Ce qu’on aura semé

L’Apôtre écrit : «Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment.» (II Cor 9,6) Ces paroles sont limpides et ne demandent pas d’explications, mais il est parfois bon de les rappeler à la mémoire.

Prenant cette image dans la vie courante, l’apôtre ne parle pourtant pas des graines de plantes mais de notre vie spirituelle, comme il explique ailleurs : «Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle.» (Gal 6,7-8)

Revenons pourtant à l’image de l’agriculteur qui sèmera sa semence. Il se donne toute la peine pour bien faire et faire de mieux en mieux. Il prépare soigneusement la terre pour recevoir la semence, il observe le temps pour semer, il surveille la croissance contre les insectes nuisibles etc. Pourtant, tout ne dépend pas de lui. Une intempérie peut tout détruire.

Dans notre vie terrestre cela s’applique également, tous nos efforts peuvent se perdre, et, de toute façon, ils sont périssables et caduques par nature. Rien n’en restera lorsque nous quitterons cette vie.

Dans notre vie spirituelle, par contre, tout portera des fruits au centuple pour la vie éternelle. Tout est écrit dans le livre de vie et ne peut se perdre. Le moindre effort qu’on fait pour Dieu, son salut, l’Église sera indélébile : une prière, une métanie, une aumône, un acte de charité etc. etc.

À plus forte raison nos agitations pour notre corps, nos aises, notre bien matériel se détruisent si nous négligeons nos devoirs spirituels au profit du matériel et le Seigneur nous le fait parfois sentir pour nous le rappeler. La parabole de l’évangile de l’insensé qui ne pensait qu’à agrandir ses greniers et à qui Dieu redemande son âme la même nuit, nous le montre clairement, et les exemples dans l’histoire de l’Église et la vie des saints ne manquent pas.

Je pourrais vous berner, comme les faux prophètes, dont parle l’Écriture, qui ne prophétisaient que paix et sécurité, mais il est écrit : «Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part.» (Ez 3,7)

Quoi dire de plus ? «Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende !» (Mc 7,16)

a. Cassien

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Un soldat allemand héros de la résistance grecque durant la seconde guerre mondiale

Josef H. Blechinger était un soldat allemand qui s’est avéré être l’un des plus grands héros de la résistance grecque, qui a littéralement sauvé une ville de la destruction. Blechinger est venu en Grèce en tant que conquérant avec l’armée allemande. Quelques années plus tard, après la guerre, il est devenu grec, a changé de nom pour devenir Elias Kokkinos, a fondé une famille et est mort en Grèce.
Elias Kokkinos est né sous le nom de Josef H. Blechinger à Dresde. Sa mère était tchécoslovaque et son père autrichien, mais il était officiellement citoyen allemand. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, il a dû s’enrôler dans l’armée allemande. Il a d’abord servi en Pologne occupée puis il a été transféré en Grèce. La Grèce était sous occupation allemande et Blechinger a été nommé officier aiguilleur à la gare de Lamia. Blechinger n’était pas un nazi, il a commencé à aider les habitants de Lamia qui souffraient à tort de l’occupation nazie.
Le soldat allemand a aidé plusieurs habitants de Lamia à éviter l’exécution, a aidé d’autres personnes à voler de la nourriture dans des wagons allemands et, plus important encore, il a collaboré avec la résistance grecque en fournissant des informations sur les actions allemandes. Cependant, son action la plus importante a été sa courageuse contribution pour sauver littéralement la ville de Lamia. Le 18 octobre 1944, alors que les troupes allemandes quittaient la Grèce, le commandant de Lamia avait donné l’ordre de détruire l’infrastructure de la ville en faisant sauter le plus grand nombre possible de bâtiments publics, d’institutions et d’entrepôts. Cinq soldats allemands sont restés sur place avec la mission de faire sauter les bâtiments. Des explosifs ont été placés dans le camp militaire mis en place pour exploser le lendemain matin.
Blechinger a découvert le plan, et la nuit du 17 octobre, avec un résistant italien nommé Mario, s’est rendu au camp de l’armée et a coupé les fils reliés aux explosifs. Puis, avec l’aide des résistants, il s’est enfui et s’est caché dans le village d’Avlaki. Le matin du 18, la plupart des habitants de Lamia se sont rassemblés dans l’Eglise pour célébrer la fête de Saint Luc. La nouvelle que les Allemands allaient brûler le village après leur départ s’est répandue et de nombreuses personnes ont quitté leurs maisons. Seuls quelques explosifs éparpillés ont explosé dans toute la ville et des centaines, voire des milliers de vies ont été sauvées.
Après cela, Blechinger fit de la Grèce sa nouvelle patrie et ne la quitta plus jamais. Il prit le nom du premier habitant de Lamia qui a été tué dans la guerre gréco-italienne et fonda une famille avec Angeliki Karakosta, avec qui il eu un fils. Il a travaillé comme iconographe byzantin et est mort en 1995. Humble jusqu’à sa mort, il n’a jamais parlé de ses actes de bravoure. Il ne voulait jamais parler aux journalistes; il se débarrassait d’eux en leur disant : « Écrivez simplement que je suis un démocrate grec, rien d’autre ».
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Cet arbre malade , c’est ma propre vie par Saint Sophrony de l’Athos (1896-1993)

