Sur la Vérité

La Vérité éternelle a perduré depuis les temps anciens.
À une époque où beaucoup de gens pensent que la vérité est relative, savoir qu’il existe une vérité absolue est réconfortant. La liberté qui vient avec la connaissance que nous sommes capables d’embrasser des enseignements qui sont une continuation d’une ligne ininterrompue remontant à l’époque apostolique, est libératrice. En tant que chrétiens orthodoxes, nous ne sommes pas confrontés à la tâche troublante d’interpréter à nouveau les Écritures, ou de décider des enseignements moraux et dogmatiques pour nous-mêmes, ou d’essayer de rendre notre foi pertinente pour cet âge. Au contraire, nous pouvons nous immerger dans la connaissance que nous avons acquis l’esprit de l’ancienne église universelle.
Nous n’avons pas eu à réinventer la Foi, parce que nous nous sommes alignés sur l’Église qui est à la fois ancienne et pertinente pour le chercheur moderne. Nous savons que les enseignements de l’Église ne sont pas basés sur l’esprit fini ou l’imagination de notre propre nature déchue, mais sur la vérité éternelle qui a perduré depuis les temps anciens.
Il est réconfortant de savoir que l’Église est restée fidèle à son héritage pendant environ deux mille ans. Il est libérateur de savoir que les anciens dogmes chrétiens, les modes de culte et les enseignements moraux guident nos vies, comme cela s’est fait depuis deux mille ans.
La vérité n’est pas relative, mais absolue. Il n’y a pas de plus grande liberté que de pouvoir recevoir, comme la nôtre, la vérité transcendante qui a fait les saints, depuis les temps anciens. Il n’y a pas de plus grande liberté que de pouvoir embrasser la vérité absolue qui a transcendé le temps, l’espace, la culture et la race. Pas de plus grande joie que d’être compté comme appartenant au Christ et de nous être joints à l’Église même qu’il a fondée.
Avec l’amour en Christ,
Abbé Tryphon

Source: https://www.facebook.com/Abbot-Tryphon-1395030584153681

L’accélération du temps

Par Grégoire Fetchorou

En été, nous partions, comme il se doit, à la campagne chez notre grand-mère. Nous habitions, quasiment à l’écart de la civilisation, dans une petite maison en bois et argile. On passait nos soirées à écouter des contes, à la lumière d’une lampe à huile. Quelle richesse révélait alors ce monde plein de mystères et de beauté ! Comme si je vivais dans un autre temps, prenais part à une autre histoire qui donnait accès à l’éternité. Mais à présent, il se fait que, de plus en plus vite, le temps se ratatine.

Le temps s’écoule plus vite, beaucoup plus vite qu’auparavant. Est-ce que vous avez remarqué cela ? Nous n’avons pas le temps pour lire un livre, réfléchir, rencontrer des amis. Il ne nous reste même plus de temps pour les enfants et la compagne rencontrée à la croisée des chemins de notre vie.

Les savants voulurent mesurer cette accélération du temps, de la durée. Bien qu’il ne soit pas aisé de calculer l’unité de mesure de ce qui est. Car il n’existe aucun état ou mouvement dont la perception de l’écoulement du temps serait absent. Et ils conclurent, on ignore par quel calcul, qu’aujourd’hui 24 heures passent aussi vite qu’auparavant 16 heures.

 

Ainsi donc nous avons déjà perdu le tiers du temps de notre vie, sinon une moitié du temps pendant lequel nous restons actifs. Et ce ne sont pas uniquement les savants qui le remarquent. Les ascètes qui sont nos contemporains, les pères qui s’exercent à la vertu dans les ermitages de la Montagne sainte, disent la même chose : aujourd’hui, le temps s’écoule bien plus vite qu’auparavant. Il serait injuste de les accuser d’une subjectivité psychologique due aux changements sociaux.

