Conseils sur la prière

Conseils donnés à une personne sur la prière (par l’Archimandrite T. Bitar)

Traduction à partir de l’original que l’on peut trouver sur : http://holytrinityfamily.org/points%20on%20letters/2011/110220.html

Il est venu me demander: « Je ne prie pas  beaucoup ces temps-ci, je pense que je vis dans la  négligence. Que dois-je faire pour retrouver ma prière? »

Si tu veux, vraiment retrouver  ta prière, tu peux le faire à l’instant. La prière est un acte de volonté. Par la prière tu acquiers la prière. Prie régulièrement. Un peu ou beaucoup? Peu importe!  En ressentant quelque-chose ou sans rien ressentir ?  Ici encore peu importe ! La prière tu la commences sur le plan physique (c’est-à-dire avec le corps). Par des mots, avec des gestes. Il est important de les exécuter avec attention. Sans aller trop vite et sans trop de lenteur. N’élève pas la voix et ne la baisse pas trop non plus. Agis avec modération. Fais attention à ce que tu dis. Comprends bien le sens de chaque mot prononcé. Chaque fois que ton esprit se dissipe, même si c’est peu, ramène-le à la prière. La prière  se fait avec le corps, c’est-à-dire par  la bouche, par la main et les doigts,  en penchant le corps, en se prosternant et en même temps il faut que l’on garde l’attention, la compréhension du sens. Ce qui vient d’être précisé ainsi que ce qui s’en rapproche est une introduction à la prière du cœur. Dans la prière, le mouvement vient de l’extérieur et se dirige vers l’intérieur, et ensuite il est porté vers le haut. La prière assure la maîtrise de soi, elle fait entrer l’homme dans la paix intérieure, la paix intérieure conduit l’homme à la piété, et la piété fait jaillir en lui le parfum de la paix. Après cela tout se suit.

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A propos du pardon.

Pardonner à chacun pour toute chose
3 septembre 2011 par fatherstephen (à partir du site: http://fatherstephen.wordpress.com/)

Dans l’œuvre magistrale de Dostoïevski, « Les Frères Karamazov », on trouve le récit de Markel, le frère aîné de Zosime, qui est atteint de tuberculose et qui est mourant. Dans ses derniers jours, il revient  à une foi renouvelée en Dieu et à une compréhension vraiment profonde du pardon. Au cours d’un entretien  avec sa mère, elle se demande avec grand étonnement comment il peut être si joyeux  alors que sa maladie est dans un stade de gravité avancée. La réponse que fait Markel à sa mère est une illustration de ce qui constitue le cœur de la vie chrétienne orthodoxe.

«Maman », lui dit-il, « ne pleure pas ; la vie est un paradis, et nous sommes tous au paradis, mais nous ne voulons pas le réaliser, nous ne voulons pas le comprendre et nous ne cherchons pas non plus à le comprendre. Mais si nous cherchions à le comprendre le paradis serait établi partout dans le monde dès demain « . Nous étions tous étonnés de ses paroles, qu’il prononçait si étrangement et si résolument ; nous avons ressenti une tendre émotion et nous avons pleuré. …« Chère maman, toi qui es une parcelle de mon sang, dit-il (à cette époque, il avait commencé à utiliser ce genre de mots affectueux de façon imprévisible), «parcelle de mon sang bien-aimée et pleine de joie, tu dois réaliser qu’en vérité  chacun de nous est coupable devant tous et en tout. Je ne sais pas comment expliquer cela, mais je le ressens au plus profond de moi-même au point que cela me tourmente. Et comment avons-nous pu vivre tout ce temps en étant en colère avec les autres et ne sachant rien de tout cela? » [Il se considérait coupable devant les oiseaux et  face à toute la création] …«Oui, dit-il, tout autour de moi, il y a eu de telles manifestations de la gloire divine: les oiseaux, les arbres, les prairies, le ciel, et moi seul j’ai vécu sans la grâce. Moi seul j’ai déshonoré tout cela, en ignorant complètement sa beauté et sa gloire »

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Méditation sur le salut à travers l’évangile de la cananéenne

EST-CE QUE CEUX QUI SERONT SAUVES SONT-ILS PEU NOMBREUX ?
Méditation sur l’évangile de la cananéenne (Marc ;7 :24-30) et sur la souffrance.
Texte traduit à partir du site cité en fin d’article.

