{"id":2795,"date":"2026-02-07T13:13:06","date_gmt":"2026-02-07T13:13:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=2795"},"modified":"2026-02-07T13:13:31","modified_gmt":"2026-02-07T13:13:31","slug":"le-fils-prodigue","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=2795","title":{"rendered":"Le Fils Prodigue"},"content":{"rendered":"\n<p>Hom\u00e9lie de Saint Gr\u00e9goire Palamas sur la parabole du Fils Prodigue<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p>Saint Gr\u00e9goire Palamas<br>Sur le Fils Prodigue<br>Il y aura une famine, dit le proph\u00e8te, pleurant sur J\u00e9rusalem &#8211; non une faim<br>de pain et d&rsquo;eau, mais la faim de la paroie du Seigneur (Am. VIII, 11). Cette<br>faim est \u00e0 la fois un \u00e9tat de privation et un besoin de nourriture. Mais il existe<br>une faim plus tragique encore, lorsque priv\u00e9 de ce qui est n\u00e9cessaire pour<br>atteindre le salut, on ne ressent pas l&rsquo;horreur de son malheur, on n&rsquo;\u00e9prouve<br>pas le d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre sauv\u00e9. L&rsquo;affam\u00e9 cherche partout du pain, et lorsqu&rsquo;il trouve<br>de la p\u00e2te moisie, qu&rsquo;on lui donne une galette de mil, des restes de farine ou<br>n&rsquo;importe quelle vile nourriture, il \u00e9prouve un bonheur d&rsquo;autant plus grand<br>qu&rsquo;il \u00e9tait malheureux dans son d\u00e9nuement. De m\u00eame, celui qui \u00e9prouve la<br>faim spirituelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la fois la privation et le d\u00e9sir d&rsquo;une nourriture<br>spirituelle, va partout \u00e0 la recherche d&rsquo;un ma\u00eetre venu de Dieu ; et s&rsquo;il le<br>trouve, il mange avec joie 1e pain de la vie spirituelle, qui est une parole de<br>salut. Cette parole, il est impossible que celui qui la cherche sans rel\u00e2che ne la trouve pas. \u00ab Tout homme qui demande recevra, qui cherche trouvera, \u00e0 celui<br>qui frappe on ouvrira , (Mat. VIl, B), a dit le Christ.<br>Certains, pour avoir longtemps connu la famine spirituelle, perdent jusqu&rsquo;au<br>d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre rassasi\u00e9s. Ils deviennent insensibles \u00e0 ce qui est nuisible et m\u00eame<br>s&rsquo;ils rencontrent un ma\u00eetre, ils n&rsquo;ont pas envie d&rsquo;\u00e9couter son enseignement. Et<br>si ce ma\u00eetre \u00e9tait absent, ils ne le chercheraient pas et m\u00e8neraient une vie encore<br>plus p\u00e9cheresse que l&rsquo;enfant prodigue. Car celui-ci, malgr\u00e9 son d\u00e9nuement,<br>\u00e9loign\u00e9 du nourricier commun, du P\u00e8re et Seigneur, lorsqu&rsquo;il tomba dans une<br>accablante famine se repentit, revint et re\u00e7ut \u00e0 nouveau une nourriture divine<br>et pure. Gr\u00e2ce \u00e0 son repentir, il acquit les dons de l&rsquo;Esprit au point d&rsquo;\u00eatre envi\u00e9<br>pour sa richesse. Exposons \u00e0 pr\u00e9sent cette parabole \u00e9vang\u00e9lique, puisqu&rsquo;il est<br>coutume de la lire aujourd&rsquo;hui dans les \u00e9glises.