Les Saints Pères sur la maladie (4)

(4) Maladie et prière

Notre Sauveur nous a appris : « Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. En effet toute personne qui demande reçoit, celui qui cherche trouve et l’on ouvre à celui qui frappe » (Matthieu 7: 7-8).

Par conséquent, lorsque nous souffrons, nous devons prier pour comprendre notre maladie, obtenir la patience pour la supporter ainsi que la délivrance si telle est la sainte volonté de Dieu. Nous sommes également invités à demander les prières des autres et surtout la prière de l’Église, car « la prière du juste agit avec une grande force » (Jacques 5:16).

« Quiconque est malade devrait demander la prière des autres, afin de restaurer la santé, et que par l’intercession des autres, le corps affaibli et nos pas qui chancellent puissent retrouver la santé … Apprenez, vous qui êtes malades, de retrouver la santé par la prière. Cherchez la prière des autres, demandez à l’Église de prier pour vous, et Dieu, à cause de Son égard pour l’Église, peut vous accorder ce qu’il pourrait vous refuser » (Saint Ambroise, sur la guérison du paralytique).

La grande prière publique de l’Église pour ceux qui sont malades est le Service de la Sainte Onction. Ce service, qui est long et extrêmement riche en lectures de l’Écriture, contient de nombreuses allusions aux figures bibliques qui ont été guéries par le pouvoir de Dieu, il donne, sous une forme concentrée, l’enseignement de l’Eglise sur la guérison.

Ce service identifie le Christ comme étant le «Médecin et le secours de ceux qui souffrent». Ce service invoque sur le malade, par l’onction de l’huile, la grâce du Saint-Esprit, qui guérit à la fois les âmes et les corps. Puisque Dieu «nous a donné dans Sa miséricorde envers nous le commandement d’exécuter l’Onction sacrée sur Ses serviteurs malades», le Christ lui-même est décrit comme «le chrême incorruptible» Qui, autrefois, avait choisi la branche d’olivier pour montrer à Noé que le Déluge était fini. (Depuis l’antiquité, l’huile d’olive a été utilisée dans la fabrication de l’Huile Sainte). Au moment du Déluge, la branche d’olivier symbolisait la tranquillité et la sécurité ; ainsi, le prêtre prie ainsi le Sauveur, que « par la tranquillité du sceau de Ta grâce (l’onction d’huile)», le malade guérisse ».

Reconnaissant que la maladie arrive parfois par l’activité des pouvoirs démoniaques, le prêtre demande : « Que les démons malins ne touchent pas les sens de celui qui est marqué par Ta divine onction ». Montrant ainsi que l’Église comprend également le lien entre le péché et la souffrance, le prêtre prie pour que, par cette onction, «la souffrance de celui qui est tourmenté par la violence des passions» puisse être annihilée.

Ce service de guérison explore de nombreux aspects du péché, de la souffrance et de la guérison. C’est un service profond d’intercession et de prière très élevée. Une remarque très importante devrait être faite ici : pendant la Sainte Onction, nous prions Dieu d’enlever la maladie, et qu’à la place de la maladie, nous lui demandons de donner «l’allégresse de la joie» (l’onction elle-même est décrite comme l’huile de joie dans les Psaumes), afin que celui qui était antérieurement malade puisse maintenant «glorifier Ta divine puissance». Par conséquent, l’un des buts de la guérison est de permettre à celui qui souffre de reprendre son service sain et actif envers Dieu. En signe de cela, il y a l’exemple de la guérison par le Sauveur de la belle-mère de Pierre : lorsque la fièvre la laissa, elle se leva et les servit. Il est très important pour nous d’avoir ceci en mémoire : lorsque nous sommes libérés du tourment d’une maladie corporelle, il est attendu de nous que nous emplissions nos lèvres de louanges à Dieu et que nous le servions en modifiant nos voies pécheresses et en nous limitant à Dieu et au monde à venir, comptant ce monde ici-bas pour rien.

Beaucoup ne découvrent pas la prière jusqu’à ce qu’ils soient dans la maladie. Et ceux qui ont toute leur vie participé pieusement à la prière publique de l’Église, découvrent pendant la maladie qu’ils ont malheureusement négligé les trésors de la prière intérieure. Saint Grégoire de Naziance, grand homme de prière, même si sa santé était bonne, s’écria lors de sa dernière maladie : «Le temps passe vite, la lutte est grande et ma maladie est grave, ce qui me réduit presque à l’immobilité. Que me reste-t-il sinon de prier Dieu ?  » (Lettres).

