{"id":1928,"date":"2020-04-17T13:00:57","date_gmt":"2020-04-17T13:00:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=1928"},"modified":"2020-04-17T13:00:57","modified_gmt":"2020-04-17T13:00:57","slug":"saints-vendredi-et-samedi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=1928","title":{"rendered":"Saints vendredi et samedi"},"content":{"rendered":"<p>Extraits de Le Myst\u00e8re pascal : commentaires liturgiques par Alexandre Schmemann et Olivier Cl\u00e9ment, Collection Spiritualit\u00e9 orientale N\u00b016,\u00a0 La semaine sainte (p. 35-45) Par Alexandre Schmemann<\/p>\n<p>Le Saint Sabbat le &lsquo;grand et saint Sabbat\u00a0\u00bb est le jour qui lie le Vendredi saint, la comm\u00e9moration de la croix, au jour de la R\u00e9surrection. Pour beaucoup, la vraie nature et le sens de ce lien, la r\u00e9elle n\u00e9cessit\u00e9 de ce jour interm\u00e9diaire, reste obscure. Pour la grande majorit\u00e9 de ceux qui vont \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, les jours \u00ab\u00a0importants\u00a0\u00bb de la grande semaine sainte sont le vendredi et le dimanche, la Croix et la R\u00e9surrection. Ces deux jours, cependant, restent en quelque sorte distincts. Il y a un jour de tristesse, puis un jour de joie. Dans cette succession, la tristesse est simplement remplac\u00e9e par la joie. Mais selon l&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00c9glise, exprim\u00e9 dans sa tradition liturgique, la nature de cette succession n&rsquo;est pas une simple substitution. L&rsquo;\u00c9glise proclame que le Christ a \u00ab\u00a0\u00e9cras\u00e9 la mort par la mort\u00a0\u00bb; cela veut dire que, m\u00eame avant la r\u00e9surrection, se place un \u00e9v\u00e9nement dans lequel la tristesse n&rsquo;est pas simplement remplac\u00e9e par la joie, mais elle-m\u00eame transform\u00e9e en joie. Le grand Samedi est pr\u00e9cis\u00e9ment ce jour de transformation, le jour o\u00f9 la victoire germe de l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame de la d\u00e9faite, lorsqu&rsquo;avant la r\u00e9surrection il nous est donn\u00e9 de contempler la mort de la mort elle-m\u00eame&#8230; Et tout cela est exprim\u00e9 &#8211; plus encore : tout cela est r\u00e9ellement actualis\u00e9 &#8211; chaque ann\u00e9e, dans ce merveilleux office du matin, dans la comm\u00e9moration liturgique qui devient pour nous un \u00ab\u00a0pr\u00e9sent\u00a0\u00bb sauveur et transformant.<br \/>\nLorsque nous venons \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, le matin du Samedi saint, le Vendredi vient juste de se terminer, du point de vue liturgique. C&rsquo;est pourquoi la tristesse du Vendredi est le th\u00e8me initial, le point de d\u00e9part des Matines du Samedi. Cet office commence comme un office des fun\u00e9railles, une lamentation sur un mort. Apr\u00e8s le chant des tropaires fun\u00e9raires et un lent encensement de l&rsquo;\u00e9glise, les c\u00e9l\u00e9brants s&rsquo;approchent de l&rsquo;\u00c9pitaphion.\u00a0 Nous sommes devant le tombeau de notre Seigneur, nous contemplons sa mort, sa d\u00e9faite. Le psaume 118 est chant\u00e9, et \u00e0 chaque verset on ajoute un chant sp\u00e9cial qui exprime l&rsquo;horreur des hommes et la stupeur de la cr\u00e9ation tout enti\u00e8re devant la mort de J\u00e9sus. \u00ab\u00a0Collines et vallons, et vous, foule des hommes, pleurez !<br \/>\nEt vous, tout l&rsquo;univers, lamentez-vous avec moi, la M\u00e8re de votre Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et cependant, d\u00e8s le d\u00e9but, accompagnant le th\u00e8me initial de tristesse et de lamentation, appara\u00eet un nouveau th\u00e8me qui deviendra de plus en plus apparent. Nous le trouvons avant tout dans le m\u00eame psaume 118: \u00ab\u00a0Heureux ceux qui sont irr\u00e9prochables dans leurs voies, ceux qui marchent dans la loi du Seigneur.