La règle d’or

Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes (Luc 6 : 31).

Même la prière ne peut sauver une personne qui vit dans la négligence. Priez pour que Dieu vous aide à être sauvé, mais vous devez vous-même travailler, faire de bonnes œuvres autant que vous le pouvez. C’est pourquoi le Seigneur, après avoir dit demandez, cherchez et frappez, nous donne maintenant une règle générale sur la manière dont un chrétien doit vivre – une règle que les exégètes de la parole de Dieu appellent à juste titre la règle d’or : ce que vous voudriez que les hommes vous fassent— et bien sûr, vous voulez que les gens vous aiment, qu’ils vous fassent tous du bien — faites-leur aussi de même ; vous aussi ne devriez faire que du bien à chacun et à tous. Voulez-vous que les autres soient charitables envers vous, qu’ils vous bénissent, qu’ils prient pour vous et qu’ils vous pardonnent tous vos faux pas, à tout le monde, même à vos ennemis ? Ensuite, faites de même. En général, tout ce que vous désirez des autres, faites-le vous-même. C’est ce que signifie aimer ses ennemis comme soi-même. Et si les gens accomplissaient cette règle du Christ, alors il n’y aurait pas d’offenses, pas de procès, pas de vol, pas de meurtre, pas de discorde, pas de guerres, pas de pauvreté. C’est la vérité du Christ, qui est compréhensible et bénéfique pour tous !.. « Par ces brèves paroles, dit saint Chrysostome, le Sauveur a montré que la vertu est simple, commode et connue de tous. Il n’a pas dit : « Tout ce que vous attendez de Dieu, faites-le pareil à votre prochain », afin que vous ne protestiez pas et disiez : « Comment est-ce possible ? Il est Dieu, mais je suis un homme. » Mais Il déclara : « Ce que tu veux de ton égal, fais-le toi-même à ton prochain. » Quoi de plus simple que cela ? Quoi de plus juste ? Car là sont à la fois la loi et les prophètes ; ce n’est pas une règle essentiellement nouvelle. Cela a été enseigné dans la loi de l’Ancien Testament, dans les prophètes et dans la loi même de la nature humaine. La vertu est inhérente à l’homme ; nous savons par notre conscience quoi faire, nous ne pouvons donc pas nous justifier en plaidant l’ignorance. Même les sages païens, qui ne connaissaient pas le vrai Dieu, disaient : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne désirez pas que l’on vous fasse. » Cette loi est inscrite du doigt de Dieu dans le cœur de tous. « L’âme humaine est chrétienne par nature », dit Tertullien. Les saints Pères, qui ont compris par expérience toute la puissance pleine de grâce de cette règle, ont dit : « La vie et la mort dépendent du prochain. » Mais bien que la vertu soit si naturelle et si proche du cœur humain, elle ne peut néanmoins être obtenue sans peines et sans tentations, qui semblent insupportables à notre nature pécheresse. C’est pourquoi le Seigneur dit : entrez par la porte étroite.

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De Saint Nectaire d’Egine

L’homme a été créé pour être une demeure pour Dieu, donc le sommet de sa joie et de son bonheur réside dans le fait de faire le bien, car il n’y a qu’en Dieu que se trouve le bien. Celui qui ne croit pas ne jouit pas de cette bonté car Dieu a quitté son cœur, ainsi son cœur n’étant plus rempli du Dieu Infini et Illimité, tout autour de lui est gémissement et désespoir. Alors il cherche, aspire et halète après les choses, mais rien ne peut le remplir, car tous les plaisirs de la vie sont incapables de combler le vide du cœur humain. Saint Nectaire.

Un conseil de saint Ignace Brianchaninov

Si vous avez le désir de devenir un membre sincère plein de zèle de l’Eglise Orthodoxe cela s’effectue en accomplissant les commandements de l’Evangile concernant ceux que nous côtoyons. Ne les condamnez pas; ne leur faîtes pas la leçon, n’essayez pas de leur prêcher ou de les enseigner. Corriger ceux qui vous sont proches de cette manière n’est pas une expression de foi mais un zèle insensé. Lorsque l’on a demandé à saint Poemen le grand en quoi consistait la foi il a répondu que la foi consiste à rester humble et montrer de la compassion : c’est à dire rester humble en présence de ceux que nous côtoyons et leur pardonner leur manque de courtoisie et leurs offenses et critiques , en somme tous leurs péchés. Ainsi la foi « active » ( par opposition à la foi dogmatique ) se manifeste dans une humilité réelle et la miséricorde envers le prochain et laissons le travail du jugement sur les épaules de ceux qui ont la charge de juger et de diriger leurs frères.