….Je lui ai demandé, dans une rue de Moscou, c’était à l’époque du communisme en 1980, il était russe et âgé de 50 ans: «Croyez-vous en Dieu? » Il s’est tu un peu, a souri puis il a répondu: «J’ai un cœur ».

Il m’a ainsi apporté la réponse à la question qui me revenait sans cesse à l’esprit depuis longtemps, qui revient fréquemment dans la Bible et a qui été posée au Seigneur sans qu’Il ne réponde: «Est-ce que ceux qui seront sauvés sont-ils peu nombreux ?» (Lc 13:23). Il s’est contenté de dire: «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite! » (24)

Bien entendu la question qui a été posée au Seigneur l’a été par un Juif, peut-être par curiosité et non à cause d’une épreuve. La réponse du Seigneur a été semblable à la réponse de l’ange du Seigneur à Antoine le Grand (Moine Egyptien): «Occupe-toi de ton salut et laisse les jugements de Dieu à Dieu! »

Qu’entendait le Seigneur par la porte étroite? La porte du repentir? La porte de la douleur? La porte de l’ascèse? Ou bien la porte de la Foi ? « Parce que beaucoup chercheront à entrer et ne pourront pas (Luc ; 13 :24)?

En ce qui me concerne la porte étroite est le cœur!

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Réflexions sur la prière

REFLEXIONS SUR LA PRIERE
(Traduit à partir d’un texte du blog d’un prêtre du Patriarcat d’Antioche avec un commentaire intéressant écrit par une fidèle).

La prière est le fondement de la vie en Christ ; les saints ont lutté intensément afin de se tenir dans la proximité de Dieu et pourtant eux aussi ont dû subir la dispersion de l’attention lors de la prière.
Voici ce que dit Jean Climaque dans l’Echelle Sainte : « Lutte en permanence contre la dispersion par les pensées lors de la prière et chaque fois que ton intelligence vagabonde rassemble-la et ramène-la en toi-même, car Dieu n’exige pas de celui qui prie une prière sans dispersion de l’intellect. Ne te décourage pas si tu es volé par les distractions mais prends courage, tiens bon et ramène ton intellect vers les paroles de la prière, car seuls les anges peuvent prier sans distraction ». (4/101). La signification de ceci est très claire, c’est que l’homme de foi lorsqu’il se tient devant Dieu dans la prière est soumis à la perte de son attention par la dispersion des pensées ; mais ce qui compte est qu’il se souvienne de la présence de Dieu et qu’il ramène son esprit dans les paroles de la prière.
Dans la vie des saints, on peut s’étonner de remarquer qu’en ce qui concerne par exemple Jean de Cronstadt et Séraphin de Sarov, que tous les deux ont connu des périodes durant lesquelles leur prière était tiède et que par conséquent ils ont essayé de toutes leurs forces de retrouver la douce chaleur qu’ils ont connue au cours de leur itinéraire spirituel. Lorsque Séraphim a ressenti que sa prière devenait tiède il s’est installé sur un gros rocher pendant 1000 jours afin de retrouver la chaleur dans sa prière. Quand à Jean de Cronstadt, il a ressenti une année durant de la sècheresse dans sa prière mais il n’a jamais dévié de sa règle quotidienne de prière.
Prier toujours avec persévérance est ce nous rend réceptif à la présence de Dieu. Nous devons faire confiance en ce que Dieu se met à notre niveau dans la prière, qu’il vient combler notre impuissance et nous aide par Son Esprit…
Pourquoi ressent-on de l’aridité dans la prière ? Il y a au moins deux raisons à cela. La première est que Dieu connait la faiblesse de nos moyens et veut que nous fassions des progrés . La deuxième est que Dieu n’accepte pas la prière de celui qui veut rester dans son pêché. Dans le premier cas l’absence de Dieu sert à notre éducation alors que dans le deuxième cas Dieu nous appelle par Son absence à la repentance. La prière ne consiste pas à répéter des mots mais à mettre en accord les paroles et les actions. Et dans les deux cas Dieu, par Son absence, nous montre Sa miséricorde afin que nous arrêtions d’être têtus ou négligents et afin qu’augmente notre amour pour Lui et notre désir de L’écouter.
Il faut savoir que Dieu n’est jamais absent lorsque nous prions. Mais sa présence sensible serait une cause de condamnation si nous sommes négligents. Il ne se montre pas afin de ne pas juger, et afin que nous prenions conscience que les paroles que nous prononçons supposent sincérité et sanctification de vie.
Celui qui recherche la chaleur dans la prière doit faire preuve de patience, courage et sincérité. Car ce désir signifie que l’on cherche à aller au-devant de la Vie Eternelle dont la beauté est indescriptible et qui est la réalité que Dieu donne au moment qui convient à ceux dont la préparation à la Vie s’est achevée.
P. Boutros Elzein (Patriarcat d’Antioche)