<br> Un homme, dit le Seigneur, avait deux fils. , Le Seigneur parle de Lui<br>m\u00eame ici et cela n&rsquo;a rien d\u2019\u00e9tonnant. Car s&rsquo;Il s&rsquo;est fait homme pour notre salut,<br>faut-il s&rsquo;\u00e9tonner qu&rsquo;Il se soit repr\u00e9sent\u00e9 Lui-m\u00eame [dans la parabole] comme<br>un homme, pour nous \u00eatre utile, Lui qui se pr\u00e9occupe toujours de I&rsquo;\u00e2me et<br>du corps, en tant que Seigneur et Cr\u00e9ateur de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre ; qui seul<br>manifesta cette (\u0153uvre d&rsquo;amour et de largesse d\u00e9bordante envers nous avant<br>m\u00eame que nous ayons acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00eatre ? Car, avant que nous ne soyons venus<br>au monde, Il pr\u00e9parait 1&rsquo;h\u00e9ritage \u00e9ternel du Royaume.<br>Donc, un certain homme \u00bb, nous dit-il, avait deux fils  ; ainsi des<br>dispositions contradictoires divisent la nature unique, de m\u00eame que la vertu<br>et le p\u00e9ch\u00e9 divisent la multitude en deux groupes. Nous disons aussi qu&rsquo;une<br>personne est double quand elie a des m\u0153urs m\u00eal\u00e9es et inversement que<br>plusieurs font un seul quand ils sont solidaires entre eux.  Or le plus jeune<br>vint trouver son p\u00e8re , &#8211; effectivement \u00ab le plus jeune ,, car il formule une<br>exigence juv\u00e9nile et compl\u00e8tement insens\u00e9e ; de m\u00eame le p\u00e9ch\u00e9, engendrant<br>l&rsquo;\u00e9loignement [de Dieu] est plus jeune par son origine, \u00e9tant une invention<br>post\u00e9rieure de notre volont\u00e9 mauvaise. Quant \u00e0 la vertu, elle est premi\u00e8re-n\u00e9e,<br>\u00e9tant de toute \u00e9ternit\u00e9 en Dieu et d\u00e9pos\u00e9e dans nos \u00e2mes au commencement.<br>Et le jeune fils, venu trouver son p\u00e8re, lui dit : Donne-moi la part du bien<br>qui doit me revenir. , Quelle folie! Il ne s\u2019est pas prostern\u00e9, il n&rsquo;a pas demand\u00e9,<br>mais \u00ab dit , simplement, exig\u00e9 comme un d\u00fb de la part de Celui qui donne \u00e0<br>tous gratuitement.  Donne-moi la part du bien qui me revient selon les lois<br>et notre droit qui m&rsquo;appartient en \u00e9quit\u00e9. , Mais quelle est cette loi qui ferait<br>des p\u00e8res les d\u00e9biteurs de leurs enfants ? ! En fait, ce sont les enfants qui sont<br>d\u00e9biteurs de ieurs p\u00e8res, ayant re\u00e7u d&rsquo;eux l&rsquo;existence. Mais sa conduite en ce<br>point montre l&rsquo;immaturit\u00e9 de ses pens\u00e9es.<br>Et qu&rsquo;a donc fait Celui qui envoie Sa pluie sur les justes et les injustes et qui<br>commande au soleil de briiler sur les m\u00e9chants et sur les bons ? Il a partag\u00e9<br>entre eux les moyens de subsistance. Vois-tu que cet Homme, ce P\u00e8re se suffit<br>\u00e0 Lui-m\u00eame ?-Un autre n&rsquo;aurait pas partag\u00e9 en deux, mais se serait r\u00e9serv\u00e9 une troisi\u00e8me part pour sa subsistance. Mais Lui, comme le dlt le proph\u00e8te David,<br>na pas besoin de nos biens (Ps. XV,2), Il a partag\u00e9 Son avoir entre ces deux<br>fils, c&rsquo;est-\u00e0-dire le monde entier : car de m\u00eame que la nature<\/p>\n\n\n\n<p> une se r\u00e9partit<br>en diff\u00e9rents caract\u00e8res, de m\u00eame le monde un se divise par la diversit\u00e9 des<br>usages. Ainsi l&rsquo;un dit \u00e0 Dieu :  Tout le jour j&rsquo;ai tendu les mains vers Toi ,<br>(Ps. LXXXVII, 10) ; et \u00ab sept fois le jour je T&rsquo;ai lou\u00e9 , (Ps. CXVIII, 164) ; et<br> au