Une loi spirituelle

« Nous devons toujours être prêts à ce que notre bien soit répondu par le mal. Selon la loi spirituelle, comme le jour suit la nuit, le bien est toujours suivi du mal. Les Saints Pères disent figurativement que nous recevons très souvent « la bile pour la manne ». Cela vient du Seigneur. C’est un test de notre foi, de notre volonté de vivre selon les commandements de Dieu et de faire courageusement (malgré tout !) le bien. »
St Ignace Brianchaninov

 

Sur le but de la vie (Saint Nectaire d’Egine)

Le but de notre vie, c’est l’acquisition de la perfection et de la sainteté. C’est devenir les dignes enfants de Dieu et les héritiers de son Royaume. Prenons garde de nous priver de cette vie future en donnant la priorité aux choses de la vie présente. Ne nous écartons pas du but et du sens de la vraie vie en privilégiant les soucis et les tribulations qui sont inhérents au monde d’ici-bas. Le jeûne, les veilles et la prière ne peuvent à eux seuls produire les fruits escomptés. Ils ne constituent pas en soi le véritable but ; ils ne sont que des moyens pour atteindre ce but. Aussi, ornez vos cierges d’authentiques vertus. Luttez sans cesse pour déraciner les passions qui sont en vous. Purifiez vos cœurs de toutes ses souillures pour qu’il devienne la demeure de Dieu et que l’Esprit Saint y trouve de quoi le remplir de ses dons divins. Mes bien-aimés, que toutes vos préoccupations et tous vos soucis tendent uniquement vers cela, vers ce seul but déjà cité qu’il ne faut en aucun cas délaisser. C’est en vue de cela que votre prière est essentiellement adressée à Dieu. A chaque instant de votre existence cherchez d’abord Dieu. Mais cherchez-Le là où Il se trouve : à l’intérieur de votre cœur et uniquement là. Et lorsque vous L’aurez enfin trouvé, tenez-vous devant Lui avec effroi et crainte à l’instar des Chérubins et des Séraphins parce qu’alors votre cœur sera devenu le trône de Dieu. Toutefois, pour trouver le Seigneur, humiliez-vous plus bas que terre parce que Dieu vomit les orgueilleux tandis qu’Il aime au contraire et visite les humbles de cœur. C’est pour cette raison qu’Il a dit par la bouche d’Isaïe (ch. 66/2) : « Celui qui attire mes regards, c’est l’affligé, le cœur contrit qui craint ma parole ». Mène le bon combat donc et Dieu en retour te fortifiera. Par ce combat nous localisons nos propres faiblesses, nos manques et nos défauts personnels. Car ce combat incessant n’est que le miroir de notre situation spirituelle : celui qui n’a jamais mené ce type de combat, celui-là n’a jamais non plus été capable de connaître son état intérieur réel. Attention à ce que vous considérez comme étant  » vos petits péchés « . Si par inadvertance il vous arrive de succomber à un péché, surtout ne désespérez pas : relevez-vous vite, tombez à genoux devant Dieu, Le seul capable de vous redresser. Ne vous enfermez pas dans votre grande tristesse, qui ne sert qu’à couvrir votre fierté. Les états de tristesse exagérée et les moments de désespoir qui nous saisissent nous font beaucoup de tort et ils finissent par devenir pour nous un vrai danger. Très souvent ils ne sont que l’œuvre du diable afin que nous mettions un terme à notre bon combat. On trouve aussi en nous des faiblesses et des défauts et des passions dont les racines sont profondes ; plusieurs d’entre eux nous sont par ailleurs héréditaires. On ne se défait pas de tout cela en usant d’expédients spasmodiques ni en succombant à l’anxiété et au désespoir mais on en guérit en usant de patience, de persévérance, de fermeté envers soi-même, de sollicitude et d’attention. C’est vrai : la route qui mène à la perfection est longue et ardue. Priez Dieu de vous en donner la force. Affrontez vos chutes avec patience et une fois debout, ne vous attardez pas, comme le font d’habitude les gosses, sur le lieu de votre chute en poussant des hurlements et en versant des pleurs la plupart des fois inconsolables. Restez sans cesse vigilants et sans cesse priez pour ne point succomber à la tentation. Et s’il vous arrive de tomber dans des fautes déjà anciennes, surtout ne vous laissez pas aller au désespoir car nombre d’entre elles sont naturellement puissantes et c’est par habitude qu’on les commet. Cependant, avec le temps et la persévérance, on trouve aussi le moyen de les vaincre. Pour cela loin de vous tout désespoir !

http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/spiritualite/StNectaire1.htm

Le bienheureux Symeon

En 1922 un orphelin du nom de Syméon et d’origine grecque arriva d’Asie mineure avec d’autres réfugiés. Il s’installa au port du Pirée dans une cabane de fortune et y grandit tout seul. Il possédait une brouette et travaillait comme porteur dans le port du Pirée. Il était illetré et ne connaissait pas grand chose au sujet de notre foi orthodoxe. Il était cependant doté d’une bienheureuse simplicité et d’une foi pure et spontanée.