La vitesse de tous les processus a augmenté mais le temps a accéléré sa course : il se produit le contraire à ce à quoi on pourrait s’attendre. Ainsi, en dépit de toute la logique scientifique, les idéologues de la théorie du progrès se montrèrent être de grands menteurs. Le siècle précédent, ne nous persuadaient-ils pas que le progrès scientifique et technologique ferait que les machines se substitueraient au travail des hommes qui auraient ainsi plus de loisirs ? Oui, la machine à laver facilita la vie de la ménagère. Mais aujourd’hui les femmes souffrent encore plus de stress infligé par le manque de temps que lorsqu’on rinçait le linge dans la rivière…

Auparavant les hommes se déplaçaient lentement ; chaque jour de leur vie, d’une manière convenable, ils faisaient tout ce qu’ils devaient faire au cours de la journée qu’on commençait par la prière du matin et finissait par celle du soir. A table, on disait le Notre Père et on ne se mettait jamais au travail sans se signer avec le signe de Sainte Croix. En tout heure et en tout lieu, l’homme trouvait une minute pour dire un mot à Dieu et, comme réponse, recevoir dans son âme la certitude de ne pas être seul. Bien que sa vie ait été pénible avec ses élans et ses chutes, elle lui offrait le sentiment de la plénitude. C’était une existence qui était ressentie dans toute sa plénitude.

Maintenant tout se fait en courant parce qu’en permanence nous nous sentons privés de la joie de l’instant, imparfaits dans ce que nous faisons et ce que nous vivons. Et quand on prie (si quelqu’un en a le zèle), l’esprit n’est pas là. Il se hâte, il s’enlise dans les soucis du quotidien ou de la banalité de notre vie ordinaire. Quand on se met à l’œuvre, l’idée de se signer ne vient même pas à l’esprit parce qu’on pense déjà à tout autre chose. Enfin, la prière ne s’insère pas dans l’ambiance de nos vies. Comme si c’était Dieu qui devrait suivre le monde, l’imiter, et pas le contraire.

Ainsi l’homme reste seul.

Ce n’est pas uniquement parce qu’il ne trouve plus une place pour Dieu dans sa vie, mais il ne se sent plus capable d’être proche des autres : les amis, les frères, l’épouse ou l’époux. Et c’est parce que, dans la course de la vie, chacun de nous a son rythme. Autrement dit, tout le temps pressés on regarde en avant dans l’espoir que viendra un moment où on pourra se calmer. Mais la vie passe encore plus vite. La maladie et la mort arrivent beaucoup plus tôt que ce répit si désiré, plus vite qu’on ne s’y attend, sans nous avoir laissé le temps pour se calmer et revenir à soi, regagner ses pénates.

Mais on peut comprendre cette solitude autrement : la hâte, le rythme extrême et le bruit du monde dans lequel nous vivons ne nous laissent pas entendre les pas timides d’un autre monde dans les sentiers de notre âme. Pourtant, comme l’enfant ou l’amour, l’âme a besoin qu’on lui accorde du temps. Elle a son rythme pour les relations profondes et calmes avec Dieu et d’autres âmes. La femme comprend mieux cela puisqu’elle sent plus fortement.

Le rythme de l’alternance des jours et des années de la société dans laquelle nous vivons nous aliène de la vie de notre propre âme, nous nous accoutumons à cet état : nous oublions encore davantage l’existence même de notre âme. C’est pour cela que les théories évolutionnistes ont tant succès. Autrement dit, nous oublions d’où nous venons, nous oublions le langage du paysage de l’âme où il y a tant de beau et de mystérieux. Inconnus des autres, nous mourrons parmi des étrangers, un grand nombre de chrétiens étant perdus parmi ceux qui se sont éloignés de la foi orthodoxe. Dieu l’a voulu – peut-être, après avoir saisi les choses matérielles comme symbole, l’homme comprendra ce qui se passe au niveau de l’esprit.

Les architectes du paysage de la société contemporaine, les biotechnologues de l’humanité subordonnés au mécanique crurent que l’homme pouvait être usiné comme une pièce puisqu’ il deviendra robot. Tel un ordinateur programmé qui répond rapidement aux commandes du système. Ils se mirent à ce projet et conduisirent l’individu occidental jusqu’à devenir conforme à leur projet. Mais malgré tout, ils ne réussirent pas à changer entièrement la nature humaine. Dans le monde des machines et de l’information, aliénés de leurs propres âmes, les hommes souffrent et n’en comprennent pas la cause. La plupart d’eux ne savent même pas qu’ils ont une âme. Comment donc peuvent-ils les reconnaître et comprendre leurs souffrances ? Ils se ressemblent alors à un malade souffrant de la faiblesse, du vertige, qui se sent courbaturé mais n’est pas capable de dire au docteur d’où vient ce malaise.

