{"id":2791,"date":"2026-02-01T15:43:27","date_gmt":"2026-02-01T15:43:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=2791"},"modified":"2026-02-01T15:43:27","modified_gmt":"2026-02-01T15:43:27","slug":"le-publicain-et-le-pharisien","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=2791","title":{"rendered":"Le publicain et le pharisien"},"content":{"rendered":"\n<p>Le temple de Dieu \u2013 la maison de notre P\u00e8re c\u00e9leste \u2013 est une maison de pri\u00e8re. Il y appelle ses enfants afin que, dans la communion de la pri\u00e8re, ils ressentent plus intens\u00e9ment sa proximit\u00e9 et son amour ; afin que la chaleur et la puissance de son enseignement paternel les lib\u00e8rent des difficult\u00e9s de la vie. Il voit chacun ; la lumi\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 de son \u00c9vangile illumine ceux qui s\u2019y rassemblent jusqu\u2019au plus profond de leur \u00eatre. Il en \u00e9tait ainsi du temps o\u00f9 le Sauveur \u00e9tait sur terre, lorsque le pharisien et le publicain priaient dans l\u2019immense temple de J\u00e9rusalem ; de m\u00eame, le Seigneur nous regarde maintenant, debout devant lui en pri\u00e8re, et il en sera ainsi jusqu\u2019\u00e0 la fin du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, la parabole de l\u2019\u00c9vangile d\u2019aujourd\u2019hui parle de la pri\u00e8re de seulement deux hommes : le pharisien et le publicain. Pourquoi ont-ils attir\u00e9 l\u2019attention de celui qui voit tout ? Qu\u2019est-ce qui les distinguait ? Il semblerait qu\u2019ils n\u2019aient rien en commun. L\u2019un se tenait au premier rang de ceux qui priaient \u2013 \u200b\u200bil \u00e9tait, de l\u2019avis de tous, le premier, et un homme juste, de surcro\u00eet. Le second se tenait aux portes du temple, dernier homme devant Dieu, et aux yeux de ceux qui l&rsquo;entouraient, il \u00e9tait un p\u00e9cheur notoire. Le pharisien leva les yeux et pria : \u00ab \u00d4 Dieu ! Je te loue, car je ne suis pas comme les autres hommes. \u00bb Mais le publicain baissa les yeux, se frappa la poitrine et murmura : \u00ab Dieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Deux pri\u00e8res adress\u00e9es \u00e0 Dieu, deux \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me, deux mani\u00e8res de vivre. Tous deux sont dans le temple, tous deux prient, mais tous deux sont couverts par la mis\u00e9ricorde et la bienveillance de Dieu. Entendons-nous la voix de Dieu dire : \u00ab Je vous le dis, celui-ci [le publicain] est rentr\u00e9 chez lui justifi\u00e9, plut\u00f4t que l&rsquo;autre ; car quiconque s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve sera abaiss\u00e9, et quiconque s&rsquo;abaisse sera \u00e9lev\u00e9 \u00bb (Lc 18, 14) ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le pharisien prof\u00e8re des paroles insens\u00e9es dans sa pri\u00e8re, debout devant Dieu au temple : \u00ab Je ne suis pas comme les autres hommes \u00bb (Lc 18,11). En ces quelques mots, son \u00e2me se d\u00e9verse, se met \u00e0 nu dans toute sa laideur ; on y trouve autosatisfaction et amour-propre, d\u00e9gradation et critique d&rsquo;autrui, et une pr\u00e9tention \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9. Durant ces instants, devant le lieu saint, il a oubli\u00e9 Dieu qui aime les justes et fait mis\u00e9ricorde aux p\u00e9cheurs, qui conna\u00eet nos secrets et qui, de ce fait, est le seul \u00e0 poss\u00e9der l&rsquo;autorit\u00e9 de juger. Il a oubli\u00e9 que le jugement des hommes est une chose, et celui de Dieu une autre. Ne serait-il pas plus digne de sonder son c\u0153ur et de murmurer \u00e0 haute voix au Seigneur : \u00ab Purifie-moi de mes p\u00e9ch\u00e9s cach\u00e9s, et sauve ton serviteur de ceux des autres \u00bb ? Le pharisien narcissique et satisfait de lui-m\u00eame ne prononce pas ces paroles salvatrices. Apr\u00e8s tout, il n&rsquo;est pas comme les autres hommes, pas comme ce publicain ; Il n&rsquo;est ni extorqueur ni adult\u00e8re. Et quelle est donc sa justice ? Je je\u00fbne deux fois par semaine, je donne la d\u00eeme de tout ce que je poss\u00e8de. Et pour cela, Dieu lui doit quelque chose. Dieu lui serait redevable.