Une réflexion orthodoxe sur l’Immaculée Conception et le pêché originel

icone de la dormition

 

 

 

Une réflexion orthodoxe sur l’Immaculée Conception et le pêché originel

 

Il s’agit là d’une question assez controversée et donnant lieu à bien des fausses interprétations.

Faisons d’abord une mise au point:

1/ L’Immaculée Conception concerne la conception de la Vierge Marie, la Mère de Dieu, et non celle de Jésus Christ, dont la conception virginale et sans péché ne fait pas question. Si je le spécifie ainsi, c’est bien parce que cette confusion est assez largement répandue !

2/ Orthodoxes et catholiques sont d’accord que Marie est immaculée quand elle conçoit et met au monde le Fils de Dieu, et que ceci est l’effet d’une grâce spéciale du Saint-Esprit : Marie fait totalement partie du genre humain pécheur, mais elle est lavée de tout péché pour l’Incarnation. La différence vient du moment de cette grâce : à la conception de Marie pour les catholiques ; au moment où elle dit « OUI » à l’archange, pour les orthodoxes, et cela change tout!

L’Eglise orthodoxe proclame dans ses hymnes « bienheureuse et très pure, toute immaculée Mère de Dieu », « plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins », sans compter les merveilleux noms qui lui sont donnés dans l’hymne acathiste.

L’Eglise orthodoxe croit que Marie est immaculée depuis sa conception mais dans le sens qu’elle n’a JAMAIS commis de péché PERSONNEL.

Cependant, Marie étant née de l’union charnelle de deux époux, donc étant de la descendance d’Adam, elle a partagé notre nature déchue en naissant comme nous dans un corps mortel … et donc sous la loi du péché.

Certes Marie a tenu ses pensées, son cœur et sa volonté dans la lumière du Seigneur et s’est gardée du péché, mais cela par son propre combat contre le péché ; ce n’était pas une espèce de divinité incapable de toute possibilité de péché.

Par l’incarnation du Christ, le Saint-Esprit a alors triomphé définitivement en elle et, par le OUI de Marie, non seulement Dieu a racheté le genre humain déchu, mais Il a aussi scellé la grâce en la Mère de Dieu. Ce OUI a marqué le consentement du genre humain à l’œuvre salvatrice, le rétablissement de l’union à Dieu perdue par le péché d’Eve et d’Adam.

Nous faisons la différence entre péché des origines, qui est le péché personnel d’Adam, et loi du péché, qui est la condition humaine naissant dans un monde déchu avec toutes les conséquences du péché d’Adam (sollicitation à pécher, maladie, souffrance, mort…), et péchés personnels de chacun.

Dans l’Eglise catholique, ces notions n’ont pas du tout le même sens. Le dogme du péché originel, selon la théorie augustinienne, est défini davantage comme une souillure innée qui correspond à la concupiscence que tout être humain, de ce fait maudit, porte en lui dès sa conception.

Partant de ce dogme purement propre à l’Eglise d’Occident (qui considère saint Augustin comme le Père des Pères de l’Eglise), toutes les questions se sont posées concernant Marie : avait-elle la concupiscence en elle?

Le dogme de l’Immaculée Conception en résulte.

Mais les Orthodoxes posent alors une question fondamentale : si Jésus est né d’une mère « parfaite », cela fausse complètement l’affirmation du Credo : « s’est fait homme »: dès le départ il n’est pas comme nous !
Et ce n’est pas tout : selon le sens donné au dogme de l’Immaculée Conception, l’Eglise catholique considère Marie comme Eve AVANT la chute et donc non passible de mort, d’où le dogme qui suivit, celui de l’Assomption, passant complètement sous silence la Dormition « humaine » de la Mère de Dieu.

En allant plus loin, Marie a été considérée dans les milieux catholiques un peu comme « le pendant féminin du Christ ».