Pourquoi tant de maladies, tant de souffrances de toute la création sont-elles nécessaires? Beaucoup pensent qu’il eût mieux valu ne pas créer un monde où tous souffrent, où tout meurt. Cependant, pour nous, cette question se pose autrement: nous ne comprenons pas pourquoi les souffrances sont nécessaires, mais quand nous lisons le récit de la chute, nous voyons que le fruit de l’arbre interdit apparaissait beau à regarder et bon, agréable à manger (cf. Genèse 2,6). C’est ce phénomène, – c’est-à-dire le fait de se laisser séduire et de transgresser le commandement de Dieu, – qui conduisit à la mort, mais le Seigneur, en venant sur la terre pour nous sauver, meurt afin d’effacer le péché d’Adam.

Toi qui as cloué sur la croix le péché d’Adam …

Un des tropaires les plus remarquables que nous ayons, et que nous chantons durant le Carême proclame: « Toi qui le sixième jour et à la sixième heure as cloué sur la croix le péché commis par Adam au Paradis, déchire aussi la cédule de nos fautes, ô Christ notre Dieu, et sauve-nous » [cf. Office de sexte]. En quoi ce tropaire est-il remarquable? En ce qu’il nous décrit dans quelles dispositions, avec quelles pensées le Christ est allé à Sa crucifixion pour anéantir par Sa souffrance et par Sa mort, cette délectation qui fut la cause de la chute.

Bien des choses restent encore peu claires pour nous, mais l’être qui nous a été donné, nous l’acceptons tel qu’il est. Les hommes interprètent de diverses manières notre être, notre « existence », mais bien sûr, pour nous, chrétiens, le fondement pour toutes les solutions, c’est le Christ Lui-même, et nous marchons sur Ses traces.

Avoir les pensées du Christ

Le grand apôtre Paul nous a laissé une parole remarquable:

« En vous doivent être les mêmes sentiments et les mêmes pensées qu’en Christ » (cf. Philippiens 2, 5). Cela est semblable à ce que j’ai dit au commencement: que le Seigneur a voulu nous donner Sa vie.

Je crains quelque peu d’être mal compris … Lorsque je parle au sujet du Christ comme d’un exemple pour nous, quand je dis que si nous pensons comme le Seigneur nous l’a commandé, notre pensée n’est déjà plus « la nôtre », « humaine », mais la pensée de Dieu Lui-même, cela veut dire ceci: si je parle dans la ligne qui nous a réellement été proposée comme voie vers le salut, alors, moi aussi, en tant qu’homme, je puis dire que tout le visible, tout ce que je vois maintenant, et, si vous voulez, le ciel et la terre passeront, mais que ces paroles, que nous considérons maintenant comme notre vie, ne passeront pas. Je ne puis pas dire comme le Christ que « ma parole » ne passera pas alors que « le ciel et la terre passeront ». Ce que le Seigneur appelle Sa parole est, pour moi, Son don; c’est pourquoi je ne puis pas dire: « Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas. » Je ne puis pas dire: « mes », parce qu’elles ne sont pas mes paroles; je les ai reçues comme don de la part de Dieu.