Un commentaire à propos de ces réflexions, commentaire effectué par une lectrice Nahla N.
Souvent on se retrouve dans la situation où l’attention se disperse au cours de la prière. Pour ma part je trouve que cela est dû à plusieurs raisons dont celles-ci :
1) La non préparation à la prière qu’elle soit faite à la maison ou à l’église. Ainsi comme il convient que nous soyons psychologiquement préparés aux questions qui peuvent nous être posées lors d’une comparution devant un tribunal ou lors d’un entretien avec notre directeur dans notre boulot, il en est de même avec Dieu : il faut se préparer à se tenir devant Lui et à Lui parler directement car telle est la véritable prière, une rencontre avec le Seigneur.
2) Que cherches-tu dans ta prière ? Il y a un besoin urgent ? La santé ? Trouver un travail ? Une cause de découragement est le sentiment de ne pas être exaucé. Beaucoup se présentent à la prière avec une liste de demandes et il est vraiment rare qu’il leur vient à l’esprit qu’il faut remercier Dieu pour tous les bienfaits qu’Il nous donne. Nous oublions que nous sommes Ses enfants et non pas Ses esclaves, et l’enfant ne mendie pas, l’enfant fait preuve d’obéissance, d’amour et de respect et le Père sait ce qu’il convient de faire avec Son enfant. Sois un enfant et pas un mendiant.
3) Dire rapidement les paroles de la prière lorsqu’on la connaît par cœur : Avec le temps cela devient une habitude et un devoir ce que je n’aime pas comme appellation. Dieu ne nous impose aucune règle car ce qui est imposé devient règlement et tout règlement est établi afin de sanctionner ceux qui y contreviennent. Il n’en est pas de même avec Dieu. Nos prières sont des rencontres avec Lui, on s’enlace avec le Seigneur. Nos prières ne sont pas des mots magiques qui se retournent contre nous si on ne les dit pas avec minutie.
« Apelle-moi et je t’exaucerai » Jr3-33
« Demandez et vous obtiendrez. Cherchez et vous trouverez. Frapper et on vous ouvrira » Math. 7-7
Il n’y a pas de plus grande joie que lorsque j’apprends que mes enfants marchent dans la vérité. 3Jean1 :4.
4) Ne pas parler ni regarder autour de soi à l’église.
5) Prière à la maison : qu’elle se fasse devant une icône avec une bougie allumée. Et lorsque tu regardes l’icône parle-lui et ne te contente pas de l’observer. Dis les paroles avec calme sans précipitation comme si tu conversais avec une personne. Même les paroles du Notre Père lis-les dans un livre, réfléchis au sens des paroles et ne t’empresse pas de les réciter. Et à la fin examine-toi toi-même, considère ta propre vie et parle directement avec Dieu en disant des mots qui sortent de ton cœur, remercie-Le pour Sa Gloire, prosterne-toi devant Lui, fais Lui part de tes désirs pour ta propre vie en veillant à ce que tes paroles soient conformes à la volonté de Dieu et que la réalisation de tes désirs sert à compléter ta vie avec le Seigneur. Dis ce que tu souhaites et laisse Dieu agir à Sa façon car le temps de Dieu n’est pas le temps de nos horloges. Continue ta vie avec joie en ayant confiance que Dieu réalisera en son temps ce qui t’est utile.
Et pour terminer consacrez-moi quelques mots de vos prières afin d’intercéder en ma faveur afin que Dieu me fasse miséricorde à moi sa faible servante.
Amen.
http://vb.orthodoxonline.org/entries/53-