{"id":1463,"date":"2017-03-04T15:32:42","date_gmt":"2017-03-04T15:32:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=1463"},"modified":"2017-03-04T15:32:48","modified_gmt":"2017-03-04T15:32:48","slug":"saint-jean-climaque-de-la-pensee-de-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=1463","title":{"rendered":"Saint Jean Climaque: De la pens\u00e9e de la Mort."},"content":{"rendered":"<p><em>Saint Jean Climaque a v\u00e9cu au VII\u00e8me si\u00e8cle au Sina\u00ef. Il est comm\u00e9mor\u00e9 le quatri\u00e8me dimanche du Grand Car\u00eame.<\/em><\/p>\n<table width=\"100%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>SIXIEME DEGRE<\/strong><br \/>\n<strong>De la pens\u00e9e de la Mort<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0La pens\u00e9e pr\u00e9c\u00e8de n\u00e9cessairement les paroles qui l&rsquo;expriment. C&rsquo;est ainsi que la pens\u00e9e de la mort et le souvenir des p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9c\u00e9dent les larmes et les g\u00e9missements que l&rsquo;une et l&rsquo;autre font r\u00e9pandre\u00a0; c&rsquo;est pourquoi nous allons parler de ces deux choses dans ce lieu, selon leur ordre et leur rang.<br \/>\nAinsi nous disons que la pens\u00e9e de la mort est une esp\u00e8ce de mort quotidienne, et que le souvenir de notre derni\u00e8re heure est un g\u00e9missement continuel.<br \/>\nCe fut la d\u00e9sob\u00e9issance de l&rsquo;homme, qui donna naissance \u00e0 la crainte de la mort, et c&rsquo;est pour cette raison que la crainte de la mort nous est devenue, en quelque sorte, naturelle. Mais savez-vous ce que nous d\u00e9montre cette crainte ? C&rsquo;est que notre \u00e2me n&rsquo;est pas parfaitement lav\u00e9e ni purifi\u00e9e par les larmes et les aust\u00e9rit\u00e9s de la p\u00e9nitence.<br \/>\nLe Christ, pour nous apprendre qu&rsquo;il est Dieu et homme tout ensemble, et pour nous enseigner que les attributs de la nature divine et de la nature humaine sont son partage, s&rsquo;est effray\u00e9 \u00e0 la vue de la mort\u00a0; mais ce divin Sauveur ne l&rsquo;a pas redout\u00e9e.<strong>\u00a0<\/strong>Or, comme de tous les aliments dont nous nourrissons nos corps, c&rsquo;est le pain qui nous est le plus n\u00e9cessaire\u00a0; de m\u00eame, de toutes les choses qui doivent nourrir et faire vivre notre \u00e2me, rien ne lui est plus n\u00e9cessaire que le souvenir et la pens\u00e9e de la mort.<br \/>\nC&rsquo;est la pens\u00e9e de la mort qui a fait embrasser aux moines qui vivent en communaut\u00e9, tous les travaux et toutes les aust\u00e9rit\u00e9s de la p\u00e9nitence. C&rsquo;est elle qui leur fait aimer avec d\u00e9lices les m\u00e9pris et les humiliations; c&rsquo;est encore la pens\u00e9e de la mort qui fait que les solitaires qui vivent dans les d\u00e9serts et loin de tout tumulte, ont g\u00e9n\u00e9reusement renonc\u00e9 \u00e0 tout soin pour les choses pr\u00e9sentes, afin de se consacrer uniquement aux saints exercices de la pri\u00e8re et de la m\u00e9ditation, et de veiller assid\u00fbment sur leur esprit et sur leur c\u0153ur. Or ces vertus sont \u00e9galement filles et m\u00e8res de la pens\u00e9e de la mort.<br \/>\n<strong>\u00a0<\/strong>Mais observons ici que, bien que l&rsquo;\u00e9tain ait beaucoup de ressemblance avec l&rsquo;argent, on le distingue n\u00e9anmoins facilement, si on le rapproche de ce dernier m\u00e9tal\u00a0; de m\u00eame ceux qui ont quelque exp\u00e9rience dans les choses qui regardent le salut, savent bien mettre une diff\u00e9rence essentielle entre la crainte de la mort produite par un sentiment et un mouvement de la nature, et la crainte de la mort caus\u00e9e par l&rsquo;impression de la gr\u00e2ce.