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Sur la prière (2)

L’archiprêtre Sergy Baranov, réalisateur et scénariste bien connu, discute avec des jeunes adultes du monastère Novospassky de Moscou de la sainteté comme but de la vie et de la trouver dans la prière. Le P. Sergy est largement connu pour ses films lyriques et profonds. Son premier discours a été sur le court métrage, « Le prix de ma vie ». Et si la vie est si précieuse, alors son but n’est rien de moins que la sainteté.

Savez-vous quand les gens commencent à réaliser cela (à propos de la prière)? Lorsqu’ils se retrouvent dans une clinique d’oncologie et qu’on leur dit: «Il y a de mauvaises nouvelles pour vous. Vous avez une tumeur. »Que se passe-t-il avec ces personnes? Hier, ces personnes  n’avaient pas le temps, mais maintenant elles trouvent du temps pour les médecins, pour les exercices inspirés de la médecine chinoise, elles cherchent de l’argent pour des médicaments coûteux… D’où? Pourquoi?

Nous n’avons  pas la pensée que notre vie elle-même est une mort lente. Y a-t-il quelqu’un parmi nous qui ne meurt pas lentement maintenant? Ce processus dans notre corps peut être plus rapide ou plus lent, mais il ne peut pas être arrêté ou surmonté…

Mais la chose la plus terrible est la mort spirituelle. La mort de quelque chose qui ne peut pas mourir – l’âme immortelle. C’est terrible de réaliser que vous restez seul face à ce problème… Sans l’aide de Dieu…

Je pense que si nous pesons tout, nous pouvons trouver du temps pour la prière. Nous devons mettre une réponse nette à cette question: soit je le fais et je vis, soit je ne le fais pas et je meurs pour l’éternité.

La chose la plus importante dans la prière est le Christ

– Avec quelle rapidité notre prière peut-elle être entendue par les saints, la Theotokos (la Mère de Dieu) et le Seigneur?

—À mon avis, le Seigneur entend le mieux nos prières. Celui qui a planté l’oreille, n’entendrait-il pas? Celui qui a formé l’œil, ne verrait-il pas? (Ps.93: 9). C’est pourquoi Dieu est aussi appelé «Celui qui connaît les cœurs» – Il pénètre à une telle profondeur en nous que nous ne nous connaissons même pas. On peut dire que nous n’avons pas besoin d’expliquer quoi que ce soit à Dieu ou de le persuader de faire quoi que ce soit. Il n’est même pas nécessaire de lui demander quoi que ce soit. C’est le Christ et non notre demande qui est de la plus haute importance dans la prière. Une fois que vous avez rencontré le Christ dans la prière, vous pouvez en abandonner l’aspect verbal – les mots ne sont pas l’essence de la prière.

Comment pouvons-nous nous assurer que Jésus-Christ est devenu le centre de notre vie?

– Nous devons lui donner cette place centrale. Parce que notre centre est généralement occupé par notre ego, qui s’imagine être le centre de l’univers … Et il n’y a pas de place pour Christ là-bas – il n’y a pas de coin pour Lui dans l’ensemble de notre univers.

Toutes les règles de la vie spirituelle dans la littérature ascétique orthodoxe disent que nous devons laisser le Christ avoir cette place dans nos vies. Ce sera alors un univers viable, créé par le Créateur Lui-même, qui est l’Alpha et l’Oméga, le début et la fin, le premier et le dernier (Apoc. 22:13). Il est au centre de l’univers, toutes choses viennent de Lui et pour Lui. Et vous serez heureux car la place centrale appartiendra à Celui qui est en est le plus digne.

Il ne peut pas y avoir qu’une seule recette ici. C’est toute la complexité de la vie spirituelle. Ne vous limitez pas à étudier les aspects moraux et rituels de l’orthodoxie – essayez de saisir les lois de la vie spirituelle. Apprenez ce que les saints pères ont écrit sur la prière. (Lisez les vies des saints, en particuliers les saints contemporains).Comment priaient-ils? Nous devons construire notre vie entière autour de cette expérience de prière parce que le Christ est au centre de cette expérience.

