Une homélie d’Isaac le Syrien

 

SAINT ISAAC LE SYRIEN- SOIXANTE-QUATRIEME  HOMELIE

Tant que tu as des pieds, cours derrière l’œuvre bonne avant que d’être lié de ce lien indissoluble de la mort qui, lorsqu’il est noué, ne peut plus être délié.

Tant que tu as des mains, tends-les pour prier vers le ciel, avant que tes bras ne se démettent de leurs jointures ; car alors, quand même tu voudras prier, tu ne le pourras plus.

Tant que tu as des doigts, signe-toi du signe de la Croix, avant que la mort ne vienne à jamais dissoudre la force harmonieuse de leurs muscles.

Tant que tu as des yeux, emplis-les de larmes avant que la poussière ne recouvre tes habits, et que tes pupilles, en un regard aveugle, ne se fixent, immobiles, dans une direction que tu ignoreras. En vérité, oui, emplis de larmes tes paupières tant que la puissance du discernement peut gouverner ton cœur, avant que ton âme ne lui soit arrachée, laissant à l’abandon ce cœur, telle une demeure désertée par celui qui l’habitait.

O toi, l’homme avisé, ne te laisse pas abuser par l’espérance d’une longue vie. Car tout comme la rose expire sous le vent, ainsi qu’un souffle passe sur un seul de ces éléments qui composent ton corps, et tes genoux tout à coup faibliront sans que tu l’aies escompté. Et tandis que tu songeras que cela n’est rien, et que tu te préoccuperas de soigner un mal léger, l’austère figure de la mort, soudain, s’approchera, elle qui tourne en dérision les sages, et tout aussitôt tu mourras.  O misère de notre nature ! Comme nous sommes solidement attachés par l’amour de cette matière que Dieu ne veut pas nous laisser !

Imprime en ton cœur la pensée du départ, ô toi qui es homme, et sans cesse redis-toi : « Prends garde ô mon âme, voici l’ange est à la porte et c’est pour moi qu’il vient. Que suis-je donc indolent ? Mon départ est éternel et il n’y aura pas de retour ».

Isaac le Syrien (VII » siècle), né dans le Qatar actuel, mourut dans le monastère de Rabban Shabour (nord-Kurdistan), après avoir été quelque temps évêque de Ninive. Ses oeuvres spirituelles, très vite répandues exercent encore une influence tout à fait remarquable. On peut les trouver en librairie.

Quelques mots sur la parabole du riche insensé

Mais Dieu lui dit : « Insensé, cette nuit même on te redemande ta vie, et ce que tu possèdes, qui l’aura ? » Luc 12 :20

Cette question inquiète et angoisse de nombreuses personnes fortunées.  Le roi Salomon qui était d’une grande richesse et d’une grande sagesse s’est beaucoup posé de questions à ce sujet. Il s’exprime ainsi dans le livre de l’Ecclésiaste : « …je déteste la vie car je trouve mauvais ce qui se fait sous le soleil : tout est vanité et poursuite de vent. Moi, je déteste tout le travail que j’ai fait sous le soleil et que j’abandonnerai à l’homme qui me succédera. Qui sait s’il sera sage ou insensé ? » (Ecclésiaste, 2 : 17-19). Ces paroles du sage Salomon sont semblables à celles que la sagesse populaire exprime en disant que l’homme n’emporte rien avec lui.

Dans la parabole du riche insensé racontée par le Seigneur, toute l’attention du riche était tournée vers  le bien-être matériel passager de ce monde, son esprit étant très éloigné de Dieu et des questions d’ordre spirituel ; ce qui est illustré par le fait qu’il ramène tout vers sa propre personne, oubliant ou ignorant que tout ce que nous possédons nous vient de Dieu et que nos possessions  nous sont données pour une gérance provisoire. Comme le dit le psaume « Au Seigneur appartient la Terre et tout ce qu’elle contient ».

Lorsque l’être humain donne son cœur aux richesses matérielles alors il devient leur esclave. C’est pourquoi la purification du cœur signifie rendre notre monde intérieur libre de tout attachement aux choses terrestres qui sont passagères.  Cela doit être un objectif pour chaque chrétien. L’évêque Théophane  (Russie, XIXème siècle) commente cette parabole par ces mots : «  Puisque la fortune vient de Dieu, offre-la à Dieu si tu l’obtiens, tu sanctifieras ainsi ta fortune. Partages ce que tu possèdes en trop avec les démunis, ce faisant c’est comme si tu rendais à Dieu ce qu’Il t’a donné. Celui qui donne au pauvre est pareil à celui qui donne à Dieu ».