C’est là un extrême qui diffère considérablement, qui contredit même le sens théologique du mystère de la pureté de Marie tel que professé par l’Orthodoxie, et même le mystère du salut tout entier.

C’est le dogme du péché originel chez saint Augustin, à l’origine du problème, qui n’a rien à voir avec la conception orthodoxe de « péché des origines » et de « loi du péché »: « la dogmatisation du péché originel sur la base de la conception augustinienne a entraîné l’Eglise d’Occident dans de terribles controverses théologiques concernant Marie ; elles ont obligé l’Eglise catholique à réaffirmer la pureté de Marie depuis sa conception, aboutissant ainsi au dogme de l’Immaculée Conception. »

 

Vladimir GOLOVANOW

Repris du blog  http://www.egliserusse.eu/

 

On ne peut pas se sauver seul

 

 

On ne peut pas se sauver seul.

Source : https://blogs.ancientfaith.com/glory2godforallthings/2015/07/16/no-one-is-saved-alone/

« Si quelqu’un tombe, il tombe tout seul. Mais personne ne se sauve tout seul. »- Alexis Khomiakov (1804-1860) (un des fondateurs du mouvement slavophile).

 

Il y a environ 25 ans, j’ai arrêté de fumer. Je ne pense plus maintenant à la cigarette – c’est devenu une chose du passé lointain. Mais je me souviens d’une période qui a duré 10 ans pendant laquelle je luttais pour arrêter de fumer. (Le matin) je prenais ma décision d’écarter tout ce qui se rattache à la cigarette, en faire table rase, et puis par la suite je me mettais à fumer avant que la journée ne soit terminée. Je me sentais frustré par les efforts et déçu de moi-même. Ce n’était pas une dépendance secrète, tout le monde pouvait voir le jeune fumeur que j’étais se tuer (avec la cigarette), n’ayant pas la force d’arrêter. Je faisais des blagues à ce sujet (comme je le fais habituellement sur presque tout). Mais année après année l’habitude de fumer se poursuivait et toute tentative de cesser de fumer était vouée à l’échec. Quelques fois, j’ai réussi à rester sans fumer pendant deux semaines mais je m’effondrais honteusement après un tel effort herculéen.

 

Quelque chose a changé quand j’ai été abordé par un couple de chrétiens pieux après un week-end. Ils étaient reconnaissants, disaient-ils, pour le ministère que je leur avais offert ce week-end et ils voulaient faire quelque chose pour moi. Je me suis senti flatté et je leur ai assuré qu’ils n’étaient pas obligés. Mais ils avaient quelque chose de sérieux à l’esprit. Ils m’ont dit qu’ils pensaient que mon accoutumance au tabagisme causait du tort à mon ministère. J’ai senti la rougeur envahir mon visage et montrai mon embarras. Je m’attendais à être sermonné mais il ne se passa rien.

Ils m’ont dit qu’ils ne voulaient pas me causer une gêne quelconque ou un souci, mais qu’ils voulaient observer un jeûne pour moi. Un jour, chaque semaine, ils allaient jeûner et prier pour que Dieu me donne la grâce de quitter la cigarette. Et, ont-ils ajouté, ils n’ont absolument pas l’intention de faire pression sur moi.

Je les ai remerciés et leur ai dit combien de fois je l’avais quitté et avais échoué puis j’ai dit, « Si Dieu peut enlever cette accoutumance, alors ainsi soit-il !»

Et sur ce, notre échange s’est terminé. Je n’ai plus rien entendu d’eux par la suite (ils vivaient dans une ville différente). J’ai continué à fumer jour après jour sans me soucier particulièrement pour ce qu’ils faisaient. Mais six mois plus tard, le Grand Carême est arrivé. Et, comme d’habitude, il semblait convenable d’arrêter la cigarette pour le carême. La plupart des années précédentes,  dès le mercredi de la première semaine de carême je me sentais misérable et en fin de journée c’était   l’effondrement culpabilisant Mais cette année cela n’a pas été le cas. Un jour, deux jours, trois jours sont passés (sans que je fume). C’était dur. J’étais malheureux. J’étais fréquemment énervé. Jour après jour, pendant les premières semaines ma volonté était au bord de l’effondrement. Mais j’ai tenu bon et je n’ai pas fumé.