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, aux portes du temple, d&rsquo;un homme qui n&rsquo;ose lever les yeux du sol, Dieu entend en silence : \u00ab Dieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur. \u00bb C&rsquo;est si bref, mais avec une telle contrition. Et : \u00ab Dieu ne m\u00e9prise pas un c\u0153ur bris\u00e9 et humili\u00e9. \u00bb La pri\u00e8re est exauc\u00e9e, le p\u00e9cheur est justifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous aussi, mes chers amis, sommes dans le temple de Dieu. Gloire \u00e0 Dieu ! Mais sondons les profondeurs de nos \u00e2mes \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00c9vangile d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. R\u00e9pondons \u00e0 cette question : Qui sommes-nous ? Que dit le Seigneur de chacun de nous ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le message d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est bref mais concis, et ce n&rsquo;est pas un hasard si la parole de Dieu nous parvient aujourd&rsquo;hui. Le danger de sombrer dans la suffisance pharisa\u00efque, l&rsquo;orgueil et le jugement critique d&rsquo;autrui guette chacun. Seuls les v\u00e9ritables justes sont \u00e0 l&rsquo;abri de telles tentations, mais m\u00eame eux veillent scrupuleusement sur leur \u00e2me afin que l&rsquo;ennemi de l&rsquo;humanit\u00e9 ne puisse s&rsquo;y infiltrer. En nous qui vivons au milieu du tumulte des soucis de la vie, ces sentiments et ces opinions peuvent surgir insidieusement et nous \u00e9loigner du chemin du salut.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne fait aucun doute que nous poss\u00e9dons de belles et authentiques qualit\u00e9s chr\u00e9tiennes. Nous aimons l\u2019\u00c9glise de Dieu, nous effor\u00e7ons d\u2019honorer chaque f\u00eate par la pri\u00e8re lors des offices\u00a0; mais lorsque nous voyons ceux qui ont oubli\u00e9 l\u2019\u00c9glise, une pens\u00e9e complaisante ne commence-t-elle pas parfois \u00e0 germer en nous\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu merci, je ne suis pas comme les autres\u00a0\u00bb\u00a0? Nous nous consolons par la pri\u00e8re, mais nous pouvons \u00eatre rancuniers, irrit\u00e9s, d\u2019une curiosit\u00e9 oisive, \u00e9gocentriques, et parfois excessifs dans notre nourriture ou insouciants dans nos paroles. Nous sommes industrieux mais avares et insensibles aux besoins d\u2019autrui, et si nous sommes charitables, nous ne pr\u00e9servons pas la puret\u00e9 de notre c\u0153ur en donnant. Nous devons prendre conscience de notre \u00e9tat moral et en \u00eatre effray\u00e9s\u00a0; alors seulement nos c\u0153urs seront d\u00e9chir\u00e9s par le cri du publicain\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur\u00a0!\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous contentons trop souvent d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 ext\u00e9rieure. Et ce \u00ab Dieu merci, je ne suis pas comme les autres hommes \u00bb pharisa\u00efque, s&rsquo;il n&rsquo;est pas notre pri\u00e8re, vit n\u00e9anmoins tapi au plus profond de notre \u00e2me, adoucissant notre existence d&rsquo;une autosatisfaction b\u00e9ate.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais craignons m\u00eame l&rsquo;ombre de ce \u00ab Dieu merci, je ne suis pas comme les autres hommes \u00bb. L&rsquo;autosatisfaction est terrible pour l&rsquo;\u00e2me ; il est destructeur de juger autrui en le comparant \u00e0 soi. Tout ce qu&rsquo;il y a de bon en nous perd aussit\u00f4t toute valeur aux yeux de Dieu et devient la proie de l&rsquo;orgueil satanique. Comment se fait-il que ces deux pri\u00e8res cohabitent en nous ? Le publicain et le pharisien se livrent une lutte int\u00e9rieure, avec une victoire tant\u00f4t de l&rsquo;un et tant\u00f4t de l&rsquo;autre. Et combien nous devons \u00eatre vigilants pour que la pri\u00e8re qui ne trouve aucune justification aupr\u00e8s du Seigneur ne prenne pas le dessus. Et les paroles du Seigneur : \u00ab Quiconque s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve sera abaiss\u00e9 \u00bb ; \u00ab Celui qui s\u2019abaisse sera \u00e9lev\u00e9 \u00bb (Luc 18,14) ne doit pas nous faire oublier que la v\u00e9ritable activit\u00e9 chr\u00e9tienne est toujours empreinte d\u2019humilit\u00e9 et d\u2019amour. Afin de nous pr\u00e9munir contre la suffisance pharisa\u00efque, nous devons sonder notre \u00e2me avec lucidit\u00e9. L\u2019amour-propre inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019homme nous permet de bien voir nos qualit\u00e9s, mais nous sommes aveugles et condescendants envers nos faiblesses. Ne nous connaissant pas vraiment, nous nous croyons sup\u00e9rieurs aux autres. Mais d\u00e8s que nous commen\u00e7ons \u00e0 examiner notre conscience, notre c\u0153ur \u00e0 la lumi\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00c9vangile, nous faisons une d\u00e9couverte importante\u00a0: non seulement nous ne sommes pas meilleurs, mais \u00e0 bien des \u00e9gards, nous sommes pires que beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque les justes de Dieu accomplissaient tout ce qui leur avait \u00e9t\u00e9 command\u00e9, ils se qualifiaient de serviteurs inutiles et craignaient m\u00eame de penser \u00e0 leurs qualit\u00e9s. L\u2019ap\u00f4tre Paul disait de lui-m\u00eame&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis le pire des p\u00e9cheurs.