{"id":89,"date":"2011-03-29T17:33:30","date_gmt":"2011-03-29T17:33:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=89"},"modified":"2011-04-05T18:08:20","modified_gmt":"2011-04-05T18:08:20","slug":"saint-jean-climaque","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=89","title":{"rendered":"SAINT  JEAN  CLIMAQUE"},"content":{"rendered":"<p><strong>SAINT  JEAN  CLIMAQUE : SUR L\u2019AFFLICTION QUI MENE A LA JOIE<\/strong><br \/>\nAper\u00e7u de l\u2019\u0153uvre de Jean Climaque  \u00ab L\u2019Echelle Sainte \u00bb et particuli\u00e8rement se son enseignement sur  \u00ab l\u2019affliction qui m\u00e8ne \u00e0 la joie \u00bb et de sa place dans la vie asc\u00e9tique de l\u2019Eglise.<br \/>\n(Source : http:\/\/www.monachos.net\/content\/patristics\/studies-fathers\/65-john-klimakos-on-repentance-that-leads-to-joy)<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00ab Ceux qui, rev\u00eatus d\u2019un  corps ont entrepris l\u2019ascension vers le ciel, devront n\u00e9cessairement se faire violence et souffrir sans cesse ; en particulier dans les premiers stades de leur renoncement, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que  leur inclination au plaisir et leur c\u0153ur insensible se soient chang\u00e9s en une disposition stable d\u2019amour de Dieu et de puret\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 une componction manifeste \u00bb [Premier Degr\u00e9 : du renoncement (20)]. <\/p>\n<p>St Jean Climaque commence tr\u00e8s franchement son \u00ab Echelle \u00bb. Il n&rsquo;enjolive pas  ses mots dans son discours, mais parle plut\u00f4t de fa\u00e7on simple et avec l\u2019intention d\u2019indiquer le chemin \u00e0 suivre. Il y a une certaine \u00abhonn\u00eatet\u00e9 brutale\u00bb dans sa direction spirituelle, car il ne fait aucune tentative de d\u00e9crire le chemin du salut et de la sanctification d&rsquo;une mani\u00e8re qui sera agr\u00e9able aux hommes, mais plut\u00f4t d\u2019une mani\u00e8re conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de Dieu. Ce n&rsquo;est pas n\u2019importe quel p\u00e8re spirituel  qui peut commencer  son manuel  de \u00ab trente degr\u00e9s \u00bb  pour la croissance spirituelle par le redoutable \u00abrenoncement au monde \u00bb (premier degr\u00e9).<\/p>\n<p>Pourtant, bien que Jean Climaque va directement au but en choisissant de pr\u00e9senter la lutte asc\u00e9tique par  des descriptions claires du labeur et du travail \u00e0 effectuer, il invite \u00e9galement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la t\u00e2che supr\u00eame \u00e0 accomplir dans la vie spirituelle. Souvent, la duret\u00e9 m\u00eame de ses paroles, qui sont comme un souffle qui pousse le lecteur \u00e0 l&rsquo;action, donnent  \u00e0 ce m\u00eame lecteur une id\u00e9e de la profondeur de la conviction que Jean Climaque a sur le caract\u00e8re positif  de la lutte asc\u00e9tique car elle rend la personne humaine plus proche de Dieu.<br \/>\nDans la citation ci-dessus, prise du premi\u00e8r degr\u00e9 de son \u00e9chelle, le Saint est franc et honn\u00eate au sujet de la peine et de l\u2019effort  impliqu\u00e9s dans la lutte asc\u00e9tique: ceux qui y participent  doivent en effet   \u00ab  se faire violence et souffrir sans cesse \u00bb et \u00abmanifester de la componction\u00bb. Pourtant, la m\u00eame phrase ne se termine pas avant qu&rsquo;il ait affirm\u00e9 la grande esp\u00e9rance qui est l&rsquo;objectif de la lutte  qui n\u2019est qu\u2019un finalement qu\u2019un moyen afin que \u00abnotre inclination au plaisir et nos c\u0153urs insensibles parviennent  \u00e0 l&rsquo;amour de Dieu\u00bb. Nous devons faire attention, lors de la lecture de l\u2019Echelle de Jean Climaque, que la duret\u00e9 et l\u2019apparente  n\u00e9gativit\u00e9 de ses paroles sur le repentir, par leur \u00e9tranget\u00e9 \u00e0 nos oreilles modernes, nous d\u00e9tournent des commentaires tout aussi poignants et forts  sur le salut, la transfiguration, et la d\u00e9ification. <\/p>\n<p>Nous ne pouvons pas laisser notre citation ci-dessus sans aborder un autre point important relatif  \u00e0 l&rsquo;ensemble de la th\u00e9ologie de St Jean, et qui appara\u00eet dans sa ligne d&rsquo;ouverture: \u00abCeux qui