\u00a0\u00bb\u00a0 Dans notre pratique liturgique actuelle, ce psaume est utilis\u00e9 seulement aux offices des d\u00e9funts, &lsquo;d&rsquo;o\u00f9 sa r\u00e9f\u00e9rence \u00ab\u00a0fun\u00e9raire\u00a0\u00bb pour le commun des fid\u00e8les. Pourtant, dans la tradition liturgique primitive, ce psaume \u00e9tait une des parties essentielles de la vigile du dimanche, la comm\u00e9moration hebdomadaire de la r\u00e9surrection du Christ. Son contenu n&rsquo;est pas du tout fun\u00e9raire : ce psaume est l&rsquo;expression la plus pleine et la plus pure de l&rsquo;amour pour la Loi de Dieu, c&rsquo;est-\u00e0- dire pour le dessein divin sur l&rsquo;homme et sur sa vie. La vraie vie, celle que l&rsquo;homme a perdue par le p\u00e9ch\u00e9, consiste \u00e0 garder, en accomplissant la loi divine, cette vie avec Dieu, en Dieu et pour Dieu, pour laquelle il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9. \u00ab\u00a0Je me suis r\u00e9joui dans la voie de tes t\u00e9moignages comme si je poss\u00e9dais tous les tr\u00e9sors.\u00a0\u00bb (v. 14) \u00ab\u00a0Je m\u00e9diterai les merveilles de ta loi.\u00a0\u00bb (v. 16) Et puisque le Christ est l&rsquo;image de l&rsquo;accomplissement parfait de cette loi, puisque sa vie tout enti\u00e8re n&rsquo;a consist\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 accomplir la volont\u00e9 du P\u00e8re, l&rsquo;\u00c9glise interpr\u00e8te ces paroles du psaume comme adress\u00e9es au P\u00e8re par le Christ au tombeau: \u00ab\u00a0Vois, j&rsquo;ai aim\u00e9 tes commandements, Seigneur; dans ta mis\u00e9ricorde, vivifie-moi.\u00a0\u00bb (v. 159) La mort du Christ est la preuve supr\u00eame de son amour pour la volont\u00e9 de Dieu, de son ob\u00e9issance au P\u00e8re. Elle est un acte de pure ob\u00e9issance, de confiance totale en cette volont\u00e9; et, pour l&rsquo;\u00c9glise, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette ob\u00e9issance jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, cette parfaite humilit\u00e9 du Fils qui est le fondement et le commencement de sa victoire. Le P\u00e8re d\u00e9sire cette mort, le Fils l&rsquo;accepte, r\u00e9v\u00e9lant ainsi une foi inconditionn\u00e9e dans la perfection de la volont\u00e9 du P\u00e8re et dans la n\u00e9cessit\u00e9 de ce sacrifice du Fils par le P\u00e8re. Le psaume 118 est le psaume de cette ob\u00e9issance, et, de ce fait, il annonce que, dans l&rsquo;ob\u00e9issance, le triomphe a commenc\u00e9. Mais pourquoi le P\u00e8re d\u00e9sire-t-il cette mort? Pourquoi est-elle n\u00e9cessaire? La r\u00e9ponse \u00e0 ces questions constitue le troisi\u00e8me th\u00e8me de notre office, et il se trouve exprim\u00e9 dans les stances intercal\u00e9es entre les versets du psaume 118. Elles d\u00e9crivent la mort du Christ comme sa descente dans l&rsquo;Had\u00e8s. Dans le langage concret de la Bible, \u00ab\u00a0l&rsquo;Had\u00e8s\u00a0\u00bb est le royaume de la mort, cet \u00e9tat de t\u00e9n\u00e8bres, de d\u00e9sespoir et de destruction qu&rsquo;est la mort. Et puisqu&rsquo;il est le royaume de la mort, que Dieu n&rsquo;a pas cr\u00e9\u00e9e et qu&rsquo;il n&rsquo;a pas voulue, cela signifie aussi que le Prince de ce monde est tout puissant dans le monde. Satan, p\u00e9ch\u00e9, mort: telles sont les dimensions de l&rsquo;Had\u00e8s, son contenu. Car le p\u00e9ch\u00e9 vient de Satan, et son fruit, c&rsquo;est la mort : \u00ab\u00a0Le p\u00e9ch\u00e9 est entr\u00e9 dans le monde et par le p\u00e9ch\u00e9, la mort\u00a0\u00bb (Rom. 5,12).