&nbsp;\u00bb L\u2019ap\u00f4tre Pierre pleura jusqu\u2019\u00e0 la fin de ses jours \u00e0 cause de sa chute. Les saints veillaient sur chaque mouvement de leur c\u0153ur, chaque pens\u00e9e, et se jugeaient m\u00eame eux-m\u00eames pour leurs pens\u00e9es, les consid\u00e9rant comme des p\u00e9ch\u00e9s, des actes commis. Sommes-nous exigeants envers nous-m\u00eames lorsque nos pens\u00e9es sont uniquement tourn\u00e9es vers le monde terrestre et que nos c\u0153urs sont accabl\u00e9s par ses convoitises ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour nous lib\u00e9rer du p\u00e9ch\u00e9 d\u2019orgueil et de suffisance, nous devons comparer notre vie non pas \u00e0 celle de nos semblables, mais \u00e0 celle de ceux qui ont atteint la perfection. Nombreux sont ceux qui, comme nous, ont vaincu le p\u00e9ch\u00e9 en eux, extirp\u00e9 toutes leurs passions coupables et pr\u00e9par\u00e9 en eux une demeure pour le Saint-Esprit. Mais m\u00eame eux ont port\u00e9 sur leurs l\u00e8vres, tout au long de leur vie, cette pri\u00e8re : \u00ab Dieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur. \u00bb Et nous, p\u00e9cheurs, nous prosternons l\u00e9gitimement devant eux. Effor\u00e7ons nous donc de comparer leur vie pure et vertueuse \u00e0 la n\u00f4tre. Par exemple,  quelqu\u2019un trouve sa paix int\u00e9rieure et sa douceur; Mais que vaut notre nature soumise compar\u00e9e \u00e0 l&rsquo;humilit\u00e9 de saint Serge ? Abb\u00e9 d&rsquo;un monast\u00e8re, il n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 gagner son pain quotidien en construisant une cellule en rondins pour un moine. Et il rendait gr\u00e2ce \u00e0 Dieu lorsque ce dernier paya son p\u00e8re spirituel de ses efforts avec une poign\u00e9e de pain rassis et moisi.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous attachons une grande importance \u00e0 nos r\u00e8gles de pri\u00e8re, et si parfois nous prions plus que prescrit, nous consid\u00e9rons cela comme un effort asc\u00e9tique. Mais combien cela nous para\u00eetra petit et insignifiant, m\u00eame \u00e0 nos propres yeux, si nous nous souvenons des saints moines qui passaient des nuits enti\u00e8res en pri\u00e8re avec Dieu, sans jamais voir le temps passer.<\/p>\n\n\n\n<p>Souvenons-nous de saint S\u00e9raphim de Sarov et de ses mille jours sur un rocher, dans son asc\u00e8se et sa pri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons vaincu une passion qui nous assaillait, abandonn\u00e9 une habitude p\u00e9cheresse ou une autre, et nous sommes pr\u00eats \u00e0 nous complaire dans une satisfaction int\u00e9rieure. Mais souvenons-nous des saints, de ceux qui ont lutt\u00e9, qui ont triomph\u00e9 de toutes les passions. Ayant \u00e9prouv\u00e9 toutes les tentations et demeurant fermes dans les vertus, ils ont conserv\u00e9 l&rsquo;essentiel&nbsp;: l&rsquo;humilit\u00e9 et la puret\u00e9 de l&rsquo;amour. Mais si nous nous examinons attentivement, nous constatons que la vertu persiste jusqu&rsquo;\u00e0 la premi\u00e8re tentation. Comment ne pas implorer le Seigneur d&rsquo;une voix semblable \u00e0 celle du publicain&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00d4 Dieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Et si nous contemplons la multitude des saints, si la Croix, portant le Divin Souffrant et sa M\u00e8re souffrant \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 notre regard, alors notre c\u0153ur et notre esprit conna\u00eetront le chemin qui m\u00e8ne au Christ et \u00e0 sa M\u00e8re Tr\u00e8s Pure ; et dans nos c\u0153urs demeurera sans cesse cette pri\u00e8re : \u00ab Dieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le publicain, p\u00e9cheur, et le pharisien, faux juste, nous enseignent tous deux : \u00ab N\u2019esp\u00e9rez pas en votre propre justice, mais placez tout votre espoir de salut dans la mis\u00e9ricorde infinie de Dieu, en criant : \u201cDieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur !\u201d \u00bb Et lorsqu\u2019un homme quitte le voile de cette terre pour atteindre le seuil de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, une seule pri\u00e8re compte et est n\u00e9cessaire : \u00ab Dieu, aie piti\u00e9 de moi, p\u00e9cheur ! \u00bb Amen.<\/p>\n\n\n\n<p>Archimandrite Jean (Krestiankin)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/orthochristian.com\/144387.html\">https:\/\/orthochristian.com\/144387.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"204\" height=\"192\" src=\"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2793\" style=\"width:538px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le temple de Dieu \u2013 la maison de notre P\u00e8re c\u00e9leste \u2013 est une maison de pri\u00e8re. 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