The Arena. Holy Trinity Monastery. Jordanville, N.Y. 1997 p.142

Roi Céleste

Roi Céleste

Saint Sophrony l’Athonite

Roi céleste, Consolateur, Esprit de Vérité (In 14, 16-17), 

Toi qui procèdes du Père et reposes dans le Fils (In 15,26), 

viens et demeure en nous, 

instruis-nous dans la vérité tout entière (In 16, 13), 

et sauve nos âmes,

 Toi qui es bonté. 

Saint Sophrony l’Athonite.

«Mais quand Il viendra, Lui, l’Esprit de vérité, Il vous ins­truira dans la vérité tout entière», nous a promis le Seigneur avant son exode vers la mort sur la Croix. 

Avoir conscience d’être éloigné de Dieu, de ce Dieu caché mais néanmoins aimé, est pénible à l’excès. Maintenant, en réflé­chissant à ce qui m’est arrivé en réalité durant ces années bénies, trois remarques me viennent à l’esprit. D’abord, la soif de Dieu dont j’étais dévoré me semblait tout à fait naturelle, «la seule chose nécessaire» (Luc 10,42) dans l’état pitoyable dans lequel je me trouvais. Ensuite, je sais que je suis faible, instable en tout … ; d’où m’est donc venue cette prière qui excède les forces de ma nature? Enfin, ne serait-ce pas le Seigneur lui-même qui m’a attiré par sa force? N’y a-t-il pas eu là union de deux volontés: celle de Dieu et la mienne, dans la mesure où notre Dieu et Créateur n’accomplit rien en nous sans notre accord ni notre concours? 

La détresse de mon âme était incessante – jour et nuit. Mon tourment se déversait en une prière également ininterrompue, même durant le sommeil ou lorsque je me trouvais parmi d’autres personnes. En leur présence, cependant, une certaine force me rete­nait de manifester mon état à l’extérieur; mais dès que je revenais chez moi – et parfois avant même que j’aie eu le temps de refermer la porte de ma chambre -les pleurs s’emparaient à nouveau de moi. Par moments, la douleur de l’âme causée par ma séparation d’avec Dieu me jetait à terre; dans le silence nocturne, des heures durant, je ne cessais de verser des larmes et de me lamenter sur ma perte, d’une grandeur inexprimable. Mon être tout entier, mon intellect, mon cœur et même mon corps, tout s’unissait étroitement, forte­ment, à la manière d’un nœud bien serré. Et lorsque les pleurs franchissaient une certaine limite, la terre, tout le monde visible disparaissait de ma conscience; j’étais là, seul devant Dieu. L’impal­pable Lumière qui jaillit de l’Éternel me permettait de me voir non dans mon apparence extérieure, non dans les conditions de ma vie quotidienne, mais d’une manière étrange que je ne saurais décrire: je me tenais devant mon Créateur, radicalement nu dans mon être même. Il ne restait rien en moi de caché à ses yeux. 

Un des événements les plus marquants de ma vie fut, grâce à la bonne providence de Dieu à mon égard, ma rencontre avec le starets Silouane. A cet homme humble, il avait été accordé d’En-haut de prier pour le monde entier comme pour lui-même. En lui cependant prédominait l’affliction pour ceux qui étaient déjà partis d’ici-bas. Son âme était rivée à la vision de l’enfer qui est au-delà des limites de la terre. Il contemplait cet enfer en raison de son expérience – qu’il lui avait été donné de vivre – de la réalité de cet état spirituel de l’esprit humain. Il n’était, d’une manière géné­rale, limité dans sa prière ni par le temps ni par l’espace, car son esprit était constamment tourné vers l’éternité. En moi, en revanche, prévalait la vision de l’enfer ici-bas, dans l’Histoire. 

Ma vie au désert -loin de me libérer de cet état – augmenta, au contraire, mon tourment pour le monde, en raison des évé­nements tragiques de notre époque; cela, plus spécialement durant la Seconde Guerre mondiale. Le désert me donnait la liberté de me livrer à la prière pour l’humanité, particulièrement durant les heures de la nuit. J’étais en quelque sorte possédé par la perception des souffrances du monde entier. Mon expérience de la Première Guerre mondiale et, à sa suite, de la révolution russe, y avait sans doute contribué. J’avais vécu pendant des années dans une étouf­fante atmosphère de haine fratricide, d’abord dans la guerre inter­nationale, puis dans la guerre civile. Depuis, je préfère entendre parler de la perte de plusieurs milliers de vies humaines dans des catastrophes naturelles, par exemple, les tremblements de terre, les inondations, les épidémies, etc. Les désastres de ce genre suscitent normalement de la compassion de toutes parts, alors que les guerres entraînent, pour ainsi dire, tous les hommes sans exception dans une complicité morale avec les massacres qui sont perpétrés, Il n’y a pas de plus grand péché que la guerre. Ces années-là, je vivais la Liturgie en me souvenant du Christ lors de la nuit de Gethsémani et du jour terrible du Golgotha. J’étais dans le désespoir: la pre­mière chute de l’homme se dévoilait sous mes yeux dans toutes ses dimensions. Comment suis-je resté vivant? Je n’en sais rien. 