<br \/>\n\u00ab\u00a0La mort a r\u00e9gn\u00e9 d&rsquo;Adam \u00e0 Mo\u00efse\u00a0\u00bb (ibid. 5,14). L&rsquo;univers tout entier est devenu un cimeti\u00e8re cosmique, et il \u00e9tait condamn\u00e9 \u00e0 la destruction et au d\u00e9sespoir. Voil\u00e0 pourquoi \u00ab\u00a0le dernier ennemi, c&rsquo;est la mort\u00a0\u00bb (I Cor. 15,26), et sa destruction constitue le but ultime de l&rsquo;Incarnation. La rencontre avec la mort est \u00ab\u00a0l&rsquo;heure\u00a0\u00bb du Christ, celle dont il disait: \u00ab\u00a0C&rsquo;est pour cette heure que je suis venu\u00a0\u00bb (Jn 12,27). Et maintenant, elle est venue, et le Fils de Dieu entre dans la mort. Les P\u00e8res ont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9crit ce moment comme un duel entre le Christ et la mort, entre le Christ et Satan, car cette mort devait \u00eatre ou bien le dernier triomphe de Satan, ou bien sa d\u00e9faite d\u00e9cisive. Le duel se d\u00e9roule en plusieurs \u00e9tapes. D&rsquo;abord les forces du mal semblent triompher; le Juste est crucifi\u00e9, abandonn\u00e9 de tous; il endure une mort ignominieuse; il devient, de plus, participant de l&rsquo;Had\u00e8s, ce lieu de t\u00e9n\u00e8bres et de d\u00e9sespoir&#8230; Mais au m\u00eame moment appara\u00eet le vrai sens de sa mort. Celui qui meurt sur la croix poss\u00e8de la vie en lui-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il a la vie, non comme un don re\u00e7u de l&rsquo;ext\u00e9rieur, quelque chose qu&rsquo;on pourrait lui enlever, mais qu&rsquo;elle est sa propre essence. Il est la vie et la source de toute vie. \u00ab\u00a0En lui \u00e9tait la vie, et la vie \u00e9tait la lumi\u00e8re des hommes.\u00a0\u00bb Comme homme, il peut r\u00e9ellement mourir; mais en lui c&rsquo;est Dieu qui entre dans le royaume de la mort, qui go\u00fbte \u00e0 la mort. Telle est la port\u00e9e unique et incomparable de la mort du Christ : l&rsquo;homme qui meurt est Dieu ou, plus exactement, l&rsquo;Homme-Dieu. Dieu est le Saint immortel; et c&rsquo;est seulement dans l&rsquo;unit\u00e9, sans confusion, sans changement, sans division ni s\u00e9paration de Dieu et de l&rsquo;homme dans le Christ que la mort humaine peut \u00eatre assum\u00e9e par Dieu, et \u00eatre vaincue et d\u00e9truite du dedans, \u00ab\u00a0\u00e9cras\u00e9e par la mort\u00a0\u00bb. Maintenant nous comprenons pourquoi Dieu d\u00e9sire cette mort, pourquoi le P\u00e8re y livre son Fils unique. Il d\u00e9sire le salut de l&rsquo;homme, c&rsquo;est-\u00e0-dire que la destruction de la mort ne soit pas un acte de sa puissance (\u00ab\u00a0Ne sais-tu pas que je peux prier le P\u00e8re de m&rsquo;envoyer sur l&rsquo;heure plus de douze l\u00e9gions d&rsquo;anges ?\u00a0\u00bb), ni une violence, f\u00fbt-elle salvatrice, mais un acte de cet amour, de cette libert\u00e9 et de cette libre cons\u00e9cration \u00e0 Dieu, pour lesquels il cr\u00e9a l&rsquo;homme. Tout autre mode de salut aurait \u00e9t\u00e9 contraire \u00e0 la nature de l&rsquo;homme et n&rsquo;aurait donc pas \u00e9t\u00e9 un r\u00e9el salut. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;Incarnation et la n\u00e9cessit\u00e9 de cette mort divine&#8230; Dans le Christ, l&rsquo;homme restaure l&rsquo;ob\u00e9issance et l&rsquo;amour; par le Christ, l&rsquo;homme peut vaincre le p\u00e9ch\u00e9 et le mal. Il \u00e9tait essentiel que la mort f\u00fbt non seulement d\u00e9truite par Dieu, mais vaincue et terrass\u00e9e dans la nature humaine elle-m\u00eame, par l&rsquo;homme et dans l&rsquo;homme. \u00ab\u00a0C&rsquo;est par un homme que la mort est venue; c&rsquo;est par un homme aussi que vient la r\u00e9surrection des morts\u00a0\u00bb (I Cor. 15,21). Le Christ accepte librement la mort, et de sa vie il dit que \u00ab\u00a0personne ne peut me la prendre, mais je la donne de moi-m\u00eame\u00a0\u00bb (Jn 10,18). Ce ne fut pas sans lutte : \u00ab\u00a0Et il commen\u00e7a \u00e0 \u00eatre triste et abattu\u00a0\u00bb (Matth. 