Quand il fut en âge il se maria eut deux enfants et démenagea avec sa famille à Nicée. Il se rendait chaque matin au port du Pirée pour gagner son pain. Il passait tous les matins par l’église Saint Spyridon entrait à l’intérieur allait se planter devant l’iconostase et ôtant son chapeau il disait : Bonjour mon Christ, c’est moi Syméon. S’il te plaît aide moi à gagner mon pain aujourd’hui. Le soir quand sa journée était terminée il passait de nouveau par l’église allait devant l’iconostase en disant : Bonsoir mon Christ c’est moi Syméon. Merci de m’avoir aidé encore aujourd’hui.  C’est ainsi que passèrent les années de Syméon béni de Dieu.

Aux alentours de 1950 tous les membres de sa famille contractèrent la tuberculose et s’endormirent dans le Seigneur. Syméon resta tout seul et continua à travailler sans se plaindre et sans jamais manquer de passer par Saint Spyridon pour saluer le Christ matin et soir lui demandant son aide et le remerciant.

Devenu agé Syméon tomba malade. Il entra à l’hôpital où il resta environ un mois. La femme chef de service originaire de Patra lui demanda un jour :  » Grand Père çà fait de longs jours que vous êtes ici et personne n’est venu vous voir. Vous n’avez personne au monde?

–  Tous les matins et tous les soirs le Christ vient me réconforter.

-Ah bon? Et que vous dit-il?

– Bonjour Syméon c’est moi le Christ sois patient.

Cela sembla étrange à cette femme aussi fit-elle venir son père spirituel le Père Christodoulos Phassos pour vérifier que Syméon n’était pas tombé dans quelque illusion. Le Père Christodoulos entama la conversation avec lui et lui posa la même question et Syméon formula la même réponse.  Matin et soir aus heures où Syméon avait coutume d’aller à l’église saluer le Christ c’est le Christ qui venait à présent saluer Syméon. Le père spirituel lui demanda :

– C’est peut être ton imagination?

– Non père ce n’est pas pour me vanter c’est le Christ.

– Il est venu aujourd’hui aussi?

– Oui.

– Et qu’est ce qu’il t’a dit? – Bonjour Syméon c’est moi le Christ sois patient ; dans trois jours je vais te prendre auprès de moi très tôt le matin.

Les deux jours suivants le père spirituel revin à l’hôpital pour parler avec Syméon et apprendre quelle avait été sa vie . Il comprit qu’il s’agissait d’un homme béni. Le troisième jour à l’aurore il alla de nouveau voir Syméon pour constater si la prévision concernant sa mort allait se vérifier. Et en effet tandis qu’ils bavardaient ensemble Syméon s’écria soudain  » Voilà le Christ » et il s’endormit du sommeil du juste.

Mémoire éternelle. Amen.

Source: Petits miracles & histoires édifiantes.  Pages 82 à 85. Editions Apostalia. Imprimé  en 2021. On peut commander le livre ici:  https://www.monastere-transfiguration.

 

 

 

Dieu est Amour

Dieu est Amour»
Mère Mariam Zacca.

 

J’ai connu quelqu’un qui a résidé plu­sieurs mois au Monastère de Saint-Jean Baptiste, dans l’Essex. À la suite d’un entre­tien avec un des Pères spirituels du Monas­tère, au sujet de l’essence de Dieu, il adressa au Seigneur, le soir, avant de dormir, une prière d’attente ardente, Lui demandant avec la liberté et la simplicité des enfants: «Sei­gneur, je voudrais mieux te connaître … Quelle est ton essence, ô mon Dieu», Puis il dormit. Quand il se réveilla, le lendemain de bon matin, pour prier, étant encore au lit, la lumière de la Sainte Trinité brilla devant ses yeux et il fut pris dans cette nuée lumi­neuse qui lui apparaissait de sa fenêtre et en­tendit une voix qui lui répondait en francais :

«Dieu est Amour»