(Il faut acquérir quelque chose qui ne meurt jamais)

Que puis-je faire pour ne pas perdre la motivation de la prière? Parfois je parviens à exécuter la règle avec des prosternations et parfois non.

– Les orthodoxes ont toujours utilisé des moyens de mobilisation; dès que vous vous oubliez, vous commencez à vous forcer. Vous organisez un événement spirituel pour vous-même pour reprendre ensuite. Dès que vous « avez froid », vous allez dans un lieu saint. Une fois que vous avez repris des forces et que vous vous êtes inspirés, vous continuez: mais maintenant, ne négligez pas votre règle – continuez de prier!

Mais nous devons comprendre que ce ne sera jamais facile. Ce «dur labeur» est l’essence même de l’auto-amélioration. Qu’est-ce que Christ a dit quand Il est venu? Soyez détendu? Non. Il a dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renie, prenne sa croix et me suive (Mt. 16:24). Est-il facile d’être sur le Golgotha?

Il n’a pas promis que « tout ira bien. » C’est ce que les protestants enseignent: votre entreprise va se développer, vos conditions de vie vont s’améliorer … « Dieu m’aime! Hourra! Bien! »

Mais ce n’est pas ainsi que fonctionne la vie spirituelle! Par des peines, le Seigneur nous ouvre les yeux. Il montre ainsi quelque chose d’important pour nous.

Le souvenir de la mort est un cadeau très important. Certains peuvent le trouver dur. Nous pouvons nous adoucir – gagner du temps. C’est quand quelqu’un sent que non seulement il meurt tout le temps, mais que tout ce qui l’entoure est de courte durée, fragile et sujet à la décomposition.

Pendant que nous parlons maintenant, les minutes passent … Il y aura la fin dans une heure et demie. C’est ce que j’appelle «mourir à tout moment et en tout lieu». C’est certainement plus pertinent que tout ce qui passe.

C’est quelque chose que le P. Sophrony (Sakharov) a vécu en tant que jeune homme – le Seigneur lui a accordé le sens du temps … Afin d’acquérir quelque chose qui ne meurt jamais – la sainteté. Dieu lui-même.

Source:https://orthochristian.com/126356.html

La victoire sur la mort

Le mystère de la mort
La mort peut être un mystère précisément parce que le triomphe sur la mort n'est pas un mystère.

En tant que prêtre et moine de l'Église orthodoxe russe, je suis à l'aise avec le mystère de la mort, comme tous les chrétiens devraient l'être. La mort peut être un mystère précisément parce que le triomphe sur la mort n'est pas un mystère. Comme l'écrivait le théologien orthodoxe russe Alexander Schmemann, «en substance, le christianisme ne se préoccupe pas de faire face à la mort, mais plutôt de la victoire sur elle». À la lumière de la vie éternelle, au nom de Jésus-Christ, la terrible menace et le sombre mystère qu'est la mort se transforme en un événement heureux et victorieux pour le croyant, et "la mort est engloutie dans la victoire." (1 Cor. 15:54)

Le deuil de la mort d'un être cher est un ancien rituel auquel Jésus-Christ a participé. Pour nous tous, tout le monde, la mort est un élément commun de l'humanité, le trait commun que nous partageons et l'ennemi commun de nos proches. Et comme le chagrin, la victoire sur la mort lie les gens dans une communauté plus grande et plus puissante, la communauté qui se trouve dans la foi chrétienne. Il y a des gens qui accusent les chrétiens d'être membres d'un «culte de la mort», obsédés par un sauveur mourant et ne se concentrant que  sur l'au-delà à l'exclusion du temps présent; mais ils se trompent. Le christianisme ne nie pas la vie, le christianisme affirme la vie. Le christianisme affirme la vie même dans la mort, car pour les chrétiens, la mort ne supprime pas la relation qui existe.