26,27). Ainsi s&rsquo;accomplit la pleine mesure de son ob\u00e9issance, ainsi se trouve d\u00e9truite la racine morale de la mort, de la mort comme ran\u00e7on du p\u00e9ch\u00e9. Toute la vie de J\u00e9sus est en Dieu, comme toute vie humaine devrait l&rsquo;\u00eatre; et c&rsquo;est cette pl\u00e9nitude de vie, cette vie riche de sens et de contenu, toute pleine de Dieu, qui triomphe de la mort et d\u00e9truit son pouvoir. Car la mort est avant tout absence de vie, destruction de la vie qui s&rsquo;est coup\u00e9e de sa seule source. Et parce que la mort du Christ est un mouvement d&rsquo;amour vers Dieu, un acte d&rsquo;ob\u00e9issance et de confiance, de foi et de perfection, elle est un acte de vie \u2013 \u00ab\u00a0P\u00e8re, entre tes mains je remets mon esprit\u00a0\u00bb (Luc 23,46) &#8211; qui d\u00e9truit la mort. C&rsquo;est la mort de la mort elle-m\u00eame. Tel est le sens de la descente de J\u00e9sus dans l&rsquo;Had\u00e8s, de sa mort devenant sa victoire. Et la lumi\u00e8re de cette victoire illumine maintenant notre veille pr\u00e8s du tombeau : \u00ab\u00a0\u00d4 Vie, comment peux-tu mourir? Comment s\u00e9journes-tu au tombeau? &#8211; Mais c&rsquo;est pour d\u00e9truire la puissance de la mort et ressusciter les morts de l&rsquo;enfer. \u00ab\u00a0Tu fus d\u00e9pos\u00e9 au tombeau, \u00f4 Christ, toi la Vie! Par ta mort, tu as d\u00e9truit la puissance de la mort, et pour le monde, tu as fait jaillir la vie. \u00ab\u00a0\u00d4 joie que celle-l\u00e0! O grande volupt\u00e9 que celle dont tu as rempli les morts d\u00e9tenus dans l&rsquo;enfer, en faisant luire la lumi\u00e8re dans leurs sombres profondeurs !\u00a0\u00bb La Vie entre dans le royaume de la mort; la lumi\u00e8re divine en inonde les affreuses t\u00e9n\u00e8bres, et elle brille pour tous ceux qui y s\u00e9journent, car le Christ est la vie de tous, l&rsquo;unique source de toute vie. Il meurt donc pour tous, car tout ce qui atteint sa vie atteint la Vie elle-m\u00eame&#8230; La descente dans l&rsquo;Had\u00e8s est la rencontre de la vie de tous avec la mort de tous: \u00ab\u00a0Tu es descendu sur terre pour sauver Adam et ne l&rsquo;y trouvant pas, \u00f4 Ma\u00eetre, tu es all\u00e9 le chercher jusque dans l&rsquo;enfer.\u00a0\u00bb La tristesse et la joie se livrent combat, et, maintenant, la joie est sur le point de l&#8217;emporter. Les stances sont achev\u00e9es; le dialogue, le duel entre la vie et la mort est \u00e0 son terme. Et pour la premi\u00e8re fois r\u00e9sonne le chant de triomphe et de joie: c&rsquo;est le tropaire sur le psaume 118 (Eulogitaria) chant\u00e9 \u00e0 chaque vigile du dimanche, \u00e0 l&rsquo;approche du jour de la r\u00e9surrection\u00a0 \u00ab\u00a0La multitude des anges fut stup\u00e9faite en te voyant compt\u00e9 parmi les morts, \u00f4 Sauveur, tandis que tu an\u00e9antissais la force de la mort et qu&rsquo;avec toi tu r\u00e9veillais Adam, et lib\u00e9rais tous les hommes. \u00ab\u00a0Pourquoi m\u00ealez-vous vos larmes \u00e0 la myrrhe, disciples ? disait aux myrophores l&rsquo;ange resplendissant qui se trouvait dans le tombeau. Examinez vous-m\u00eames le s\u00e9pulcre et voyez : Le Sauveur est ressuscit\u00e9 et sorti du tombeau.\u00a0\u00bb Puis vient le beau canon du grand Samedi, dans lequel tous les th\u00e8mes de cet office, depuis la lamentation fun\u00e9raire jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire sur la mort, sont r\u00e9sum\u00e9s et approfondis; il se termine par cette invitation : \u00ab\u00a0Que la cr\u00e9ation soit dans l&rsquo;all\u00e9gresse! Que tous les habitants de la terre se r\u00e9jouissent, car l&rsquo;enfer ennemi est d\u00e9pouill\u00e9. \u00ab\u00a0Que les femmes viennent avec leurs aromates Je d\u00e9livre Adam, \u00c8ve et toute leur race. Et le troisi\u00e8me jour, je ressusciterai.