 

Saint Sophrony avec les moines du monastère.

Nous tous qui portons cet habit noir”

Nous tous qui portons cet habit noir [il touche de sa main droite sa tunique monastique], soyons conscients que nous devons assimiler, assumer la vie du Christ Lui-même, Sa manière de penser, être avec Lui comme des enfants avec leur père, comme des élèves avec leur maître, capables de vivre la vie de Dieu Lui­-même. Et quand nous entrerons dans cette vie en plénitude alors, certes, ce sera la déification. Mais le critère de tout, c’est de nouveau le Christ. L’apôtre Paul dit: « Tout sera éprouvé par le feu (1 Corinthiens 3, 13), alors, si notre parole est juste, elle ne pourra pas être détruite par le feu. Il s’agit ainsi de la vie éternelle en Dieu et non pas d’autre chose.

La prière, voie d’union avec Dieu

Si nous portons en nous cette conscience, les petits détails de la vie quotidienne – je vous l’ai déjà dit plus d’une fois – cesseront d’agir sur nous d’une manière mortelle. Lorsque nous prions Dieu, et que notre prière franchit une certaine limite et devient véritablement immersion en Dieu, alors nous nous unissons à Lui sur le plan de notre vie.

Notre prière est l’unique voie, dans l’être même, pour l’union avec Dieu. ‘Nous prononçons les paroles: « Notre Père … Il faut se souvenir que nous nous adressons au Père, au Père de Jésus-Christ, oui: « Notre Père », Si nous vivons ces paroles dans leur plénitude, alors cette prière ébranle tout notre être. Ainsi ces prières que nous prononçons dans les églises, pendant la liturgie, elles sont cette vie éternelle que le Seigneur nous a apportée.

Toutes nos relations à tout ce qui se passe, seront remplies d’une vive conscience de l’importance de chaque être humain, de l’importance de chaque geste, de l’importance de chaque rencontre avec un autre être humain. En effet, tout le processus de notre vie, en particulier durant les minutes difficiles, est le processus de la création, par Dieu, de dieux semblables à Lui.

Dans mon texte De la direction spirituelle, j’ai dit à peu près la parole suivante, – et cela doit être reçu par nous comme une parole normale, selon son sens, et non comme une expression orgueilleuse: « Le père spirituel « coopère », participe avec Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit à la création de dieux éternels.

Aimez-vous les uns les autres.

Qu’est-ce que je voudrais vous dire? Ce que le Seigneur dit à ses apôtres: « Si vous restez unis et dans l’amour, alors tous sauront que vous êtes mes disciples » (cf Jean 13, 35), – c’est-à­-dire du Christ. Souvenez-vous, je vous en prie, de ces paroles du Christ et faites qu’à l’intérieur de notre communauté nous nous aimions les uns les autres et que notre vie ne soit qu’une seule vie.

Essayez d’appliquer ces paroles du Christ à chacune de vos rencontres; alors le salut vous sera accordé à tous, et vous deviendrez encore capables d’aider les autres.

Mais il faut commencer à partir du fait que nous-mêmes vivons cela comme un commandement de Dieu dans un grand effort, dans les jeûnes, dans les prières, dans les afflictions, dans les maladies et ainsi de suite. Et alors nous pourrons dire à d’autres une parole sur le salut.

Recevoir la vie de Dieu sans intermédiaire

 

En réalité, nous devons tous recevoir la plénitude de la Révélation aussi bien au sujet -de l’homme qu’au sujet de Dieu. Maintenant, il nous semble que nous sommes excessivement loin de cela. Cela nous semble être ainsi, mais il dépend du Christ de venir et de parler avec nous, comme Il a parlé avec Luc et Cléophas sur la route d’Emmaüs.

On trouve parfois d’étranges paroles chez les Pères … « Si quelqu’un est en Dieu, il n’a pas besoin de lire des livres. » Nous recevons, dans ce cas, la vie qui vient de Dieu sans intermédiaires, sans livres, et cependant comme une réalité authentique. Je puis parler ainsi, parce qu’un exemple nous a été donné en Silouane, notre père spirituel: avant qu’il ait lu des livres, le Seigneur lui est apparu et désormais, il a vécu, à l’instar du Seigneur, toute l’humanité comme liée à lui-même.