Pendant la maladie, la prière est capable de révéler des trésors véridiques et durables, « car si vous avez une force physique, les assauts de la maladie bloquent toute joie que vous ayez pu avoir de votre force physique … parce que tout ce qui appartient à ce monde est susceptible d’être perdu et est incapable de nous donner une joie durable. Mais la piété et les vertus de l’âme sont tout le contraire parce que leur joie demeure pour toujours … Si vous faites des prières continues et ferventes, aucun homme ne peut vous spolier de leurs fruits, car le fruit est enraciné dans les cieux et protégé de toute destruction parce qu’il est au-delà d’atteinte de ce qui est mortel « (Saint Jean Chrysostome, Sur les Statues).

Deux récits sur la vie des saints montrent comment une telle prière peut être simple et incorruptible. Dans la vie de l’Ancien le moine du grand habit Parthenius des Caves de la Lavra de Kiev, nous apprenons que, dans sa dernière maladie, même après avoir reçu la Sainte Onction, il a continué à faire sa règle de prière quotidienne et de lire tout le Psautier. La veille de son repos, il dit à ses enfants spirituels :

« Bientôt, bientôt je partirai. Hier, je n’ai pas pu terminer le psautier…seulement la moitié. »

« Est-il possible, mon père, que jusqu’à hier vous lisiez toutes vos règles habituelles ?»

« Oui, le Seigneur m’a aidé, après tout, je le fais maintenant par mémoire, je ne peux pas le faire avec mes lèvres car je n’ai plus de souffle, mais hier, je ne pouvais même pas le compléter même par la mémoire, car ma mémoire m’abandonne. J’ai seulement la prière de Jésus et les louanges à la Mère de Dieu auxquels je m’accroche sans cesse « (Vie orthodoxe, n ° 3, 1969).

Et dans la vie de saint Abba Dorothée (de Gaza), nous lisons la mort touchante de son disciple, saint Dosithée, qui était dans le monastère depuis seulement cinq ans, mais « qui était comme mort à cause de l’obéissance », car à aucun moment il ne faisait quelque chose selon sa volonté propre et ayant coupé tout attachement. Il avait toujours pratiqué la prière de Jésus, et quand sa maladie devint sévère, saint Abba Dorothée lui dit :

« Dosithée, prenez soin de la prière, veillez à ne pas en être privé. »

Très bien, mon père, répondit le moine, priez pour moi seulement.

Quand son état empira, saint Abba Dorothée lui dit :

« Eh bien, Dosithée, comment se porte la prière? Cela continue-t-il comme précédemment ?»

Il lui répondit : « Oui, mon père, par vos prières ».

Quand, cependant, cela devenait extrêmement difficile pour lui et que la maladie devint si sévère qu’il devait être porté sur une civière, Abba Dorothée lui demanda :

« Comment est la prière, Dosithée ?»

Il a répondu : « Pardonnez-moi, mon père, je ne peux plus continuer. » Alors Abba Dorothée lui dit :

« Eh bien laissez la prière, gardez Dieu dans votre esprit et faites comme s’il était présent devant vous » (The Orthodox Word, vol. 5, n ° 3).

De même, nous avons un exemple glorieux et inspirant de la place de la prière en période de maladie dans le récit de saint Grégoire de Naziance sur la maladie de son père :

« Il a souffert de la maladie et de la douleur corporelle. Le temps des souffrances de mon père a été la saison de la Sainte Pâques, la Reine des Jours, la nuit brillante qui dissipe l’obscurité du péché. De quelle sorte ses souffrances étaient-elles, je vais brièvement l’expliquer : tout son corps était en feu avec une fièvre élevée et brûlante, sa force l’avait abandonné, il ne pouvait pas prendre de nourriture, il ne connaissait plus le sommeil, et il était dans la plus grande détresse. Toute sa bouche était si ulcérée que c’était difficile et même dangereux d’avaler même de l’eau. La compétence des médecins, les prières de ses amis, aussi sérieuses et sincères étaient-elles, et toutes les attentions possibles, ne suffisaient pas. Dans cet état désespéré, sa respiration était courte et rapide et il n’avait plus la perception des choses présentes. Le moment de la Divine Liturgie divine était arrivé, c’est le moment de l’ordre qu’il convient de respecter et de garder le silence pour les rites solennels. A ce moment, mon père a été ressuscité par Celui qui éveille les morts. Au début, il s’est déplacé légèrement, puis plus résolument. Et d’une voix faible et indéfinie, il appela un serviteur par son nom pour qu’il lui fasse porter ses vêtements et le soutienne avec sa main. Le serviteur vint rapidement et l’attendait avec joie alors qu’il s’appuyait sur le serviteur comme sur un bâton, imitant Moïse sur la montagne et rassemblant ses faibles mains en prière  …