rev\u00eatus d\u2019un corps ont entrepris l\u2019ascension vers le ciel &#8230;\u00bb. Notre petit aper\u00e7u de la spiritualit\u00e9 de ce grand ma\u00eetre du repentir ne peut mener nulle part si l\u2019on n\u2019a  pas d&rsquo;abord assimil\u00e9 cette notion de base qui est que la qu\u00eate spirituelle et tous les travaux de l&rsquo;asc\u00e8te n\u2019ont rien \u00e0 voir  avec une  \u00ab lib\u00e9ration de l\u2019\u00e2me\u00bb de notre nature corporelle, lib\u00e9ration par laquelle le corps est  r\u00e9prim\u00e9 afin que l&rsquo;\u00e2me puisse jaillir rafra\u00eechie et renouvel\u00e9e. Dans l&rsquo;esprit de Saint Jean Climaque il ne fait aucun doute que la vie asc\u00e9tique, voire la vie de chaque chr\u00e9tien, est un voyage dans lequel l&rsquo;ensemble de la personne humaine, corps et \u00e2me est engag\u00e9, et qui, \u00e0 la r\u00e9surrection et dans la pl\u00e9nitude du Royaume, fera de nouveau intervenir la totalit\u00e9 de cette personne. Ainsi, Jean Climaque ne cherche pas \u00e0 rendre \u00e9quivalente la spiritualit\u00e9 avec une th\u00e9ologie de l&rsquo;\u00e2me, mais sa th\u00e9ologie est celle de l&rsquo;ensemble de la personnalit\u00e9 de l&rsquo;homme. Nous ne trouvons pas  dans l\u2019Echelle Sainte  de distinction nette entre l&rsquo;enseignement concernant les besoins corporels et ceux spirituels, car cette distinction tr\u00e8s \u00e9tait \u00e9trang\u00e8re \u00e0 Jean Climaque. La personne humaine est un myst\u00e8re, une unit\u00e9 indescriptible du corps et de l\u2019\u00e2me, indescriptible dans son \u00eatre, et unique parmi les cr\u00e9atures de Dieu. <\/p>\n<p>    Parmi toutes les cr\u00e9ations de Dieu, seule l&rsquo;\u00e2me a son \u00eatre dans quelque chose d&rsquo;autre (le corps) et non pas en elle-m\u00eame. En effet, l&rsquo;un des plus grands myst\u00e8res de l&rsquo;existence pour  Jean Climaque consiste en la s\u00e9paration temporaire de ces deux \u00e9l\u00e9ments indissociables au moment de la mort.<br \/>\nIl \u00e9crit: <\/p>\n<p>    Il est une cr\u00e9ature qui a re\u00e7u son \u00eatre non en elle-m\u00eame, mais dans une autre ; et l\u2019\u00e9tonnant, c\u2019est qu\u2019elle puisse subsister en dehors de ce en quoi elle a re\u00e7u l\u2019\u00eatre.[ Vingt-sixi\u00e8me Degr\u00e9 : du discernement (92)]. <\/p>\n<p>Lorsque St Jean Climaque d\u00e9crit la personne humaine, il la consid\u00e8re comme un tout organique dont le corps et l&rsquo;\u00e2me ne peuvent pas \u00eatre extraits s\u00e9par\u00e9ment sans d\u00e9truire l&rsquo;humanit\u00e9 de la personne, \u00e0 l\u2019exception toutefois du grand myst\u00e8re temporaire allant du moment de la mort \u00e0 la r\u00e9surrection. Pourtant, il n&rsquo;ignorait pas que cette fa\u00e7on d\u2019appr\u00e9hender l&rsquo;humanit\u00e9 de la personne  pr\u00e9sente un d\u00e9fi unique, car si le corps fait partie int\u00e9grante de la personnalit\u00e9, Jean Climaque savait que ce m\u00eame corps peut \u00eatre un obstacle rendant difficile le cheminement  spirituel de la personne. Son r\u00e9alisme ne le laisse pas ignorer les passions de la chair, et leur \u00e9tonnante capacit\u00e9 \u00e0 maintenir une personne en captivit\u00e9. Comment traiter ce corps qui est \u00e0 la fois une b\u00e9n\u00e9diction et une mal\u00e9diction? Jean Climaque se pose \u00e0 lui-m\u00eame la question :<\/p>\n<p>    Quel est donc ce myst\u00e8re en moi? Quel est le sens de ce m\u00e9lange de corps et d&rsquo;\u00e2me? Pourquoi suis-je constitu\u00e9 d\u2019un ami et d\u2019un ennemi de moi-m\u00eame? Dis-le moi, toi, ma  compagne, ma nature, car je n\u2019interrogerai personne d&rsquo;autre pour m\u2019en instruire.  Comment ne pas \u00eatre bless\u00e9 par tes coups? Comment  fuir ce danger qui tient \u00e0 ma propre constitution? Puisque j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 promis au Christ de te ha\u00efr. Comment pourrai-je vaincre ta tyrannie? Car je suis fermement r\u00e9solu \u00e0 \u00eatre ton ma\u00eetre [Quinzi\u00e8me Degr\u00e9 : de la chastet\u00e9  904A]. <\/p>\n<p>Dans cette lutte que Jean m\u00e8ne avec sa propre nature, nous trouvons une pr\u00e9cision sur un \u00e9l\u00e9ment essentiel de sa spiritualit\u00e9: nous ne voyons pas que Jean Climaque ait la moindre envie de d\u00e9truire son corps ou bien de le r\u00e9primer  dans une sorte de non-existence.