\u00a0\u00bb D\u00e8s lors la joie pascale illumine l&rsquo;office. Nous sommes encore devant le Christ au tombeau, mais celui-ci nous a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 comme le tombeau qui donne la vie. En lui g\u00eet la vie. En lui, une nouvelle cr\u00e9ation na\u00eet, et une fois encore, le septi\u00e8me jour, le jour du repos, le Cr\u00e9ateur se repose de toutes ses \u0153uvres. \u00ab\u00a0La vie s&rsquo;est endormie, et l&rsquo;Had\u00e8s tremble\u00a0\u00bb, et nous contemplons ce Sabbat b\u00e9ni, le repos solennel de celui qui nous redonne la vie : \u00ab\u00a0Venez, contemplons notre vie enferm\u00e9e dans le tombeau&#8230;\u00a0\u00bb Tout le sens et la profondeur mystique de ce septi\u00e8me jour, jour de parfait accomplissement, nous sont maintenant r\u00e9v\u00e9l\u00e9s, car \u00ab\u00a0Le grand Mo\u00efse pr\u00e9figura mystiquement ce jour lorsqu&rsquo;il dit : Dieu b\u00e9nit le septi\u00e8me jour. Voici le Sabbat b\u00e9ni, voici le jour du repos en lequel le Fils unique de Dieu se reposa de toutes ses \u0153uvres.\u00a0\u00bb<br \/>\nOn fait alors le tour de l&rsquo;\u00e9glise, processionnellement, avec l&rsquo;Epitaphion, mais ce n&rsquo;est pas une procession\u00a0 fun\u00e9raire. C&rsquo;est le Fils de Dieu, le Saint immortel, qui traverse les t\u00e9n\u00e8bres de l&rsquo;Had\u00e8s, annon\u00e7ant \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;Adam de toute g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb la joie de la r\u00e9surrection prochaine; \u00ab\u00a0telle la lumi\u00e8re du matin qui jaillit de la nuit\u00a0\u00bb, il proclame que \u00ab\u00a0tous les morts ressusciteront, tous ceux qui gisent dans les tombeaux vivront et toute la cr\u00e9ation se r\u00e9jouira&#8230;\u00a0\u00bb Nous retournons \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise. Nous connaissons d\u00e9j\u00e0 le myst\u00e8re de la mort vivifiante du Christ. L&rsquo;Had\u00e8s est vaincu, l&rsquo;Had\u00e8s tremble. Appara\u00eet alors le dernier th\u00e8me, celui de la R\u00e9surrection. Le Sabbat, le septi\u00e8me jour, ach\u00e8ve et compl\u00e8te l&rsquo;histoire du salut, son dernier \u00e9pisode \u00e9tant la victoire sur la mort. Mais apr\u00e8s le sabbat vient le premier jour d&rsquo;une cr\u00e9ation nouvelle, la vie nouvelle n\u00e9e du tombeau. Le th\u00e8me de la r\u00e9surrection commence \u00e0 retentir dans le prokim\u00e9non \u00ab\u00a0L\u00e8ve-toi, Seigneur, viens \u00e0 notre aide! D\u00e9livre-nous \u00e0 cause de ton amour. O Dieu, nous avons entendu de nos oreilles&#8230;\u00a0\u00bb Il se prolonge dans la premi\u00e8re lecture, celle de la proph\u00e9tie d&rsquo;\u00c9z\u00e9chiel sur les os dess\u00e9ch\u00e9s (ch. 37) : \u00ab\u00a0Les ossements \u00e9taient tr\u00e8s nombreux sur le sol de la vall\u00e9e, et ils \u00e9taient compl\u00e8tement dess\u00e9ch\u00e9s.\u00a0\u00bb C&rsquo;est la mort triomphant dans le monde, ce sont les t\u00e9n\u00e8bres, l&rsquo;implacable et universelle sentence de mort. Mais Dieu parle au proph\u00e8te, lui annon\u00e7ant que tel n&rsquo;est pas le destin dernier de l&rsquo;homme. Les ossements dess\u00e9ch\u00e9s entendront la Parole du Seigneur et les morts revivront: \u00ab\u00a0Voici que j&rsquo;ouvrirai vos tombeaux, et je vais vous faire remonter de vos tombeaux, et je vous ram\u00e8nerai sur le sol d&rsquo;Isra\u00ebl.\u00a0\u00bb A la suite de cette proph\u00e9tie, le deuxi\u00e8me prokim\u00e9non redit la m\u00eame pri\u00e8re, lance le m\u00eame appel : \u00ab\u00a0L\u00e8ve-toi, Seigneur, et d\u00e9livre-nous \u00e0 cause de ton Nom !