(Après la Divine Liturgie) Il s’est retiré à nouveau sur son lit et, après avoir pris un peu de nourriture et dormi, sa santé s’est lentement rétablie et ainsi le premier dimanche après Pâques, il était capable d’entrer dans l’église et d’offrir des actions de grâces …

« Au cours de cette maladie, la souffrance n’a pas chômé. Son seul soulagement était la Liturgie divine durant laquelle sa douleur disparaissait, comme pour un édit de bannissement » (Grégoire de Naziance : Sur la Mort de son père).

« Se reconnaître comme méritant un châtiment temporel et éternel précède la connaissance du Sauveur et conduit à la connaissance du Sauveur » (Evêque Ignace Brianchaninov).

(A SUIVRE)

 Source : http://fatheralexander.org/booklets/english/fathers_illness.htm

 

Les Saints Pères: sur la maladie (3)

  1. Le but de la maladie.

 L’Esprit Saint lui-même témoigne à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.  Et puisque nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et donc cohéritiers de Christ, puisque nous souffrons avec lui pour avoir part à sa gloire. (Romains 8 :16-17)

Notre Sauveur et les Pères porteurs de Dieu (les Pères théophores) enseignent que notre seule préoccupation dans cette vie devrait être le salut de nos âmes. L’évêque Ignace (Brianchaninov) dit : «La vie terrestre – cette brève période – est donnée à l’homme par la miséricorde du Créateur afin que l’homme puisse l’utiliser pour son salut, c’est-à-dire pour sa restauration de lui-même de la mort à la vie» (L’arène). Par conséquent, nous devons «regarder tout dans ce monde comme une ombre évanescente et n’attacher notre cœur à rien (qui appartienne à ce monde) … « parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.»(Saint Jean de Kronstadt, conseils spirituels citant 2 Corinthiens 4 :18). Pour les chrétiens orthodoxes, le centre de notre vie n’est pas ici, mais là, dans le monde éternel.

Combien de temps nous allons vivre, quelle maladie ou infirmité va accompagner notre mort – ces choses ne sont pas la préoccupation propre des chrétiens orthodoxes. Bien que nous chantions «plusieurs années» l’un pour l’autre aux jours des fêtes et autres célébrations, ce n’est que parce que l’Église dans sa sagesse sait que nous avons vraiment besoin de «plusieurs années» pour nous repentir de nos péchés et être convertis, et non pas parce qu’une longue vie  a une valeur en soi. Dieu ne va s’intéresser pas à notre âge nous quand nous allons nous présenter devant son jugement, mais si nous nous sommes repentis ; Il ne s’intéresse pas tant de savoir si nous sommes morts d’une crise cardiaque ou d’un cancer mais si notre âme est en bon état de santé.

Par conséquent, « nous ne devons pas redouter les maladies à l’exception du péché, ni la pauvreté, ni les infirmités, ni l’insulte, ni le traitement malveillant, ni l’humiliation, ni la mort » (saint Jean Chrysostome, Sur les Statues) car ces « maux » ne sont que des mots ; Ils n’ont aucune réalité pour ceux qui vivent pour le Royaume des Cieux. La seule vraie « calamité » dans cette vie est de déplaire à Dieu. Si nous avons cette compréhension fondamentale du but de la vie, la signification spirituelle de l’infirmité corporelle peut être ouverte pour nous.

