{"id":2702,"date":"2024-11-25T04:10:27","date_gmt":"2024-11-25T04:10:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=2702"},"modified":"2024-11-25T04:10:27","modified_gmt":"2024-11-25T04:10:27","slug":"un-saint-contemporain-nicephore-le-lepreux","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=2702","title":{"rendered":"Un saint contemporain: Nic\u00e9phore le l\u00e9preux"},"content":{"rendered":"\n<p>M\u00e9tropolite N\u00e9ophyte (Masouras) de Morphou<\/p>\n\n\n\n<p>Le v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore \u00e9tait cr\u00e9tois. Lorsque j\u2019\u00e9tais \u00e9tudiant, j\u2019ai rencontr\u00e9 de nombreux Cr\u00e9tois atteints de l\u00e8pre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital des maladies infectieuses d\u2019Egaleo pr\u00e8s d\u2019Ath\u00e8nes. Mon p\u00e8re confesseur \u00e9tait le p\u00e8re Evmenios (Saridakis), qui \u00e9tait \u00e9galement cr\u00e9tois et qui, dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie du v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore, fut son novice. Vous savez, pour moi, saint Nic\u00e9phore n\u2019\u00e9tait pas seulement un saint dont j\u2019ai lu la vie dans un livre, mais il \u00e9tait en quelque sorte mon p\u00e8re spirituel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le futur saint est n\u00e9 en 1890 de parents pieux \u00e0 Sirikari, un village de montagne dans le district de La Can\u00e9e en Gr\u00e8ce. Son nom s\u00e9culier \u00e9tait Nicolas. Ses parents sont morts pr\u00e9matur\u00e9ment. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de treize ans, Nicolas \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 orphelin et son grand-p\u00e8re s\u2019est occup\u00e9 de lui. La maison de son p\u00e8re \u00e0 Sirikari ressemble aux vieilles maisons de Chypre, qui \u00e9taient en fait des cellules d\u2019ermites qui vivaient dans le monde. \u00c0 cette \u00e9poque, les vrais asc\u00e8tes n\u2019\u00e9taient ext\u00e9rieurement pas diff\u00e9rents de beaucoup de gens dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Son grand-p\u00e8re emmena Nicolas \u00e0 La Can\u00e9e, la ville la plus proche de Sirikari, et il y \u00e9tudia pour devenir barbier. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s son retour chez lui apr\u00e8s ses \u00e9tudes, des taches commenc\u00e8rent \u00e0 appara\u00eetre sur son corps, ce qui le laissa perplexe.<\/p>\n\n\n\n<p>La l\u00e8pre, cette terrible maladie, est arriv\u00e9e en Cr\u00e8te par les Crois\u00e9s et par les Arabes dans les temps anciens, lorsque l&rsquo;\u00eele \u00e9tait sous domination arabe. Il n&rsquo;y avait pas de domination arabe \u00e0 Chypre, car les Akritai y \u00e9taient stationn\u00e9s (<em>Il s\u2019agit de forces arm\u00e9es non r\u00e9guli\u00e8res sous l\u2019autorit\u00e9 de Byzance et cela avant le X\u00e8me si\u00e8cle).<\/em> Dans les montagnes de Pentadaktylos, en face de la baie de Morphou, se trouve le golfe d&rsquo;Attalia (aujourd&rsquo;hui Antalya), o\u00f9 se trouvait la \u00ab base navale \u00bb byzantine, qui \u00e9quivaut \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne \u00e0 la sixi\u00e8me flotte am\u00e9ricaine. Chypre a connu vingt-cinq invasions arabes avec des pillages, des saisies et des destructions de villes et de villages, mais elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 sous domination arabe. Par contre, un grand groupe d&rsquo;Arabes venus d&rsquo;Espagne, notamment d&rsquo;Andalousie, s&rsquo;est empar\u00e9 de la Cr\u00e8te, qui \u00e9tait sous contr\u00f4le arabe pendant 280 ans et risquait de perdre sa foi orthodoxe. La Cr\u00e8te fut lib\u00e9r\u00e9e par le grand commandant, puis par l\u2019empereur byzantin Nic\u00e9phore II Phocas. La domination arabe eut pour cons\u00e9quence la propagation de la l\u00e8pre.