<br \/>\nPas du tout ! A son corps il dit : \u00abje suis r\u00e9solu \u00e0 \u00eatre ton ma\u00eetre \u00bb.Aussi dramatique que ses paroles peuvent souvent \u00eatre, aussi n\u00e9gatifs qu\u2019elles puissent parfois para\u00eetre, c\u2019est en vain que nous essaierons de trouver chez Jean Climaque une th\u00e9ologie de la r\u00e9pression du corps ; une telle approche serait fond\u00e9e sur une perception du corps comme \u00e9tant le mal, et c&rsquo;est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 du point de vue de Jean Climaque. Au lieu de cela nous trouvons une th\u00e9ologie de la transfiguration du corps. J. Chryssavgis, qui a \u00e9crit ce qui est probablement le meilleur livre sur l&rsquo;anthropologie de Jean Climaque, pose la question suivante: <\/p>\n<p>    Comment peut-on se d\u00e9tourner des mauvais d\u00e9sirs de la chair? D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, cette question est mal pos\u00e9e. Nous ne nous d\u00e9tournons pas de la chair en soi, mais, comme cela a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9, nous la mettons sur le droit chemin, car la chair dans son \u00e9tat actuel est une manifestation de notre \u00e9tat de chute devant Dieu [Chryssavgis p.54]. <\/p>\n<p>Nos actes de repentir et notre vie d&rsquo;asc\u00e9tisme sont pour  St Jean Climaque, nos efforts personnels en vue de la transfiguration de notre personne. L&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9chue qui constitue notre \u00abchair\u00bb, est  remise en forme dans le cours du grand combat de notre vie de sorte que ce combat sert \u00e0 recouvrir sa condition d\u00e9chue et lui permet de retrouver  la bonne sant\u00e9 spirituelle dans un corps divinis\u00e9. En d&rsquo;autres termes, l\u2019asc\u00e8se constitue  pour Jean Climaque notre contribution humaine au processus de divinisation qui est le l\u2019objectif du salut. Il n&rsquo;a pas \u00e9crit un trait\u00e9 en vue d&rsquo;instruire les hommes au sujet d\u2019un certain salut futur, mais il a voulu les informer de l\u2019action \u00e0 mener dans la vie pr\u00e9sente, de la divinisation (theosis) et de la transfiguration du corps de la personne dans ce qui est pur et divin. Chryssavgis \u00e9crit: <\/p>\n<p>   Jean Climaque n&rsquo;a pas analys\u00e9 une personne en particulier, et encore moins une personne malade. Il a analys\u00e9, observ\u00e9 et examin\u00e9, dans sa cellule dans le d\u00e9sert du Sina\u00ef, le p\u00eacheur divinis\u00e9 et transfigur\u00e9, la personne humaine authentique. Et il nous assure que nous sommes tous comme le Christ sur le mont Thabor. C&rsquo;est le Christ qui est un homme en pleine sant\u00e9 parce qu&rsquo;il est le Dieu-homme [Chryssavgis :p.50]. <\/p>\n<p>Ceci est un commentaire remarquable, car il \u00e9claire la perception que St Jean Climaque poss\u00e8de de la vie asc\u00e9tique comme \u00e9tant le moyen en vue d\u2019atteindre la d\u00e9ification et la transfiguration, mais aussi parce que ce commentaire se place directement dans la tradition des P\u00e8res en parlant de la d\u00e9ification de l&rsquo;homme comme un retour \u00e0 l\u2019\u00e9tat naturel de l\u2019humanit\u00e9. Notre salut n&rsquo;est pas une ascension vers un royaume surnaturel, mais plut\u00f4t notre \u00e9l\u00e9vation de notre  sous-existence vers ce qui est r\u00e9ellement notre nature. Et Jean Climaque apporte une information originale quand il affirme que ce rel\u00e8vement de notre humanit\u00e9 de son \u00e9tat de mort n&rsquo;est pas  quelque chose qui est hors de port\u00e9e, ou bien simplement une promesse en attendant la Seconde Venue du Seigneur. D\u00e9crivant  la transfiguration en termes d\u2019impassibilit\u00e9, il \u00e9crit : \u00abl\u2019impassibilit\u00e9  est la r\u00e9surrection de l&rsquo;\u00e2me avant celle du corps.