<br \/>\nLa preuve certaine et indubitable que nous craignons la mort par un mouvement de la gr\u00e2ce, c&rsquo;est lorsque cette crainte nous porte \u00e0 nous d\u00e9pouiller de toute affection pour les choses cr\u00e9\u00e9es, et nous fait renoncer parfaitement \u00e0 notre propre volont\u00e9.<br \/>\nIl est louable de penser tous les jours \u00e0 la mort, comme si chaque jour elle devait nous frapper\u00a0; mais c&rsquo;est une marque de saintet\u00e9, de la d\u00e9sirer et de l&rsquo;attendre.<br \/>\nGardons-nous cependant de croire que tout d\u00e9sir de la mort soit bon et salutaire : car il en est qui souhaitent la mort, parce qu&rsquo;ils se voient, par des penchants qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas encore pu vaincre enti\u00e8rement, et par des habitudes dont il ne leur a pas \u00e9t\u00e9 possible de se corriger parfaitement, expos\u00e9s sans cesse \u00e0 faire de nouvelles chutes et de nouveaux p\u00e9ch\u00e9s. Il en est d&rsquo;autres qui ne d\u00e9sirent la mort que par un mouvement de d\u00e9sespoir : ce sont des gens qui ne veulent pas faire p\u00e9nitence\u00a0; il en est encore d&rsquo;autres qui appellent la mort, parce qu&rsquo;ils se croient affranchis de la servitude de leurs passions, et qu&rsquo;ils sont parvenus \u00e0 l\u2019impassibilit\u00e9\u00a0; enfin il en est d&rsquo;autres qui, mus et conduits par le mouvement et les lumi\u00e8res du saint Esprit, d\u00e9sirent de sortir de ce monde. Mais ces derniers sont bien rares.<\/p>\n<p>Quelques-uns sont en peine, et voudraient savoir pourquoi Dieu, vu que la pens\u00e9e de la mort est si salutaire, n&rsquo;a pas voulu que nous connaissions le moment o\u00f9 elle doit nous frapper. Mais ces personnes ne consid\u00e8rent pas que Dieu, en Se conduisant de la sorte, n&rsquo;a eu en vue que le plus grand int\u00e9r\u00eat de notre salut. En effet, si l&rsquo;heure de la mort \u00e9tait connue, quel serait, parmi les hommes, celui qui s&#8217;empresserait de recevoir le bapt\u00eame, de se convertir et d&#8217;embrasser la vie religieuse ? H\u00e9las ! la plupart passeraient leur vie dans le crime\u00a0; et ce ne serait qu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re heure, qu&rsquo;ils penseraient \u00e0 recourir aux eaux saintes du bapt\u00eame ou de la p\u00e9nitence.<br \/>\nVous qui pleurez vos p\u00e9ch\u00e9s, gardez-vous bien des ruses du d\u00e9mon : il cherchera \u00e0 vous tromper, en vous inspirant que Dieu est bon et mis\u00e9ricordieux. C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9 que nous ne devons savoir que pour nous pr\u00e9server du d\u00e9sespoir; mais le d\u00e9mon, en vous la sugg\u00e9rant, veut par-l\u00e0 bannir de votre c\u0153ur l&rsquo;horreur et la douleur de vos p\u00e9ch\u00e9s, et vous faire perdre la crainte de Dieu, laquelle, seule, donne la v\u00e9ritable s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\n<strong>\u00a0<\/strong>Savez-vous \u00e0 qui l&rsquo;on doit comparer ceux qui, voulant nourrir dans leur \u00e2me la pens\u00e9e de la mort et le souvenir du jugement dernier, ne laissent pas de s&#8217;embarrasser dans toute sorte de soins et d&rsquo;occupations profanes ? comparez-les hardiment \u00e0 des personnes qui pr\u00e9tendraient nager sans avoir les pieds et les mains en libert\u00e9.<br \/>\nLa pens\u00e9e de la mort, que nous devons regarder pour v\u00e9ritable et efficace, c&rsquo;est celle qui \u00e9teint en nous l\u2019intemp\u00e9rance\u00a0; car, une fois qu&rsquo;on a triomph\u00e9 de cette passion, on vient facilement \u00e0 bout de vaincre les autres.