Le cadre dirigeant de banque devenu moine orthodoxe

p hilarionUn ancien dirigeant de banque devenu moine orthodoxe
Sur l’archimandrite Hilarion (Dan)

 

Source : http://orthochristian.com/121975.html

Paula Anastasia Tudor

L’archimandrite Hilarion (Dan) est l’un des pères spirituels roumains les plus vénérés de nos jours. Dans le monde, il était un homme de haut rang et avait de grandes possibilités, mais il renonça à ses richesses terrestres pour une vie en Christ.

 

 

«Les gens cherchent la gloire, l’adrénaline, mais ils ne peuvent pas mener une vie bien remplie sans Christ»

Dans le monde Hilarion était un éminent économiste. Il a effectué un stage à l’étranger où il a été vivement apprécié et à qui on a offert un travail intéressant. Il avait aussi beaucoup d’amis et jouissait d’une vie sociale riche en événements. Mais il a renoncé à tout pour la seule liberté qui soit effective dans le monde : il s’agit de la liberté reçue par amour du Christ. Il est devenu moine.

En 1980, Ion Dan est diplômé de l’Académie d’études économiques de Bucarest (sous-département des relations économiques internationales du Département du commerce). Il est affecté à l’office de tourisme de l’État à la station balnéaire de Mamaia (1) et il travaille pendant quelques années à l’Administration générale des douanes. Ayant travaillé au département chargé des réformes auprès du gouvernement roumain, dans les années 1990, il poursuit ensuite une carrière dans le secteur bancaire. Pendant quelques années, il va diriger les succursales de Bancorex (2) , d’OTP Bank (3) et de la banque turco-roumaine à Constanța, avant de prendre sa retraite. En février 2009, il est tonsuré et devient le moine novice Hilarion. En avril de la même année, il est ordonné hiéromoine et il est nommé comme père confesseur au couvent de la Sainte-Croix, dans le même comté de Constanța, à quelques kilomètres du village de Crucea (4).

 

Qu’est-ce que la couleur ?

Ion a grandi dans un environnement totalement non religieux. Il est né en 1956, à l’apogée du «stalinisme» (comme il le disait lui-même), et ses parents, comme tout le monde à cette époque, étaient des « produits du régime».  Le père Hilarion explique:

«Mon père n’a jamais quitté notre petite ville (5). Par ailleurs la seule offre qui était présente consistait dans les soi-disant « brigades patriotiques », alors il les a rejointes. »

Sa grand-mère emmenait le petit Ion à l’église lorsqu’il venait passer ses vacances avec elle. Ce n’est que pendant son adolescence que sa recherche a commencée : Ion posa des questions et ne put trouver les réponses nulle part. Puis il a commencé à lire de nombreux livres, en particulier des livres de philosophie, mais n’a pas trouvé ce qu’il cherchait avant de tomber sur un livre de la série « Les pensées modernes » publié par Politizdat:

«Différents livres (et principalement de gauche) ont été publiés dans cette série sur la sociologie, la philosophie et l’économie. Il existe également d’autres ouvrages, tels que « Esprit et Matière » du physicien autrichien Erwin Schrödinger. Schrödinger soutenait l’idée que l’esprit est différent de la matière. Il a introduit son idée avec une expérience intéressante. Répondant à la question « Qu’est-ce que la couleur ?», Il a démontré physiquement que la couleur n’existe que dans notre conscience. C’est une simple sensation qui apparaît chez un sujet constitué non seulement de matière mais également d’esprit. Nous voyons les couleurs et la lumière à travers notre partie spirituelle. Ayant découvert cette approche, j’ai commencé à lire et à chercher plus vigoureusement et je suis devenu un théiste, même si je n’étais pas alors un chrétien convaincu,  je me suis dit  «Oui, Dieu existe». Continuer la lecture de Le cadre dirigeant de banque devenu moine orthodoxe

Sur l’Eglise…

De nos jours on entend souvent l’opinion suivante. «Peu importe qu’une personne croie en Dieu ou non, l’essentiel, ce qui importe c’est qu’elle ait Dieu dans son cœur, qu’elle vive selon sa conscience, et puis, de toutes façons, Dieu la sauvera ». Que pouvez-vous dire à ce sujet?
«Une personne qui pense pouvoir avoir le Christ dans son cœur sans l’Église est une personne qui est dans une grande illusion. Une telle personne est comme un patient qui veut guérir sans consulter un médecin. Malheureusement, il mourra probablement s’il ne va pas chez le médecin.
Si l’Église n’était pas nécessaire à notre salut, Christ ne l’aurait pas fondée et le diable ne la persécuterait pas. Puisque l’Église est nécessaire au salut, le Christ est donc devenu un homme afin d’établir l’Église et de sauver l’homme. « 
Athanasius (Nicolau), métropolite de Limassol ».

