Dieu s’est incarné pour notre salut et nous a appelés à devenir unis à lui, Fils de Dieu par adoption, pour participer nous-mêmes à sa vie divine.
Saint Silouane disait : « L’humilité est la lumière dans laquelle nous voyons la lumière ».
C’est-à-dire que dans la mesure où notre cœur est humble, où nous sommes dépouillés de tout attachement à notre propre jugement, à nos idées, à nos opinions personnelles, nous sommes prêts à accepter la parole de Dieu. Ce n’est qu’à cette condition que la foi peut s’épanouir dans notre cœur. Ce n’est qu’alors que nous sommes vraiment un avec l’Église, que nous avons l’esprit de l’Église, qui est l’Esprit du Christ, qui est le Saint-Esprit. P. Athanasios
Divine Liturgie Juillet 2024  
07 : Epitre : Gal 3, 23-4,5 ; Evangile : Mat 4, 18-27             
  14 : Epitre : Tite 3, 8-15 ; Evangile : Mat 5, 14-19                   
  21 : Epitre : Rom. 6, 18-22 ; Evangile : Mat 8, 5-13 
28 : Epitre : Rom. 10, 1-10 ; Evangile  Mat 8, 28 – 9, 1: 
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Saint Nectaire d’Egine : la voie du bonheur

Rien n’est plus grand qu’un cœur pur, parce qu’un tel cœur devient le trône de Dieu. Et qu’y a-t-il de plus glorieux que le trône de Dieu ? Bien entendu, rien du tout ! Dieu dit à propos de ceux qui possèdent un cœur pur : J’habiterai et je circulerai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple (2 Co 6,16). Qui oserait encore affirmer être plus heureux que ces gens-là ? Car de quels biens prétendraient-ils être privés ? Ne trouve-t-on pas tous les dons et tous les bienfaits de l’Esprit Saint dans leurs âmes bienheureuses ? Que leur manque-t-il par conséquent ? Vraiment, ils ne souffrent de rien, car ils gardent dans leur âme la plus précieuse des richesses : Dieu lui-même. Combien se trompent les hommes lorsqu’ils font fi de leur propre personne pour aller prendre ailleurs du bonheur : en se rendant dans des terres lointaines, en parcourant le monde par de nombreux voyages, en rêvant de richesse et de gloire, en courant après la fortune et les vains plaisirs ou encore en voulant s’approprier les choses de ce monde, qui ne procurent que des lendemains amers !

L’édification de la tour du vrai bonheur en dehors de son propre cœur équivaut à vouloir construire un édifice qui reposerait sur des fondations instables et secouées par des tremblements fréquents. Sûrement qu’une telle bâtisse finira un jour par s’effondrer toute entière d’elle-même.

Mes frères, le vrai bonheur n’existe qu’à l’intérieur de vous-mêmes et bienheureux est celui qui a compris cela. Scrutez donc votre cœur et prenez le temps de vous pencher sur votre propre état spirituel. À-t-il perdu son assurance en Dieu ? Est-ce que vos consciences se plaignent que vous vous détournez des commandements divins ? Vous accuse-t-elle, cette conscience, de pratiquer l’injustice et le mensonge, de négliger vos devoirs envers Dieu et votre prochain ? Examinez-la par conséquent scrupuleusement : il se pourrait bien que des pensées et des passions mauvaises fourmillent dans votre cœur et qu’ainsi il se soit engagé sur des routes tortueuses et infranchissables… Hélas, celui qui a négligé son propre cœur, celui-là s’est aussi volontairement privé de tous les biens pour les remplacer par de nombreux autres maux. C’est ainsi qu’il a chassé la joie loin de lui et le voilà maintenant plongé dans l’amertume, la tristesse et toutes sortes d’inquiétudes. Sans la paix intérieure, il est saisi par le trouble et la peur. L’amour parti c’est la haine qui s’y est installée. En se dépouillant des dons et des fruits que l’Esprit Saint lui a offerts au moment de son baptême, il est devenu un familier de tout ce qui fait de l’homme un être pouilleux et misérable.

Mes Frères ! Le Dieu plein de miséricorde n’aspire qu’à notre bonheur aussi bien dans cette vie que dans l’autre. C’est pour cela qu’il a fondé sa sainte Église. Afin de nous purifier par elle de notre péché ; pour nous sanctifier ; pour nous réconcilier avec lui ; pour nous combler de ses bénédictions célestes. Et les bras de cette Église vous sont très largement ouverts. Courons-y vite, nous qui avons le cœur lourd. Courons-y très vite et nous verrons que l’Église nous attend pour prendre sur elle notre lourd fardeau, nous mettre en confiance avec Dieu et remplir notre cœur de félicité et de joie.

Saint Nectaire d’Égine : La Voie du Bonheur (pagesorthodoxes.net)