«Quand Il eut pris le vinaigre, Jésus dit: « C’est achevé » et, inclinant la tête, Il rendit l’esprit» (Jean 19, 30). Qu’y avait-il dans la conscience du Christ lorsqu’il prononça ces mots: C’est achevé? Personne n’est en mesure de dévoiler en plénitude cette éternité dans laquelle notre Seigneur demeurait constamment. Mais on ne se trompera sans doute pas en supposant que sa vision globale n’intégrait pas seulement son extrême «kénose» – jusque et y compris la descente en enfer -, mais aussi sa victoire sur la mort: 

Il apercevait, dans la Lumière du Royaume du Père, la multitude de ceux qu’Il avait sauvés. Le dessein du Très-Haut sur l’homme dans l’intellect créateur de Dieu dès «avant la création du monde» devient maintenant possible et se réalise: le Christ a achevé «l’œuvre» que le Père lui a confiée (voir Jean 17, 4). 

Nous sommes dans la crainte, l’effroi, lorsque les degrés extrêmes de la souffrance se découvrent devant nous. Mais la voie chrétienne a précisément ceci de particulier que, en même temps que la descente dans le pays des affres de la mort, l’esprit humain a la possibilité de monter dans la sphère de la Lumière incréée. Lorsque des épreuves insupportables, à ce qu’il nous semble, s’abat­tent sur nous, l’accès à une surabondance vraiment infinie de vie s’ouvre à nous, à l’improviste. Alors, nous commençons à connaître plus profondément le Christ, dans son humanité et sa divinité. Alors, notre esprit triomphe et s’étonne du miracle que Dieu a accompli pour nous. De la même manière que la prière de Geth­sémani demeure éternellement dans sa réelle puissance, que la mort du Christ au Golgotha est inscrite pour toujours dans le corps de l’univers créé, que tous les actes et toutes les paroles du Seigneur sont ineffaçables de l’histoire de notre race, de même seront gravés en nous aussi, pour toute l’éternité, tous les labeurs que nous aurons accomplis dans notre marche à la suite du Christ, mais transfigurés par la force de l’amour divin. 

Référence :

Voir Dieu tel qu’Il Est. Archimandrite Sophrony. Sel de la terre. 2004.

Quelques paroles de Saint Paissios (+1994)

Il faut croire en Dieu avec philotimo ( philotimo=noblesse d’âme, bonté, reconnaissance, amour purifié exempt de tout retour sur soi, de celui qui ne regarde jamais son propre intérêt mais ne cherche qu’à être agréable à Dieu, le Père Païssios considérait cette vertu comme le fondement du progrès dans la vie spirituelle), et ne pas demander de miracle. Tu sais comme je suis troublé quand des adultes viennent me dire qu’ils voudraient voir un petit miracle qui leur permettrait de croire. S’ils étaient encore enfants, ils auraient une excuse liée à l’âge. Mais dire que «pour croire, il faudrait voir quelque chose», alors que soi-même, on ne fait rien pour le Christ, c’est si vil. Et même s’ils voyaient un miracle, cela leur serait-il utile? Ils diraient que c’est de la magie ou quelque chose du genre.

Geronda, comment renforcer la foi?
La foi se renforce par la prière. L’homme qui n’a pas cultivé la foi en lui-même dès son enfance, mais qui est disposé à le faire, il peut la faire grandir par la prière en demandant au Christ d’augmenter sa foi. Nous devons demander au Christ d’augmenter notre foi et de la faire grandir. Que demandèrent les Apôtres au Christ? «Augmente notre foi». Si tu dis augmente, cela signifie que tu te confies à Dieu. Car si l’homme ne se confie pas à Dieu, qu’est-ce que Dieu pourrait augmenter en cet homme? Nous devons demander à Dieu d’augmenter notre foi non pour faire des miracles, mais pour L’aimer plus. Tout contribue à l’augmentation de la foi en Dieu, tant les fleurs que les sauterelles, les étoiles et la foudre. Nous voyons tout cela, mais nous n’en tirons aucun profit car nous acceptons les «télégrammes», les pensées que nous envoie l’ennemi. Par exemple, s’il n’y avait pas le sel, la mer pourrirait. Toutefois, si un homme dépourvu de foi analyse de l’eau de mer dans son laboratoire, il n’en tire aucun profit car il n’a pas purifié son propre cœur du sel. Si l’homme travaillait avec philotimo, avec de bonnes pensées il verrait même ce qui lui semble absurde d’un œil différent, à l’aide de l’éclairage de Dieu. Et il rendrait gloire à Dieu.

http://www.lalorgnettedetsargrad.gr/2023/05/22/saint-paissios-lathonite-la-logique-ruine-la-foi/#easy-footnote-bottom-4-7987