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9 de constater qu\u2019en 1980, lorsque j\u2019\u00e9tudiais \u00e0 la facult\u00e9 de droit d\u2019Ath\u00e8nes, la moiti\u00e9 des l\u00e9preux de l\u2019h\u00f4pital des maladies infectieuses d\u2019Egaleo \u00e9taient des Cr\u00e9tois \u2013 je n\u2019y ai vu que deux ou trois Chypriotes. Il est vrai qu\u2019il y avait \u00e0 Chypre un homme formidable, Hadjigeorgakis Kornesios qui avait fait construire une l\u00e9proserie \u00e0 Nicosie pendant les ann\u00e9es de domination turque. Kornesios fut plus tard tu\u00e9 par les Turcs. Il rassembla tous les l\u00e9preux de Chypre et les habitants furent sauv\u00e9s de cette terrible maladie. Il n\u2019y avait rien de tel en Cr\u00e8te. Une fois qu\u2019une personne avait contract\u00e9 la l\u00e8pre, le maire, accompagn\u00e9 d\u2019un policier et d\u2019un m\u00e9decin, devait l\u2019extraire de la communaut\u00e9 et l\u2019enfermer dans une grotte ou dans une vieille maison inhabit\u00e9e. La l\u00e8pre \u00e9tait non seulement une maladie douloureuse, mais elle signifiait aussi l\u2019isolement social. Le jeune Nicolas, un orphelin de quatorze ans de La Can\u00e9e, savait tr\u00e8s bien que cela signifiait pour lui, il serait comme un mort vivant. Cela enterrerait ses r\u00eaves, sa sant\u00e9 et ses relations avec les gens.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1905, ayant appris qu&rsquo;il y avait un r\u00e9el probl\u00e8me de l\u00e8pre dans cette r\u00e9gion, le prince Georges visita la Cr\u00e8te et d\u00e9cida de donner la petite \u00eele de Spinalonga au nord de la Cr\u00e8te aux personnes infect\u00e9es. Ainsi, tous les l\u00e9preux, qui \u00e9taient en fait des morts vivants, furent install\u00e9s \u00e0 Spinalonga. Une communaut\u00e9 de pr\u00e8s de 500 l\u00e9preux, c&rsquo;est-\u00e0-dire un petit village, fut cr\u00e9\u00e9e. Mais m\u00eame l\u00e0, ils ne cess\u00e8rent pas de souffrir et furent isol\u00e9s du reste de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nicolas \u00e9tait paniqu\u00e9. Il cacha sa maladie et attendit une occasion de quitter la Cr\u00e8te, car il avait entendu parler des divers malheurs qui se passaient \u00e0 Spinalonga. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de seize ans, Nicolas se rendit \u00e0 Alexandrie o\u00f9 se trouvait une communaut\u00e9 grecque florissante et, pour gagner sa vie, il reprit le m\u00e9tier qu&rsquo;il avait appris chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Il travaillait comme coiffeur et faisait de son mieux pour cacher les parties nues de son corps, ses bras et son visage. Il craignait que la l\u00e8pre ne se manifeste et ne soit visible aux yeux des autres. Aller \u00e0 Alexandrie \u00e9tait encore plus dangereux que de rester en Cr\u00e8te. Si les Arabes avaient arr\u00eat\u00e9 Nicolas, sa situation aurait empir\u00e9. L&rsquo;ombre de la mort planait sur le jeune homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur l&rsquo;une de ses photos, on voit un homme qui avait d\u00e9j\u00e0 la l\u00e8pre, mais celle-ci ne se manifestait pas ext\u00e9rieurement. Nicolas \u00e9tait tr\u00e8s sociable, il \u00e9tait aim\u00e9 dans la communaut\u00e9 grecque, il avait une belle voix et, dans l&rsquo;ensemble, c&rsquo;\u00e9tait une personne agr\u00e9able. Sur cette photo, Nicolas tient un chapelet dans sa main droite. Quelqu&rsquo;un lui a sugg\u00e9r\u00e9 de faire un p\u00e8lerinage en Terre Sainte. Il est difficile d&rsquo;imaginer l&rsquo;importance de ce p\u00e8lerinage pour le jeune Nicolas. Il est rest\u00e9 \u00e0 Alexandrie jusqu&rsquo;en 1914 (il avait alors vingt-quatre ans) &#8211; cette photo (voir ci-dessous) a \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Nicolas se rendit en Terre Sainte. Se souvenant de la tradition de pi\u00e9t\u00e9 populaire en Cr\u00e8te associ\u00e9e au p\u00e8lerinage en Terre Sainte, il v\u00e9n\u00e9ra le Saint-S\u00e9pulcre et la Sainte-Croix. Le seul \u00e0 comprendre l\u2019importance de ce p\u00e8lerinage pour lui \u00e9tait <em>(mon p\u00e8re confesseur) <\/em>le staretz Evmenios, qui vivait \u00e0 cette \u00e9poque avec le p\u00e8re Nic\u00e9phore. Le staretz Evmenios dont le pr\u00e9nom la\u00efc \u00e9tait &nbsp;Sophronios, et \u00e0 qui l\u2019archev\u00eaque Timoth\u00e9e de Cr\u00e8te lui donna le nom d\u2019Evmenios lors de sa tonsure.