\u00a0\u00bb Cela adviendra-t-il ? Comment cette r\u00e9surrection universelle est-elle possible? C&rsquo;est la deuxi\u00e8me lecture qui nous le dit (I Cor. 5,6 et Gal. 3,13-14) : \u00ab\u00a0Un peu de levain fait lever toute la p\u00e2te&#8230;\u00a0\u00bb Le Christ, notre P\u00e2que, est ce levain de la r\u00e9surrection de tous. Comme sa mort d\u00e9truit le principe m\u00eame de la mort, sa r\u00e9surrection est le gage de la r\u00e9surrection de tous, car sa vie est la source de toute vie. Les versets de l&rsquo;All\u00e9luia, qui sont aussi ceux qui ouvriront l&rsquo;office de P\u00e2ques, concordent avec la r\u00e9ponse finale, la certitude que le temps de la nouvelle cr\u00e9ation, celui du jour sans soir, a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9: \u00ab\u00a0All\u00e9luia ! Que Dieu se l\u00e8ve et que ses ennemis se dispersent et qu&rsquo;ils fuient devant sa Face, ceux qui le ha\u00efssent! \u00ab\u00a0All\u00e9luia! Comme se dissipe la fum\u00e9e, ils se dissipent; comme fond la cire devant le feu.\u00a0\u00bb La lecture des proph\u00e9ties est termin\u00e9e. Cependant nous n&rsquo;avons entendu que des proph\u00e9ties. Nous sommes encore au grand Samedi, devant le tombeau du Christ.<br \/>\nIl nous faut vivre ce long jour avant d&rsquo;entendre \u00e0 minuit : \u00ab\u00a0Christ est ressuscit\u00e9 !\u00a0\u00bb et avant d&rsquo;entrer dans\u00a0 et avant d&rsquo;entrer dans la c\u00e9l\u00e9bration de sa R\u00e9surrection. C&rsquo;est pourquoi la troisi\u00e8me lecture (Matth. 27,62-66) nous parle encore du tombeau : \u00ab\u00a0Ils y mirent un sceau et post\u00e8rent des gardes.\u00a0\u00bb C&rsquo;est probablement \u00e0 ce tout dernier moment des Matines que le sens ultime de ce jour interm\u00e9diaire devient manifeste. Le Christ s&rsquo;est lev\u00e9 d&rsquo;entre les morts ; sa R\u00e9surrection, nous la c\u00e9l\u00e9brerons le jour de P\u00e2ques. Cependant, cette c\u00e9l\u00e9bration comm\u00e9more un \u00e9v\u00e9nement unique du pass\u00e9 et elle anticipe un myst\u00e8re de l&rsquo;avenir. C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9surrection, mais pas encore la n\u00f4tre. Nous devrons mourir, accepter la mort, la s\u00e9paration, la destruction. La r\u00e9alit\u00e9 de notre situation en ce monde, dans cet \u00ab\u00a0\u00e9on\u00a0\u00bb, est la r\u00e9alit\u00e9 du grand Samedi; ce jour est la r\u00e9elle image de notre condition humaine. Nous croyons en la r\u00e9surrection parce que le Christ est ressuscit\u00e9 des morts. Nous attendons la r\u00e9surrection. Nous savons que la mort du Christ a vaincu le pouvoir de la mort, et que celle-ci n&rsquo;est plus l&rsquo;issue sans espoir, la fin de tout&#8230; Baptis\u00e9s en sa mort, nous communions \u00e2 sa vie qui a surgi du tombeau. Nous recevons son corps et son sang qui sont nourriture d&rsquo;immortalit\u00e9. Nous avons en nous le gage, l&rsquo;anticipation de la vie \u00e9ternelle&#8230; Toute notre existence chr\u00e9tienne trouve sa dimension dans ces actes de communion \u00e0 la vie nouvelle dans l&rsquo;\u00e9on nouveau du Royaume. Et cependant, nous sommes encore l\u00e0, et la mort est notre lot in\u00e9vitable.