Puis il se rendormit. Il s’endormit du­rant plus d’une heure et se réveilla porté par cette nuée lumineuse, divine, et y demeura durant quatre jours … buvant, mangeant, priant, écrivant, marchant et traduisant, en­vahi par une joie divine sans pareille … Il re­gardait les visages des Pères, des moines et des moniales avec amour et leur murmurait son amour en silence … Et durant la prière quotidienne, à l’église –la «Prière de Jésus» -, ses larmes se répandirent pour son pé­ché, et pour toute la création afin qu’elle re­vienne à Dieu. Durant les Divines Liturgies, il vit la lumière de la Trinité enveloppant le saint autel et le prêtre de la semaine. Il vit la lumière resplendir au ciel, autour du monas­tère et dans les bâtiments … Il vit la lumière le séparer de la matière. La nourriture devint pour lui légère, sans consistance, et tout le reste se voila. Toute ténèbre, toute épaisseur, tout l’univers autour de lui s’illuminait de la lumière de la Trinité, et il sentit des vagues, semblables aux vagues de la mer, sortir des étendues autour de lui et venir en lui, puis sortir de lui dans l’univers; des vagues d’af­fliction sur toute créature et tout homme au monde. Il sut de tout son être comment il est accordé à l ‘homme, par la grâce divine répandue d’En-Haut de par Dieu, de deve­nir un vase vide pour le Saint-Esprit; de de­venir une demeure de l’Esprit, de la lumière, de l’Amour Divin. Et, au sein de cette expé­rience divine, il se demanda ; «Comment vivais-je, moi, avant cette expérience de la connaissance de Dieu Sans cette aspiration et cet amour » Et il sut, en son cœur, après cette expérience, que sa prière ct sa vie entière s’adonneraient à acquérir cette lumière ct ce feu de l’amour divin et qu’il prierait, avec saint Silouane l’Athonite, afin que le monde entier connaisse cette joie éternelle …

Il y a, frères bien-aimés, deux manières de vivre dans le monde: la vie avec Dieu et la vie hors de Dieu. Et chacune des deux manières a ses degrés. La vie avec Dieu, et en Dieu, est la vie de l’Évangile, la vie de l’Esprit divin répandu sur le monde, création nouvelle. Et cette vie est celle que le Seigneur Jésus-Christ nous envoya après son ascension auprès du Père céleste, son Père, par l’intermédiaire du Paraclet, l’Esprit de vérité, le Saint-Esprit. Et cette vie, est la vie du Fils, le Verbe incarné, parvenue jusqu’à nous par son premier commandement – «, Aime Dieu, ô homme, de tout ton cœur, de tout ton esprit, de toute ton âme » – et par son deuxième commandement – « Aime ton prochain comme toi- même » (Matthieu 22,37 ; Marc 12,30; Luc 10,27/ Matthieu 22,39; Marc,12, 31) Et, au terme de sa vie sur terre, le Seigneur Jésus-Christ donna son dernier commandement à ceux qui le suivi­rent, à ses disciples, en disant: «Aimez vous les uns les autres, afin que le monde croie que vous êtes mes disciples» (Jean 13,34- 35). En ces trois commandements réside le plérome, la plénitude de la grâce, la vraie vie qui était en Dieu depuis l’Éternité et qu’Il donna au monde, à toute âme humaine qui s’engage, sincèrement et fidèlement, à vivre en ce monde les commandements du Seigneur.

Et l’homme tomba hors du paradis de la gloire divine où il fut créé. Il tomba hors de la grâce divine qui l’ombrageait, il tomba du sein du Père avec Ève, sa compagne. Et sa chute fut terrible. Et, à l’instant même, l’en­vahit une ténèbre épaisse, la ténèbre de la haine, de la tristesse, de la peur de l’autre; et l’homme dériva vers son ego profond, fut entraîné vers le fond de la mort, parce qu’il s’éloigna de Dieu et, par suite, de son pro­chain. Il fut séparé de son Dieu, de son sem­blable, de sa compagne, de son prochain; et alors entra en vigueur la loi de l’égoïsme, la loi des ténèbres et des ombres de la mort où séjournera l’homme.

«Non pas nous, Seigneur, non pas nous, mais ton nom, glorifie-le»(Psaume 115,1). «Qu’est- ce que donc l’homme pour que tu songes à lui et le fils de l’homme pour que tu en prennes soin »(Psaume 8, 4-5).

Et la gloire du Verbe divin en la vie hu­maine est la dignité unique qui resta à l’homme après sa chute du sein du Père, du Paradis, car Dieu nous laissa au monde, comme un Caïn nouveau, marqué au front de la marque du meurtre de son frère Abel.

Et cette marque restera l’empreinte de la chute d’Adam hors du Paradis et le signe de sa haine pour son frère l’homme, et une dou­leur qui aiguillonne le cœur de celui qui prie afin d’effacer, par ses larmes, ses supplications, ses soupirs et l’exaucement de Dieu, la lai­deur de son action première.

“Élève-nous, Seigneur, vers Ta Résurrection, autant que possible, dans cet univers que Tu as créé, et répands sur nous Ton Esprit Saint afin que nous voyons la vie par Lui et que nous t’aimions, et que nous aimions notre frère, et nos ennemis. Amen”.

 

https://holytrinityfamily.blogspot.com/2021/07/dieu-est-amour-mere-mariam-zacca.html