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bref discours fun\u00e9raire suivant a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par un saint homme le staretz Evmenios qui \u00e9tait un saint homme. Il faut le lirepour comprendre comment le v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 int\u00e9rieurement, une fois qu\u2019il s\u2019est inclin\u00e9 devant le Saint-S\u00e9pulcre et a v\u00e9n\u00e9r\u00e9 la Sainte-Croix.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici ce que le staretz Evmenios a dit apr\u00e8s la mort de saint Nic\u00e9phore en 1964 : <em>\u00ab <strong>Si la<\/strong> <strong>douleur, les chagrins et les \u00e9preuves devaient \u00eatre enlev\u00e9es de la vie des gens, alors la saintet\u00e9<\/strong><\/em><strong> <em>appartiend<\/em>r<em>ait seulement aux anges<\/em><\/strong>. \u00bb Cette v\u00e9rit\u00e9, qui est un axiome de notre foi orthodoxe, \u00e9tait connue du p\u00e8re Nic\u00e9phore (n\u00e9 Nicolas Tzanakakis). Il s\u2019est endormi dans le Seigneur le 4 janvier 1964 et est n\u00e9 \u00e0 La Can\u00e9e en 1887 de parents pieux. Il souffrait de la l\u00e8pre, qu\u2019il ne consid\u00e9rait pas comme une mal\u00e9diction, mais comme une faveur sp\u00e9ciale du Ciel et un appel personnel du Christ, le Fondateur des exploits asc\u00e9tiques. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de dix-sept ans, il quitta sa patrie pour se rendre en p\u00e8lerinage en Terre Sainte et surtout au lieu d\u2019ex\u00e9cution (Golgotha), o\u00f9 la douleur a \u00e9t\u00e9 sanctifi\u00e9e, et le Golgotha \u200b\u200bdevint le symbole de ceux qui sont victorieux sur les chagrins et les \u00e9v\u00e9nements tristes de la vie. De l\u00e0, de cet oc\u00e9an in\u00e9puisable de courage et de patience, il a puis\u00e9 audace et patience pour porter haut sa croix sans interruption pendant cinquante-deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En 1912, il fut admis \u00e0 la l\u00e9proserie de Chios et fut tonsur\u00e9 par le Saint-P\u00e8re Anthimos (Vayianos). Qui peut \u00e9num\u00e9rer ses luttes spirituelles dans sa nouvelle vie ! Bien que son corps se d\u00e9grad\u00e2t et que jour apr\u00e8s jour la maladie lui enlev\u00e2t des parties : yeux, bras, jambes, puis il devint paralys\u00e9, mais son homme int\u00e9rieur \u00e9tait renouvel\u00e9 par l\u2019Esprit. Cet homme m\u00e9morable a mis de c\u00f4t\u00e9 toutes les passions et tous les vices possibles, pratiquant une absence de passion bienheureuse et une ob\u00e9issance totale \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu et de son p\u00e8re spirituel, et est devenu au plus haut degr\u00e9 un homme de pri\u00e8re fervente. Il n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s \u00e9loquent, mais son large et gentil sourire pr\u00eachait mieux que le pr\u00e9dicateur le plus habile ne peut pr\u00eacher, de sorte que sa cellule est devenue une fontaine de bapt\u00eame spirituel. Pour tous ceux qui lui rendaient visite, et pour nous, le P\u00e8re Nic\u00e9phore \u00e9tait une oasis spirituelle dans le d\u00e9sert de cette vie. Son repos nous a caus\u00e9 une tristesse indescriptible, mais aussi une joie, car nous croyons avoir un fervent intercesseur aupr\u00e8s du Seigneur qui nous gardera des machinations du malin. M\u00e9moire \u00e9ternelle \u00e0 toi, car le juste vivra \u00e0 jamais ! Le plus petit de vos enfants spirituels, le moine Sophronios d&rsquo;Agios Nikitas.