\u00a0\u00bb [Vingt neuvi\u00e8me Degr\u00e9 : de l\u2019impassibilit\u00e9 (3)]<br \/>\nIl s&rsquo;agit d&rsquo;un processus de divinisation qui se passe dans ici et maintenant, o\u00f9 dans notre lutte contre notre nature d\u00e9chue  nous atteignons  notre vraie nature, et nous devenons r\u00e9ellement des \u00eatre humains \u00e0 part enti\u00e8re. <\/p>\n<p>Cette anthropologie de l&rsquo;humanit\u00e9 qui se trouve dans un \u00e9tat contre nature et qui cherche le\u00a0\u00bbretour\u00a0\u00bb \u00e0  son \u00e9tat naturel  divin marque son empreinte \u00e0 l\u2019Echelle Sainte. Partant de l\u00e0, il d\u00e9finit le cadre sur lequel il peut \u00e9tablir une spiritualit\u00e9 de la v\u00e9ritable asc\u00e8se, car l&rsquo;asc\u00e9tisme, du point de vue de Jean Climaque, n&rsquo;est rien de plus que l\u2019effort volontaire pour r\u00e9tablir la personne humaine dans son \u00e9tat naturel. C&rsquo;est l&rsquo;\u00eatre humain (et ici, encore une fois, nous parlons de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 la fois corps et \u00e2me) en harmonie avec la volont\u00e9 de Dieu, de telle sorte que notre opposition d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e \u00e0 son plan divin est d\u00e9mont\u00e9e, pi\u00e8ce par pi\u00e8ce, peu \u00e0 peu, jusqu\u2019\u00e0 ce que la d\u00e9ification puisse ainsi se produire. <\/p>\n<p>En discutant de l&rsquo;application pratique de cette asc\u00e8se, nous avons de nouveau rencontr\u00e9 le caract\u00e8re direct de la parole de Jean Climaque. Il ne dissimule pas le fait que notre nature n&rsquo;est pas seulement une nature d\u00e9chue, mais qu\u2019elle est bel et bien tomb\u00e9e tr\u00e8s bas. Et notre corps  qui est cens\u00e9 \u00eatre notre ami est devenu conditionn\u00e9 \u00e0 agir comme notre ennemi. Notre lutte, alors, n&rsquo;est pas \u00e0 prendre \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re et nous ne devons  pas nous attendre \u00e0 ce qu&rsquo;elle soit facile. Jean Climaque met en garde les moines de Raithou  de la peine et la douleur que cela implique et ce faisant il utilise la m\u00e9taphore du feu: <\/p>\n<p>    Tous ceux qui entreprennent ce bon combat, dur et \u00e2pre, mais m\u00eame temps ais\u00e9, doivent comprendre qu&rsquo;il leur faut se jeter dans le feu pour obtenir que le feu immat\u00e9riel habite en eux. Mais, que chacun s&rsquo;\u00e9prouve soi-m\u00eame, et qu&rsquo;ainsi il mange ce pain avec des herbes am\u00e8res et qu\u2019il boive cette coupe avec des larmes, de peur que le combat ne tourne \u00e0 sa propre condamnation. [Premier degr\u00e9 : Du renoncement (22)]. <\/p>\n<p>L\u2019asc\u00e8se, et m\u00eame la transfiguration, sont essentiellement des actions de la purification divine, et comme l&rsquo;or est purifi\u00e9 par la chaleur \u00e9touffante de la flamme, nous devons aussi nous attendre \u00e0 ce que notre purification associe des \u00e9l\u00e9ments qui sont des \u00ab\u00a0herbes am\u00e8res\u00a0\u00bb \u00e0 nos sens, tellement ils sont habitu\u00e9s aux plaisirs. Et nous devons veiller \u00e0 accepter  ces \u00e9l\u00e9ments comme essentiels et n\u00e9cessaires \u00e0 notre propre transfiguration, et ne pas tenter de les \u00e9viter, parce qu\u2019une asc\u00e8se en paroles n\u2019est pas grand chose, alors qu\u2019une asc\u00e8se v\u00e9ritable implique toutes les fatigues corporelles. \u00abEffor\u00e7ons-nous d&rsquo;apprendre les choses divines plus par nos travaux et la sueur que par de simples paroles, en effet, au moment de mort, ce sont des actes et non des mots qu\u2019il faudra pr\u00e9senter \u00ab\u00a0[Vingt-sixi\u00e8me degr\u00e9 : du discernement (30)] <\/p>\n<p>Et l&rsquo;asc\u00e8te plonge volontiers lui-m\u00eame dans le feu, sachant que son acte n&rsquo;est pas un acte de mort, mais  qu\u2019il m\u00e8ne \u00e0 la vie. Mais que fait-il  durant ce long processus de la purification? Que doit \u00eatre le but le but de toutes ses actions sur Terre? Pour cela, St Jean r\u00e9pond avec un mode d&rsquo;enseignement qui semble directement fond\u00e9 sur l&rsquo;injonction biblique de St Jean-Baptiste: \u00ab Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche\u00bb (Mt 3,2). <\/p>\n<p>Le repentir est un concept tr\u00e8s mal compris dans nos temps modernes. Il est venu \u00e0 signifier la douleur, ou le regret pour le p\u00e9ch\u00e9; une reconnaissance d\u2019avoir caus\u00e9 du tort et le sentiment sinc\u00e8re de la p\u00e9nitence qui l\u2019accompagne. Mais tandis que ces \u00e9l\u00e9ments sont certes des \u00e9l\u00e9ments valables et essentiels du repentir, ils sont loin de saisir toute la profondeur de la compr\u00e9hension que les  P\u00e8res ont du repentir. Le repentir dans la tradition patristique n&rsquo;est pas quelque chose rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la douleur des \u00e9motions, un simple chagrin, quelle que soit d\u2019ailleurs son intensit\u00e9 ou sa sinc\u00e9rit\u00e9. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;une cure compl\u00e8te et active sur laquelle la personne humaine tout enti\u00e8re s&rsquo;engage, un v\u00e9ritable acte de m\u00e9tanoia  c\u2019est-\u00e0-dire  \u00abune transformation de son \u00e9tat d\u2019esprit et du but que l\u2019on se fixe dans la vie \u00bb. Nous voyons dans cette d\u00e9finition m\u00eame un \u00e9l\u00e9ment qui pousse au-del\u00e0 de l&rsquo;\u00e9motionnel: la tristesse, le deuil, tous font partie int\u00e9grante du vrai repentir, mais ils doivent \u00eatre faits du mat\u00e9riau qui suscite la transformation de la personne repentante. Il ne faut pas tout simplement \u00e9prouver de la tristesse, mais il faut aller de la tristesse vers le fait de ne plus p\u00eacher. Le repentir est un acte de changement, o\u00f9 l\u2019aiguillon de la componction inspire l\u2019\u00eatre humain de se lib\u00e9rer de ses habitudes de p\u00e9ch\u00e9 et de mener une vie selon Dieu. <\/p>\n<p>Et ici nous retrouvons l&rsquo;interconnexion de la pens\u00e9e de St Jean Climaque : car si la metanoia (terme  qui signifie litt\u00e9ralement transformation et changement d&rsquo;esprit comme on l\u2019a \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9demment), Jean Climaque, comme nous l&rsquo;avons \u00e9galement d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, n\u2019accepte pas qu\u2019il y ait de s\u00e9paration nette entre l&rsquo;esprit et le corps. Ainsi, le repentir pour lui est un changement actif et complet de la personne. Non seulement l&rsquo;esprit doit se d\u00e9tourner de son p\u00e9ch\u00e9, mais il doit en \u00eatre de m\u00eame la chair, car non seulement l&rsquo;\u00e2me doit \u00eatre incit\u00e9e \u00e0 changer par le moyen de la componction et du deuil, mais c&rsquo;est aussi le corps qui doit s&rsquo;efforcer de renoncer \u00e0 son p\u00e9ch\u00e9 et de se rapprocher de Dieu.<br \/>\nSt Jean Climaque comprend le repentir dans son sens le plus global: le repentir est la reconnaissance par l\u2019\u00eatre humain de l\u2019\u00e9tat de p\u00each\u00e9 de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de son \u00eatre, et son effort actif pour changer et sortir de ce \u00abv\u00eatement de peau\u00bb et de passer \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat transfigur\u00e9 de la vie en Christ. <\/p>\n<p>Ainsi Jean Climaque peut parler du repentir dans termes tr\u00e8s durs. La transformation de la personne est analogue \u00e0 une bataille; pendant des ann\u00e9es alors que l&rsquo;ennemi d&rsquo;un soldat s\u2019est entra\u00een\u00e9  pour le vaincre, pareillement, la chair d&rsquo;un individu a pass\u00e9 sa toute sa vie \u00e0 s\u2019accoutumer au p\u00e9ch\u00e9 et \u00e0 sa nature d\u00e9chue, et se pr\u00e9sente donc face \u00e0 l&rsquo;asc\u00e8te repentant comme un ennemi redoutable. Ce qui pourrait aider l\u2019asc\u00e8te est souvent et surtout au d\u00e9but du combat l&rsquo;ennemi lui-m\u00eame. Pour vaincre un ennemi, il faut combattre activement, et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui est d\u00e9crit dans l\u2019Echelle Sainte. En effet, St Jean Climaque  pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des premiers P\u00e8res ayant utilis\u00e9 ce terme de \u00abguerre spirituelle\u00bb dont on abuse parfois. En effet, il voit l&rsquo;asc\u00e8se du chr\u00e9tien repentant comme rien de moins qu&rsquo;une bataille contre soi-m\u00eame  et contre les forces de l&rsquo;ennemi qui tentent de l&#8217;emp\u00eacher de sortir hors de son \u00e9tat d\u00e9chu. Parfois, la bataille est f\u00e9roce, et la lutte implique de la douleur, encore que la douleur est toujours mise en perspective dans un cadre plus g\u00e9n\u00e9ral car les aspects \u00abn\u00e9gatifs\u00bb  (toujours