Bulletin du mois de juin 2019 de l’Eglise Orthodoxe à Maurice

 

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

Numéro 43, juin 2019

VIVRE L’EVANGILE

Ne peut se dire véritablement chrétien que celui qui vit l’Évangile. Or, vivre l’Évangile, c’est participer pleinement à la mort et à la résurrection du Christ. Cette participation implique un changement radical de point de vue, la metanoïa, que l’on traduit en français par conversion ou repentir, mais dont la signification est bien plus profonde. La metanoïa, dont l’ascèse est une composante essentielle, est tout à la fois repentance et changement de perception, exhaussements de l’affectivité et de l’intelligence pénétrée des énergies divines. La metanoïa est une sorte de judo de l’âme qui vainc son adversaire, la passion, en utilisant sa propre force.

Pour appréhender l’ascèse, il faut donc comprendre qu’elle vise à réorienter notre désir. Aucune castration ici, mais le souci de passer des désirs partiels et fragmentés au désir total réunifié. La véritable impassibilité ne consiste pas en la cessation des passions mais en leur réorientation vers une passion unique, l’amour. Comme l’écrit Saint Jean de Cronstadt : « les passions nous empêchent d’aimer Dieu et notre prochain, d’accomplir les commandements de Dieu, elles enracinent en nous un égoïsme criminel. » (In Ma vie en Christ, édition Bellefontaine, 1979). Et de citer le buveur qui ne compte pas son argent quand il s’agit de son abrutissement, « mais qui rechigne à donner quelques Kopecks à un pauvre ». Ainsi, l’ascèse est un exercice visant à nous débarrasser de cette obésité spirituelle que constitue le péché.

(…) La quantité est une notion essentielle à l’ascèse, donc à la vie spirituelle. Les pèlerinages à pied de Saint Arsène de Cappadoce, les nombreux offices que récite Papa Planas, les jeûnes auxquels s’astreint le père Amphilochios, n’ont de sens que dans la mesure où ils s’adressent à des êtres incarnés. Si nous n’étions que de purs esprits, et si le salut ne s’adressait qu’à notre âme, la quantité n’aurait pas droit de citer dans nos pratiques. Or, nous sommes dans l’espace et dans le temps, et le Christ est venu sauver l’homme avec son corps. La quantité est donc un élément fondamental de notre pratique parce que le salut, offert gratuitement, doit prendre chair en nous.

Toutefois, l’ascèse s’applique d’abord à l’intelligence. Le jeûne ne concerne pas seulement les aliments, mais en premier lieu les pensées. C’est pourquoi toute la spiritualité orthodoxe s’annonce comme une attention persévérante aux mouvements de notre esprit, une vigilance permanente, une sobriété joyeuse et une purge intellectuelle.

(…) L’ascèse monastique n’est pas un ensemble d’activités corporelles, mais une action de la volonté illuminée par l’Esprit Saint sur le corps. L’ascèse est une grâce qui rend au corps sa véritable matérialité, une matérialité diaphane. Le monde auquel renoncent les moines n’est pas plus matériel que celui de leur monastère, il l’est même beaucoup moins. Ceci est d’autant plus vrai dans les grandes cités du XXIe siècle où la vie tend de plus en plus à se dématérialiser. Le monde est plus que jamais virtuel, coupé de la nature, de la réalité. Il est peut-être plus démoniaque, mais certainement pas plus matériel. En revanche, le monastère est un lieu où l’homme retrouve la nature et la véritable matérialité des choses.