milieu de la nuit, je me levais pour T\u00ea confesser ,, (Ps. CXVIII, 62) ; et<br> dans ma tribulation, j&rsquo;ai cri\u00e9 , (Ps. CXIX, 1) ; et  j&rsquo;ai esp\u00e9r\u00e9 en T\u00e8s paroles ,<br>(Ps. CXVIII, 42) ; et  au matin je les lais taire, tous les impies , (Ps. C,<br>8), c&rsquo;est-\u00e0-dire j&rsquo;ai retranch\u00e9 tous les d\u00e9sirs de la chair, qui m&rsquo;attirent vers la<br>volupt\u00e9. L&rsquo;autre passe le jour en beuveries et la nuit en actions ind\u00e9centes et<br>iilicites, il tend des pi\u00e8ges ou fomente de mauvais coups, pour d\u00e9tourner de<br>l&rsquo;argent ou r\u00e9aliser des plans vicieux. Pourtant ces deux-l\u00e0 [ces deux types<br>d&rsquo;hommes \u00e9voqu\u00e9s plus haut] ne partagent-ils pas une seule et m\u00eame nuit, un<br>seul et m\u00eame soleil, une seule et m\u00eame nature humaine] , tout en en faisant<br>un usage diff\u00e9rent ? Car Dieu a distribu\u00e9 \u00e9galement \u00e0 tous toute la cr\u00e9ation, la<br>proposant \u00e0 l&rsquo;usage de chacun selon sa volont\u00e9.<br> Et, quelques jours plus tard, le plus jeune fils, apr\u00e8s avoir tout rassembl\u00e9,<br>partit pour un pays lointain \u00bb, dit le Christ. Pourquoi n&rsquo;est-il pas parti sur-le<br>champ ? &#8211; Parce que le s\u00e9ducteur rus\u00e9, le Diable, ne propose pas imm\u00e9diatement<br>\u00e0 l&rsquo;homme de ie suivre dans le p\u00e9ch\u00e9, mais le persuade peu \u00e0 peu, iui soufflant<br>au creux de l&rsquo;oreille :  Et toi, en vivant selon ton jugement. sans fr\u00e9quenter<br>l&rsquo;\u00e9glise de Dieu ni pr\u00eater attention \u00e0 l&rsquo;enseignement eccl\u00e9sial, tu peux voir<br>par toi-m\u00eame ce qu&rsquo;il convient de faire, sans t&rsquo;\u00e9carter du bien. , &#8211; Quand<br>il d\u00e9tourne quelqu&rsquo;un des hymnes sacr\u00e9s et de l&rsquo;\u00e9coute des saints ma\u00eetres, il<br>l&rsquo;\u00e9loigne par l\u00e0 m\u00eame de la protection divine, Ie livrant \u00e0 ses mauvaises actions.<br>Car Dieu est pr\u00e9sent partout, mais seul le mal est \u00e9loign\u00e9 du bien, et lorsque<br>nous sommes dans le mal \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9, nous nous \u00e9loignons de Dieu.<br> Les impies ne resteront pas devant Tes yeux , (Ps. V 6), dit David \u00e0 Dieu.<br>Ainsi, le plus jeune fils s&rsquo;\u00e9loigna (de son p\u00e8re) et partit pour un pays<br>lointain o\u00f9 il dissipa tout son bien, vivant dans la d\u00e9bauche. Comment a-t<br>il dissip\u00e9 son bien ? Notre principale richesse, c&rsquo;est avant tout l&rsquo;intellect qui<br>nous est inn\u00e9. Tant que nous demeurons sur le chemin du salut, il reste en<br>nous et nous restons tendus vers i&rsquo;lntellect premier et supr\u00eame : Dieu ; mais<br>quand nous ouvrons la porte aux passions, notre intellect se dissipe aussit\u00f4t,<br>vagabondant sans cesse autour des choses charnelles et terrestres, des plaisirs et<br>des passions. La richesse de ce jeune homme, c&rsquo;est le bon sens qui demeure en<br>lui et qui engendre le discernement entre le bien et le mal tant que lui-m\u00eame<br>demeure ob\u00e9issant aux commandements et conseils du P\u00e8re Tr\u00e8s-Haut. Mais<br>s&rsquo;il rejette cela, alors il dissipe son bon sens dans la fornication et la d\u00e9mence.