d\u2019apr\u00e8s Jean Climaque) sont toujours englob\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l&rsquo;objectif c\u00e9leste qui est constamment mis en vue. <\/p>\n<p>\u00ab Bois volontiers le m\u00e9pris comme une eau vivifiante, quand il t\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 par n\u2019importe quel homme qui cherche \u00e0 te faire boire le purgatif qui d\u00e9barrasse de la luxure. Alors se l\u00e8vera dans ton \u00e2me l\u2019aurore d\u2019une profonde puret\u00e9, et la lumi\u00e8re de Dieu ne s\u2019obscurcira plus dans ton c\u0153ur \u00bb [Quatri\u00e8me degr\u00e9 : de l\u2019ob\u00e9issance (94)].<br \/>\nDans le m\u00eame degr\u00e9, il donne un enseignement qui peut para\u00eetre dur: le commencement de notre lutte asc\u00e9tique doit impliquer la mortification, la fatigue et l\u2019effort. Pourtant il ne s\u2019agit pas du but bien qu\u2019il dise \u00ab La fin de la mortification est sans aucun mouvement et sans aucun sentiment de peine \u00bb [Quatri\u00e8me Degr\u00e9 : de l\u2019ob\u00e9issance (4)] M\u00eame quand il parle de \u00ab ha\u00efr le monde \u00bb ce qui est l&rsquo;un des concepts les plus mal compris dans  la spiritualit\u00e9 asc\u00e9tique, il le fait avec une tr\u00e8s claire compr\u00e9hension que \u00abl&rsquo;homme qui est en est venu \u00e0 d\u00e9tester le monde a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la tristesse.\u00a0\u00bb [Deuxi\u00e8me Degr\u00e9 : du d\u00e9tachement (11)] .<br \/>\n Jean Climaque ne nie pas les aspects n\u00e9gatifs du repentir (en effet, il est beaucoup plus r\u00e9aliste \u00e0 leur sujet que la plupart des \u00e9crivains qui sont venus avant ou apr\u00e8s lui), mais il ne  consid\u00e8re jamais le repentir comme \u00e9tant un acte n\u00e9gatif. Chaque effort, chaque douleur, quelle que son intensit\u00e9, est toujours mis en correspondance avec son but ultime. Ainsi, il peut m\u00eame d\u00e9crire avec beaucoup d&rsquo;enthousiasme les conditions sordides de la prison (qui est un monast\u00e8re de p\u00e9nitents) et de ses habitants, o\u00f9 :<\/p>\n<p>    On en voyait dont la langue \u00e9tait br\u00fblante et qui la tiraient hors de leur bouche \u00e0 la mani\u00e8re des chiens. Quelques-uns se ch\u00e2tiaient en s\u2019exposant au soleil br\u00fblant et d\u2019autres se tourmentaient par le froid. D\u2019autres s\u2019arr\u00eataient de boire apr\u00e8s avoir pris le peu d\u2019eau n\u00e9cessaire pour ne pas mourir de soif. D\u2019autres, apr\u00e8s avoir tout juste mang\u00e9 un peu de pain, rejetaient le reste loin d\u2019eux, disant qu\u2019ils \u00e9taient indignes de la nourriture des \u00eatres raisonnables puisqu\u2019ils s\u2019\u00e9taient comport\u00e9s comme des animaux [ Cinqui\u00e8me degr\u00e9 : de la p\u00e9nitence (15)].<br \/>\nOn esp\u00e8re presque, \u00e0 la premi\u00e8re lecture du cinqui\u00e8me degr\u00e9 de l&rsquo;Echelle Sainte au cours duquel  la prison est d\u00e9crite, que Jean Climaque est en train d&rsquo;inventer un lieu fictif et des souffrances imaginaires car les sc\u00e8nes d\u00e9crites sont dures \u00e0 supporter. Pourtant, cela est peu probable connaissant l\u2019honn\u00eatet\u00e9 qui caract\u00e9rise l&rsquo;auteur et sa simplicit\u00e9. Chryssavgis \u00e9crit, <\/p>\n<p>    La prison est d&rsquo;une importance particuli\u00e8re parabolique. Mais ce n&rsquo;est pas une fiction. Jean Climaque effectue certainement la description d&rsquo;un lieu r\u00e9el de l&rsquo;internement p\u00e9nitentiel monastique \u00e0 Alexandrie, un lieu de pleurs et de lamentations [Chryssavgis p.131]. <\/p>\n<p>Chryssavgis poursuit en notant que, Jean Climaque n&rsquo;a pas l&rsquo;intention de repousser ses lecteurs en racontant l&rsquo;histoire de la prison, et il a certainement raison de le faire. Jean Climaque lui-m\u00eame note que les choses d\u00e9crites sont \u00abincroyables\u00bb, \u00abdifficiles \u00e0 croire, et peuvent m\u00eame sembler \u00e0 certains  comme menant au d\u00e9sespoir.