La vie monastique n’est qu’une forme de martyre, le martyre non sanglant. Par conséquent, la référence ultime de l’orthodoxie n’est ni la vie monastique ni le mariage, mais le martyre. Quel est le sens du martyre chrétien ? C’est la participation à la mort et à la résurrection du Christ. Baptême, martyre, vie monastique, mariage, disent au fond la même chose, à savoir un engagement total dans le mystère de l’amour. L’orthodoxie n’est rien d’autre que la suite du Christ, pauvre et humble de coeur. Elle n’est pas une doctrine, une philosophie, une métaphysique, une morale, une méthode pour accéder au bien-être, mais l’existence Pascale.

De cela, il découle que toutes les formes de vie permettent également la vie en Christ, à la seule condition de mourir à soi et de se charger du fardeau des autres.

La vie du moine n’est pas de chanter Dieu, mais de devenir lui-même un chant. Je comprends, pendant l’office des vêpres auquel nous assistons, que si le Christ est le chemin, aucun chemin ne saurait y conduire. Après l’office, je fais une merveilleuse rencontre avec l’aumônier du monastère, un vieux moine au regard pénétrant. Ce dernier me dit : « Qui est moine ? Certains portent l’habit, d’autres non. Il n’y a qu’une seule spiritualité dans l’orthodoxie, c’est la spiritualité monastique. Pourtant certains laïcs l’accomplissent bien mieux que les moines ! »

De même que le panneau « eau potable » ne dit rien de la structure moléculaire de l’eau, mais indique seulement qu’on peut la boire, de même le monachisme ne dit rien de Dieu, mais indique comment le rencontrer. Et de même que la formule H2O ne désaltère pas, la théologie académique ne fait pas davantage connaître Dieu. Le monachisme garde le sens du christianisme non à cause de l’anachorèse, du célibat ou de l’ascèse, mais parce qu’il interprète l’orthodoxie comme une orthopraxie, c’est-à-dire une pratique juste, et non comme une morale ou une idéologie. La vie monastique révèle quelque chose de toute vie humaine, sa quintessence : l’émerveillement.

D’après Alain DUREL, l’archipel des saints (Albin-Michel), pages 65-67 et 107-109

 

 

 

 

 

Divine Liturgie

Chaque dimanche à 9h30

Dimanche 2 juin : de l’aveugle de naissance

9 : des Pères du premier concile oecuménique

16 : PENTECOTE

23 : dimanche de tous les saints

Lundi 24 : début du carême des saints apôtres Pierre et Paul.

30 : dimanche des saints apôtres Pierre et Paul.

 

Eglise orthodoxe de la

Sainte Transfiguration

Grande-Rivière N-O

Ile Maurice

(derrière le garage Bala)

Divine Liturgie

Chaque dimanche à 9h30

Site WEB:

http://orthodoxchurchmauritius.org

 

Père Athanasios, tel.: 57 33 32 53

E-mail: p.athanasios@myt.mu

Père Ian, tel.: 52 57 90 53

E-mail: fr.ian@antiochian.org.nz

Père Jean, tel.: 59 05 70 23

E-mail: klepperbali@gmail.com

Bulletin du mois de mai 2019 de l’Eglise Orthodoxe à l’Ile Maurice

 

 

 

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration

Numéro 42, mai 2019

LE  CHRIST VIT EN NOUS

Le Christ n’est pas un philosophe, dont l’homme pourrait mettre en pratique l’enseignement par ses propres forces, en mettant en œuvre seulement son intelligence et sa volonté. Il faut le reconnaître, l’Évangile est impraticable. Ce n’est pas un code de morale ni une doctrine de sagesse, c’est la description de ce que Dieu accomplit en l’homme qui accepte de mourir à lui-même et de ressusciter avec le Christ en recevant le don du Saint-Esprit. C’est le sens de la parole du Christ : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

Pour le peuple d’Israël, l’événement central de son histoire avait été l’Exode, avec l’immolation de l’agneau pascal, le passage de la mer Rouge, le don de la loi sur le Sinaï. Mais les juifs de l’Ancien Testament avaient bien conscience qu’à travers ces événements, des merveilles plus grandes encore étaient annoncées, étaient préfigurées et promises.