\u00a0 Mais cette vie entre la r\u00e9surrection du Christ et le jour de la r\u00e9surrection g\u00e9n\u00e9rale n&rsquo;est-elle pas pr\u00e9cis\u00e9ment la vie du grand Samedi? L&rsquo;attente n&rsquo;est-elle pas la cat\u00e9gorie fondamentale et essentielle de l&rsquo;exp\u00e9rience chr\u00e9tienne? Nous attendons dans l&rsquo;amour, l&rsquo;esp\u00e9rance et la foi. Et cette attente \u00ab\u00a0de la r\u00e9surrection et de la vie du monde \u00e2 venir\u00a0\u00bb, cette vie \u00ab\u00a0cach\u00e9e en Dieu avec le Christ\u00a0\u00bb (Col. 3,3-4), cette croissance dans l&rsquo;esp\u00e9rance, accompagn\u00e9e d&rsquo;amour et de certitude, tout cela constitue notre propre \u00ab\u00a0grand Samedi&rsquo;. Peu \u00e0 peu, toutes choses dans ce monde deviennent transparentes \u00e0 la lumi\u00e8re qui en \u00e9mane; \u00ab\u00a0la figure de ce monde passe\u00a0\u00bb, et cette vie imp\u00e9rissable avec le Christ devient notre valeur supr\u00eame et ultime. Chaque ann\u00e9e, le grand Samedi, apr\u00e8s l&rsquo;office du matin, nous attendons la nuit de P\u00e2ques et la pl\u00e9nitude de la joie pascale. Nous savons qu&rsquo;elles sont proches, et pourtant combien lente est cette venue, combien long ce jour! Le silence et la paix merveilleuse du grand Samedi ne sont-ils pas les symboles de notre vie m\u00eame en ce monde? Ne sommes-nous pas toujours dans ce jour interm\u00e9diaire, dans l&rsquo;attente de la P\u00e2que du Christ, nous pr\u00e9parant au jour sans soir de son Royaume?<\/p>\n<p>Samedi saint<\/p>\n<p>Pendant les premiers si\u00e8cles de l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise, et en particulier aux IVe et Ve si\u00e8cles, \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019or des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise, la liturgie du samedi saint constituait \u00e0 elle seule toute la c\u00e9l\u00e9bration de la f\u00eate de P\u00e2ques. Le soir du Grand\u00a0 Samedi, on c\u00e9l\u00e8bre les v\u00eapres, puis apr\u00e8s l\u2019hymne vesp\u00e9ral Joyeuse Lumi\u00e8re, venaient les 12 ou 15 lectures bibliques : cet ensemble de lectures de l\u2019Ancien Testament rassemble tous les textes essentiels qui annon\u00e7aient et pr\u00e9figuraient toute l\u2019\u00e9conomie nouvelle qui serait<br \/>\naccomplie par le Christ, toute la Nouvelle Alliance qui ne serait plus inscrite sur des tables de pierre, mais dans les c\u0153urs des hommes par l\u2019Esprit Saint. Ces lectures font d\u00e9j\u00e0 entrevoir la Pentec\u00f4te, le don de l\u2019Esprit Saint par le Christ crucifi\u00e9 et ressuscit\u00e9, et son Retour glorieux \u00e0 la fin des temps. Le Christ a assum\u00e9 notre nature humaine dans son \u00e9tat de souffrance et de mort, pour lui communiquer par son contact cette vie divine, cette \u00e9nergie divine qui rayonnait de sa personne divine, et ainsi la ressusciter. C\u2019est l\u00e0 l\u2019effet ins\u00e9parable des deux prodigieux myst\u00e8res de l\u2019Incarnation et de la R\u00e9surrection. Les th\u00e9ologiens ont distingu\u00e9 avec raison le myst\u00e8re de l\u2019Incarnation et le myst\u00e8re de la R\u00e9demption. Mais ces deux myst\u00e8res \u00e9taient les deux phases d\u2019une d\u00e9marche unique du Christ qui, par son incarnation dans le sein de la Vierge Marie \u00e0 l\u2019annonciation, par sa naissance \u00e0 Bethl\u00e9em, entraient ainsi en contact, en union profonde, avec non seulement ce corps particulier qu\u2019il assumait, mais aussi, par ce corps, avec toute l\u2019humanit\u00e9, avec les corps et les \u00e2mes de tous les hommes qu\u2019il comptait en lui, qu\u2019il assumait. C\u2019est pour cela qu\u2019il pouvait dire \u00e0 ses ap\u00f4tres : \u00ab ce que vous faites au plus petit d\u2019entre les miens, c\u2019est \u00e0 moi que vous le faites \u00bb (Matthieu 25,40). Du fait de l\u2019incarnation du Christ, il y a d\u00e9j\u00e0 une union de tout homme avec le Christ. Certes, pour obtenir son salut personnel, il faut que chacun ratifie cette inclusion virtuelle dans le Christ, mais elle est d\u00e9j\u00e0 quelque chose de r\u00e9el. Et par la foi, par les sacrements, par toute notre vie chr\u00e9tienne, nous