<br \/>\n \u00abJe n\u2019en doute pas, mes bons amis, les combats de ces bienheureux tels que je viens de les raconter, para\u00eetront \u00e0 certains incroyables, \u00e0 d\u2019autres difficiles \u00e0 admettre, et d\u2019autres encore estimeront qu\u2019ils portent au d\u00e9sespoir. Mais pour l&rsquo;\u00e2me courageuse, ces exemples seront plut\u00f4t  un aiguillon et une fl\u00e8che de feu; et il repartira en emportant le z\u00e8le dans son coeur\u00bb [Cinqui\u00e8me Degr\u00e9 : de la p\u00e9nitence (29)].<\/p>\n<p> L&rsquo;audition de ces r\u00e9cits de souffrance extr\u00eame n&rsquo;est pas destin\u00e9e \u00e0 nous plonger dans le d\u00e9sespoir, mais bien au contraire pour nous donner l&rsquo;espoir, car elle nous assure que si la bataille est souvent longue et difficile, et que des mesures extr\u00eames sont n\u00e9cessaires pour le combat, il s\u2019agit d\u2019un combat pour se hisser vers la joie d\u2019en haut et qui a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 victorieusement par les saints. <\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 cette notion m\u00eame de la joie que nous arrivons \u00e0 la fin de cette \u00e9tude. Ici, en un seul mot, Jean Climaque r\u00e9sume ce qu&rsquo;il consid\u00e8re comme le but ultime de la vie spirituelle. Nous avons d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit ce but ultime comme \u00e9tant la  \u00ab theosis \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la transfiguration r\u00e9elle et la d\u00e9ification de la personne humaine, et nous n&rsquo;avons pas besoin de modifier cette d\u00e9finition maintenant. Mais une fois que nous avons commenc\u00e9 \u00e0 comprendre la position de Jean Climaque  sur le repentir et la transformation (m\u00e9tano\u00efa) de l&rsquo;homme, nous pouvons commencer \u00e0 voir comment sa notion de transfiguration personnelle implique la participation d&rsquo;un individu \u00e0 la joie v\u00e9ritable. <\/p>\n<p>Il y a une obscurit\u00e9 li\u00e9e au p\u00e9ch\u00e9 et qu\u2019admet volontiers Saint Jean Climaque, et cette obscurit\u00e9 est caus\u00e9e par une s\u00e9paration d&rsquo;avec nous-m\u00eames et de Dieu. Si Dieu est joie, notre \u00e9loignement de Lui signifie notre absence de participation \u00e0 la joie elle-m\u00eame. Et ainsi, alors que nous progressons le long de la voie du repentir, et que nous retrouvons notre v\u00e9ritable nature (celle qui est v\u00e9ritablement la n\u00f4tre), nous commen\u00e7ons \u00e0 ressentir la joie d&rsquo;une mani\u00e8re nouvelle et puissante. Ce n&rsquo;est pas la joie que nous avons autrefois connue, provoqu\u00e9e par la satisfaction de nos d\u00e9sirs dans notre \u00e9tat d\u00e9chu. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une joie sainte et spirituelle, donn\u00e9e par Dieu Lui-m\u00eame et qui se d\u00e9veloppe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la personne humaine dans son processus de croissance spirituelle. C\u2019est \u00ab l\u2019affliction qui produit la joie\u00bb, issue de notre repentir et de la gr\u00e2ce de Dieu.<br \/>\nC\u2019est sans doute la contribution la plus cr\u00e9ative et originale de Jean Climaque \u00e0 la th\u00e9ologie spirituelle: la tristesse qui accompagne le repentir et une vie asc\u00e9tique authentique sont finalement sources de joie.<br \/>\nJean Climaque relie \u00e9troitement cette notion \u00e0 un autre \u00e9l\u00e9ment qui prend beaucoup de place dans son Echelle Sainte: le don des larmes spirituelles. Comme Dieu sanctifie l&rsquo;homme et le rapproche de sa nature divine, Il r\u00e9unit dans une sorte de myst\u00e9rieuse unit\u00e9, les \u00e9motions apparemment disparates de la joie et la douleur jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, \u00e0 un moment donn\u00e9 sur le chemin spirituel de l&rsquo;individu, les deux se confondent en un seul grand acte d\u2019amour. <\/p>\n<p>    Quand je consid\u00e8re la nature r\u00e9elle de la componction, je suis frapp\u00e9 d\u2019\u00e9tonnement : comment ce qu\u2019on nomme affliction et tristesse peut-il contenir, cach\u00e9 dans son sein, tant de joie et d\u2019all\u00e9gresse, comme la cire renferme le miel ? [Septi\u00e8me Degr\u00e9 : de l\u2019affliction qui produit la joie (54)].