Ces merveilles allaient être précisément la mort et la résurrection du Christ, qui ont accompli notre salut, et auxquelles nous participons, auxquelles nous sommes véritablement initiés par le baptême.

Mais le baptême n’est pas un aboutissement, c’est un point de départ. Par lui, certes, nous sommes déjà morts et ressuscités avec le Christ, véritablement, parce que nous avons reçu dans notre cœur l’Esprit Saint, l’Esprit du Christ ressuscité, qu’il nous envoie de la droite du Père, où il siège maintenant. La grâce de l’Esprit Saint nous apporte une lumière et une force qui nous rendent capables de vaincre tous les attraits du mal, toute la puissance de Satan, et capables de réaliser l’idéal de douceur, de pardon, d’amour et de charité, tracé par le Christ dans l’Évangile.

Nous devons vivre cette vie nouvelle dans un monde qui n’est pas encore transfiguré, et notre nature elle-même n’est pas encore complètement transfigurée : le don de l’Esprit Saint, la force de la grâce divine nous sont donnés comme un germe, comme une force vivifiante, assurément, mais qui doit croître en nous, qui doit se développer avec notre consentement, avec notre participation, avec tous les efforts de notre volonté, dans ce combat spirituel que nous devons encore mener quotidiennement. Nous ne sommes plus sous le pouvoir de Satan, car le baptême nous en a délivrés, mais nous restons exposés à la tentation. Dieu a permis qu’il reste en nous des séquelles du péché, pour que nous puissions chaque jour exprimer l’amour que nous avons pour Lui, en le préférant en toute liberté aux attraits du mal. Les traces du vieil homme qui reste en nous, il nous faut avec l’aide de la grâce divine, avec la puissance de l’Esprit Saint, les éliminer tout au long de notre vie. C’est seulement à ce prix que la vie nouvelle deviendra pleinement nôtre.

C’est là tout le programme de la vie chrétienne. Oui, être disciple, c’est prendre sa croix jour après jour, mais pour vivre en ressuscité. Comme le dit Saint Paul : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut et non plus celles de la terre, ayez du goût pour les choses de Dieu non plus pour les choses terrestres et matérielles. » (Colossiens 3/1 – 2). Ce programme doit nous remplir de joie. Ce qui, pour nous, doit être le plus précieux au monde, ce sont ces fruits que le Saint-Esprit veut développer en nous : « charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, tempérance », tout ce qu’énumère saint Paul dans son épître aux Galates (5/22 – 23), tout cela qui est vraiment le ciel sur la terre, le ciel dans notre âme.

C’est cela la vie nouvelle, la présence rayonnante de la Trinité sainte dans nos cœurs. Si nous savons l’écouter, si nous sommes attentifs aux mouvements de notre cœur, nous percevrons que le Saint-Esprit nous donne le sens et le goût de toutes ces choses. Il éveille au plus profond de nous-mêmes de bonnes inspirations, de bons mouvements, et nous en fait goûter la saveur, il nous remplit de sa joie si nous y adhérons pleinement. Mais, encore une fois, il faut ouvrir  notre cœur, il faut être docile à cette grâce et laisser l’Esprit saint transformer notre vie à travers un renoncement quotidien et continuel à tous les restes du vieil homme, de notre vieil ego non transfiguré, qui subsistent en nous.

Oui, le Christ vit en nous, mais c’est pour y revivre son combat, sa lutte victorieuse contre toutes les forces du mal. Ce combat invisible, le plus ardu de tous, se poursuivra en nous tout au long de notre vie chrétienne, et tout au long de la vie de l’Église, jusqu’à ce que nous puissions tous ensemble entrer dans la Jérusalem d’en haut, dans la Cité céleste où il n’y aura plus ni gémissements, ni tristesse, ni douleur, où nous n’aurons plus à combattre, parce que tous nos ennemis, les passions mauvaises, le péché, et le dernier ennemi, la mort seront définitivement vaincus !

Archimandrite Placide Deseille, La couronne bénie  de l’année chrétienne, vol. 2, p. 153-156.

Site web: http://orthodoxchurchmauritius.org

Divine Liturgie chaque dimanche à 9h30.

Eglise Orthodoxe de la Sainte Transfiguration

Grande-Rivière N-O Ile Maurice (derrière le garage Bala)