En tant que prêtre depuis de nombreuses années, j'ai vu un grand nombre de personnes essayer de mettre leurs amis et leurs proches à l'abri de la douleur de la perte  (de quelqu’un de cher) , mais ce faisant ils aggravent cette douleur . Nous devons tous être là pour les personnes qui subissent la perte d'un être cher, sachant que ce faisant, nous les aidons en effet. Et, en tant que chrétiens, nous devons nourrir l'espérance pour nous et les autres, que la mort, en fin de compte, ne nous séparera pas de ceux que nous aimons, car en Christ nous avons l'espérance de la vie éternelle. À cause de la résurrection du Christ, ayant conquis le pouvoir de la mort, nous serons un jour réunis avec ceux qui ont quitté cette vie avant nous.

Avec amour en Christ,
Abbé Tryphon
https://www.facebook.com/Abbot-Tryphon  Publication le 16 decembre 2019

Les mensonges mythologiques du monde moderne


La «force» de Darth Vader lui permet d’etrangler un homme, de faire exploser une planète,d’attaquer son propre fils et de commetre toutes sortes de maux dans la série originale Star Wars. D’une certaine manière, c’est un reprensentant typique de «méchant» dans les films d’aujourd’hui qui montrent presque toujours de bonnes personnes qui luttent vaillamment contre les mauvais et immoraux «méchants». Cependant, ce type de recit est étonnamment nouveau dans l’histoire des recits , comme Catherine Nichols en discute dans cet article (reference de cet article:https://getpocket.com/explore/item/the-good-guy-bad-guy-myth).

Les gens modernes sont obsédés par la moralité – malgré l’immoralité généralisée. Cela peut sembler étrange, mais c’est un schéma souvent répété. Tout au long de l’histoire de l’Église, une fixation  sur une chose – qu’elle soit doctrinale ou morale – a souvent conduit à une sorte d’hérésie. Certains des groupes hérétiques les plus étranges étaient aussi les plus moraux

Dans les films, les émissions de télévision et même dans la mythologie de l’ère moderne, il existe des limites nettes entre les bons et les méchants. Les gentils partagent certaines valeurs morales supérieures à celles des méchants, qui recherchent souvent la cupidité, le pouvoir ou tout autre vice.

Nous devrions apprécier le bien là où nous le voyons, mais dans la mythologie du divertissement moderne se cache un danger caché. Le problème évident est que la moralité ne nous sauvera pas - nous ne pouvons pas « moraliser » notre voie dans un monde utopique et pacifique. Cependant, un problème plus profond existe également. Cette fausse dichotomie «bons contre méchants» tend à déshumaniser ceux qui ne font pas partie de notre groupe moralement supérieur. Nichols, dont l'article est en reference  ci-dessus, a écrit ce qui suit.:

Quand j’ai parlé avec Andrea Pitzer, l’auteur de « One Long Night »: Une histoire globale des camps de concentration (2017), à propos de l’idée selon laquelle les peuples des deux camps qui se font face ont des qualités morales différentes, elle m’a dit: «Trois inventions simultanees ont rendu les camps de concentration possibles: l’invention des fils de fer barbelés, les armes automatiques et la conviction que des catégories entières de personnes devraient être enfermées.

Quand nous lisons, regardons et racontons des histoires des bons combattants en guerre contre des méchants, nous nous persuadons essentiellement que nos adversaires ne nous combattraient pas, ils ne feraient même pas partie de l’autre camp s’ils avaient des valeurs ou le respect de la vie humaine.

Une demi-vérité

La mythologie moderne des bons et des méchants tient, culturellement, parce qu’elle résonne avec une certaine vérité, mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Dans les Écritures du Nouveau Testament, nous voyons notre Seigneur diviser les moutons et les chèvres, il y a des images d’un lac ardent dans lequel les méchants sont jetés et la nouvelle Jérusalem descendant des cieux dans laquelle tous les justes habitent en paix. Ceux d’entre nous qui sont spirituellement aveugles peuvent être tentés de penser: Si seulement tous les méchants se joignaient à moi ou étaient éliminés, alors ce monde serait un meilleur endroit.

Et les gens le croient littéralement. Le communisme a entraîné plus de 80 millions de morts en Russie seulement, six millions de Juifs sont morts dans l’Holocauste et d’innombrables autres sont morts à cause des rêves d’idéalistes. Les religions sont aussi affectées. Les Témoins de Jéhovah enseignent qu’en fin de compte, Christ dirigera une armée – comme un général – et massacrera tous les peuples qui ne se soumettront pas à son règne lors de la bataille d’Armageddon. Le monde sera alors en paix parce que tous les méchants seront partis.