<br>Remarquez que cela s&rsquo;applique \u00e0 chacune de nos vertus et de nos forces, qui<br>sont notre richesse et qui, sous l influence du mal multiforme, se donnent \u00e0 lui et se dissipent. Car l&rsquo;esprit, par sa nature, tourne son d\u00e9sir vers Ie Dieu unique<br>et v\u00e9ritable, le seul bon, ie seul d\u00e9sirable, le seul \u00e0 donner une jouissance qui<br>n&rsquo;est m\u00eal\u00e9e d&rsquo;aucune tristesse. Tandis que lorsque l&rsquo;intellect faibllt, la force \u00e0e<br>l&rsquo;\u00e2me envers l&rsquo;amour v\u00e9ritable s&rsquo;\u00e9carte de cet objet digne de nos d\u00e9sirs et se<br>dissipe vers les attraits du plaisir : tant\u00f4t il d\u00e9sire des nourritures superflues,<br>tant\u00f4t. des corps impudiques, tant\u00f4t des choses inutiles et parfois la vaine et<br>vide gloire. Et le malheureux homme \u00e9parpille ses forces et, encha\u00een\u00e9 par ses<br>pens\u00e9es, il passe- \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des richesses commune. \u00e0 tous, sans respirer l&rsquo;air, sans<br>regarder le soleil.<br>Notre intellect, tant qu&rsquo;il ne s\u2019est pas s\u00e9par\u00e9 de Dieu, s&rsquo;insurge contre le<br>Diable et les insidieuses passions, contre les princes des t\u00e9n\u00e8bres et les esprits<br>malins. s&rsquo;il n&rsquo;observe pas les commandements divins du Ma\u00eetre qui l&rsquo;arme<br>pour le combat, alors il se met \u00e0 batailler contre ses proches, il se m\u00e8t en rage<br>contre sa parent\u00e9, il entre en fureur contre ceux qui n\u2019approuvent pas ses<br>app\u00e9tences contraires \u00e0 la raison. Il devient homicide, h\u00e9las,-l&rsquo;homme qui est<br>devenu semblable aux b\u00eates sans raison et aux animaux rampants et venimeux,<br>il devient scorpion, serpent, vip\u00e8re, celui qui devait \u00eatre parmi les fils de Dieu.<br>vois-tu comment il a dissip\u00e9 et an\u00e9anti son bien ?  Ayant tout d\u00e9pens\u00e9, [le<br>plus jeune fils] commen\u00e7a \u00e0 ressentir la privation. , Il commen\u00e7a \u00e0  ressentir<br>la faim, mais il ne tourna pas encore son regard vers la conversion, parce qu&rsquo;il<br>\u00e9tait.d\u00e9voy\u00e9. c&rsquo;est pourquoi u Il s&rsquo;en alla trouver un des habitants du pays<br>et celui-ci l&rsquo;envoya dans ses champs garder les porcs ,.<br>Qui sont-ils, les citoyens et_les princes de ce pays, qui se trouvent \u00e9loign\u00e9s de<br>Dieu ? ce sont \u00e9videmment les d\u00e9mons sous l&#8217;empire desquels le fils du p\u00e8re<br>c\u00e9leste, devenu tenancier de mauvais lieu, s&rsquo;est retrouv\u00e9 \u00e0 la t\u00eate des Pubiicains<br>et des brigands, chef d&rsquo;une s\u00e9dition, car on dit de toute passion qu&rsquo;elle est<br>semblable \u00e0 un porc en raison de son extr\u00eame impuret\u00e9. Ceux qui se roulent<br>dans la fange des passions sont des porcs, et ie plus jeune fiis devenu leur chef,<br>les d\u00e9passe tous dans l&rsquo;amour du plaisir : il ne peut se rassasier des caroubes<br>que mangent les porcs, c&rsquo;est-\u00e0-dire de sa propre passion. Comment se fait-il<br>que la nature corporelle ne suffise pas \u00e0 satisfaire les d\u00e9sirs du d\u00e9bauch\u00e9 ? L&rsquo;or<br>ou l&rsquo;argent poss\u00e9d\u00e9s