Chaque mot de cette parabole nous concerne. Et ces paroles sont particulièrement importantes pour les hommes de notre temps car tous les hommes de nos jours ont tendance à agir comme le riche de la parabole. Nos contemporains sont toujours disposés à démolir leurs granges pour en construire de plus grandes. Un exemple frappant est la crise économique actuelle dont les causes profondes sont spirituelles. Les gens ne se contentent plus de ce qu’ils gagnent mais ils veulent  davantage pour dépenser davantage…Ce n’est pas ainsi que se comportent ceux qui veulent vivre dans la proximité de Dieu ni ceux qui luttent pour acquérir les fruits de l’Esprit Saint. Dans cette parabole il y a beaucoup à apprendre en ce qui concerne le sens de notre vie, comment la diriger, l’orienter afin qu’elle atteigne sa pleine stature et qui constitue la vraie richesse laquelle n’est autre que l’intimité avec Dieu à travers notre empathie avec ceux qui souffrent et ceux qui sont dans le besoin en essayant de les consoler et en les faisant participer à ce que Dieu nous a confié.

P.  Antoine Melki

http://www.orthodoxlegacy.org/ (novembre 2011)

Les petites choses de la vie…

LES PETITES CHOSES DE LA VIE…

Extraits d’une homélie de Saint Jean Maximovitch (source : Orthodox Heritage, Vol.08, Issue 11-12).

Il y a beaucoup de gens qui pensent que pratiquer les commandements de Dieu et vivre selon la foi constitue quelque-chose de vraiment très difficile. En réalité c’est tout le contraire, c’est plutôt quelque chose de très facile. Il suffit de faire attention aux petits détails et d’éviter de faire le mal dans les choses les plus banales. C’est le moyen le plus simple et le plus sûr pour entrer dans le monde spirituel et de se rapprocher de Dieu.

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Cadre chez Exxon et diacre au sein de l’Eglise Orthodoxe

 

Il y a quelque chose de différent  chez vous
Protodiacre Peter Danilchick 20 octobre 2011 / /

Traduit du site : www.pravmir.com/there-is-something-different-about-you/
« Comment pouvez-vous, vous qui êtes un homme d’Eglise,  aller travailler pour une compagnie pétrolière capitaliste? »  C’est ce que m’a demandé le Père Alexandre Schmemann  [le Père Alexandre Schmemann  (1921-1983) a fait des études de théologie à l’Institut Saint-Serge à Paris où il a enseigné, par la suite il est parti enseigner à l’Institut Saint Vladimir à New-York ] lorsque je suis devenu un salarié d’Exxon en 1970. Le Père Alexandre était alors doyen du Séminaire Saint-Vladimir, et je le connaissais déjà depuis quelques années. Nous étions en correspondance et avions discuté des questions concernant l’Eglise, en particulier  quand il  visitait Syracuse (New-York). J’étais encore étudiant en école d’ingénieur.
A cette époque, j’étais déjà habitué au style direct et franc du père Alexandre. Je lui ai immédiatement  répondu: «Ne vous inquiétez pas, père. Exxon est une entreprise qui suit une ligne de conduite éthique avec un sens moral. Si je m’écarte de cette ligne de conduite d’un iota, je serai renvoyé sur le champ ». Cette réponse que j’ai faite au début de ma carrière à Exxon, je pourrais la répéter avec pleine confiance (aujourd’hui) plus de trente ans après.
Cinq ans après avoir été embauché à Exxon, j’ai été ordonné diacre dans l’OCA [Orthodox Church in America -Eglise Orthodoxe d’Amérique] et je suis resté à la fois un diacre orthodoxe et un analyste à Exxon, puis je suis devenu chef de projet, et enfin cadre de direction durant les trois décennies qui ont suivi.
Si vous avez jamais vu de vieux western, vous pourriez avoir vu une scène dans laquelle le héros de cow-boy saute sur deux chevaux, un pied sur chaque selle, et s’en va à la poursuite des méchants. J’ai souvent ressenti qu’il en était de même lorsqu’il fallait à la fois jongler entre l’Eglise et les responsabilités au sein de l’entreprise. Cela devient encore plus compliqué lorsque vous êtes un mari et père de trois enfants et que vous vous déplacez à travers le monde tous les deux ou trois ans.

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