Alors que la période du Grand Carême touchait à sa fin, c’était comme si je regardais quelqu’un d’autre qui cessait de fumer. Je faisais quelque chose en n’ayant aucune idée de la façon que je le faisais. Cela ne signifie pas que c’était facile. Je faisais quelque chose qu’il m’avait toujours été impossible de faire et je ne savais pas comment.

Et puis à un certain moment, je me suis souvenu du couple. Je ne me souvenais plus de leurs noms. Ils étaient seulement deux visages ayant participé à une retraite et qui avaient fait une promesse audacieuse. Je ne les ai jamais revus. Je ne me rappelais plus de leurs noms afin de leur écrire pour les remercier. Aussi j’ai rendu grâce à Dieu et je continue de le faire.

Cette expérience était probablement ma première initiation au mystère du salut. Nous ne sommes pas sauvés seul. Dieu se réjouit de la communion (entre les hommes et Lui, et entre les hommes eux-mêmes). Il se plaît à partager Sa vie.

Presque chaque version concernant la grâce et le salut que j’avais entendu jusqu’à ce moment me semblait une question tout à fait privée désignée à tort de « personnelle ».Ce qui est vraiment personnel n’est pas du tout privé.  L’existence personnelle signifie d’exister à l’image des Divines Personnes de la Sainte Trinité. Le Père n’existe pas en dehors du Fils et de l’Esprit Saint (le nom de « Père » n’aurait pas de sens sans une telle existence). La même chose est vraie des autres personnes relevant de la Trinité. Et si cela est vrai des Personnes divines, combien plus cela doit-il être vrai pour nous ?

Et si notre existence n’est pas séparée des autres, alors comment notre salut pourrait-il être différent ? Mon expérience ne fut pas sans effort. Mais ce n’était pas non plus le résultat de mes efforts. Un certain couple, dont j’ai oublié les noms, m’a offert comme un sacrifice et une offrande à Dieu un jour par semaine. Des étrangers ont cessé de fumer pour moi.

J’ai lu des descriptions de la vie des saints dans lesquelles des moines travaillent longtemps dans les jeûnes et les prières, dans des veilles et des larmes, priant pour le salut de tout le genre humain. Dans des descriptions extraordinaires, ces prières ont été offertes, non pas avec le sens générique de «tout le monde», mais avec une conscience écrasante de tout le genre humain, personne par personne. C’est une participation mystique à la Croix du Christ.

Nous racontons les histoires de nos vies en étant centrés principalement sur nous-mêmes. « Cela a eu lieu. Je lis ce livre. J’ai rencontré cet homme. Je … je … je … je ». Pendant tout ce temps un étranger prie du fond de l’enfer, en union avec le Christ pour nous et pour notre salut. Je ne sais pas comment je suis devenu orthodoxe. J’y ai pensé pendant vingt ans. J’ai aimé l’orthodoxie de loin et de près j’en étais repoussé. C’était tout simplement la même chose dans ma relation avec Dieu. La théologie est belle de loin.

Nous ne sommes pas sauvés seuls. Le salut est la volonté de Dieu pour tout le monde et pour tout (2 Pierre 3: 9).  Beaucoup se sont déjà unis avec la volonté de Dieu. Et conformément à la volonté de Dieu, ils font partie de notre salut.

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » « Bon » ici n’est pas quelque chose qui peut être fait « seul. » Dieu merci, nous sommes sauvés de cela.

Source : https://blogs.ancientfaith.com/glory2godforallthings/2015/07/16/no-one-is-saved-alone/