De plus, les Américains sont amenés à croire les mensonges à chaque cycle électoral. On nous raconte des histoires sur les horreurs de l’autre candidat, et bien que notre propre candidat n’ait peut-être pas un casier judiciaire vierge, au moins il n’est pas comme le «méchant» de l’autre côté (et tous les «idiots» qui votent pour ce méchant).

Je pense que toute personne familière avec la spiritualité orthodoxe connaît la vérité que Alexandre Soljenitsyne a résumé avec une grande élégance:

La ligne qui sépare le bien du mal ne passe ni par les États, ni entre les classes, ni entre les partis politiques – mais dans chaque cœur humain – et dans tous les cœurs humains.

Mais parce que nous ne le réalisons pas, nous luttons les uns contre les autres plutôt que contre les passions pécheresses de notre cœur. Si chacun de nous se concentrait sur l’éradication du mal en son sein, il n’y aurait pratiquement aucun mal dans le monde. Mais comme nous nous fixons sur les fautes des uns et des autres, nous nous battons et nous nous blâmons mutuellement. Nous créons des mondes imaginaires dans lesquels nous, et ceux qui partagent nos bonnes valeurs, sommes les bons gars. À travers la politique ou les efforts de notre propre volonté, nous essayons de faire exister ce monde imaginaire.

EFFECTUER UN INVENTAIRE DE L’AME

Mais il y a un meilleur moyen:

Frère Joseph me demandait: «Mon enfant, sais-tu ce que je fais?

« Que faites-vous, mon père? »

« Je m’assieds et fais l’inventaire chaque jour. »

« Quel type d’inventaire? »

«Je m’assieds et m’examine. Je regarde mes lacunes. Dans quoi est-ce que j’ai failli? Quelle passion m’a domine? Ma conscience me le dit. La boussole indique: « Tu es faible a cet endroit. » Alors, je prends la résolution de lutter contre cette passion le lendemain. Un autre jour, elle indiquera autre chose. Je vais combattre cette passion aussi. De cette manière, alors que je combat les différentes passions, je constate une amélioration progressive. Nos ancêtres disaient: «Travaille pendant ta jeunesse pour avoir quelque chose dans ta vieillesse».

« Qu’est-ce que cela signifie, Geronda? »

«Voilà ce que cela signifie, mon enfant: maintenant, pendant que tu es jeune, lutte contre les passions; lutte contre tes mauvaises pensées; lutte contre l’imagination (malsaine); lutte pour accomplir ton obéissance; exerce-toi avec des choses que tu trouves difficiles; transpire et prie pendant la nuit. Tous ces travaux et ces luttes sont du «travail»; ils constituent des années de travail. Plus tard, lorsque le corps s’affaiblira et n’aura plus la force de prendre les armes, lorsque tu seras vieux et que tu auras travaillé pendant les années que Dieu t’ aura attribuées, il t’ accordera une pension. En fonction de tes compétences et de ta situation, tu recevras une pension analogue. Quelle est cette pension? C’est la grâce de Dieu.

«Si tu me demandes maintenant, par exemple, je répondrais:« En mon fort interieur, mon enfant, je me sens au paradis. La prière fonctionne comme sur des roulettes; la grâce abonde. Je ne sens pas une seule passion active en moi. Il n’y a aucune trace de passion. Je ne fais pas de guerre; Je n’ai pas de mauvaises pensées; Je ne ressens aucune révolte passionnée. Toutes ces réalisations ne sont pas récentes; elles sont le fruit de mes travaux de jeunesse. C’est à ce moment que tout a eu lieu. Maintenant, la juste récompense est venue.

La discussion ci-dessus entre frère Joseph l’Hesychaste (1898-1959) et frère Ephraim (ne en 1927 ancien higoumene du monastere de Philotheou de l’Athos…il reside actuelle;ement au monastere de Saint Antoine le Grand qu il a fonde dans l’Arizona) provient du livre The Art of Salvation de frère Ephraim, publié par le monastère Saint-Nektaire.

Source:https://www.orthodoxroad.tcom/the-mythological-lies-of-the-modern-era/