en abondance apportent aussi l&rsquo;accroissement du manque<br>et excitent une soif plus grande encore. M\u00eame le monde entier ne suffirait pas<br>\u00e0 un homme qui recherche la cupidit\u00e9 et la domination. Et vu que ces \u00eatres<br>sont nombreux et qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;un monde, comment leur seraii-ii possible<br>d&rsquo;assouvir leur d\u00e9sir ? c&rsquo;est aussi pour cela que ce fiis, s&rsquo;\u00e9tant s\u00e9par\u00e9 de Dieu,<br>ne pouvait se rassasier : car \u00ab personne ne lui donnait , de quoi se rassasier. Et<br>puis, qui aurait pu lui donner ? Dieu \u00e9tait loin, Lui dont la vue procure une<br>heureuse sati\u00e9t\u00e9 \u00e0 celui qui Le contemple :  ]e serai rassasi\u00e9 quand paraitra<br>devant moi Ta gloire , (Ps. XVI, 15). Quant au Diable, il ne laiss\u00e8 pas l&rsquo;homme<br>se satisfaire de passions honteuses, car dans les \u00e2mes enclines au changement,<br>ia sati\u00e9t\u00e9 cause habituellement une rupture \u00e0 leur \u00e9gard. Et ainsi, en toute<br>justice, personne ne iui donnait de quoi se rassasier.<br>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une fois rentr\u00e9 en lui-m\u00eame et ayant compris en quelle<br>mis\u00e9rable situation il \u00e9tait tomb\u00e9 que ce fils, qui s&rsquo;\u00e9tait coup\u00e9 de son P\u00e8re,<br>pleura sur lui-m\u00eame en disant : Combien de mercenaires de mon p\u00e8re ont<br>du pain en abondance et moi je meurs de faim. \u00bb Qui sont ces mercenaires ?<br>Ceux qui pour la sueur de leur repentir et pour leur humilit\u00e9 re\u00e7oivent en<br>salaire &#8211; le salut. Tandis que les fils sont ceux qui, par amour pour Lui, se<br>soumettent \u00e0 Ses commandements ; le Seigneur dit aussi :  Celui qui m&rsquo;aime<br>gardera ma parole , (Jn. XI\u00ff 23). Ainsi ce jeune fils, priv\u00e9 de sa dignit\u00e9<br>filiale, volontairement exciu de la patrie sacr\u00e9e et tomb\u00e9 dans la famine, se<br>condamne lui-m\u00eame et s&rsquo;humilie, et dans le repentir dit &lsquo; . Je me l\u00e8verai, j&rsquo;irai<br>et je tomberai aux pieds du P\u00e8re et je dirai : P\u00e8re, j&rsquo;ai p\u00e9ch\u00e9 contre le ciel et<br>contre toi.  Nous disions au d\u00e9but avec raison que ce p\u00e8re c&rsquo;est Dieu ; en<br>effet comment ce fils qui s&rsquo;\u00e9tait s\u00e9par\u00e9 de son p\u00e8re aurait-il p\u00e9ch\u00e9 contre le ciel<br>s&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas du P\u00e8re c\u00e9leste ? Ainsi il dit : * J&rsquo;ai p\u00e9ch\u00e9 contre le ciel ,,<br>c&rsquo;est-\u00e0-dire contre les saints du ciel, \u00ab et devant Toi \u00bb, qui vis au ciel avec tes<br>saints.  ]e ne suis pas digne d&rsquo;\u00eatre appel\u00e9 ton fils : traite-moi comme l&rsquo;un<br>de tes journaliers. , Il ajoute magnifiquement dans son humilit\u00e9 : Prends<br>moi , car personne de ses propres forces ne peut monter sur les degr\u00e9s qui<br>conduisent aux vertus, encore que cela ne puisse pas arriver sans le libre choix<br>(de sa volont\u00e9).  