<br \/>\nL&rsquo;insensibilit\u00e9 du c\u0153ur produit l&rsquo;aveuglement dans une \u00e2me\u00a0; mais la multitude des viandes fait tarir enti\u00e8rement la source des larmes\u00a0; et la soif, la faim et les veilles affligent le c\u0153ur; mais un c\u0153ur afflig\u00e9 et mortifi\u00e9 selon Dieu r\u00e9pand des larmes abondantes et salutaires. Sans doute ces v\u00e9rit\u00e9s para\u00eetront dures \u00e0 ceux qui aiment la bonne ch\u00e8re, et impraticables \u00e0 ceux qui vivent dans les bras de la paresse, mais un c\u0153ur fervent et g\u00e9n\u00e9reux les go\u00fbtera et les pratiquera avec joie\u00a0; et par l&rsquo;habitude qu&rsquo;il en aura acquise, il y sera fid\u00e8le avec une indicible facilit\u00e9. Celui qui ne cherchera \u00e0 les conna\u00eetre que pour en parler, n&rsquo;y trouvera que peine et tristesse.<br \/>\nComme nos p\u00e8res enseignent commun\u00e9ment que la charit\u00e9 parfaite est exempte de chute, je dis de m\u00eame que la parfaite m\u00e9ditation de la mort est exempte de toute crainte.<br \/>\nUne \u00e2me, qui cherche tous les moyens d&rsquo;assurer son salut, s&rsquo;occupe sans cesse de plusieurs pens\u00e9es tr\u00e8s salutaires : elle pense \u00e0 l&rsquo;amour que Dieu lui porte, \u00e0 la mort, \u00e0 la pr\u00e9sence de Dieu, au royaume c\u00e9leste, \u00e0 la ferveur des martyrs\u00a0; mais c&rsquo;est surtout la pens\u00e9e de Dieu r\u00e9ellement pr\u00e9sent partout, qui l&rsquo;absorbe enti\u00e8rement. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;elle m\u00e9dite sans cesse ces paroles : \u00ab\u00a0Je regardais continuellement le Seigneur, et je l&rsquo;avais toujours pr\u00e9sent devant mes yeux.\u00a0\u00bb (Ps 15,8). Elle ne perd pas de vue le souvenir des anges et des puissances c\u00e9lestes, ni sa derni\u00e8re heure en ce monde, ni le moment terrible o\u00f9 elle compara\u00eetra an tribunal du souverain Juge, ni les supplices \u00e9ternels, ni enfin la sentence qui y condamnera les p\u00e9cheurs. Telles sont les grandes v\u00e9rit\u00e9s dont s&rsquo;occupent les \u00e2mes qui veulent servir Dieu. Nous avons d&rsquo;abord pr\u00e9sent\u00e9 celles qui doivent nous para\u00eetre les plus respectables, et nous avons ensuite rappel\u00e9 celles qui sont les plus capables de nous inspirer l&rsquo;horreur du p\u00e9ch\u00e9 et de nous emp\u00eacher d&rsquo;y tomber.<br \/>\nUn certain moine d&rsquo;\u00c9gypte me raconta un jour ce qui lui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame. Il me .dit qu&rsquo;il avait si profond\u00e9ment grav\u00e9 dans son c\u0153ur le souvenir et la pens\u00e9e de la mort, et que cette pens\u00e9e lui faisait une impression si vive et si puissante, qu&rsquo;ayant voulu procurer quelque soulagement \u00e0 son corps, qui en avait un grand besoin, cette pens\u00e9e, comme un juge inexorable, s&rsquo;y opposa victorieusement. Et, ce qui vous para\u00eetra plus \u00e9tonnant encore, m&rsquo;ajouta-t-il avec une admirable simplicit\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;ayant essay\u00e9 pour un instant de rejeter cette pens\u00e9e, je n&rsquo;en pus venir \u00e0 bout.<br \/>\n<strong>\u00a0<\/strong>J&rsquo;ai connu un autre moine qui demeurait dans un lieu appel\u00e9 Tholas. Or la pens\u00e9e de la mort lui faisait souvent perdre tout sentiment\u00a0; vous auriez cru, en le voyant, ou qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9vanoui, ou qu&rsquo;il \u00e9tait tomb\u00e9 en \u00e9pilepsie : nombre de fois les fr\u00e8res du monast\u00e8re l&rsquo;ont trouv\u00e9 dans cet \u00e9tat, et l&#8217;emportaient comme un mort.