Bulletin du mois de février 2019 de l’Eglise Orthodoxe à Maurice

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

Numéro 39, février 2019

Les dix lépreux

Evangile selon St Luc 17/12-19

Jésus entrait dans un village quand dix lépreux vinrent à sa rencontre.

Ils se tinrent à distance et se mirent à crier :

Jésus, maître, aie pitié de nous !

Jésus les vit et leur dit :

Allez vous montrer aux prêtres.

Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris. L’un d’entre eux, quand il

vit qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à haute voix. Il

se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et le remercia. Cet homme était Samaritain.

Jésus dit alors :

  • Tous les dix ont été guéris, n’est-ce pas ? Où sont les neuf autres ? Personne n’a-t-il pensé à revenir pour remercier Dieu à part cet étranger ?

Puis Jésus lui dit :

Lève-toi et va ; ta foi t’a sauvé.

 

Dans ce récit évangélique de la guérison des 10 lépreux, nous voyons que c’est un étranger qui vient remercier le Seigneur. Les neuf autres n’ont pas le sens de la gratuité et considéraient en quelque sorte que cette guérison leur était due. Ils n’ont pas le sens de la reconnaissance, ils ne remercient pas le Seigneur. Sans aucun doute, sur les lèvres de Jésus, l’attitude des neuf lépreux évoquait le refus des chefs du peuple d’Israël de reconnaître en lui le Messie. Ce sont des Samaritains, des étrangers qui l’ont accueilli.

Mais ce récit de l’Évangile contient un enseignement beaucoup plus universel, qui concerne chacun d’entre nous. Aujourd’hui proclamé dans l’Église, ce récit des 10 lépreux nous rappelle l’importance de l’action de grâce dans notre vie chrétienne. Tout est grâce pour le chrétien. L’économie nouvelle n’est plus un échange entre Dieu et l’homme, n’est plus une alliance où la réciprocité est essentielle : l’homme n’a plus à accomplir une loi pour qu’en échange Dieu lui accorde sa grâce. Non, la grâce de Dieu, c’est vraiment un don gratuit, qui se manifeste véritablement comme une merveille de miséricorde, une merveille de l’amour de Dieu.

Si nous sommes justifiés et sauvés, ce n’est pas en vertu de nos mérites, ce n’est pas parce qu’il y aurait en nous quelque chose d’aimable qui mériterait en quoi que ce soit le don de Dieu. Ce don de Dieu est pure gratuité. C’est à cause de cela que l’action de grâce, une actionde grâces émerveillée, doit jaillir de notre cœur. Trop souvent nous considérons que notre vie chrétienne, les dons de Dieu, sont quelque chose de normal, qui va de soi. Nous savons demander, nous savons dire « kyrie eleison », « Seigneur et pitié » nous savons dire : « Seigneur, accorde-nous ceci ou cela », mais nous ne savons pas remercier, nous ne savons pas rendre grâce à Dieu. Finalement nous ne savons pas assez nous émerveiller devant les dons de Dieu, car nous ne réalisons pas quelle est la splendeur de la vie chrétienne, combien nous sommes élevés au-dessus de toutes les réalités purement terrestres.

Dans la liturgie de Saint Jean Chrysostome au moment de l’anaphore nous disons :

« Nous te rendons grâce, à Toi, à ton Fils unique et à ton Saint-Esprit, pour tous les bienfaits répandus sur nous, connus de nous ou inconnus, manifestés ou cachés. »

Car la grâce de Dieu agit en nous et parfois nous ne le savons pas ! Pour cette raison il est important que nous apprenions à rendre grâce, comme le disait Saint Jean Chrysostome juste avant de mourir martyr : « Gloire à Dieu pour toutes choses ! »

Oui, merci Seigneur pour tout !

À travers tous ces dons, c’est le visage de notre Père céleste, visage de gloire et d’amour en même temps, qui se manifeste. Nous devrions avoir les yeux du coeur assez ouverts, tout au long de notre vie, pour découvrir et contempler ces merveilles de l’amour de Dieu, de sa miséricorde, cette merveille qu’est la vie intime, la joie infinie, éternelle des trois personnes de la sainte Trinité, et vivre dans cette louange et dans cette action de grâce qui doivent être comme l’atmosphère continuelle de la vie du chrétien.

Athanasios

 

Divine Liturgie

Chaque dimanche à 9h30

Dimanche 3 février : Jésus et Zachée

10 : La femme étrangère, Mémoire de saint Charalampos

17 : Pharisiens et publicains

24 : le Fils prodigue

Matines à 9h30 les jours de semaine

Eglise orthodoxe de la Sainte Transfiguration

 

Grande-Rivière N-O Ile Maurice (derrière le garage Bala) Divine Liturgie Chaque dimanche à 9h30 Site WEB:

http://orthodoxchurchmauritius.org

Père Athanasios, tel.: 57 33 32 53 E-mail: p.athanasios@myt.mu Père Ian, tel.: 52 57 90 53

E-mail: fr.ian@antiochian.org.nz Père Jean, tel.: 59 05 70 23 E-mail: klepperbali@gmail.com

 

L’Eglise comme hôpital ou comme hospice

Hôpital ou hospice ?
Guérison spirituelle ou contrôle de la douleur spirituelle ?

Puisque l’Église est l’hôpital de l’âme, il est important que nous tirions pleinement parti de toutes les ressources de guérison que l’on trouve dans l’Église. La confession est le commencement le plus important pour que ce processus de guérison commence. La grâce conférée lors d’une bonne confession ouvre grand les portes de la grâce de Dieu et nous permet d’entamer notre voyage intérieur vers la réconciliation.
La communion fréquente aux saints mystères du corps et du sang du Christ nous communique la grâce nécessaire à la guérison de l’âme et libère l’âme du fardeau qui vient du péché qui nous alourdit.
Garder scrupuleusement les règles de prière, selon les instructions de notre prêtre ou de notre père spirituel, contribue également au processus de guérison.

La lecture de livres édifiants spirituellement, ainsi que celles de la vie des saints, contribue grandement à la transformation qui peut être la nôtre si nous prenons notre foi au sérieux. De plus, les règles de jeûne de l’Église sont conçues pour nous aider à retrouver notre intégrité et à poursuivre le processus de guérison qui a commencé lorsque nous nous sommes engagés pour la première fois à vivre une vie en Christ.
Si nous ne parvenons pas à suivre ces pratiques spirituelles qui ont fait leurs preuves et qui ont pour but la guérison du corps et de l’âme, nous ne trouverons pas la guérison qui nous est disponible. Au lieu de cela, nous nous allons nous trouver dans la situation qui consiste à traiter l’Église comme si elle était simplement un hospice où nous obtenons une solution rapide à la douleur et au péché qui nous empêchent de devenir complets, et où nous obtenons des résultats qui sont à court terme et qui ne font que cacher le péché et la maladie qui gouvernent nos vies.
C’est à nous de décider si nous allons permettre à l’Église d’être un hôpital prodiguant la guérison, ou tout simplement un hospice masquant la douleur et le péché. Le choix nous appartient et c’est un choix qui ne devrait pas être différé, de peur que l’heure ne vienne où nous serons appelés à rendre des comptes devant le trône de Dieu et que nous nous tenons devant lui avec un cœur non guéri.

Avec L’amour du Christ,
Abbé Tryphon

Source : https://www.facebook.com/Abbot-Tryphon-1395030584153681/