S&rsquo;\u00e9tant lev\u00e9, est-il dit, il alla trouver son p\u00e8re. Alors qu&rsquo;il<br>\u00e9tait encore loin\u2026 , Comment comprendre qu&rsquo;il allait et qu&rsquo;en m\u00eame temps<br>u il se trouvait loin \u00bb pourquoi aussi son p\u00e8re, le prenant en piti\u00e9, partit-il<br>\u00e0 sa rencontre ? &#8211; Parce que l&rsquo;homme qui se repent de toute son \u00e2me, par le<br>fait m\u00eame qu&rsquo;il a une bonne intention et qu&rsquo;il s&rsquo;est d\u00e9tach\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9, celui-l\u00e0<br>vient \u00e0 Dieu. Mais se trouvant sous l&#8217;empire de Ia mauvaise habitude et d&rsquo;id\u00e9es<br>perverses, il est encore loin de Dieu ; et pour qu&rsquo;ii soit sauv\u00e9, il faut que vienne<br>d&rsquo;en-haut une grande tendresse, un grand secours.<br>C&rsquo;est pour cette raison que le P\u00e8re des largesses, par condescendance, s&rsquo;en<br>va au-devant de lui et l&rsquo;entoure de ses bras, lui donne le baiser, et ordonne<br>aux serviteurs, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux pr\u00eatres, de l&rsquo;habiller du v\u00eatement de f\u00e8te<br>originel, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la dignit\u00e9 filiale dont il avait \u00e9t\u00e9 rev\u00eatu jadis par le<br>saint Bapt\u00eame ; et de lui mettre un anneau \u00e0 Ia main, pour l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me,<br>d&rsquo;y mettre le sceau de la vertu contemplative, gage de l&rsquo;h\u00e9ritage futur ; et<br>il ordonne \u00e9galement de lui mettre des sandales aux pieds &#8211; protection et<br>fermet\u00e9 divines, qui lui donnent le pouvoir de marcher sur les serpents et les<br>scorpions et sur toute force hostile. Puis il ordonne d&rsquo;apporter le veau gras,<br>de l&rsquo;immoler et de le lui offrir en nourriture. Ce Veau, c&rsquo;est le Seigneur Lui<br>m\u00eame, qui vient du secret de la Divinit\u00e9 et du tr\u00f4ne qui existait avant toutes<br>choses et qui, apparu sur ia terre comme un homme, est immol\u00e9 comme un<br>veau pour nous p\u00e9cheurs ct, comme un pain suressentiel, nous est propos\u00e9 en nourriture. En plus Dieu organise une r\u00e9jouissance g\u00e9n\u00e9rale et un festin avec<br>tous Ses saints, partageant dans Son extr\u00eame amour de l&rsquo;homme ce qui nous<br>est en propre et disant :  Venez, mangeons et r\u00e9jouissons-nous.  Mais le fils<br>a\u00een\u00e9 se met en col\u00e8re.<br>Ici, me semble-t-il, le Christ a repr\u00e9sent\u00e9 les Juifs qui s&rsquo;irritaient de l&rsquo;appel<br>des pa\u00efens, ainsi que les scribes et les Pharisiens, scandalis\u00e9s de voir que le<br>Seigneur accueille les p\u00e9cheurs et mange avec ceux. Qu&rsquo;y a-t-il donc de si<br>surprenant, si le juste ne reconna\u00eet pas la richesse de la mis\u00e9ricorde divine qui<br>d\u00e9passe toute intelligence ? C&rsquo;est pourquoi le P\u00e8re commun l&rsquo;apaise et l&rsquo;am\u00e8ne<br>\u00e0 comprendre la justice par ces paroles :  Tu es toujours avec moi , lui faisant<br>partager la joie sans changement ;  il fallait se r\u00e9jouir et faire la f\u00eate, car ton<br>fr\u00e8re que voici \u00e9tait mort et il a recouvr\u00e9 la vie, il avait p\u00e9ri et il est retrouv\u00e9;<br>il \u00e9tait mort \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9 ; il a retrouv\u00e9 la vie gr\u00e2ce \u00e0 sa conversion ; il<br>s&rsquo;\u00e9tait perdu, car il ne s&rsquo;\u00e9tait pas trouv\u00e9 en Dieu ; \u00e0 pr\u00e9sent, il remplit les cieux<br>d&rsquo;all\u00e9gresse, selon ce qui est \u00e9crit : u Ii y aura de la joie dans le ciel pour un<br>seul p\u00e9cheur qui se repent , (Lc. XV, 7). Qu&rsquo;y a-t-il donc qui f\u00e2che si fort le<br>fils a\u00een\u00e9 ? u C&rsquo;est qu&rsquo; \u00e0 moi, dit-il, tu n&rsquo;as jamais donn\u00e9 un chevreau pour faire<br>la f\u00eate avec mes amis. Et lorsque ton fils que voil\u00e0 revient apr\u00e8s avoir mang\u00e9<br>ton bien avec des filles, tu as tu\u00e9 pour lui le veau engraiss\u00e9 \u00bb : car ia gr\u00e2ce<br>de Dieu envers nous est si abondante (cf. Rom. V 20) que, comme le dit<br>Pierre, le coryph\u00e9e des ap\u00f4tres, ies anges eux-m\u00eames voudraient p\u00e9n\u00e9trer dans<br>cette gr\u00e2ce qui nous a \u00e9t\u00e9 destin\u00e9e et nous est donn\u00e9e dans son incarnarion<br>(cf. I Pier. I, 12).<br>Fr\u00e8res, nous aussi, par les \u0153uvres de repentir. prenons-nous en main,<br>s\u00e9parons-nous du malin et de son troupeau ; \u00e9loignons-nous des porcs et<br>des caroubes dont ils se nourrissent, c&rsquo;est-\u00e0-dire des passions inf\u00e2mes et de<br>ceux qui s&rsquo;y adonnent ; \u00e9cartons-nous des p\u00e2turages malsains, c&rsquo;est-\u00e0-dire des<br>mauvaises habitudes ; fuyons le pays des passions, qui es le manque de foi,<br>le d\u00e9sir insatiable et l&rsquo;intemp\u00e9rance ; courons au P\u00e8re de l&rsquo;incorru-ptibilit\u00e9,<br>au Donateur de vie, parcourons le chemin de vie par les vertus ; car c&rsquo;est l\u00e0<br>que nous Le trouverons, sortant \u00e0 notre rencontre par amour de l&rsquo;homme et<br>nous accordant la r\u00e9mission de nos p\u00e9ch\u00e9s, le gage de l&rsquo;immortalit\u00e9, les arrhes<br>de l&rsquo;h\u00e9ritage \u00e0 venir. De m\u00eame le Fils Prodigue, tant qu&rsquo;il \u00e9tait au pays des<br>passions, m\u00eame s&rsquo;il songeait aux paroles du repentir et les disait, n&rsquo;en retirait<br>aucune utilit\u00e9. Et c&rsquo;est seulement lorsqu&rsquo;il laissa toutes les oeuvres du p\u00e9ch\u00e9,<br>qu&rsquo;il revint alors en courant vers son p\u00e8re. Ayant re\u00e7u ce qui d\u00e9passait son<br>esp\u00e9rance, il demeura dans l&rsquo;humilit\u00e9 tout le restant de ses jours, vivant dans<br>la pi\u00e9t\u00e9 et la justice et conservant inviol\u00e9e la gr\u00e2ce de Dieu renouvel\u00e9e en lui.<br>Que nous aussi, nous la conservions intacte, afin de nous r\u00e9jouir dans le si\u00e8cle<br>\u00e0 venir avec l&rsquo;enfant prodigue sauv\u00e9 dans Ia J\u00e9rusalem d&rsquo;en-haut. M\u00e8re de tous<br>les vivants, I&rsquo;Eglise des premiers-n\u00e9s, avec le Christ Notre Seigneur Lui-m\u00eame,<br>\u00e0 qui revient la gloire dans les si\u00e8cles. Amen.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab E\u03a0E, \u00bb, t 72,2004, Thessalonique, p. 77.<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hom\u00e9lie de Saint Gr\u00e9goire Palamas sur la parabole du Fils Prodigue Saint Gr\u00e9goire PalamasSur le Fils ProdigueIl y aura une famine, dit le proph\u00e8te, pleurant sur J\u00e9rusalem &#8211; non une faimde pain et d&rsquo;eau, mais la faim de la paroie du Seigneur (Am. VIII, 11). 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