Quand le Starets dit, écrit, prie: « Donne à tous les hommes de Te connaître par le Saint-Esprit », cela signifie qu’il existe une autre voie de connaissance, et non seulement la connaissance humaine.

En effet, le Seigneur est prêt à apparaître à tous, si nous acceptons de Lui de suivre Sa voie. Or, Il a dit: « Je suis la voie » (Jean 14, 6), – et quelle voie? Celle de la souffrance. Ainsi, dans le monde, nous allons souffrir; le Seigneur dit que nous aurons beaucoup d’afflictions et Il ajoute: « Mais ayez courage, J’ai vaincu le monde » (Jean 16,33).

Cet arbre malade, c’est aussi ma vie

Il y a deux ou trois jours, les Pères Raphaël, Nikolaï, Jérôme [à présent P. Séraphin] et moi, nous nous tenions à Ambergate auprès d’un arbre et je leur dis: « Regardez cet arbre immense et examinez toutes ses feuilles: chacune est pleine de forces et l’arbre, dans toute son ampleur, est lui aussi en pleine vigueur … Maintenant, voilà que cet arbre – l’humanité – est malade; dans sa maladie, il est en réalité normal pour nous, chrétiens, de prier comme le Seigneur Lui-même a prié: pour le monde entier. Prier avec le sentiment qu’il est notre vie.

Si je suis une feuille de cet arbre, et que toutes les feuilles sont pleines de vie, moi aussi je serai plein de vie, et la vie cosmique passera par moi dans son courant puissant. Cette conscience que nous sommes une partie inséparable de l’humanité est propre au chrétien. Eh bien, c’est ce que nous a enseigné cet « illettré » de Silouane. La phrase prononcée par le Seigneur: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 19, 19), doit être comprise ainsi: cet homme, cet « arbre malade », c’est ma propre vie. C’est en Christ que nous parlons !. 

Référence :
            Parole à la communauté. N*13 . Septembre 1993.

https://holytrinityfamily.blogspot.com/2020/09/cet-arbre-maladecest-ma-propre-vie.html

Lettre de saint Théophane le reclus (1815-1894) à sa sœur mourante

On ne peut pas s’attendrir à la lecture de cette lettre devant la si vivante certitude dans la vie d’outre-tombe avec ses béatitudes et sa sérénité qui transpire dans chaque mot…On dirait que le saint accompagne sa sœur non dans un pays inconnu, qui nous serait fermé par un rideau opaque , mais quelque part, en un lieu peu éloigné où l’attendent joyeusement les proches et les parents auxquels le hiérarque transmet sa salutation, apaisant en même temps la mourante sur la courte durée de leur séparation, « un jour, l’autre et nous sommes ensemble ».

Adieu ma sœur. Que le Seigneur bénisse ton départ et la route qui le suivra. Voyons, tu ne mourras pas. Le corps mourra et toi tu passeras dans un autre monde, vivante , te souvenant de toi , et reconnaissant tout le monde qui t’environne. Là-bas viendront à ta rencontre père et mère, les frères et les sœurs. Salue-les et transmet leur notre bonjour et demande leur de prendre soin de nous. Tu seras entourée par tes enfants, qui te salueront d’un salut familial. Là-bas tu seras mieux qu’ici. Alors ne sois pas terrifiée en voyant la mort qui approche. Elle est pour toi la porte vers une vie meilleure. Ton ange gardien recevra ton âme et la conduira par les voies que Dieu voudra. Et aie la ferme certitude que le Seigneur et Sauveur efface tous les péchés des repentis. Et les tiens aussi lorsque tu t’es repentie. Installe vivement cette foi en toi et ne t’en sépare pas. Que le Seigneur te donne donc un départ paisible. Un jour – l’autre, et nous serons avec toi. C’est pourquoi ne te fais pas de soucis pour ceux qui restent. Adieu, le Seigneur est avec toi.

Source: La voie orthodoxe numéro 31. Printemps 2003.