Dans le chapitre précédent, nous avons appris comment le Dieu tout-sage a permis à la souffrance d’entrer dans le monde afin de nous montrer que nous ne sommes que des créatures. C’est une leçon encore pas apprise par la race d’Adam qui, dans sa fierté, a toujours cherché à être comme «des dieux» : car chaque péché est un renouvellement du péché des premiers ancêtres, un détournement volontaire de Dieu vers soi. De cette façon, nous prenons la place de Dieu, en nous adorant nous-mêmes au lieu du Créateur. Ainsi, la souffrance de la maladie a le même but aujourd’hui qu’elle l’avait au début : pour cette raison, c’est un signe de la miséricorde et de l’amour de Dieu. Comme le disent les saints Pères à ceux qui sont malades : «Dieu ne vous a pas oublié, il prend soin de vous» (Sts. Barsanuphe et Jean de Gaza, VIème siècle, Philocalie).

Cependant il est difficile de voir comment la maladie peut être un signe du soin que Dieu nous fait si nous ne comprenons pas la relation qui existe entre le corps et l’âme. L’Ancien Ambroise du monastère d’Optina (XIXème siècle) en a parlé dans une lettre à la mère d’un enfant très malade :

« Nous ne devons pas oublier que, à notre époque de« sophistication », même les petits enfants sont spirituellement blessés par ce qu’ils voient et entendent. En conséquence, une purification est nécessaire, et cela ne se fait que par des souffrances corporelles … Vous devez comprendre que le bonheur du Paradis n’est accordé à personne sans souffrance. « 

Saint Nicodème de la Montagne Sainte (XVIIIème siècle) a expliqué que, puisque l’homme est double, composé de corps et d’âme, «il y a une interaction entre l’âme et le corps» (Conseils), chacun influençant l’autre et communiquant réellement avec l’autre. « Lorsque l’âme est malade, nous ne ressentons généralement aucune douleur », dit saint Jean Chrysostome. « Mais si le corps ne souffre qu’un peu, nous faisons tous les efforts pour être libres de la maladie et de la douleur. Par conséquent, Dieu corrige le corps pour les péchés de l’âme, de sorte que, en châtiant le corps, l’âme puisse aussi recevoir une certaine guérison »  … Le Christ a fait cela avec le Paralytique quand il lui dit : « Voici, tu as été guéri ; ne pèche plus de peur qu’il ne t’arrive quelque-chose de pire ». Qu’est-ce que cela nous apprend ? Que la maladie du paralytique avait été produite par ses péchés (Homélie 38, Sur l’Evangile de Saint-Jean).

Une fois, une femme fut amenée à saint Séraphim de Sarov. Elle était gravement paralysée et ne pouvait pas marcher parce que ses genoux étaient pliés vers sa poitrine. Elle a dit à l’Ancien qu’elle était née dans l’Église orthodoxe mais, après avoir épousé une personne hostile à l’Eglise, elle avait abandonné l’Orthodoxie et, à cause de son infidélité, Dieu l’avait puni … Elle ne pouvait pas que difficilement bouger la main ou son pied. St. Seraphim demanda à la malade si elle avait foi maintenant en sa Mère, notre Sainte Église orthodoxe. En recevant une réponse affirmative, il lui a dit de faire le signe de la Croix de la manière appropriée. Elle a dit qu’elle ne pouvait même pas lever la main Mais quand le Saint a prié et a oint ses mains et sa poitrine avec de l’huile de la lampe qui éclaire l’icône, sa maladie l’a laissée instantanément. Il lui a dit : voilà ; maintenant tu es rétablie dans ton intégrité. Ne pèche plus, afin que   pire chose ne vienne à toi !

Ce lien entre le corps et l’âme, le péché et la maladie, est clair : la douleur nous dit que quelque chose a mal tourné pour l’âme, que non seulement le corps est malade, mais aussi l’âme. Et c’est précisément comment l’âme communique ses maux au corps, éveillant un homme à la connaissance de soi et au désir de se tourner vers Dieu. Nous voyons cela encore dans la vie des saints, car la maladie enseigne également que « notre vrai soi, ce qui constitue essentiellement l’homme, n’est pas le corps visible, mais l’âme invisible, l’homme intérieur» (saint Nicodème de la montagne sainte, la morale chrétienne).