<br \/>\nJe ne peux pas non plus ne pas vous raconter ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 un solitaire, du nom d&rsquo;H\u00e9sychius, de la montagne de l\u2019Horeb. Ce pauvre solitaire eut le malheur de passer les trois premi\u00e8res ann\u00e9es de sa retraite dans l&rsquo;oubli entier de son salut, et de n\u00e9gliger tous les exercices de la vie religieuse. Enfin Dieu le frappa d&rsquo;une maladie si grave, que pendant une heure enti\u00e8re, on crut qu&rsquo;il \u00e9tait mort. Mais revenu \u00e0 lui-m\u00eame, il nous conjura tous avec instance de nous retirer, et de le laisser seul. Nous lui ob\u00e9\u00eemes, et aussit\u00f4t il ferma sur lui la porte de sa cellule, et y demeura tellement reclus, que pendant l&rsquo;espace de douze ans qu&rsquo;il v\u00e9cut encore, il n&rsquo;\u00e9changea jamais aucune parole avec personne. Et ne se nourrit que d&rsquo;un peu de pain et d&rsquo;eau qu&rsquo;on lui apportait; il \u00e9tait toujours assis \u00e0 la m\u00eame place et n&rsquo;en changea jamais; il repassait si fortement dans son esprit les choses terribles qu&rsquo;il avait vues dans la vision qu&rsquo;il avait eue, que son corps fut toujours dans la m\u00eame position et la m\u00eame attitude, et que toujours frapp\u00e9 de la m\u00eame terreur et hors de lui-m\u00eame, il gardait le silence le plus parfait, et pleurait \u00e0 chaudes larmes. Enfin comme, nous conn\u00fbmes qu&rsquo;il touchait \u00e0 sa derni\u00e8re fin, nous enfon\u00e7\u00e2mes la porte de sa cellule, pour entrer et lui demander plusieurs choses que nous d\u00e9sirions savoir. Mais ce fut en vain : nous ne p\u00fbmes avoir de lui que cette seule parole : Pardonnez-moi, mes fr\u00e8res\u00a0; je ne peux rien vous dire, sinon qu&rsquo;il est impossible qu&rsquo;il ose p\u00e9cher celui qui aura la pens\u00e9e de la mort fortement grav\u00e9e dans l&rsquo;esprit. Cette r\u00e9ponse nous frappa d&rsquo;\u00e9tonnement, et nous ne pouvions pas assez admirer comment un homme dont nous avions dans le temps tous connu la paresse et la n\u00e9gligence, e\u00fbt \u00e9t\u00e9 si promptement chang\u00e9 et transform\u00e9 en un autre homme, et qu&rsquo;il e\u00fbt acquis une si grande perfection et une saintet\u00e9 si prodigieuse. Il mourut, et nous l&rsquo;ensevel\u00eemes dans le cimeti\u00e8re qui \u00e9tait aupr\u00e8s du monast\u00e8re. Le lendemain nous all\u00e2mes visiter son tombeau, pour voir le saint corps de ce solitaire\u00a0; mais il n&rsquo;y \u00e9tait plus. C&rsquo;est sans doute pour donner aux hommes une excellente le\u00e7on, que Dieu permit cette merveille : il voulut faire comprendre \u00e0 ceux qui, apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 la vertu et n\u00e9glig\u00e9 leur salut, se convertissent avec sinc\u00e9rit\u00e9 et embrassent une nouvelle vie, combien la p\u00e9nitence de ce solitaire lui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cieuse et agr\u00e9able, et par cons\u00e9quent, combien il agr\u00e9erait le repentir et la p\u00e9nitence de tous les p\u00e9cheurs.<br \/>\n<strong>\u00a0<\/strong>Comme on dit ordinairement qu&rsquo;un gouffre est une profondeur d&rsquo;eau qu&rsquo;on ne peut sonder, et que c&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;on lui donne ce nom\u00a0; de m\u00eame la pens\u00e9e de la mort produit en nous un ab\u00eeme sans fond de puret\u00e9 et de bonnes \u0153uvres. C&rsquo;est ce que nous d\u00e9montre tr\u00e8s bien le fait que je viens de vous raconter\u00a0; car les p\u00e9nitents qui, comme ce saint homme, ont continuellement dans l&rsquo;esprit l&rsquo;image de la mort, sentent augmenter en eux la crainte et la frayeur qu&rsquo;elle leur inspire, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;enfin elle les consume jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle des os.