<\/p>\n<p> Ce m\u00e9lange unique d&rsquo;\u00e9motions, qui s\u2019accomplit par la gr\u00e2ce de Dieu constitue dans le cours du combat asc\u00e9tique une fontaine de larmes diff\u00e9rentes de celles vers\u00e9es auparavant, car elles viennent de Dieu et ne sont pas de simples larmes de tristesse, mais les larmes de la sanctification spirituelle. Ce sont des larmes qui lavent nos p\u00e9ch\u00e9s et nous montrent que nos pri\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 agr\u00e9es par Dieu [Septi\u00e8me Degr\u00e9 : de l\u2019affliction qui produit la joie (8-9)]. Elles nous invitent \u00e0 nous rendre compte que \u00able Seigneur est venu sans y \u00eatre invit\u00e9 \u00bb dans les profondeurs de notre \u00eatre. [Septi\u00e8me Degr\u00e9 : de l\u2019affliction qui produit la joie (28)] Nous sommes donc invit\u00e9s \u00e0 un amour plus grand et plus intense envers Dieu qui est le dispensateur de ces larmes.<br \/>\nChryssavgis \u00e9crit: \u00abIl y a un optimisme sous-jacent chez Jean Climaque, consistant dans sa croyance que l&rsquo;homme a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Dieu pour la joie et non pour la tristesse, pour le rire et pas pour les larmes.\u00a0\u00bb [ Chryssavgis, p.149]<br \/>\nA mesure que l\u2019on grimpe les degr\u00e9s de l&rsquo;\u00e9chelle de la lutte asc\u00e9tique, et que l\u2019on acquiert un repentir de plus en plus intense et sinc\u00e8re, nous sommes happ\u00e9s par Dieu dans le c\u0153ur de la vraie joie, et cela est la grande promesse de St Jean Climaque \u00e0 ceux dont il a la charge spirituelle. \u00c0 la fin de son Echelle Sainte, il culmine sa pens\u00e9e avec un appel \u00e0 Dieu qui r\u00e9affirme le d\u00e9sir complet de la personne humaine: <\/p>\n<p>    \u00c9claire-nous, d\u00e9salt\u00e8re-nous, guide-nous, prends-nous par la main, puisque nous voulons d\u00e9sormais monter jusqu\u2019\u00e0 toi. Car tu r\u00e8gnes sur toute chose. Et maintenant tu as ravi mon \u00e2me (Cant. 4,9) [Trenti\u00e8me degr\u00e9 : de la charit\u00e9 (38)]<\/p>\n<p>Et puis, ne souhaitant quitter ses lecteurs, sans l&rsquo;espoir le plus \u00e9lev\u00e9 et sans encouragement, il les exhorte :<\/p>\n<p>    Montez, fr\u00e8res, montez, disposez avec ardeur des ascensions dans votre c\u0153ur (Ps. 83,6). Pr\u00eatez l\u2019oreille \u00e0 celui qui dit : \u00ab Venez, allons \u00e0 la montagne du Seigneur, \u00e0 la maison de notre Dieu (Is.2,3), qui rend nos pieds comme ceux des biches et nous tient debout dans les hauteurs (Ps.17,34),afin qu\u2019avec son cantique nous ayons la victoire (Hab.3,19) [Trenti\u00e8me degr\u00e9 : de la charit\u00e9 1161A].<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rences :<br \/>\nL\u2019Echelle Sainte de Saint Jean Climaque. Traduction fran\u00e7aise par le P. Placide DESEILLE.<br \/>\nSpiritualit\u00e9 Orientale n\u00b024. Abbaye de Bellefontaine (1987).<br \/>\nChryssavgis, John. Ascent to Heaven: the Theology of the Human Person According to Saint John of the Ladder. Brookline: Holy Cross Orthodox Press, 1989.<\/p>\n<p>Saint Jean Climaque est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le quatri\u00e8me dimanche du Grand Car\u00eame. Il est originaire du Proche-Orient et il a \u00e9t\u00e9 higoum\u00e8ne (sup\u00e9rieur) du monast\u00e8re de Sainte Catherine au Mont Sina\u00ef au VII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SAINT JEAN CLIMAQUE : SUR L\u2019AFFLICTION QUI MENE A LA JOIE Aper\u00e7u de l\u2019\u0153uvre de Jean Climaque \u00ab L\u2019Echelle Sainte \u00bb et particuli\u00e8rement se son enseignement sur \u00ab l\u2019affliction qui m\u00e8ne \u00e0 la joie \u00bb et de sa place dans la vie asc\u00e9tique de l\u2019Eglise. (Source : http:\/\/www.monachos.net\/content\/patristics\/studies-fathers\/65-john-klimakos-on-repentance-that-leads-to-joy)<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-89","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/89","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=89"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/89\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":96,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/89\/revisions\/96"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=89"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=89"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=89"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}