Mais cela signifie-t-il que l’homme qui jouit d’une bonne santé en continu est en «bonne forme» spirituellement ? Pas du tout, car la souffrance prend de nombreuses formes, qu’il s’agisse du corps ou de l’esprit et de l’âme. Combien de gens en bonne santé se plaignent que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue ? Saint Jean Chrysostome décrit ce genre de souffrance :

« Certains pensent que profiter d’une bonne santé est une source de plaisir. Mais ce n’est pas toujours le cas. Car beaucoup de personnes qui sont en bonne santé, ont mille fois souhaité de mourir, ne pouvant supporter les insultes qui leur étaient infligées … Car même si nous devenons des rois, nous devrons rencontrer beaucoup d’ennui et de tristesse … Par nécessité, les rois ont autant de tristesse qu’il n’y a de vagues sur l’océan. Donc, si devenir roi ne peut rendre la vie libre de tout chagrin, alors quoi d’autres pour atteindre cet objectif ? Il n’y a rien d’autre en effet, dans cette vie « (Homélie I8, Sur les Statues).

Plusieurs églises protestantes réclament souvent «la santé» au «Nom du Christ». Elles considèrent la santé comme quelque chose dont le chrétien a naturellement le droit. De leur point de vue, la maladie trahit un manque de foi. C’est exactement le contraire de l’enseignement orthodoxe comme l’illustre la vie du Job le juste dans l’Ancien Testament. Saint Jean Chrysostome dit que les saints servent Dieu non pas parce qu’ils s’attendent à une sorte de récompense spirituelle ou matérielle, mais simplement parce qu’ils l’aiment : «pour les saints, sachez que la plus grande récompense de tous est de pouvoir aimer et servir Dieu ». Ainsi, « Dieu, voulant montrer que ce n’était pas pour une récompense que ses saints le servaient, a dépouillé Job de toutes ses richesses, l’a livré à la pauvreté et lui a permis de tomber dans des maladies terribles ». Et Job, qui ne vivait pour aucune récompense dans cette vie, restait fidèle à Dieu (Homélie I, Sur les Statues).

 

De même que les personnes en bonne santé ne sont pas sans péché, Dieu aussi permet parfois aux personnes vraiment justes de souffrir, « pour devenir un modèle pour les faibles » (Saint-Basile, le Grand, Les grandes règles). Car, comme l’enseigne saint Jean-Cassien, «un homme est davantage instruit et formé par l’exemple d’un autre» (Conférences).

C’est ce que nous voyons dans le cas du pauvre Lazare de l’Evangile. « Bien qu’il ait souffert de blessures douloureuses, il n’a jamais murmuré contre l’homme riche ni lui a demandé quoique ce soit … En conséquence, il a trouvé le repos dans le sein d’Abraham, comme celui qui a accepté humblement les malheurs de la vie » (Saint Basile le Grand, Les grandes règles).

Les Pères de l’Église enseignent également que la maladie est un moyen par lequel les chrétiens peuvent imiter la souffrance des martyrs. Ainsi, dans la vie de beaucoup de saints, on constate qu’ils ont eu des souffrances corporelles intenses vers la fin de leur vie, de sorte que par leur juste souffrance ils puissent égaler le martyre physique. Un bon exemple peut être trouvé dans la vie de ce grand champion de l’orthodoxie, saint Marc d’Éphèse :

« Il était malade durant quatorze jours, et la maladie, comme il l’a dit lui-même, avait sur lui le même effet que les instruments de torture appliqués par les bourreaux aux saints martyrs. Cette douleur a ceinturé ses côtes et ses organes internes et ils étaient tellement comprimés entraînant une souffrance absolument insupportable. Ainsi ce que les hommes n’auraient pas pu faire à son corps sacré et martyrisé était fait par la maladie. Selon le jugement indescriptible de la Providence, et afin que ce Confesseur de la Vérité et Martyr, Victorieux de toutes les souffrances possibles, apparaisse devant Dieu après avoir traversé toute sorte de misère, et cela jusqu’à son dernier souffle, comme l’or qui est éprouvé dans la fournaise, et que grâce à cela, il puisse recevoir pour l’éternité encore plus d’honneur et de récompenses de la part du Juste Juge. » (The Orthodox Word, vol. 3, numéro 3).

Vous qui croyez être bien, veillez à ne pas tomber loin de Dieu au temps du malheur. – St. Jean de Kronstadt.

Source : Source : http://fatheralexander.org/booklets/english/fathers_illness.htm