<\/p>\n<p>Au reste, ainsi que nous devons le sentir, soyons bien persuad\u00e9s que cette crainte n&rsquo;est pas un des moindres bienfaits que nous ayons re\u00e7us de Dieu. Car n&rsquo;est-il pas vrai, et notre propre exp\u00e9rience ne nous l&rsquo;atteste-t-elle pas, que souvent, m\u00eame au milieu des tombeaux, nous avons \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une insensibilit\u00e9 de fer, et que nous n&rsquo;avons pas r\u00e9pandu la plus petite larme\u00a0; tandis que d&rsquo;autres fois, sans \u00eatre au milieu des morts, et sans la vue de la triste image de la mort, nous avons des torrents de pleurs ?<br \/>\nCelui-l\u00e0 donc pense v\u00e9ritablement \u00e0 la mort, lequel a fait mourir en lui-m\u00eame toute affection pour les cr\u00e9atures et pour les choses du monde\u00a0; mais il ne cesse de se tendre des pi\u00e8ges \u00e0 lui-m\u00eame, celui qui est encore domin\u00e9 par des d\u00e9sirs profanes.<\/p>\n<p>N&rsquo;usez pas de paroles pour faire savoir aux personnes que vous ch\u00e9rissez, que vous les aimez d&rsquo;un amour bien affectueux; contentez-vous seulement de demander \u00e0 Dieu de leur faire conna\u00eetre de la mani\u00e8re qui lui conviendra, les sentiments de charit\u00e9 et de tendresse que vous avez pour elles; car si vous en agissiez autrement, tout le temps de votre vie ne suffirait pas pour t\u00e9moigner \u00e0 vos amis l&rsquo;affection que vous leur portez, et pour vous exciter \u00e0 la componction et \u00e0 la douleur de vos p\u00e9ch\u00e9s.<br \/>\nNe vous laissez pas tromper, \u00f4 vous qui vous \u00eates lou\u00e9s pour travailler \u00e0 la vigne du Seigneur, et n&rsquo;allez pas croire faussement que vous pourrez racheter le temps par le temps; car chaque jour ne peut nous suffire pour nous acquitter des dettes que nous contractons \u00e0 chaque instant.<br \/>\nAussi un P\u00e8re nous d\u00e9clare que de faibles mortels, comme nous, ne peuvent passer un seul jour de leur vie d&rsquo;une mani\u00e8re sainte et louable, s&rsquo;ils ne se repr\u00e9sentent pas vivement que ce jour est le dernier de leur existence ici-bas . Et ce qui doit nous surprendre, c&rsquo;est que des \u00e9crivains, dans le sein m\u00eame du paganisme, ont dit quelque chose de semblable : car ils ont \u00e9crit quelque part que, l&rsquo;amour de la sagesse n&rsquo;\u00e9tait autre chose que la pens\u00e9e de la mort. Quiconque sera mont\u00e9 sur ce sixi\u00e8me degr\u00e9, ne se laissera plus tomber dans le p\u00e9ch\u00e9, d&rsquo;apr\u00e8s cet oracle divin : Rappelez-vous vos fins derni\u00e8res, et vous ne p\u00e9cherez jamais. (Sir 7,36).<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Source\u00a0: http:\/\/livres-mystiques.com\/partieTEXTES\/Climaque\/Echelle\/climaque5.htm<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Saint Jean Climaque a v\u00e9cu au VII\u00e8me si\u00e8cle au Sina\u00ef. Il est comm\u00e9mor\u00e9 le quatri\u00e8me dimanche du Grand Car\u00eame. SIXIEME DEGRE De la pens\u00e9e de la Mort \u00a0La pens\u00e9e pr\u00e9c\u00e8de n\u00e9cessairement les paroles qui l&rsquo;expriment. C&rsquo;est ainsi que la pens\u00e9e de la mort et le souvenir des p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9c\u00e9dent les larmes et les g\u00e9missements que &hellip; <a href=\"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/?p=1463\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Saint Jean Climaque: De la pens\u00e9e de la Mort.<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-1463","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-spiritualite"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1463"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1463\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1465,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1463\/revisions\/1465"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.orthodoxie-reunion.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}