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, Nicolas Tzanakakis, un jeune homme de Cr\u00e8te, se rendit \u00e0 J\u00e9rusalem, d\u00e9j\u00e0 frapp\u00e9 d&rsquo;une horrible maladie, pour puiser des forces dans la Croix. Et, comme le disait \u00e0 juste titre un autre l\u00e9preux, aujourd&rsquo;hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9, mon grand ami Aristide, il s&rsquo;y rendit pour \u00ab \u00c9gliser \u00bb sa douleur. Comme il est important de mettre notre douleur dans l&rsquo;\u00c9glise, peu importe d&rsquo;o\u00f9 elle vient : qu&rsquo;elle provienne de la maladie, des chagrins, de la calomnie, de la pauvret\u00e9 ou de quoi que ce soit d&rsquo;autre ! Et d&rsquo;\u00e9tablir une relation particuli\u00e8re avec la Croix vivifiante, dans laquelle se concentre toute la saintet\u00e9 de notre Seigneur J\u00e9sus-Christ, et de la transmettre \u00e0 ceux qui l&rsquo;adorent dans le repentir avec humilit\u00e9 . L&rsquo;\u00e2me de Nicolas le sentit, et il se rendit au Golgotha, \u00e0 la Sainte Croix de notre Seigneur, pour acqu\u00e9rir inspiration et illumination. Et o\u00f9 le p\u00e8lerinage le conduisit-il ? \u00c0 un \u00e9v\u00eaque tr\u00e8s pieux, dont le nom est actuellement inscrit dans les archives. On sait de lui qu&rsquo;il \u00e9tait originaire de l&rsquo;\u00eele de Samos. Apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre confess\u00e9, il dit \u00e0 Nicolas :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mon enfant, cette maladie est incurable et agressive. Tu dois aller dans un endroit o\u00f9 il y a d&rsquo;autres personnes atteintes de cette maladie. Tu ne veux pas aller \u00e0 Spinalonga en Cr\u00e8te. Je connais un saint homme qui vit sur l&rsquo;\u00eele de Chios. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants de Chios ont construit une l\u00e9proserie. Pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, les crois\u00e9s l&rsquo;ont construite par n\u00e9cessit\u00e9 en 1380, et plus tard les habitants l&rsquo;ont r\u00e9nov\u00e9e et en ont fait la meilleure l\u00e9proserie de toute la Gr\u00e8ce. Elle existe toujours, mais, malheureusement, en ruines. Il y avait l\u00e0 un v\u00e9ritable homme de Dieu, saint Anthimos (Vayianos) de Chios, qui est devenu un mod\u00e8le pour les l\u00e9preux. Il \u00e9tait un enfant spirituel de saint Pac\u00f4me de Chios. Il a eu deux saints enfants spirituels : le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos et le saint hi\u00e9rarque Nectaire d&rsquo;\u00c9gine. Saint Nectaire est n\u00e9 sur l&rsquo;\u00eele de Chios. Alors qu&rsquo;il \u00e9tait professeur dans le village de ses parents, il rendit visite \u00e0 saint Pac\u00f4me, qui le tonsura. Puis le saint hi\u00e9rarque Nectaire se rendit \u00e0 Alexandrie, mais il correspondit avec saint Pac\u00f4me jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de ce dernier : si je ne me trompe, il mourut en 1905.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre enfant spirituel de saint Pac\u00f4me fut le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos (Vayianos), lui aussi originaire de Chios. Il tomba malade et saint Pac\u00f4me le b\u00e9nit pour qu&rsquo;il quitte le monast\u00e8re pour le jardin d&rsquo;oliviers qui appartenait \u00e0 sa famille. De temps en temps, le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos rencontrait saint Pac\u00f4me et il l&rsquo;instruisait. Et lorsque le p\u00e8re Anthimos apprit que des l\u00e9preux vivaient dans la colonie de l\u00e9preux de Chios, il d\u00e9cida de devenir leur p\u00e8re spirituel afin de les guider, de les diriger et de les organiser. Et, providentiellement, il n&rsquo;a jamais contract\u00e9 la l\u00e8pre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le staretz Evmenios se souvient des paroles du v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Sous mes yeux, le p\u00e8re Anthimos a gu\u00e9ri quarante-trois d\u00e9moniaques. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait un tel degr\u00e9 de saintet\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>Les l\u00e9preux \u00e9taient des personnes sp\u00e9ciales : ils obtenaient tr\u00e8s vite la gr\u00e2ce, sentaient la pr\u00e9sence du Saint-Esprit dans leur c\u0153ur et leurs pri\u00e8res avaient de la puissance. Un condamn\u00e9 \u00e0 mort ressuscite s\u2019il porte dignement sa croix. Gr\u00e2ce \u00e0 un mentor comme le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos, un grand nombre de l\u00e9preux de Chios furent fortifi\u00e9s dans la pri\u00e8re. La renomm\u00e9e du saint se r\u00e9pandit rapidement dans toute la Gr\u00e8ce. A cette \u00e9poque, un pr\u00eatre chypriote \u00e9tait poss\u00e9d\u00e9 par un esprit mal\u00e9fique et pour \u00eatre gu\u00e9ri, il se rendit chez le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos (Vayianos) afin qu\u2019il lise sur lui les pri\u00e8res n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bon \u00e9v\u00eaque d\u2019Alexandrie, dont j\u2019ai parl\u00e9 plus haut, envoya le jeune Nicolas avec une lettre au v\u00e9n\u00e9rable Anthimos. Il monta sur un bateau et atteignit Cesme, qui se trouve un peu au nord de Smyrne (Izmir). L\u00e0, sur la c\u00f4te de l\u2019Asie Mineure, le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos attendait Nicolas. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9 par la mis\u00e9ricorde du v\u00e9n\u00e9rable Anthimos : comme le p\u00e8re de la parabole du fils prodigue, il sortit de Chios \u00e0 la rencontre de la brebis bless\u00e9e du Christ. Il emmena Nicolas \u00e0 Chios. Le gouvernement local a promulgu\u00e9 une loi selon laquelle seul un habitant de l\u2019\u00eele pouvait \u00eatre admis \u00e0 la l\u00e9proserie. Le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos avait collect\u00e9 des fonds pour la construction d\u2019un couvent, mais il les a donn\u00e9s \u00e0 la l\u00e9proserie pour que le jeune homme de Cr\u00e8te y soit admis, car le saint, avec son don de clairvoyance, avait pr\u00e9vu l\u2019avenir de Nicolas. Il l\u2019a emmen\u00e9 \u00e0 la l\u00e9proserie, lui a appris \u00e0 prier correctement et \u00e0 pratiquer une vie asc\u00e9tique, ce qui l\u2019a aid\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 la douleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui manque dans le livre que notre fr\u00e8re en Christ &nbsp;le p\u00e8re Simon (moine du mont Athos qui a r\u00e9dig\u00e9 un ouvrage sur la vie de Nic\u00e9phore le l\u00e9preux), a \u00e9crit, c\u2019est la douleur caus\u00e9e par la l\u00e8pre, dont les l\u00e9preux de l\u2019h\u00f4pital des maladies infectieuses d\u2019Egaleo me parlaient souvent. Il n\u2019y avait pas de rem\u00e8de contre la l\u00e8pre \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Le vieil Evmenios m\u2019a dit que la douleur \u00e9tait comme une fourche en fer enfonc\u00e9e dans le dos et que la chair \u00e9tait arrach\u00e9e. Sans parler du fait que tous vos membres, doigts et orteils, nez, oreilles et partout o\u00f9 il y a des tissus mous, commencent \u00e0 pourrir avec une douleur insupportable et une odeur si terrible que les autres ne peuvent pas vous approcher. Et il y a la peur constante que la maladie soit contagieuse. Le rem\u00e8de contre la l\u00e8pre n&rsquo;est apparu qu&rsquo;apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Aujourd&rsquo;hui encore, des gens souffrent de la l\u00e8pre, mais elle est facile \u00e0 diagnostiquer et \u00e0 gu\u00e9rir avec succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1914, Nicolas est venu \u00e0 Chios. Le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos a vu qu\u2019il faisait de bons progr\u00e8s dans le travail spirituel. Nicolas a demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre tonsur\u00e9 comme moine.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, j\u2019ai dit \u00e0 un homme de Dieu, dont je ne divulguerai pas le nom, car il est encore en vie :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je suis malade, j\u2019ai mal aux jambes et il m\u2019est difficile de c\u00e9l\u00e9brer la Divine Liturgie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il m\u2019a r\u00e9pondu :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Tournez les commandes ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Que voulez-vous dire ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il m\u2019a r\u00e9pondu :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Que fit le v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore quand on lui dit qu\u2019il avait la l\u00e8pre ? Au d\u00e9but, il \u00e9tait d\u00e9courag\u00e9 et paniqu\u00e9, il ressentait de la douleur, mais ensuite le v\u00e9n\u00e9rable Anthimos l\u2019a aid\u00e9, \u00ab tourna les commandes \u00bb et dit \u00e0 Nicolas : \u00ab Plus la Croix est grande, plus grande est la R\u00e9surrection ! Comme le corps est malade, l\u2019\u00e2me se renouvelle ! Il suffit de transformer la douleur en pri\u00e8re ! \u00ab Laissez-moi la transformer en votre crucifixion en Christ. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Plus tard, quand on annon\u00e7a au vieillard Evm\u00e9nios qu\u2019il avait contract\u00e9 la l\u00e8pre, il tomba de joie du lit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je lui demandai :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Dieu aie piti\u00e9 ! Avec joie ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Oui, avec joie ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pourquoi ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Parce qu\u2019une grande croix est une grande visitation de Dieu, une grande r\u00e9surrection ! Je lui dis : \u00ab Mon Christ, je suis indigne de porter une telle croix ! Merci beaucoup de m\u2019avoir fait un tel honneur ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nicolas, plus tard le v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore, n\u2019a pas dit une telle chose. Pourquoi ? Il n\u2019\u00e9tait pas moine. Lorsqu\u2019il a contract\u00e9 cette maladie, il \u00e9tait un jeune homme de seize ans. Nicolas voulait vivre, mais il n\u2019y avait pas d\u2019Anthimos \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui qui aurait \u00ab tourn\u00e9 les commandes \u00bb vers le Christ. C&rsquo;est une grande chose : quelle que soit la croix que le Seigneur nous a permise, il doit y avoir quelqu&rsquo;un pr\u00e8s de nous qui, comme saint Anthimos, \u00ab tourne les manettes \u00bb vers le Christ. Sinon, le chagrin, la d\u00e9pression et m\u00eame le d\u00e9sespoir nous accompagneront. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la tonsure monastique, Nicolas re\u00e7ut le nom de Nic\u00e9phore.<\/p>\n\n\n\n<p>A suivre&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9tropolite N\u00e9ophyte (Masouras) de Morphou<\/p>\n\n\n\n<p>Source:<a href=\"https:\/\/orthochristian.com\/164755.html#sdfootnote5sym\">St. Nikephoros (Tzanakakis) the Leper. Part 1 \/ OrthoChristian.Com<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/image.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"454\" src=\"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2703\" srcset=\"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/image.png 300w, http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/image-198x300.png 198w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9tropolite N\u00e9ophyte (Masouras) de Morphou Le v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore \u00e9tait cr\u00e9tois. Lorsque j\u2019\u00e9tais \u00e9tudiant, j\u2019ai rencontr\u00e9 de nombreux Cr\u00e9tois atteints de l\u00e8pre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital des maladies infectieuses d\u2019Egaleo pr\u00e8s d\u2019Ath\u00e8nes. Mon p\u00e8re confesseur \u00e9tait le p\u00e8re Evmenios (Saridakis), qui \u00e9tait \u00e9galement cr\u00e9tois et qui, dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie du v\u00e9n\u00e9rable Nic\u00e9phore, fut son &hellip; <a href=\"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=2702\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Un saint contemporain: Nic\u00e9phore le l\u00e9preux<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2702","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2702","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2702"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2702\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2704,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2702\/revisions\/2704"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2702"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2702"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2702"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}