pouvons assumer v\u00e9ritablement, pour notre compte personnel, c\u2019est inclusion dans le Christ par ce contact avec ce corps et cette \u00e2me qu\u2019il avait assum\u00e9s, qui \u00e9taient le corps et l\u2019\u00e2me non pas d\u2019une personne humaine, mais du Verbe de Dieu, qui avait pour cela une dimension qui lui permettait d\u2019atteindre toute l\u2019humanit\u00e9. Lorsque nous voyons l\u2019image du Christ en croix, il faut bien nous rappeler que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le Verbe, c\u2019est le Fils de Dieu, la seconde personne de la Sainte Trinit\u00e9, toujours vivant en sa nature divine, mais qui a assum\u00e9 ainsi la souffrance et la mort, pour les changer, pour les d\u00e9truire finalement, en les transformant en geste d\u2019amour et d\u2019ob\u00e9issance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son P\u00e8re, et d\u2019amour \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tous ses fr\u00e8res, les hommes. Il a aim\u00e9 les siens jusqu\u2019\u00e0 la fin et par l\u00e0 m\u00eame, il a chang\u00e9 le sens de la souffrance de la mort et nous pouvons maintenant vivre notre souffrance, vivre notre mort, l\u2019expression est paradoxale, oui, nous avons \u00e0 vivre notre mort d\u00e9j\u00e0 durant notre vie terrestre, qui porte l\u2019image de notre mort \u00e0 venir. Tout cela, nous pouvons le porter dans le Christ, avec Lui vivant en nous, accepter de revivre ce qu\u2019Il a v\u00e9cu, sa souffrance, sa mort sur la croix. Il y a l\u00e0 une gr\u00e2ce vraiment extraordinaire. C\u2019est la grande merveille de Dieu dont toutes les merveilles de l\u2019Ancien Testament \u00e9taient l\u2019annonce et la figure. Tout l\u2019enseignement des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise n\u2019est pas autre chose qu\u2019une ex\u00e9g\u00e8se \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019Esprit Saint de tous les textes bibliques qui sont lus justement le jour du samedi saint. C\u2019est \u00e0 partir d\u2019eux qu\u2019il pouvait dire aux fid\u00e8les ce qu\u2019\u00e9tait le myst\u00e8re chr\u00e9tien, dans sa pl\u00e9nitude, dans sa splendeur. Revivons nous-m\u00eames tout cela et rendons gr\u00e2ce au Seigneur pour ce don ineffable qu\u2019Il nous a fait en se r\u00e9duisant, en s\u2019abr\u00e9geant \u00e0 nous dimension pour pouvoir nous ressusciter<br \/>\net d\u00e9sormais, si nous le voulons bien, vivre en nous, que nous ne soyons plus seuls, que notre \u00e9nergie, notre action, ne soit plus seulement de nature humaine, et que par la pratique de la charit\u00e9 sous toutes ses formes, que ce soit vraiment le Christ qui vive en nous, que ce soit vraiment cette \u00e9nergie du Christ, qui est entr\u00e9 en contact avec nous, par son incarnation. C\u2019est cela qui permet au Christ de vivre en nous et \u00e0 nous de vivre de sa vie. Oui, \u00ab si je vis, ce n\u2019est plus moi qui vis, c\u2019est le Christ qui vit en moi \u00bb\u00a0\u00a0 (Galates 2,20) disait Saint Paul. Cette parole r\u00e9sume toute notre vie chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s l\u2019archimandrite Placide Deseille, la couronne b\u00e9nie de l\u2019ann\u00e9e chr\u00e9tienne, volume 2, pages 144-150<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extraits de Le Myst\u00e8re pascal : commentaires liturgiques par Alexandre Schmemann et Olivier Cl\u00e9ment, Collection Spiritualit\u00e9 orientale N\u00b016,\u00a0 La semaine sainte (p. 35-45) Par Alexandre Schmemann Le Saint Sabbat le &lsquo;grand et saint Sabbat\u00a0\u00bb est le jour qui lie le Vendredi saint, la comm\u00e9moration de la croix, au jour de la R\u00e9surrection. 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